Une cabane lovée dans le feuillage… Ma tanière de sorcière au fond des bois. Mon boudoir… poudres,éclats de rire et élixirs. Esprits en ébullition, chasseurs de rêves, et visiteurs en tout genre, tissez vous dans ma toile …

Pagan Federation International Conference, Compte-rendu

Le 28 avril, je suis allée au rassemblement annuel de la branche néerlandaise de la PFI ( Pagan Federation International ) tenue dans une auberge à une heure d’Amsterdam et voici mon compte 
rendu pour les curieux(ses).

Déjà, à mon grand regret, j’ai raté le rituel d’ouverture, parce qu’en sortant de la gare je me suis trompée de sens – il n’y a rien au monde qui ne se ressemble plus que deux rues de village hollandais lambda – dirigé par un groupe asatru en plus. Roh. J’arrive et je m’intègre direct dans un groupe qui se dirige vers l’extérieur pour découvrir les plantes sauvages magiques. Notre guide, une allemande à la dégaine de hippie, tout habillée en vert, nous parle des propriétés des plantes qu’elle trouve sur le bord du talus. Elle avait tellement à dire qu’en une heure, on a a peine fait 50 m. C’est passionnant, j’adore ce genre de choses – j’ai un intérêt spécial pour la façon dont les plantes sauvages peuvent être intégrées à la cuisine. Il me tarde d’être rentrée en France, d’avoir accès à une cuisine décente, et de pouvoir me balader dehors en liberté, pour essayer par exemple un cake plantain-carotte ( le plantain étant associé à Perséphone et au monde souterrain, et aux morts ) la soupe à l’ortie, et faire mes propres smudge sticks d’armoise pour les rituels, et pourquoi pas mon propre onguent de vol avec de la graisse d’oie, comme elle nous a expliqué. Elle nous a fait goûter en plus, des pousses de hêtre, des graines d’ortie et du lierre terrestre (qu’elle nous conseille de mettre dans un gâteau à la poire^^). Etrange mais assez goûteux au final. Hmmm…c’était trop court. Très sorciérèsque.

Ensuite, sans avoir le temps de souffler, j’assiste à une conférence sur la déesse Nerthus, par un asatruar armé d’un power point un peu assommant, il faut le dire. Son principal objet était de nous expliquer que d’après lui, le nom ‘Nerthus’ est probablement une erreur, qui a été propagée par les travaux de Jacob Grimm, qui sont aujourd’hui sévèrement critiqués par les historiens. De plus son rapprochement avec Njord est basé sur une erreur d’étymologie. Le nom était sans doute plus vraisemblablement ‘Hertus’ et il tire des parallèles avec Holle/Holda qui possède en effet des points communs troublants.  Ce petit jeu d’indices archéologiques à travers le temps est assez intéressant, intellectuellement parlant. Ca montre bien à quel point on sait en fait peu de choses et qu’il faut prendre ce qu’on lit sur internet avec de gros grains de sel.

Puis, toujours sans pause, je me dirige vers la cave, où Marion Green, qui est assez célèbre dans le monde païen anglophone, tient une petite conférence. Au final assez bateau, un prêche sur la nécessité de se rapprocher de la nature, les erreurs du monde moderne…un peu le même discours qu’on peut lire sur tous les sites païens, pas très révolutionnaire dans ce contexte quoi, et j’ai pas appris grand chose au final. Elle avait l’air de vouloir nous convaincre d’un point de vue que probablement tout le monde a déjà dans la salle, donc bon…
J’ai apprécié son sens de l’humour, cependant – nous conseillant par exemple de  » don’t google, go oogle a tree » ( ne vas pas sur google, va dévisager un arbre ^^) et l’importance de se ménager des moments de silence.

Après ça j’ai pu souffler un peu, vu que les deux workshops suivants étaient d’un côté, un talk sur Crowley, qui m’intéresse moyen, et un sur la magie des anges par une personne qu’on m’a fortement conseillé d’éviter. J’ai fait le tour du petit marché païen – pas très intéressant – beaucoup de revendeurs de made in China, des avalanches de pierres, du fait main à l’arrache et des cartes avec des dragons, bof…Je me trouve une bouteille de vin aux herbes et un oeil-de taureau dans une petite pochette en cuir. Je me suis dirigée vers le stand des Negen Werelden ( les Neuf Mondes), un des deux groupes asatru présent, et ai demandé à l’un d’entre eux de m’expliquer les principes centraux de l’Asatru selon lui. En gros, il m’a parlé de l’importance de la communauté, avec les gens, les ancêtres, les esprits et les dieux ; aussi l’importance de ne pas juste retranscrire les gestes du passé mais de les interpréter pour en garder l’intention première. Par exemple, aujourd’hui, sacrifier un animal n’a plus du tout la même valeur que ça avait autrefois, à moins d’élever et de tuer soi même l’animal. Aujourd’hui, un équivalent serait, me dit il en riant, d’offrir une Ferrari, ce qui serait stupide au point de vue écologique. On peut offrir ce qui nous est très précieux, et aujourd’hui c’est ce dont on manque beaucoup, c’est à dire du temps. Très intéressant, comme conversation. Ensuite, le même groupe dirige une discussion sur le blot. Il en ressort qu’encore une fois, on n’en sait pas énormément, on a surtout les retranscriptions de ce que faisaient les puissants. L’importance de l’équilibre – ne pas offrir quelque chose de démesuré, ni de trop petit ; d’offrir quelque chose qui a de la valeur pour nous. Du sens pratique, également. Le prêtre était généralement le plus riche, parce qu’il avait la capacité d’offrir un plus beau sacrifice. Assez prosaïque, donc – pas les mêmes valeurs que nous, mais on en a beaucoup à apprendre.

Ensuite, encore deux workshops pas terribles – ah c’est dommage que tous ceux qui m’intéressent tombent en même temps !! Je sympathise avec une fille qui a le nom d’Odin et une citation en norvégien sur son tee-shirt. Je parle à un autre asatruar qui organise des promenades sur le thème des esprits du lieu. Ahah ! Je prévois de m’incruster là tout de suite ! Après, il y a un rituel avec Isis et Osiris, un peu longuet, mais beau tout de même. Les rituels qui ont pour thème d’équilibrer deux polarités me font toujours beaucoup de bien. Je discute avec la HPS du coven ayant dirigé le rituel, et me fais tendre une carte avec invitation pour le prochain sabbat ouvert. Finalement, c’est le rituel de fermeture, où les dieux invités au début de la journée sont remerciés. Et je repars en train.Franchement, c’est passé super vite. Au final, c’était super intéressant, mais comme je le disais plus tôt, aussi un peu décevant.

Je m’explique. Je m’étais fait un gros trip sur la PFI, depuis le jour où, 13 ans et en voyage de classe en Angleterre, découvrant tout juste la Wicca, j’avais pris en catimini un de leurs prospectus au Musée de la Sorcellerie. Là, j’avais jamais vu autant de païens rassemblés, peut être une bonne centaine. Et l’énergie était…décevante. Je compare, par exemple, à la rencontre Intercercles où j’étais allée il y a deux ans, qui avait été incroyable. Là je n’ai pas retrouvé cet enthousiasme et ce sens fort de la communauté. Peut être parce que je n’avais pas de liens internet au préalable avec qui que ce soit, et qu’on était beaucoup plus, certes. Mais là…on avait  l’impression que la plupart des gens étaient blasés, que c’était la routine pour eux. Quelque chose de cette envergure qui se produit en France, on peut être sur que ça sera du délire – mal organisé, mais quand même…non ?
Ensuite, il faut dire que la moyenne d’âge est beaucoup plus élevée. Et puis d’après cet échantillon les païens ont un goût absolument épouvantable – hm je suis mesquine peut être mais c’est quoi cette obsession pour les tissus synthétiques immondes et la bijouterie clinquante en plastoc ??? J’ai essayé de taper la conversation à plusieurs gens sans beaucoup de succès ; ils se connaissent tous, plus ou moins, et n’ont pas l’air très intéressés par de nouveaux contacts ; ce qui n’empêche pas qu’ils s’envoient des remarques mesquines dans le dos, que j’ai entendu fuser à plusieurs reprises ‘ ah bah moi mes rituels ils sont pas comme ça hein ( ton dédaigneux)’ ou encore d’une wiccane, demandant aux asatruars avec un ton méprisant ‘mais, il n’y a pas de but plus élevé dans vos rituels ? par exemple envoyer des énergies de guérison à la Terre ? vous voulez dire qu’il s’agit seulement de célébrer  la communauté ? Si c’est le cas, vous pouvez aussi bien faire un barbecue » (facepalm) Au final, on a l’impression que beaucoup sont là pour se faire de la pub. Et les rivalités, dont on m’avait parlé avant que je vienne, sont palpables. Et gros manque d’originalité et de convivialité, aussi. Bon, il faut le dire, organisation impeccable par contre.

Je me pose des questions. Si en France, on arrive à une concentration de païens équivalente, est ce qu’on deviendra aussi peu inspirés ? Je ne suis pas sûre. C’est les gens qui m’ont déçue là. Je commence à avoir une certaine aptitude à jauger les païens que je rencontre. Et au final j’ai l’impression qu’il y a deux types de gens : ceux qui ont une étincelle dans les yeux, une sorte de feu sacré – ou pas. C’est ce que j’ai aimé tout de suite avec mes soeurcières, elles ont toutes une sorte de feu bien à elles. C’est ce que j’ai aimé aussi, chez beaucoup des païennes de Paris et de la Spirale Mystique ; et chez le monsieur des Neuf Mondes avec qui j’ai parlé, qui me regardait droit dans les yeux de manière claire et posée. Mais là, il y avait une majorité de regards fuyants et d’égos très self-righteous…ça sentait pas terrible.

Au final, je me dis, en France, on est, une autre génération. Le contexte de notre découverte du paganisme est différent, et on fera les choses différemment. On désespère souvent d’être si loin des uns des autres, mais au final, on a de la chance. Par ce qu’on a tout à construire, chacun peut s’impliquer, et y mettre sa passion. On n’a pas des tas de structures encombrantes, de formalités, de hiérarchies, d’égos à gérer, de rivalités mesquines. L’optimiste en moi pense que c’est possible de faire autrement, de ne pas tomber dans le panneau. Bon après je parle du point de vue d’une provinciale, je ne sais pas où en sont les choses sur Paris et avec la LAPF notamment.  Mais la jeunesse du mouvement est une grande force, parce qu’on doit tout construire à partir de rien, ça laisse la place à l’innovation, à la créativité. On doit apprendre en faisant, on n’a pas le luxe d’être faignants.
Et ici c’est ce que j’ai vu, une sorte de faignantise, comme si c’était totalement bateau ce qui se passait et pas une occasion unique, et c’est dommage. Il y a beaucoup de gens qui picorent à droite à gauche, qui s’incrustent dans un groupe quand ça leur chante, et attendent que ça vienne. Cette facilité, nous on l’a pas, il faut qu’on se troue le cul si on veut que des choses se passent, mais quelque part, ça en fait une aventure, pas une simple lubie du dimanche. Ca fait aussi que les fluffies et les pas motivés à la fin, se découragent, ça fait le tri, et ça permet à des gens vraiment extraordinaires de ressortir. Et j’ai l’impression qu’on a une responsabilité envers les générations futures de païens, quelque part, de faire naître une dynamique de créativité, d’innovation, de réflexion, pour que ça ne devienne pas ce que j’ai vu samedi dernier, des petits îlots sans réel rapport ou partage.

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22 Réponses

  1. carabosse

    Très interessant, j’admire le fait que tu est pu rester aussi longtemps dans une réunion où on te prêche d’aller voir les arbres habillé en made in China moche (humainement et écologiquement parlant).Très révélateur.
    Je suis partagée sur ce qui peut arriver en France. Moi ça me fait peur de voir sur des sites/blog des Hp qui parlent d’elles à la troisième personne ou qui font des soldes pour Pâques (Pâques me choque pas, les soldes spirituelles oui).
    Ca me gonfle d’être seule, je stagne je progresse pas , mes interets non renouvellés sont noyés dans la vie quotidienne, et en même temps j’ai tellement mauvais caractère et je suis si exigeante…j’attends trop: on ne peut pas être libre et être partie prenante dans une « communauté », et je me rends bien compte de la stupidité de vouloir rencontrer des personnes aux points de vue strictement conformes aux miens (es ce ça que je souhaite?)
    J’ai peur du prosélitisme, du cliquant, des effets de mode, du loisir spirituel. Ce que je ressens dans mon âme est si intime que je ne comprends pas le besoin de certains de vouloir l’afficher partout, même si je peux comprendre les besoins de se regrouper, d’échanger, de créer, je ne comprends pas le fait de mettre en vitrine, promouvoir, vouloir faire connaitre.

    C’est compliqué.
    mais j’ai bien aimé ton petit compte rendu.

    2 mai 2012 à 6:11

  2. Solweig

    J’aime beaucoup ce compte rendu. C’est une chance de pouvoir assister à ce genre de rassemblement qui nous manque tant en France. Bon après, les gens sont comme ils sont, c’est bien malheureux pour des personnes qui sont censées s’intéresser à la spiritualité et avoir des valeurs de partage et de générosité, de finalement ressembler à tout un chacun. Même si je ne suis pas sûre que chez nous cela se passe différemment.

    Mais je suis assez d’accord avec Carabosse, je ne suis pas vraiment satisfaite d’être seule dans mon coin, c’est dur de savoir, d’apprendre, de vivre tout ça sans pouvoir vraiment le partager au moment où cela se passe. Etre loin les uns des autres ce n’est pas vraiment facile, mais j’espère qu’un jour on pourra organiser ce type de regroupement et de conférences chez nous. =)

    2 mai 2012 à 10:28

  3. Merci de ton optimisme =) Maintenant j’ai envie de dire : « On n’a pas des tas de structures encombrantes, de formalités, de hiérarchies, d’égos à gérer, de rivalités mesquines » c’est toi qui le dis lol. Ne monte jamais sur Paris…. 😉

    3 mai 2012 à 4:26

  4. Luc Martel

    Merci pour ce « reportage » très intéressant.
    Pour ce qui est de la France, c’est vrai que c’est exaltant de tout avoir à construire, mais en même temps, ce n’est pas si beau que tu l’imagines : j’ai assisté à un crèpage de chignon homérique à la LAPF entre deux Parisiennes…Pas plus tard qu’aujourd’hui un joli clash a fusé sur un Forum Hellène, style : « à bas le gloubiboulga ésotérico-new age » vs « que les reconstructionnistes arrogants et intolérants aillent se faire voir chez les Grecs » (remarquez, ça tombe bien pour des Hellènes^^).
    Sans parler des Païens qui veulent bien être Païens, mais de préférence dans leur chambre et surtout pas dans le salon parce que c’est l’étranger, et de ceux qui te soupçonnent d’être un espion chrétien parce que tu pensent qu’il y a une certaine unité divine, et même, et là c’est le pire de tout, ceux qui, lorsque tu es un petit peu universaliste, te soupçonne carrément d’être « sémite » !
    Mais il faut garder le moral quand même !
    Que les Dieux et Déesses nous guident et nous éclairent !

    3 mai 2012 à 4:32

    • skadibella

      Mouahahaha « surtout pas dans le salon parce que c’est l’étranger » elle est géniale celle là !!

      Merci pour vos commentaires, et oui, je disais bien que c’était mon point de vue de provinciale, en effet, je ne sais pas comment ça se passe à Paris et apparemment ça a l’air d’être le même flan ^^ et j’ai bien vu les crêpages de chignon sur certains forums…

      Mais après, perso la plus part de rencontres que j’ai fait avec des païens ont été très positives, donc pourquoi mettre toute l’attention sur les trolls et les gens chiants alors qu’il y a des choses à construire avec des gens cool ?!

      Bref, je suis optimiste quoi, et je vais pas changer tout de suite parce que ça me rend enthousiaste et me donne envie de faire des trucs et c’est plus marrant ^^
      On verra dans 15 ans XD

      3 mai 2012 à 6:44

  5. Merci Skadi pour ce partage et si un jour moi aussi je réalise (peut-être cette année) le vieux rêve (j’ignore vraiment pourquoi) de me rendre à la Witchfest international de Londres je ferais un compte rendu aussi. Manque peut-être quelques photos 😉

    3 mai 2012 à 11:50

    • skadibella

      J’en ai pas prises de photos !! ça fait un peu journaliste infiltré de se mettre à prendre des tas de photos quand tu connais personne et que personne d’autre ne le fait lol ^^ ah la Witchfest ça a l’air cool quand même…

      4 mai 2012 à 12:25

  6. Ah ben c’est pas parce que le milieu est miné que j’ai laissé tomber pour autant 😉 Le groupe « païens parisiens » n’existerait pas sinon, on continue de faire des rencontres ici et là. Par contre, mettre en place un truc cohérent en IDF ça me paraît pas possible pour l’instant.

    4 mai 2012 à 1:01

    • skadibella

      Ahh ça me fait plaisir à entendre 🙂 bah on verra bien comment ça évoluera ^^

      5 mai 2012 à 4:17

  7. carabosse

    faudrait pas d’abord se poser la question du besoin à fédérer, organiser, hiérachiser, rendre visible?(là d’où je suis je vois rien, éclairez moi)

    4 mai 2012 à 2:51

    • skadibella

      Cara, j’ai écrit deux réponses successives à tes commentaires que mon putain d’ordi a effacé, je crois que je vais faire un post spécial ^^

      8 mai 2012 à 11:30

  8. carabosse

    ah les ordi!

    11 mai 2012 à 2:37

  9. Lilana

    Bonjour Skadi, vraiment très intéressant cet article. Je comprends tes déceptions (j’avais vécu un peu la même chose à Dublin il y a 3 ans pour Samhain, une journée d’ateliers et de conférences qui s’était résumée à : quelques conférences intéressantes (1 ou 2) et des ateliers de fabrication de baguette magique avec des grosse perles nacrées et des paillettes style Barbie…) encore ce « mauvais goût » assez cheap qu’on retrouvera partout… en même temps, je me dis que le mouvement païen est parfois beaucoup trop caractérisé par une façon de penser, de faire, de s’habiller, etc. au final, il est quand même naturel de retrouver des gens diversifiés, clinquants et made in china, même si de notre point de vue c’est antinomique au mouvement actuel qui prône le retour à la terre, au bio, au made in france… mais le fait que ce mouvement soit aussi identitaire est à la fois une force et une faiblesse. Une force parce que bon ben oui c’est bien de prendre soin de la nature, d’acheter bio, etc. une forme de faiblesse, car du coup être païen peut être grossièrement résumé par ces attributs, et donc où est la spiritualité la dedans? quand on parle de spiritualité païenne, personne n’a l’air vraiment d’accord… et malheureusement, on rencontre trop de gens se disant païen et avec qui on ne peut avoir de profondes discussions car le goût de la communauté, des cailloux et des plantes signifie pour eux être spirituels. Voilà l’idée générale non dégrossie… Sinon, je voulais justement te dire que je suis ravie de lire des articles aussi profonds et spirituels que les tiens. Vraiment!

    27 mai 2012 à 1:26

    • skadibella

      Lol ce que tu dis sur Dublin me fait beaucoup rire, je vois tout à fait le style…mais quelque part aussi, je me dis, oui la communauté païenne a beaucoup de défauts, mais c’est un début, ce qui se passe – et par-ci par là je crois qu’il y a vraiment des signes que la communauté a déjà beaucoup gagné en maturité…je pense que c’est une histoire de générations…les premiers païens modernes étaient hard-rock, de vrais rebelles avec un sacré courage, ils nous ont laissé un héritage plein d’idées et d’erreurs, puis on a eu une génération très baba-cool new-age mais aussi l’apport essentiel des écolos, cette génération comportant beaucoup d’individualisme et de superficialité, mais aussi des gens très engagés. Nous, la relève, on est différents, je crois, parce qu’on a grandi dans une autre époque et on a autre chose à apporter…quand je compare les jeunes païens à ceux plus vieux, je vois beaucoup de profondeur et de sérieux, un vrai désir d’authenticité et vraiment les pieds sur terre, ce qui me donne espoir pour le futur. ( après je dis pas que ils sont tous comme ça lol, c’est une grosse généralisation ) Et donc l’espoir que ça se résumera moins à l’accessoire…en effet, attire moins de gens qui ne sont pas prêts à faire un véritable travail sur eux mêmes et restent coincés au niveau de l’accessoire…
      En ce qui concerne le bio et compagnie, c’est je pense quelque chose qui découle en général des valeurs païennes, mais n’y est pas égal. C’est juste que c’est logique. Mais l’écologie n’est pas une spiritualité, je pense, faut pas tout mélanger. Le problème c’est que certains païens vont très clairement te juger par exemple si…tu portes une veste de tailleur, si tu n’aime pas tel ou tel genre de musique, si tu utilises du sang et des os dans ta pratique, si tu ne fais pas le cercle comme eux, et des tas de raisons pas très spirituelles. ça craint mais je pense que ce truc identitaire c’est la peur d’avoir un ‘inflitré » qui ne partage pas réellement tes croyances et un besoin de se retrouver avec des « comme nous » parce qu’on a trop souffert d’exclusion. C’est dommage mais c’est un peu compréhensible aussi. J’espère qu’on va grandir, c’est tout.

      27 mai 2012 à 8:05

  10. Pingback: Mes aventures spirituelles à Amsterdam ( et au-delà ) part 2. « La cabane-boudoir de Skadi Bella

  11. Lilana

    Ton résumé de la généalogie du renouveau païen est très juste, et au final c’est une bonne chose que cela revienne avec le bio actuellement, puisque cela souligne l’urgence de la prise de conscience générale de l’état de la planète. Ce sont deux phénomènes qui s’interpénètrent, on va dire très grossièrement : le bio et le paganisme ; deux phénomènes qui s’influencent à tour de rôle. Mais c’est une chose intéressante et franchement utile!

    Après, le sentiment de communauté est vraiment pertinent dans la mesure où comme tu le mets en lumière, il y a un réel besoin d’en finir avec l’exclusion, les moqueries, la mise au ban de la société… et à la fois je suis heureuse de voir la communauté s’épanouir, mais j’ai aussi peur que cela la rende encore plus distante du « reste du monde ». J’aimerais tellement que des choses comme les croyances païennes, l’intérêt pour le paranormal et l’ésotérisme soient inclus dans la vie quotidienne, qu’ils ne soient pas aussi éloignés, cachés, atteignables que par une stricte initiation.. Bien sûr, cela sert à faire le tri comme tu le dis, mais ce serait tellement génial de voir que l’ésotérisme et le paganisme en général sont complètement démocratisés, que tirer les cartes à son voisin pour éclairer sa lanterne soit monnaie courante, que parler de spectres avec ses camarades ne soit plus un sujet de moquerie, mais juste une conversation… presque anodine… Ca permettrait d’inclure vraiment les croyances païennes/ésotériques dans la vie quotidienne, ouvertes à tous… Mais le contre-argument, c’est qu’il y a nécessité de pratiquer une certaine initiation, pour être sûr que n’importe qui ne puisse manipuler des énergies n’importe comment, s’amuser à jeter des sorts ou autre… Mais en même temps, ne le font-ils pas déjà quand ils sont mal intentionnés/mentent/commettent de mauvaises actions, etc.?

    27 mai 2012 à 10:12

    • skadibella

      J’aimerais beaucoup voir le paganisme plus accepté par la société, c’est sûr, en revanche je pense que l’ésotérisme ne deviendra jamais ‘mainstream’ – il faut différencier les deux, je vois autour de moi de plus en plus de gens qui s’intéressent à des valeurs païennes – la terre comme sacrée, le respect des cycles de la nature, la sagesse des anciens etc…mais pas du tout à tout ce qui est ésotérique, complexe, arcane et qui se transmet difficilement par mots, donc qui tiendra toujours dans une certaine mesure de l’initiation, du caché…ce qui est pas si mal d’ailleurs je pense. Ce n’est pas pour tout le monde, et parler de spectres je pense ce n’est pas tout à fait anodin ^^ il y a des choses dont il ne faut pas forcément parler à tout le monde à tort et à travers…mais je vois ce que tu veux dire, pouvoir être plus ouvert à propos de ce genre de choses sans être pris pour des dingues…ce qui est intéressant c’est que le paradigme dominant est en train de basculer, aussi certaines découvertes récentes de la science vont dans notre sens, la crise écologique et économique, la montée en puissance des pays asiatiques qui ont des religions polythéistes très importantes, la montée des fondamentalistes donnant vraiment une importance à l’expression de spiritualités diverses et modérées, tout ça fait un contexte très intéressant pour nous. Je suis d’accord que une certaine initiation soit nécessaire. En gros, je suis tout à fait pour l’extension générale de la paganitude, pour tout ce qui est magie/paranormal etc c’est mieux pour le club des vip lol (very inspired pagans^^) Il faut distinguer sorcellerie/paganisme, le côté où les deux sont mixés dans la wicca par exemple n’est pas la situation générale.

      En parlant de ça, l’autre soir j’étais chez une amie de ma classe, une petite fête entre amis dans le jardin et elle me dit, à chaque fois qu’on boit de l’alcool on en verse un peu sur la terre pour honorer la Terre Mère et la Déesse Lune. J’étais sur le cul lol. Je pense pas qu’elle soit païenne à proprement parler, mais elle adore l’amérique du sud, donc ça l’inspire. C’est juste cool. Le fait qu’on fasse un truc un peu ‘secret’ c’est excitant quelque part, mais aussi beaucoup trop compliqué et complexant. Ce qui nous faut c’est des païens ouvertement païens qui ne sont pas des espèces de stéréotypes ambulants mais des personnes sensées avec des vies construites qui sont inspirants et responsables et qui font du bien autour d’eux – qui s’intègrent dans le monde au lien de s’en éloigner comme tu dis. Pour le changer de l’intérieur. Je garde espoir d’y arriver un jour à en faire partie.

      29 mai 2012 à 1:19

      • Luc Martel

        J’applaudis des quatre mains Skadi : je pense qu’il est essentiel de bien distinguer Paganisme et ésotérisme, d’une part, et Paganisme et Sorcellerie, de l’autre. Si on ne fait pas cette nécessaire distinction, le Paganisme restera dans les limbes des mouvements marginaux, plus ou moins assimilés par les non-Païens à des sectes ou des mouvements New Age. Ce serait se confiner soi même dans la marginalité. Sans parler que la croyance aux spectres, par exemple, est loin d’être partagée par tout les Païens. Parmi mes correligionnaires Hellènes, par exemple, beaucoup sont matérialistes et la survie post mortem est, pour le moins, le cadet de leur souci. Ils sont bel et bien Païens, mais ils sont littéralement allergiques à tout ce qui est paranormal, mystique ou ésotérique.

        Mais il y a plus : l’ésotérisme n’est pas, en soi, Païen. Toute religion authentique (c’est à dire, à mon sens, pouvant se prévaloir d’une origine non humaine). L’Islam, le Christianisme et le Judaïsme, pour ne citer qu’eux, comportent également un volet intérieur et un volet extérieur, et il ne saurait en être autrement, si comme je le pense ses traditions sont basées,comme les notres sur une initiative surnaturelle. Dit autrement, si chaque système religieux peut être comparé à un fruit du grand arbre spirituel de l’humanité, l’ésotérisme en serait alors le noyau et l’exotérisme, la pulpe. Or, il n’échappera à personne qu’il faut d’abord consommer la pulpe pour avoir accès au noyau, et par lui, à l’amande qui dort à l’intérieur.

        L’ésotérisme, donc, en tant que représentant la substantifique moelle d’une spiritualité, est par construction intérieur, secret. S’en prévaloir publiquement est donc non seulement peu souhaitable, mais encore, disons-le sans ambages, un non sens. On ne saurait s’étonner ensuite qu’il soit rejeté par la foule comme une absurdité : ce qui constitue le coeur incandescent du sacré ne pourra jamais qu’être rejeté par le profane qu’il éblouit par son incandescence.

        Car l’ésotérisme est par définition ce dont on ne parle pas : pour nous, Païens, il brille dans l’ombre des Mystères, notemment ceux de ces Deux Déesses, les Très Saintes Déméter et Coré, qui gardent nos âmes dans leur cellier sacré. « Mystère », « mystique » sont des mots qui viennent d’une racine grecque signifiant mutisme, silence. Or ce secret recquis par les Saints Mystères ne vient pas d’un quelconque précepte extérieur, il est une nécessité interne dictée par le caractère ineffable de ce qu’on a vu, par l’essence incommunicable de la vision (« théa », en grec, est-ce un hasard ?), l' »époptie », c’est à dire la contemplation ultime de l' »épi moissonné en silence ». Autrement dit, l’ésotérisme ne se dit pas, il se vit ; il ne saurait faire l’objet d’un discours démonstratif, mais d’un rituel monstratif, des gestes qui expriment sans un mot une geste, celle de notre épopée intime. En effet, comment la perception de ce qui nous dépasse de manière si sublime, comment l’immensité contenu dans le grain d’un point sans dimensions pourrait-il être communiqué par des mots articulés ? Comment cette éternité qui tient en un instant pourrait-elle être décrite par une succession de sons audibles ?

        Pour le reste, comme dit la formule consacrée, « je mets un boeuf sur ma langue ».
        Et puissent les Deux Déesses d’Eleusis nous conduire chacune et chacun à notre heure dans la Plaine de Vérité pour les Moissons Eternelles, loin du bourbier où s’enlisent les âmes vaines.

        29 mai 2012 à 7:24

      • Lilana

        Super, merci à vous deux pour toutes ces explications (magnifiques soit dit-en passant!), c’est plus clair dans mon esprit. Je suis d’accord avec vous, ça me semble plutôt évident maintenant, mais j’avoue que la chose qui me trouble un peu (certainement par manque d’expérience et pour ne pas avoir côtoyé tant de païens que cela), c’est que j’ai eu souvent l’impression qu’il y avait un mélange entre paganisme et ésotérisme, dont les frontières étaient vécues de façon très floue pour ces gens là. En même temps, je déduis que puisqu’il y a cette part d’initiation (oui, commune à toutes les religions, comme un accès à une foi profonde et intime) qui demande de l’expérience et de la maturité, certains païens n’ont un accès que superficiel à toutes les facettes de cette initiation. C’est dommage, j’ai beaucoup trop rencontré de gens attirés par les « paillettes » de l’ésotérisme et s’auto-collant l’étiquette païenne sur le front dés que possible, utilisant ces choses plutôt « secrètes » et intimes pour booster leur égo… Après, c’est aussi à moi de grandir de ce côté là, et d’apprendre à discerner plus clairement les vrais des wannabe, avec certainement plus de compréhension aussi… beaucoup sont des jeunes adultes qui ne sont pas si bien insérés dans la vie « réelle », ce sont comme des adolescents au niveau expérience et maturité. Donc à nous de les accepter en leur montrant aussi comment approfondir certaines choses… (ça c’est mon côté prof qui revient, argh!) Merci pour vos deux argumentations en tous les cas !

        29 mai 2012 à 9:28

      • skadibella

        Merci pour cette explication superbe Doc !! C’est tout à fait ça je pense. En même temps, beaucoup de gens attirés par le paganisme actuellement le sont aussi par son côté ésotérique très poussé, parce que la renaissance païenne a été impulsée par la Wicca. Je comprends, quelque part, parce que c’était mon cas aussi, mais le problème à mon avis c’est où on met la limite ? Dans un rituel, qu’est ce qui tient de l’ésotérique et du magique et qu’est ce qui tient du spirituel ? C’est difficile à délimiter. Il ne faudrait pas aussi, que dans sa quête de respectabilité le paganisme actuel marginalise ceux qui ont un fort penchant ésotérique. Et il y a beaucoup qui viennent au paganisme actuellement par une sorte d’ésotérisme de supermarché et découvrent peu à peu une spiritualité plus profonde.

        Ce qui est important à mon avis c’est de dire que déjà il ne faut pas forcément être sorcier pour être païen ça c’est clair, et dans le message au monde extérieur, avoir des responsables capables d’arrondir les angles et de présenter les côtés les plus philosophiques, religieux du paganisme – sans pourtant dénier directement les côtés ésotériques parce que comme le dit Luc ils font partie du noyau, c’est un exercice délicat au final.

        De plus, donné la forte insistance sur le développement personnel spirituel, la plupart des païens vont vite s’engager dans les aspects plus ésotériques. C’est compréhensible parce que ces païens là sont fortement curieux, ont un appétit prononcé et sont très axés spiritualités, sinon ils n’auraient pas mis les pieds ici. Le mouvement atteindra sa maturité je pense quant on aura plein de païens qui se disent juste païens, assistent à quelques célébrations dans l’année, ont des valeurs païennes, mais c’est tout – un peu comme la masse de catholiques qui ne sont pas prêtres ou moines. Et pour que ça soit possible il faut que ça soit un choix valide de spiritualité, il faut un clergé à plein temps avec un système pour le supporter, et n’en déplaise à certains il faut devenir plus sobre en ce qui concerne certains aspects plus arcanes. Il faudra s’organiser tout en conservant le côté créatif et libre qui est très séduisant dans le paganisme moderne. Pour l’instant, on a un bataillon de wannabe-prêtresses et d’égos surgonflés qui rend cela difficile, mais comme je disais plus tôt, quand on voit les efforts de certains reconstructionnistes comme en Grèce ou Irlande, ou encore la communauté qui se construit aux Etats-Unis, ça fait plaisir.

        29 mai 2012 à 12:21

      • Luc Martel

        Oui, tout cela est très complexe, parce que ce qui attire les gens vers le Paganisme, c’est une soif de sacré que les Monothéismes Abrahamiques, notamment le Christianisme, ne peuvent plus étancher de manière satisfaisante.

        Or, ce qu’on appelle aujourd’hui (à tort, à mon sens) « ésotérisme », correspond plutôt à ce qu’on devrait appeler « merveilleux », au sens positif du terme, c’est à dire besoin impérieux d’un ré-enchantement du monde. Et cet appétit de surnaturel, bien que mal satisfait par des erstatz de spiritualités, doit être pris en compte car il est complètement légitime : il est clair qu’il ne faut décourager personne ! C’est sans doute à nous que reviendra, dans les prochains siècles, d’étancher la soif spirituelle : c’est bien là le rôle du « sacer-dote », le donneur (ou la donneuse) de sacré.

        Mais tout le problème est que, justement, dans le bouillonnement des débuts, tout est confus…Personne ne reconnaît facilement une autorité, et c’est mieux ainsi…Et pourtant, il est important de fixer des règles d’action et de transmission dans toute tradition, sous peine de voir l’essence même de cette tradition s’évaporer et se disperser (si le panier est percé, les noisettes se perdront sur le chemin).

        Il en va de même pour la « morale » : mot tabou s’il en est, dans le Paganisme ! Et cela se comprend pourtant si bien au regard de ce qu’en on fait les Mono ! Pour autant, dans la mesure où une Tradition religieuse cesse d’être marginale, elle ne peut qu’acquérir un certain, disons, profil éthique (plutôt, d’ailleurs, qu’un profil ethnique, maladie infantile de certains Paganismes). Comme tu l’as si bien dit, Skadi (« qui sont inspirants et responsables et qui font le bien autour d’eux »), on ne pourra à mon avis se contenter du « Si point ne nuit, fais ce que voudras », car ce n’est qu’un début : il nous faudra développer des vertus positives, car faire le bien autour de soi n’est pas la même chose qu’éviter de faire le mal.

        Voilà pourquoi, malgré mon profond respect pour la Wicca, je ne me définis pas comme « Sorcier ». Je pense qu’il nous faudra nous détacher de cette image, parce que ce sont nos ennemis et les ennemis des Dieux qui nous l’ont collé à la peau, en nous imposant une scandaleuse inversion des valeurs, comme ceux qui essaient de faire porter à leurs victimes le poids du mal qu’ils leur ont infligé.

        Oui, je suis un Vicinus, un homme du Vicus, un villageois (en se sens je suis presque un vicanus) ; oui, je suis un Fada, c’est à dire un Féal du pays de Féérie, parce que je dis et répète aux nymphes qui enchantent mon âme qu’elles y sont chez elles : « Vester, Camenae… », « Je suis vôtre, O Camènes », disait un poète latin. Mais si je souscris à cette magie, ce n’est pas dans un sens différent de celui de Virgile ou du Roi Numa, et ce n’est pas de l’ésotérisme au sens strict. Je n’aspire en effet qu’à être un homme parmi les hommes, un Quirite (co-vir), et à vivre le sacré comme tel.

        Aussi, même si la frontière est floue dans le rituel, entre culte et magie, exotérique et ésotérique, je dirais que tout est déjà donné dans les gestes et les paroles publiques, et que l’ésotérique réel réside essentiellement dans le sens qu’on leur donne. Voilà pourquoi, même si le rite privé est très important, je pense qu’il faut essayer de se concentrer sur des rites les plus collectifs et les plus sobres possibles. C’est l’assiduité, l’effort et la répétition qui permettent ensuite d’entrevoir des paysages plus vastes, comme lorsqu’on gravit une montagne.

        Et que la Mère Idéenne nous accorde d’arriver au sommet et de trouver la Source avec laquelle nous étancherons la soif des âmes en quête l’elles-mêmes.

        29 mai 2012 à 1:39

      • skadibella

        Très bien dit, monsieur ^^ j’ai hâte qu’on puisse en discuter IRL…bref, oui, développer des rituels collectifs, sobres et beaux, c’est très important. L’identité de sorcière est une avec laquelle je me suis toujours sentie à l’aise depuis mon plus jeune âge – je ne suis pas vraiment une pro question histoire, mais il me semble que cela a fait partie de la culture avant le christianisme, qu’il y avait un lien fort avec la marginalité, la frontière étant ténue entre ceux qui guérissent et ceux qui maudissent…et j’aime le côté subversif, et la volonté de réclamer le mot à la façon Reclaiming… si c’est volontaire non pas « collé dessus par nos ennemis » je pense que c’est possible de retourner l’arme contre eux, transformation quoi – mais après, je me rends bien compte que ça ce n’est pas pour tout le monde et que quand on se retrouve tous, il est parfois bénéfique de laisser ce genre de choses dans l’arrière boutique. Je ne me vois pas me détacher de cette image car je ne pense pas que c’est quelque chose qu’il faut oublier ou dont il faut avoir honte… il me semble aussi avoir lu des personnes qui refusent de s’appeler païens car c’était soi disant une insulte des chrétiens envers les ‘bouseux’ villageois…encore une fois, je tape de mémoire donc…

        9 juin 2012 à 7:10

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