Une cabane lovée dans le feuillage… Ma tanière de sorcière au fond des bois. Mon boudoir… poudres,éclats de rire et élixirs. Esprits en ébullition, chasseurs de rêves, et visiteurs en tout genre, tissez vous dans ma toile …

Au fil de la Roue…

It’s the end, my friends

Le Repaire d'Elliska

(Je suis en train d’écouter les Doors, parce que j’aime bien être obvious)

Je vais fermer mes deux blogs, la Cabane Boudoir et le Repaire d’Elliska, ainsi que mon compte Facebook païen, dans pas très longtemps. Pour une raison assez simple, je ne me sens plus à ma place dans le monde païen moderne. Ce que j’ai écrit sur ces blogs représente une époque révolue de ma vie, dans laquelle je ne me retrouve plus. Il est donc temps de tourner la page.

Je ne ressens plus tellement le besoin de parler de spiritualité, en fait. Et pour être honnête – le terme de païenne me tiendra toujours à cœur, un beau symbole de multiplicité et de diversité ontologique – mais je suis probablement athée, si on devait simplifier les choses. Je ne crois plus tellement à une réalité transcendante. Énergie, magie, croyance, dieux… là où j’en suis, ce sont…

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Bye Bye Babies – Appelez moi Elliska

Joyeuse nouvelle année à tous !

Pour ma part, en 2014 je fais peau neuve, et cela commence par un changement de pseudo païen. ‘Skadi Bella’ c’est une autre époque, que je laisse derrière moi, avec un peu de nostalgie, certes…

Depuis quelque temps déjà je ne me sens plus à l’aise avec le fait de porter le nom d’une divinité, aussi proche d’Elle que je puisse être, cela me paraît…présomptueux ? trop fusionnel ? mal adapté ? Je ne le regrette pas et je lui en suis éternellement reconnaissante, de m’avoir par la sorte protégée et marquée en quelque sorte. Mais j’ai choisi ce pseudo à l’époque où je voyais les Dieux avant tout comme des mythes et des archétypes, et je suis sortie de ce paradigme, cela me paraît donc mal approprié de le garder.

‘Elliska’ est un mélange de mon surnom courant et du nom de ma Patronne, donc, un beau mélange de l’ancien et du nouveau, de mes deux vies qui s’accordent de manière de plus en plus harmonieuse, symbole d’apaisement et de réconciliation. Simple, efficace. Franchement pour moi, il coulait de source.

Et c’était donc l’occasion de tourner la page sur ce blog aussi, et d’ouvrir Le Repaire d’Elliska. ( Un site, peut être, j’aimerais bien, mais pour l’instant un blog faute de logistique et de temps ) Bien sûr, je vais continuer à écrire. Je ressens le besoin d’aller plus en profondeur dans les recherches et réflexions – on va voir ce que cela va donner. Lorsque je reviens sur ce que j’ai écrit ici, j’en suis fière mais je vois aussi clairement mon évolution, certaines lourdeurs et naïvetés du passé, dont j’ai besoin maintenant de me détacher.

Voilà, merci à tous mes lecteurs, à ceux qui ont pris le temps de laisser des commentaires, à ceux qui ont débattu avec moi sur ce que j’ai pu écrire, en ligne et en direct. Au final, écrire sur ce blog a été une expérience très enrichissante et positive pour moi- m’a permis de mettre des mots sur mes réflexions et orages intérieurs, de développer ma voix, de débattre avec des gens fascinants, et même de rencontrer des gens géniaux face à face. J’espère avoir pu vous apporter deux trois trucs en retour, des sourires peut être, des questions, des idées.

Plutôt que de le désosser et de le remonter avec une autre figure, je vais laisser ici en l’état ce blog, un petit souvenir de mon époque de bébé-sorcière, des voyages et des explorations de l’époque, des échanges. Je répondrai toujours aux commentaires, mais il n’y aura pas de nouveaux posts. Pour la suite, ce sera ici 😉 


Adieu étrange été

So long, Summer of Weird ( and thank you for the fish )

C’était un été bizarre. Pour moi, plutôt un hiver métaphorique, d’ailleurs : attente, introspection, douleur et soulagement, esprit cotonneux, nerfs enflammés,  suspension, relâchement, dissémination.

Les murs entre les différentes parties de ma vie se délitent. Sous mes anti-douleur à l’opium, je vois une ballerine aux yeux rouges, aux cheveux gris maintenus en un chignon gracieux au dessus de sa tête, la voix douce, couvant une ironie tranchante. Elle danse dans des volutes de fumée. Je pers le chemin vers mes névroses habituelles. Je ne sais juste plus.Mes amis païens viennent dans ma maison d’enfance, rencontrent mes cousins et mes amis de lycée, toutes les périodes de ma vie se mélangent, je suis trop perchée pour me mettre les nerfs en pelote.

Je fais un rituel de guérison et je sens mon corps devenir lande, terre de bruyère. Je prends le bus pour aller chercher du millepertuis à la campagne, mais j’ai trop mal au dos, pour arriver au bout. Je marche sous un soleil de plomb en zone industrielle, paumée, et le seul millepertuis que je trouve pousse au bord d’un rond point, vie tenace. Je me pose dans un parc en bord de route, je trouve une plume de corbeau, et Odin vient à moi. Il me dit d’accepter, enfin,(!) ce qui vient, l’histoire qui est la mienne et je trouverai la force lorsque j’en ai besoin pour dire non.

Je me sens comme un arbre frappé par la foudre, les problèmes de la colonne vertébrale, c’est horrible, c’est toute votre fondation qui ne tient plus la route. Un bonne leçon de ce qui se passe lorsque j’essaie d’être forte à tout prix, pousse trop loin, ne prends plus soin de moi-même. Il fallait que je l’entende d’une manière ou d’une autre ; la magie n’est pas une épreuve de volonté contre la vie, c’est un petit coup de pouce dans le sens du courant, c’est essayer de bouger en rythme. Devenir roseau, je n’ai plus le choix. Il n’y a pas de loyauté ou de cause à laquelle je doive ma vie. Ach patate !

Je m’endors sur la plage en écoutant mon podcast d’histoires d’horreurs poétiques, entre aliens et Lovecraft in love, et en me réveillant,  en regardant la lumière du soleil couchant miroiter sur l’océan, pour quelques secondes, je suis convaincue d’être sur une autre planète, et je sens les bêtes immenses et monstrueuses qui jouent et vivent sous la surface de l’eau, l’harmonie du chaos, les étoiles dansent, et sans savoir pourquoi, j’ai les larmes aux yeux. Je vais arrêter de vouloir trouver un ordre et une logique à tout ce qui m’entoure. C’est bon.

Maison d’été et réunion de famille, cris d’horreur, une peur de fausse couche. Avec ma coloc, on fait une prière, un envoi d’énergie, dans l’urgence. Je prie à Frigg pour qu’elle protège le futur bébé. On s’en fout que je suis pas au top, que je suis en crise de foi, il faut essayer. Je suis sorcière, ça me retombera toujours dessus. Dans des moments comme ça, les questionnements existentiels n’ont que peu d’importance. Ce n’est pas une morale à ton histoire, il n’y a pas une leçon qui t’appartienne ici, juste tais toi et fais le nécessaire. Le foetus va bien, au final.

On m’apprend que je dois être opérée, je vacille, je m’imagine en fauteuil roulant, esprit dramatique toujours, on se refait pas, on apprend juste à se foutre de sa propre gueule. Je marche, je m’allonge sous des cèdres, au bord de la route, je pleure, je pense à tous mes projets de voir le monde. Je regarde les frondaisons de mes arbres gardiens, que je semble toujours trouver près de moi où que j’aille, leur force verticale et profonde d’arbre-monde. A ce moment je sais que je conserverai la grâce quoi qu’il arrive, au bout du chemin. Je sais voyager en esprit, je ne suis jamais impuissante, je saurai bouger des montagnes, et je vais faire face. Je remercie mes Dieux d’être née dans cette époque, et d’avoir une famille qui prend soin de moi – sans leur aide, ça aurait tourné au cauchemar.

L’humour débile, c’est la meilleure expression de la grâce. Je chasse mon petit neveu autour de la table du repas en imitant les feulements d’un tigre, en boitant comme une vieille furieuse. Je retourne les commentaires acerbes de ma grand mère contre elle, elle ne peut rien dire parce que, c’est la faute aux anti-douleurs, ils me retournent la tête, n’est ce pas ? Et lorsque elle et ma tante se mettent à commenter le physique de ma belle-mère et moi, je les envoie chier, bande de commères de village à la foire aux bovins. Nouveau pour moi. Good times. Avec ma cousine. On fait le tour du village balnéaire neuneu-jetset en mettant ‘Fuck you’ de Lily Allen à fond, et en chantant de nos plus belles voix de casseroles.

Ma belle-mère a ramené de son boulot des palettes et des palettes de myrtilles non aptes à la vente, et on fait des confitures, et des muffins, et on en a par dessus la tête, c’est décadent. Je lis des poètes beatnik et lorsque je suis perchée, ça fait tellement sens, mais ça va nulle part, mais ce n’est pas grave, je me vois déjà sur la route. Je rêve que je sors avec un gardien de cimetière qui a piqué son manteau à la Faucheuse. J’arrive au bout de ma patience, de la douleur nerveuse, de cette putain de hernie, j’en ai marre d’être un poids, de devoir demander de l’aide pour la moindre des choses. Et en même temps, elle me concentre. Me rend brute, honnête. Je suis trop fatiguée pour faire quartier aux trucs futiles. Mes dieux restent silencieux, je fais face à moi-même.

Je suis passée sur la table d’opération. Bien passée. Je suis à l’ouest. La douche à la bétadine, c’est dégueulasse. Je travaille mon bouclier énergétique pour ne pas me laisser envahir. La solitude reste pesante. Je me sens comme une poupée de chair entre les mains des infirmières. Le soir, on parle d’expériences de mort proche et ma belle-mère si apparemment plan-plan parle de sa grand-mère qui faisait du spiritisme, et leur enseignait des sorts, et j’explique à mon père qu’au final, on s’en fout de savoir si ça existe vraiment ou pas, parce que dans tous les cas, ça en vaut la peine. Je m’engage.

Allongée dans ma chambre d’hôpital, vers trois heures du matin, après la dissipation de la morphine, la douleur a disparu à part une légère brûlure au niveau de la cicatrice, et j’écoute l’équipement de ma voisine qui bouillonne tranquillement, comme un chaudron déplacé. Je me rends compte que j’ai des choses à faire, à dire, et maintenant je sais quoi, et je sais comment. Et je suis ok. Je suis sortie de la grande période de confusion en un seul morceau.

Rentrée, j’aimerais sauter dans tous les sens, mais je dois être corsetée, faire attention au moindre de mes mouvements. J’apprends qu’un de mes camarades de primaire s’est tué dans un accident de voiture, conducteur ivre et falaise. C’est absurde. J’ai l’impression de ne rien sentir. Il pleut.

Avec ma soeur, on rit, parfois noir, et on partage jusqu’aux petites heures du matin. On est si différentes, et on a la même faim de vie, la même ambition, et je suis fière d’elle, de sa capacité à garder à la fois la tête haute et le coeur tendre dans le tumulte. Je retisse des liens, je solidifie des ponts. J’apprends que je peux continuer mon mémoire sur la protection de la biodiversité. Lorsque je me balade dans un de mes parcs d’enfance en bord d’autoroute, je me dis que je sais pourquoi je travaille, avant que le moindre écran de verdure ne devienne un luxe. Je sais où je vais, et mon sang fourmille comme de la sève. A l’envers, automne printemps. C’est ça aussi la spiritualité dans la vraie vie. C’est indétachable du reste, et ça part dans tous les sens.

Demain, c’est la rentrée. Je me suis laqué les ongles en rouge vif, mode ready set go. Je ne suis pas prête, mais tant pis. Ma nouvelle philosophie de vie, c’est tant que je n’aurais pas eu à pisser à travers une sonde, je suis sûre que je peux trouver le bonheur quelque part, où qu’il se cache.


Pourquoi ?

Lorsque j’ai décidé de parler de ma spiritualité à mes proches, je me suis mise à réfléchir avant toute chose à comment en parler en termes rationnels et clairs – compréhensibles pour ceux qui n’ont pas la fibre mystique. C’est peut être un compromis, une vulgarisation, mais au final pour moi c’est une démarche plus intéressante que ce que j’ai beaucoup fait jusqu’à alors ‘Ces mécréants ne comprendront jamais rien à la vie de toute façon » (lol). Surtout, dans ce processus, j’ai tenté de rendre intelligible à moi-même ce que je faisais – à la partie de mon cerveau qui a besoin de théories cohérentes pour avancer, pétrie de doutes et de scepticisme. Mais là on risque aussi de s’engouffrer dans la spirale des justifications et du besoin d’acceptance et de reconnaissance. Mais bon merde hein je me suis dit, le jour où j’aurai une explication qui me conviendra à moi-même je serai déjà super contente et merde au reste.

Une des questions qui revenait souvent c’était ‘pourquoi tu es une sorcière/païenne ? Pourquoi tu t’intéresses à ce genre de sujet ? Pourquoi tu fais ce que tu fais ?’ C’est vrai que j’ai jamais eu d’expériences paranormales ou hors du commun, ou un gros bouleversement qui m’a poussé à en venir là, ou alors des talents naturels pour telle ou telle activité occulte, comme on l’entend souvent. J’ai du me fabriquer mes propres réponses, et j’ai développé au fil du temps des réponses qui me plaisaient beaucoup, intellectuellement justes et honnêtes : cette spiritualité me permet d’exprimer mon amour de la nature et ma quête de sens de manière autonome et créative, ainsi que ma passion pour l’histoire et mon besoin de continuité à travers le prisme du culte des ancêtres ; la figure socio-politique de la sorcière est une construction fascinante, un mélange de subversion, de tradition, de dévotion et d’irrévérence, un symbole des marges avec lesquelles je me sens une affinité ; j’ai trouvé une communauté (dans son ensemble) diverse et colorée satisfaisant mon désir d’appartenance et rencontré des gens géniaux, dans laquelle je me sens généralement en confiance et en sécurité, une zone de tolérance et d’expression libre ; cela correspond à mes valeurs – respect de la nature et de l’humain, solidarité et interdépendance, construction d’un monde meilleur ; c’est de la spiritualité qui s’approche de l’art et nourrit mon sens esthétique et poétique, etc…blablabla. Donc voilà mon cerveau il est content, c’est bien, mais bon tout ça c’est plutôt le glaçage que le gâteau. En dedans, c’est bien plus moelleux, gluant, fondant et salissant. En fait la raison pour laquelle je suis sorcière, essentiellement :

– Déjà ben c’est le pied franchement, et ça c’est la part qui ne s’explique pas, qui relève des mystères, mais vous savez sans doute de quoi je parle. La sensation de connexion, d’harmonie parfaite durant certains rituels où tout semble être à sa place dans le monde, qui s’évaporent ensuite, les petites illuminations, les blagues privées à partager avec « l’Univers », les déchirements salvateurs, et les moments d’extase douloureuse, où on a presque l’impression de sentir la Roue tourner, témoins accidentels ( ou pas ) de quelque chose qui nous dépasse si totalement que… bref, ouais. Wooohooo !

– De l’auto-préservation, bizarrement parce que : d’un côté, lorsque j’ai peur de devenir folle, cela me rappelle de garder les pieds sur terre, de sortir me balader, de méditer, que je ne suis jamais seule, que la vie est belle malgré tout, que je suis juste de la poussière au final. Et lorsque j’ai peur de m’encroûter, de me laisser encager par mes peurs et mes limitations, ça me secoue et je sais que de toute façon il y a cette partie de moi qui préférera s’exploser plutôt que d’en arriver là et étrangement ça me rassure, ma grenade de sécurité. Au final c’est une manière de trouver l’équilibre au milieu, d’envoyer chier mes démons et chimères. Une manière de continuer quoi.

– Le pouvoir, la libération : ‘pouvoir-en-dedans’ comme le dit Starhawk… le pouvoir de trouver la troisième voie : de s’émanciper de l’histoire répétitive dans laquelle on est coincé, en boucle, le pouvoir de fixer soi-même les termes de l »engagement, de se définir soi-même sans avoir besoin de justification extérieure, le pouvoir de distinguer le vrai du faux, de payer ses dettes, de se détacher des déterminismes qui nous pèsent dessus – la biologie, la génétique, les cadres sociaux, les héritages, les rôles, les prédictions, les analyses, les prévisions, toutes ces vagues parodies de destinée – de d’être prévenu des motifs qui se dessinent dans le hasard avant que ceux-ci nous écrasent, et de trouver la faille dans le système. Le pouvoir de faire naître au monde ces rêves, pour de bon, compter pour quelque chose ; donner un sens à ces épreuves peut-être, sans doute pas. En tout cas, le pouvoir d’assumer pleinement ses actes, d’agir en connaissance de soi et de cause, de l’histoire que l’on écrit avec ses actes. Le pouvoir de se transformer, la force de faire face à ses démons, de les embrasser, de les retourner, de les faire muter en quelque chose d’autre…Pour compenser les risques qu’on prend, on aimerait bien avoir juste un peu plus de chance que le voisin, mais non, ce n’est pas comme ça que ça marche. Se libérer des stratégies dans lesquelles on se perd trop souvent, aussi. Arrêter d’être un robot, devenir une vraie petite fille. De toute façon, on ne voit jamais la fin de ce qu’on entreprend, et c’est peut être perdu d’avance, mais tant pis. Le pouvoir : pas de prévoir le futur ou de plier les gens à sa volonté, mais de voir des options novatrices, de les charger de pouvoir, d’y croire soi même, de leur donner de la valeur et de la chair, de les chérir et de les protéger du mauvais temps, de s’engager sur la durée, de les construire petit à petit, et peut-être, si les Puissances l’accordent, de pencher la balance incertaine de notre côté ( ça je suis jamais sûre). En tout cas, mettre les chances de notre côté, même celles qui sont incompréhensibles, mystérieuses, inconnues, pas de notre ressort. Je sais, y’ a les lois de la nature qu’on connaît, il y a ce qu’on comprend et ce qu’on a prévu et ça peut toujours nous aider – mais aussi, on peut peut être aller au delà. A voir. A côté de notre jardin bien entretenu il faut toujours un carré de mauvaises herbes, et toujours une place pour un peu de chaos dans nos plans bien faits. Les failles, les solutions, les bonnes questions viennent souvent de là. Les clés pour débloquer le pouvoir. Une à la fois, petit à petit, sans surenchère, sans brasier mortel, sans explosion éphémère, lentement mais sûrement, pour que cela s’ancre sans retour.

C’est peut être pas les réponses de la sorcière bien équilibrée, ce n’est pas très explicable, mais ce sont bien les miennes, autant faire avec. J’aimerais bien, quelque part, me cantonner à écrire des articles sur mes nouveaux tarots et mes macérations de plantes mais au final ça n’arrive jamais, je me retrouve toujours à écrire avec mon sang sur le papier. Je me retrouve souvent en errance, des notes incohérentes plein les bras, dans mes rythmes intérieurs, il faut un temps pour la prise de tête/de tripes j’imagine. Ce sont les plans et les ébauches pour des fondations saines. Cela fait presque une décade que j’ai choisi ce chemin comme une évidence certes, mais aussi un rêve à conquérir, et pour l’instant, je ne suis pas arrivée à en être satisfaite, peut être parce que je ne voyais pas ma propre tête dans le miroir mais une image toute faite et figée. J’ai fait des tas et des tas de listes de ‘à faire’ dans tous les domaines de ma vie et ça s’empile sans que rien ne change, parce que j’essaie de mettre des chaussures qui ne sont pas à ma taille, d’enfiler un rêve fait pour quelqu’un d’autre. C’était certes une lumière au bout du tunnel à une époque où je ne comprenais rien à rien, où je devais me camoufler pour survivre, où je n’avais pas les outils en main. C’est très général ça, mais en gros en magie c’était l’un des premiers domaines où je pouvais essayer des outils, au moins. J’ai une vision très totale de la magie, il faut dire, ce n’est pas qu’un changement au niveau de l’énergie, mais aussi de la perception, de la vision du monde. Cela rend la notion de représentation essentielle. Les histoires que l’on se raconte aussi.

La raison pour laquelle je me re-pose cette question en ce moment c’est parce que je suis totalement déprimée et que j’ai totalement perdu de vue le pourquoi, et toute espèce de motivation – mais je sais aussi que laisser tomber, ça ne fera qu’empirer les choses. L’avantage de la dépression, c’est une sorte de lucidité terrible. Et j’ai plus la patience ou l’énergie de faire des trucs pour prétendre, ou plaire à d’autres, ou me donner des airs, ou même par pure curiosité intellectuelle, simplement pour voir. Aussi j’en ai marre d’ignorer mes intuitions et mes ressentis histoire de mieux m’intégrer ou ‘d’élargir ma vision du monde’ ou cette étrange disposition de l’esprit qui consiste à penser que si l’autre dit un truc un tant soi peu intelligent ou cohérent, il a raison et j’ai tort. On s’en fout de savoir qui a raison de toute façon. Concrètement, ça donne quoi ? Ben par exemple, la divination, ça ne m’intéresse pas au sens strict de prévoir le futur, je trouve ça totalement anxiogène et presque malsain ( comme tout ce que je dis, c’est un ressenti personnel, chacun sa route. de toute façon les gens qui disent pouvoir prévoir le futur ça me fait rire gentiment, c’est tellement incertain…) j’aime tirer les cartes pour apercevoir différents aspects du présent, dialoguer avec son inconscient et peut être avec les puissances, mais cela ne veut pas dire que c’est une parole divine qui doit faire figure de loi, ou faire office de ‘présage’ nous flottant au-dessus de la tête comme une épée de Damoclès. C’est vrai parfois ça dit des choses difficiles à entendre, mais des grosses conneries aussi, et vouloir s’y raccrocher à tout prix, pour moi, cela tient presque de la superstition, et je n’aime pas trop la position que cela donne par rapport à l’autre. En tout cas, ça doit rester des pistes, et à petite dose. Je préfère travailler à affiner mon intuition. Donc je vais arrêter de tirer les cartes pour les autres pour faire plaisir, arrêter de laisser mes cartes trainer par terre n’importe quand et de les tirer quand je suis fatiguée ou pas au top. Parce que la seule chose que j’ai accompli en général c’est créer matière à psychoter, et ça c’est pas bon.

Autre exemple : là c’est clair je sais que je n’aime pas faire du spiritisme. J’ai essayé plusieurs fois parce que je voulais voir par moi même, je trouve la panique type hollywood assez ridicule, j’y croyais pas vraiment, et puis pour aider des amis. Mais c’est clair, je n’aime pas la manière dont je me sens après : vidée, en décalage, mal dans ma peau, comme si je n’avais pas les yeux en face des trous. Je ne suis pas assez expérimentée pour ce genre de truc, et de toute façon cela ne m’intéresse pas. Je ne regrette pas de l’avoir fait, mais ma dernière expérience, où on a interagi avec un esprit voulant notre aide pour passer de l’autre côté, m’a ouvert les yeux : ok peut être que c’est notre propre énergie qui fait bouger le verre et les esprits ça n’existe pas mais dans l’éventualité que c’est en effet ce qu’on est en train de faire, ce n’est pas quelque chose qui se fait pour voir et à l’arrache ou pour des raisons futiles : c’est un manque de respect, c’est dangereux, on se retrouve à promettre des choses sans vraiment le vouloir et on se signale comme porte ouverte pour ce genre d’interactions, or ce n’est pas dans mes intentions. Mon énergie de vie en ce moment est trop basse pour que je puisse me le permettre. C’est assez paradoxal parce que c’est la première fois que je me suis débloquée dans ma tête au niveau des doutes – ( toujours avec l’aide de Sigyn : l’empathie est un canal redoutable…) et je me suis rendue compte que si je m’impliquais, il fallait aussi que je me prenne plus au sérieux. Mon lien avec mes Dieux me fait souvent sentir que je suis protégée mais ce n’est pas une excuse pour faire n’importe quoi. Et puis je commence à bien savoir faire le tri entre ce qui tient de la parano et des doutes légitimes. C’est bien d’être ouvert d’esprit mais à un certain dosage ça devient pathologique.

Au final il faut que je me rappelle que mon but ce n’est pas une cabane au fond des bois avec un joli chaudron, de sauver le monde, devenir une sainte-méga-prêtresse parangon de sagesse, d’avoir tout compris, de plaire à tout le monde, d’accumuler les herbes, les encens et les pierres, de préparer le Retour des Dieux, d’être à 100% éco-responsable et irréprochable, de rallier la communauté, d’être la nouvelle Starhawk (lol). Si je dis que je veux m’éclater, me remettre debout et éviter de devenir folle, écrire mes propres histoires, prendre le pouvoir et aider les autres à en faire de même, ça fait peut être pas super net mais au moins ça sera plus honnête. Hier, j’ai fait un tirage sur la lignée familiale et au niveau de mon apport personnel à l’histoire de la lignée, c’était : le Roi du Vide (nihilisme cosmique) + le Chariot (aller de l’avant, réconcilier esprit et matière). Hmmm… je me dis que si la pourritude ambiante de ma vie en ce moment m’aura appris quelque chose, je serai contente. 

 
King-of-VOID
7-The-Chariot
(Cartes du jeu Tarot de l’Aube Numérique, Egypt Urnash, Review à venir !)

Liebster Awards

*Mode blabla* J’ai reçu un Liebster Award de Nuno, Hédéra et Lucy Dreams. Merci ! ❤ Je vais pas nominer d’autres blogs parce que j’ai pas d’inspiration pour les questions et de toute façon la plupart des blogs que je lis ont été nominés il y a des plombes. Je m’y mets tard mais mieux que jamais ^^

Onze trucs sur moi :

– Je suis à moitié néerlandaise ( par ma mère ) et j’en suis super contente.
– J’ai une soeur qui est née le même jour que moi à six ans et une heure d’écart.
– J’ai découvert le paganisme grâce à une interview de Starhawk trouvé dans un magazine que ma mère gardait dans les toilettes.
– Je collectionne les opales.
– J’ai un tatouage dans la nuque représentant cinq pépins de pomme arrangés en étoile, le pépin du haut contenant un minuscule arbre de vie. Je projette d’en faire un autre pour mes 23 ans, les dix ans de mon voeu d’être sorcière.
– J’adore écrire et j’en ai besoin, c’est thérapeutique, au moins tous les jours dans mon carnet de bord, et je suis tout le temps en train d’inventer des histoires dans ma tête ( même si j’ai pas encore réussi à produire quelque chose de montrable -_- )
– Je suis assez introvertie, je n’aime pas trop les grands groupes ou parler en public, j’ai besoin d’être seule pour me recharger, j’aime le calme et le silence, j’aime prendre mon temps,  et je trouve ça difficile d’exprimer ce que je pense à l’oral.
– Je suis une anglophile à fond ^^ J’aimerais vivre en Angleterre plus tard, je suis très fière de mon niveau d’anglais ( qui m’a permis de réussir mon concours d’entrée ) – la plupart des séries, livres, musiciens que j’aime sont anglais, j’aime même la nourriture ^^. En revenant d’Amsterdam, je me suis rendue compte que j’avais du mal à écrire en français après un an dans un milieu académique anglophone. -_-
– J’adore les roses, surtout les vieilles anglaises grimpantes. Cela vient sans doute de mon jardin d’enfance qui en était rempli, tellement que la saison venue on faisait des batailles de pétales de roses avec mes amis ❤
– Je fais du chinois en seconde langue. Argh. C’est dur. Mais la Chine, c’est vraiment un pays fascinant, une plongée dans un autre monde, et je me suis fait des contacts géniaux en allant sur place.
– J’ai tendance à avoir des rêves de ouf, mais ça me soulage quelque part. Thèmes récurrents : zombies, fin du monde et post- apocalypse, missions d’infiltration, la résistance durant la seconde guerre mondiale, tsunami, guerres en tout genre, mélangés à de la politique et des personnages imaginaires et divins. ça donne Odin déguisé en Père Noel qui enquête sur des crimes façon CSI: Valhalla, Voldemort en train de mettre une bombe sous la voiture de Yasser Arafat ou pause cigarette avec Obama déguisé en clochard pour échapper aux zombies. Lol au moins je m’ennuie pas. J’ai des révélations spirituelles aussi parfois, si si…ça m’arrive souvent de me réveiller et d’être, genre, WTF ? Le journal de rêves m’aide vachement à m’en souvenir et du coup, voir des tendances, c’est fascinant.

Les questions d’Hédéra :

1. Vous êtes plutôt du matin ou du soir ? Soir. Ou matin très tôt. J’ai une fâcheuse tendance à décaler mon cycle de sommeil…
2. Votre tic de langage le plus fréquent ? je dis tout le temps ‘putain’. Je crois que c’est depuis que ma grand-mère m’a dit que c’était pas joli dans la bouche d’une jeune fille de bonne famille…
3. Votre livre fétiche ? C’est trop dur comme question de choisir un seul livre ! Le livre qui m’a le plus touchée récemment, c’est The Botany of Desire, de Michael Pollan.
4. Le film le plus nul que vous ayez vu ? Zardoz. Epiquement nul. Sean Connery en moustache et slip cuir rouge et une tête géante volante qui crie ‘le pénis c’est le mal’. Wow.^^
5. Si vous deviez n’emporter qu’un objet sur une île déserte, ce serait quoi ? Bah je sais pas un couteau ? Histoire d’avoir plus de chances de survivre…
6. Une phobie ? Non, pas vraiment
7. La personne que vous admirez le plus ? certains de mes anciens profs d’histoire et ma prof d’anglais du collège. Caitlin Moran, Eva Joly. Starhawk. Galina Krasskova. Dumbledore lol
8. Si vous deviez vous réincarner en animal, lequel choisiriez-vous ?  chauve-souris ou chat
9. Avez-vous déjà triché (à l’école ou plus tard) ? Rarement, pour les exams à la fac, lorsque c’était vraiment la dèche. Meilleure astuce : avec une amie, on portait des jupes, on s’est écrit sur les cuisses en dessous, parce que personne ne nous aurait jamais demandé de voir ^^ après il faut s’asseoir en haut de l’amphi…
10. L’endroit que vous aimez le plus ? Dans la forêt avec du soleil qui filtre à travers les arbres, une niche dans les racines au pied d’un chêne pour pouvoir bien se caler avec un livre.
11. Vous croisez une fée qui vous accorde 3 souhaits, que demandez-vous ? Heu, de mon point de vue d’étudiante fauchée, de l’argent, la santé pour moi et mes proches, et un voeu en rab pour quand j’en aurai vraiment besoin et je saurais mieux quoi en faire ^^

Questions de Nuno :

Si vous deviez mettre seulement un mot sur votre pratique, lequel serait-il ? En ce moment ? Rassemblement.
Et une image ? 530999_382304825180816_203058759_n
Avez-vous dans votre parcours rencontré un « vrai Sorcier/e », du genre de celui qui aurait changé votre vie, qui vous a fait prendre un véritable tournant ? Bah je vois pas trop ce que ça veut dire qu’un ‘véritable sorcier’ sinon mon parcours a toujours été enrichi par des rencontres avec des gens ‘éveillés’ qui m’ont inspiré et m’ont fait entrevoir de nouvelles possibilités.
Votre encens favori ? J’en ai pas vraiment, je suis pas très encens. Je préfère diffuser des huiles essentielles.
Un style vestimentaire particulier ? Le mien. Rouge, noir, rose, un peu rock ou romantique ^^
Courir comme un cerf dans les bois, s’enrouler la nuit dans une grande couverture en buvant du maté ou danser dans les fumées lourdes de l’encens ? hmm …les trois ? la belle vie quoi. Quoique, quand je suis dans les bois, je préfère marcher.
Votre famille vous sait-elle païen (si vous êtes païen) ? A-t-elle une place particulière dans vos pratiques ? Ma famille proche est au courant, pour les autres c’est pas la peine. J’ai fait quelques rituels avec ma mère…
Votre witchy kit de survie ? Une bougie rouge, un oeil de tigre, de l’eau de floride, de l’huile essentielle de menthe poivrée, du sel, mes petits dés, ma vieille clé rouillée, mon couteau avec le manche en bois de cerf, mon petit hochet.
Votre clé pour changer d’état de conscience ? Je ‘pars’ assez facilement sans aide, sinon j’aime beaucoup le son du tambour, la lumière des bougies, le laurier et l’armoise, et simplement l’état d’esprit des gestes rituels. Et les rituels nocturnes en nature, sinon.
Le tableau, ou l’œuvre d’art qui vous ressemble (mettez une image)? Pourquoi ? En ce moment ? The Hanged Man, Molly Crabapple

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Comment voyez-vous venir 2013 ? Un nouveau départ, j’espère…

Questions de Lucy Dreams :

  1. Jour ou nuit? Nuit
  2. Thé ou café? J’adore le thé. Le café c’est juste dans les cas désespérés parce que ça me rend super chiante et sur les nerfs. Je bois du coca light quand je veux pas dormir.
  3. Si tu n’avais que 3 vœux… trois autres voeux ? le pouvoir de voler, un chat familier qui parle, et heu…la faillite de plusieurs grandes multinationales agro-alimentaires aux pratiques limites, soyons fous.
  4. Quel est le proverbe que tu cites volontiers et pourquoi? Heu…là jsais pas.
  5. Pour ou contre les enzymes gloutons? heuu…je ne comprends pas cette référence ^^
  6. Que sais-tu faire de tes mains ? Je fais des très bons hot cross buns à l’anglaise
  7. Tu te souviendra toujours du jour où (champ libre!) j’ai marché les pieds nus dans la rosée et les pétales d’aubépine sur la colline de Tara en Irlande…
  8. Quelle est la plus belle offrande selon toi? déjà, le fait de dépasser un blocage sous l’égide d’une divinité. Ensuite, j’aime le travail manuel comme offrande, et les fleurs et les fruits, et les mots aussi…
  9. Un ouvrage qui t’a beaucoup apporté sur le plan spirituel ? Dreaming the Dark de Starhawk ( en français Femmes magie et politique )
  10. Y-a-t-il un animal ou un végétal qui tient une place de choix dans ton cheminement spirituel et pourquoi? Donc mon animal de pouvoir est la chauve-souris, et sinon loup et biche font partie de mes guides. Pour la plante, l’églantine. Sinon où que j’habite je me trouve toujours un ‘arbre gardien’ en général un chêne ou un cèdre.
  11. Tu te sens vivre quand…je lis un bon livre, j’ai des longues conversations avec mes amis, je me balade à la campagne…ou quand la vie me fait des surprises agréables, ou en entamant un projet inspirant.

Bon allez quand même, des questions pour Lune de l’Envol de Freya :

1. Quel est ton thé préféré ?
2. Premier souvenir d’une expérience du sacré ?
3.Tu te vois où dans cinq ans ? 😉
4.Personnage fictif préféré ?
5.Quelle carte du tarot te représente le mieux ?
6. Si tu pouvais avoir ton temple/endroit sacré personnel idéal, a quoi ressemblerait-t-il ?
7. Une chanson que tu passes en boucle en ce moment ?
8. Si tu pouvais visiter une époque du passé pour 24h, laquelle ?
9. Fleur, plante, arbre préférés ?
10. Un grigri, porte bonheur ou objet magique que tu portes en permanence avec toi ?
11. Déjà tapé un fou rire pendant un rituel ? Pourquoi ? Et sinon, une erreur qui s’est révélée être une bonne chose au final ?
 

Offrandes et correspondances – Sigyn ( jour 28 )

(Prévu pour hier à la base, mais on se refait pas…je déborde sur mars. Mais bon de toute façon, je vais sans doute encore écrire sur Sigyn dans le futur !)

Quelques correspondances personnelles. Cela ne fait pas si longtemps que je travaille concrètement avec Sigyn, ce n’est pas une liste exhaustive.

– Couleurs : bleu, bleu pâle, rose pâle et vieilli, gris, vert, noir.

– Symboles : bol, étoiles, papillons, coeur, clés. Les mains aussi. (L’énergie de Sigyn se ressent pour moi par une chaleur au niveau du coeur, et un picotement au niveau des mains. Idéalement j’aimerais une statuette de mains en coupe pour mon autel à Sigyn.) Sur l’autel, aussi, je vois bien mettre des cadeaux venant d’êtres aimés et des petits jouets. (j’ai un pendentif offert par ma petite soeur et une étoile fluorescente )

– Plantes : chèvrefeuille, consoude, saule blanc, mauve, mélisse, roseau,  ( un peu étrange, je vois souvent Sigyn en bord de rivière – rapport à l’histoire du chêne et du roseau ?)

– Exemples d’offrandes : Thé blanc rose violette. Jus de pêche. Lait au miel ou à l’anis. Gâteau au muesli ( un souvenir de mon enfance celui là ❤ ) Chocolat. A partager avec sa famille. Petites prières au quotidien. De manière générale, lorsque je ramène quelque chose de spécialement bon, j’en fais une petite offrande.

– Activités en offrande : énergie du ménage ( par exemple ). Connexion à l’énergie enfantine, son ‘enfant intérieur’, jouer, sourire aux gens qu’on rencontre (un vrai sourire pas une façade de convenance.) Prendre soin. Service et dévouement. Connexion qui vient du coeur sans arrières pensées. Danser en attendant le métro. Se réconcilier après une colère. Mettre en ordre. Méditations de calme intérieur et d’acceptance de soi. La méditation dite ‘du bol’.


Sigyn – Silence (jour 27)

Enfin les vacances, je trouve un moment pour m’asseoire et écrire quelque chose pour le projet Sigyn. Il faut avouer aussi que je trouve ça difficile d’écrire sur Sigyn. Si il y a une chose qu’Elle m’apprend, c’est bien l’importance du silence.

Je suis douée pour les tirades dithyrambiques et les beaux mots mais lorsqu’il s’agit de dire les choses exactement telles qu’elles sont en peu de mots, les choses qui me touchent, c’est plus difficile. Le fait de bien manier les mots donne une liberté et un pouvoir qui peut être exhaltant, celui de s’approprier sa réalité et d’envisager des possibilités étincelantes. Mais à un moment, lorsqu’on passe à l’action, lorsque l’on veut avancer et grandir, il faut savoir se détacher des analyses, des symboles, des théories, des prévisions, et de la sécurité que donne le fait d’étiqueter, de déterminer nos expériences avec des mots, comme des petits papillons fixés et emballés sous verre et exhibés fièrement aux yeux de tous – une pâle copie ironique.

Sigyn est cette beauté fragile de l’éphémère et de l’insaisissable, un papillon en liberté – son énergie est évasive, difficile à qualifier, et pourtant un réconfort incroyablement solide en temps troublés. Elle existe en dehors de la page, du mythe très sombre dans lequel Elle apparaît – Elle est légèreté, joie du quotidien, comfort et chaleur. Lorsqu’Elle m’apparaît, c’est le plus souvent avec le visage de la jeune mariée heureuse, mais son autre visage n’est jamais loin, sous la surface.

Elle est restée un temps interminable dans la cave à protéger son amour du venin de serpent, après le meurtre de son fils. On ne peut pas en dire grand chose sans tomber dans le pathos, et ça serait mal venu. Elle n’a pas plié, ne s’est pas enfuie, en dépit de l’opprobre et de la douleur. Elle est restée, témoin silencieux de la souffrance de ses êtres aimés, gardienne impuissante, figure tragique. Mais lorsque je ressens son énergie, Elle n’a rien de tragique ou d’une victime. Elle est droite, digne. Elle a agi par amour inconditionnel, par devoir clairement ressenti et assumé. Elle est en accord parfait avec Elle-même, suivant son coeur. Cela n’a rien de gnangnan ; Elle n’a pas de force à perdre dans des regrets, des arrières pensées. Elle se concentre sur sa tâche, jour après jour. Sans attente, sans espoir, sans finalité autre que d’être là pour son amour. La grâce dans le désespoir. Cette force là ne se chante pas dans les épopées, il n’y a pas de vainqueur, pas de gloire, pas de hauts faits d’armes – mais les détails sordides, les chairs rongées, la faim, la puanteur. Cela ne se sublime pas. Ne se monte pas en modèle – on ne peut souhaiter à personne d’en arriver là. Et cela importe peu.

Sigyn, Déesse des Petits Riens, accomplit sa tâche. Son nom veut dire ‘Amie de la Victoire/Victorieuse’ ? Ironie terrible ou mise en lumière de l’issue de sa force intérieure ? Cela reste un mystère pour moi. Sigyn ne m’apporte pas de révélations grandioses sur la nature des Dieux, de la vie, mais des clés pour la vie de tous les jours, pour apaiser l’angoisse, pour aller lentement mais sûrement vers une paix intérieure tout en restant lucide face aux difficultés. Sa douceur est désarmante, et sans pitié. Les masques et les barrières ne tiennent pas longtemps devant Elle. Elle m’inspire l’humilité qui me permet d’accepter le silence dans mon coeur, la partie de moi à forme sans cesse changeante, inadaptée, violemment indéterminée et incertaine, aux prises avec un monde trop grand, terrifiée et émerveillée, pudique, sauvage, ce vide intérieur vorace qui dissout les mots. Parfois, il n’y a rien à dire, et le silence laisse la place aux gestes. Son surnom est ‘Incantation-fetter’ – celle restraint les incantations. Elle protège, et noue les langues de vipère… sa simplicité est antidote aux paroles pernicieuses, au doute qui ronge, aux culpabilités complaisantes. Sa présence laisse la place à l’essentiel seulement.

Au final ? Elle est une surprise – une force incroyable sous un extérieur discret, vite passé à côté. Ce mélange de lucidité et d’innocence, de joie et de détermination, de courage et de légèreté. Les mots ne lui font pas justice. Ici, c’est un témoignage de gratitude et d’amour, une porte ouverte, une reconnaissance de l’importance qu’Elle a pris dans ma vie en dépit de mes attentes et idées préconçues. Le reste est du travail concret.


Sigyn – jour 2

Pas le temps de faire la petite dissertation que j’ai dans ma tête, voici mes illustrations préférées de Sigyn ( Il y en a pas beaucoup…ça me donne envie d’être créative ^^)

http://pinterest.com/skydiefoxrose/sigyn/

Puisque wordpress bug ce matin…

Ah, et ma prière préférée, que j’utilise souvent le soir :

http://www.odins-gift.com/poth/recent/prayertosigyn.htm


Sigyn – jour 1

L’idée de dédier un mois à une divinité sur son blog et à poster un article sur Elle chaque jour vient de l’auteur Galina Krasskova, qui avait fait la même chose pour Loki et Odin, et maintenant, ce février pour Sigyn. J’ai voulu me joindre à l’effort pour parler de cette Déesse méconnue qui a pris une place  importante dans ma vie récemment. Je vais essayer de poster au moins régulièrement, si ce n’est tous les jours, ça sera peut être pas bien long, mais l’essentiel c’est la constance.

Sigyn est, dans la mythologie nordique, la femme et seconde compagne de Loki. On sait peu de choses à son sujet. Snorri la compte parmi les Déesses Ases, Elle est la mère de Narvi/Nari ( et aussi peut être de Vali ) et son nom ( du vieux norrois sigr-vina), veut dire ‘Femme-victoire’ ou ‘Amie victorieuse’. Dans les mythes qui nous sont parvenus, elle ne figure qu’une seule fois – Loki est condamné par les Dieux et attaché à un rocher dans une grotte avec les intestins de Narvi, tué par Vali transformé en loup. Skadi attache au dessus de sa tête un serpent venimeux, et Sigyn reste à ses côtés et tient un bol pour capturer le venin, mais lorsque le bol est plein, Elle doit s’écarter pour le vider, et le venin goutte  sur Loki, qui se tord alors de souffrance jusqu’à faire trembler la terre.

De nos jours, elle est décrite comme une Déesse de loyauté, de compassion et d’endurance. Bien sûr il y a certains ( souvent dans le département des ‘machos vikings modernes’…) qui la voient comme une femme abusée, bien que cela ne se retrouve nulle part dans les sources, mais bien sûr, si on assigne à Loki le rôle de méchant, Sigyn pour lui montrer une telle loyauté doit être bien abusée parce que sinon l’image se casse un peu la figure. A mes yeux, Sigyn est là par choix pleinement conscient et assumé, et sa dévotion et son endurance doivent bien provenir d’une source autrement plus profonde qu’un amour illusoire et non retourné.

C’est assez difficile de parler d’Elle, pour moi, en fait. Comme le dit si bien Krasskova, c’est une Déesse dont la présence rend humble. Et il faut dire, sa présence dans ma vie n’était pas donnée d’avance, vu mon lien avec Skadi, qui est son opposé à bien des égards et en partie à l’origine de ses souffrances, celle qui place le serpent. Je voulais y aller doucement, doucement, m’imaginant pas forcément la bienvenue…mais les portes m’ont été ouvertes et j’ai reçu beaucoup plus que je l’imaginais possible. Elle est une Déesse des petites choses, de simplicité, de constance, de joie, de deuil déchirant, de soin, de guérison, de chances données même en l’absence d’espoir, de courage silencieux, de devoir accompli sans espoir de reconnaissance, d’innocence, de détermination face à l’horreur, de lucidité blême, de dénuement – celle qui porte et allège la douleur, la force insoupçonnée, l’amie des révolutionnaires, petite main discrète et nourricière,  grâce chérie, qui se fait acier sous la pression. Elle est un trésor, vraiment.

 

 


La Rose Cendrée ( nouveau blog )

Cela fait un bout de temps que j’ai envie d’ouvrir un nouveau blog, plus personnel. Ok, je sais, je m’éparpille un peu peut être, entre celui-ci, le Sanctuaire de Skadi, et la Sorcière Voyageuse, mais j’ai besoin d’écrire sur des sujets qui ne sont pas forcément païens et j’ai pas forcément envie d’encombrer la cabane-boudoir avec des trucs qui n’intéresseront pas forcément tout le monde.

Je voulais faire quelque chose d’écolo, mais je n’ai pas assez de matière pour écrire seulement sur ça. Et puis j’adore écrire de toute façon, donc j’ai décidé de me lancer un peu plus… un travail sur la créativité, et l’ouverture. C’est une partie importante, en fait, de ma spiritualité, me permet de canaliser mon imagination débordante,  et puis découvrir de belles choses, de l’art, écrire, tout ça, ça me ressource et me donne de l’énergie au même titre qu’une balade dans la nature. Mais ça ne se recoupe pas forcément avec le paganisme, donc j’ai décidé de mettre ça ailleurs et de me concentrer ici sur ma voie de païenne et sorcière. :

La Rose Cendrée 

Passez me voir à l’occasion 😉


Silence et actes

Je n’écris plus beaucoup ici ces derniers temps…Besoin d’un temps de silence, de recentrage. Ah le silence, ça fait du bien parfois. Revenir à l’essentiel. Ma vie quotidienne en ce moment -stressante, je passe à l’action, je rentre dans le monde adulte, de plus en plus définitivement, un goulot d’étranglement métaphorique, ici et maintenant ça passe ou ça casse, taux d’énergie critique. Des possibles, une envie de plus en plus forte de laisser derrière moi les hésitations, les excuses, les pertes de temps. Et forcément cela a un impact sur ma spiritualité. Je me rends compte…

Tout d’abord, que ma spiritualité a toujours été très…fantasmagorique. J’ai vécu beaucoup plus en rêve qu’en chair et en os, pas parce que ma vie est morne, mais parce que mon imagination est vorace. Dévorante, même – elle exige beaucoup de moi. J’ai du mal à me dire écrivain, parce que ma plume est encore maladroite, un outil mal dégrossi et perdu entre-trois-langues, mais mes mondes imaginaires ne s’éteindront pour rien au monde, et il faudra bien que je leur donne naissance un jour ou l’autre, avant que le bébé ne devienne trop lourd à porter ! Ils sont une partie vitale de moi, ma chair et mes tripes, se nourrissent de moi comme je me nourris d’histoires. C’est vrai, j’y suis accro. Livres, séries, films, récits de vie, tout y passe, je me perds ailleurs, et je me nourris d’information comme une AI qui devrait apprendre à être humaine. Je me veux un creuset alchimique, transformant la poussière du monde en or métaphorique. Oui, mais justement je n’y suis pas encore, j’ai peur de perdre ces capacités si je ‘deviens réelle’, si je m’enfonce trop profondément dans les méandres du monde…mais sans matière à filer, je deviens stérile, transparente, je disparais dans mon jeu de miroirs internes. Si j’écris sur ce blog, c’est sans doute pour me forcer à mettre des mots sur mes cheminements, et plus, à faire face au monde, à les rendre réels en quelque sorte…je deviens grandiloquante mais c’est vraiment super important pour moi, au final.

Ma spiritualité dans tout ça ? C’est le Monde qui répond. ça fait peur. Une partie de moi aimerait bien que les Dieux restent des amis imaginaires, des archétypes, des motifs de tisserande répétables et invocables à souhait. Mais non, il y a plus. Ce sont Leurs histoires qui me séduisent, et ensuite, c’est moi qu’elles se mettent à changer…et je suis une petite figurine de glaise entre Leurs doigts. C’est assez terrifiant de se retrouver à l’autre bout du processus. Mais le pire – ou le mieux, comme on veut, c’est qu’il n’y a pas d’ordres, pas d’illumination divine. Plutôt une tentation, une intuition infime et tremblotante, mais incessante, cette petite voix qui murmure – Viens plus près…Il n’y a pas d’ange sur mon épaule, je suis seule dans le noir, avec mes doutes et mes démons, et cette rage-passion incompréhensible. Mais bon si je savais tout à l’avance, ça serait pas drôle, n’est ce pas ? Alors j’embrasse les formes étranges qui naissent de l’absurde, je laisse derrière moi mes anciennes peaux brûlées et craquelées, je m’offre au jour qui vient. Et je sais très bien ce qui se passe : le gain est  proportionnel au risque. Si je ne me lance pas, je ne saurais pas le fin mot de l’histoire, et plus que tout, je veux savoir.

Ma spiritualité se forge dans l’incertitude, dans la fragilité – c’est ce qui la rend forte petit à petit d’avoir fait face à ces tempêtes. J’ai abandonné de nombreuses fois, j’ai repris la route. Je ne sais plus trop où j’en suis, je ne sais jamais où je suis, et mes jolies théories se retrouvent à lutter dans la bouillasse, la routine crasse. Et elles en ressortent plus pures…comme on tisse le sens le plus fin à partir de l’absurdité. Mes Dieux m’ont abonnée aux paradoxes. La Dame Sombre, maîtresse des hasards, qui me fit comprendre par sa présence, à quel point j’étais seule, et libre – et à quel point ce libre-arbitre, si j’arrive un jour Quelque Part, rendra cette victoire douce. Parce que rien n’est écrit d’avance – ces dangers et ces monstres sur la route ne sont pas que des occasions d’apprendre blablabla. Ils veulent te manger, pour de vrai, et ce n’est pas une blague. La Voix des Dieux n’en devient que plus séduisante, parce que l’on sait que l’on peut dire non, que l’on peut revenir à nos conforts et nos certitudes. Après, on se demandera comment il aurait pu en être autrement, mais l’histoire ne s’écrit pas toute seule. Elle exige notre sang, notre sueur, nos rires, notre courage, notre coeur, notre âme. Notre choix pleinement conscient et pourtant jamais certain, un pari à prendre en dépit des probabilités et du mauvais temps. Et ce Monde alors, si magnifique justement parce qu’il est le fruit du hasard le plus parfait, n’est il pas un pari pris par les Dieux ?

Je me suis beaucoup plaint d’être paumée, de ne pas savoir. Eh bien, je n’ai plus le droit. « Ta gueule, va travailler, arrête de nous faire chier, était la réponse divine. Tu as tous les signes, tu n’écoutes pas parce que la réponse ne te plait pas. C’est une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien ( puisque tu demandes si sûre d’obtenir une réponse ). »

Et me voilà contemplative, le silence, la poussière. Par exemple, j’avais décidé de travailler avec Loki. C’était un peu l’histoire de Bilbo le hobbit partant affronter un dragon. ‘Mais attendez, c’est ridicule, c’est un affreux malentendu…attendez, ne partez pas sans moi! » Je ne fais pas dans l’aventure, je suis une petite-intello-conformiste-ennuyeuse, non ? c’est très con ce que tu racontes tu sais. Ah, ah, tiens l’histoire est en train de changer sous tes doigts…quoi, tu n’aimes pas perdre le contrôle. Too bad. Ensuite, Sigyn, sa femme, a posé ses doigts gracieux, sur moi, une fille de Skadi, la Déesse qui a placé le serpent venimeux au dessus de son amour ; la vengeance divine, la haine implaçable. Qui court comme un poison dans ma famille : rancune qui dure des décennies, principes si durs qui prévalent sur toute relation, le sort réservé à ceux qui mettent des mots sur des vérités désagréables, vérités qui deviennent des dogmes, les vieilles histoires qui se répètent, cette envie tenace de revanche, la haine de soi, de la faim à l’intérieur frustrée…Leurs histoires sont des avertissements, aussi. Sigyn, Elle, reste debout…Elle endigue le flot du poison, sans espoir de répit, sans espoir de victoire. Son nom signifie ‘femme-victoire’ pourtant. La douceur, la constance. Simplicité. Présence, loyauté. Elle tient le bol qui contient le poison…pendant longtemps. On la dit femme faible et manipulée, si différente de Skadi la fière, l’indépendante. Pourtant, Elle a choisi d’être là. Son amour est sans conditions. Ses actes se passent de mots. Elle sera la dernière à pouvoir guérir les Dieux de leurs formidables folies… et sa présence impose le silence. Elle se donne avec grâce, entière, et son endurance viendrait à bout de la plus haute montagne.  Avec le temps. Et l’attention nécessaire.

Au royaume de Hel, lors d’une descente, on m’intime de parler avec le language du silence. Les actes, peut être. Ou peut-être, des mots qui vont droit au coeur, sans détour. La même chose. Des mots qui sont engagement, des choix posés sans retour. Se saisir de sa plume, faire naître ce sens vital tant qu’on le peut encore, avant que la Dévoreuse, l’Histoire qui nous rattrape tous, ne se charge de nous…


À la recherche de l’harmonie

J’ai un peu laissé tomber mon blog durant l’été, dû à plusieurs déménagements successifs et un gros tas d’autres obligations pas forcément drôles. Je viens d’aménager dans un chouette appartement à Lyon avec une amie soeurcière de cercle. On est en pleine peinture et aménagement, on n’a pas eu d’eau chaude et d’électricité pendant une semaine et ma chambre est dans un bordel sans nom avec une sorte d’explosion de fringues partout, mais je pense qu’une fois que ça sera bien rangé et installé, ça en vaudra bien la peine. On s’est réservées une petite pièce rien que pour la magie et la ritualisation, avec nos autels, nos livres et outils et ingrédients de sorcières, ça va être génial.

Après une période un peu chaotique, j’ai vraiment envie de me poser, de m’occuper de mon chez moi et aussi, quelque part, de retrouver une routine équilibrée, restoratrice. En ce qui concerne la spiritualité, je suis toujours un peu dans le gros flou. Je me suis rendue compte que je suis allée un peu trop loin dans mon travail avec les divinités – en fait, je ne tiens pas la route. Skadhi m’avait prévenue avant que je m’embarque dans un travail avec les Rokkr – divinités de l’ombre du panthéon nordique – que je n’étais pas prête. Des raisons simples : il faut d’abord que je m’occupe de ma santé, d’organiser ma vie, de me soigner quelque peu sur certains aspects psychiques, et de prendre quelques bonnes habitudes spirituelles de base que j’avais négligé dans ma hâte d »avancer’ spirituellement, cette faim d’expériences fortes qui m’avait fait perdre un peu le nord… Oh, les quelques explorations que j’ai fait avec ces divinités étaient très positives, il faut le dire, dans le sens de vraies, prenantes, pertinentes et assez viscérales, je me sens quelque part vraiment à ma place avec eux – et je suis prudente, mais mine de rien, ça m’a usée du point de vue de l’énergie, et là je ne me sens plus capable de faire face, je me sens toute petite, brouillon et incapable. Donc j’ai fait un pas en arrière.

Aussi, j’ai lu la série Wicca de Cate Tiernan, l’autre nuit, alors que ma confiture de mûres mijotait sur le feu – des livres mignons et assez fluffy sur des ados qui découvrent la magie façon effets spéciaux – c’était divertissant mais surtout de manière assez inattendue j’en ai retiré une sorte de leçon spirituelle ( comme quoi ça peut vraiment venir de n’importe où hein ?). L’histoire est imprégnée d’enthousiasme et d’excitation autour de la découverte de la magie, qui me rappelle mes propres débuts. On a souvent tendance à dénigrer cette sorte d’émotion comme une passade pour teenagers qui font ça pour faire cool mais je crois qu’il y a quelque chose d’important que l’on oublie dans ce cas là et je crois que j’étais devenue un peu trop cynique et blasée ces derniers temps. Et puis une amie sorcière m’a dit récemment – ce qui m’a bien fait réfléchir – que quant elle avait tendance à trop se prendre la tête, elle relisait ses livres de débutante, pour se rappeler son état d’esprit quand elle a commencé.

Ces derniers temps je m’étais immergée dans la communauté reconstructionniste du paganisme nordique, dont la plupart sont assez critiques envers la Wicca, beaucoup la catégorisant comme mouvement fluffy/new âge et j’ai fait ma propre critique en règle de la Wicca plusieurs fois sur ce blog. Mais il y a quelque chose qui me manque dans le reconstructionnisme tel que je l’ai exploré, pour l’instant. C’est vrai que la construction conceptuelle de la sorcellerie païenne moderne a quelques trous et zones floues au niveau historique mais en ce qui me concerne elle véhicule des mythes modernes puissants et génère une vraie créativité. C’est ce dont j’ai besoin pour l’instant, pas me prendre la tête avec des débats autour de vieux textes ( même si ça peut être vachement chouette ). Parce que je n’ai pas choisi d’étudier ça, je dois aller dans l’action… j’ai beaucoup à reconstruire dans ma propre vie d’abord. Et reprendre confiance en mon intuition. Je me suis rendue compte que je m’étais pas mal bloquée au niveau de la magie parce que je ne faisais pas confiance en mes propres capacités et je me bloquais, quelque part, parce que j’avais peur de ce que je ferais avec ce pouvoir, mais j’ai moins peur maintenant.

Je recherche donc l’harmonie, non pas comme une stase, une heureuse béatitude qui me pousserait à me couper du monde, à effacer tout conflit, ébullition ou contraste, mais un jardin secret intérieur, une habitude de paix et de confiance mentale, un état me permettant de me ressourcer et de me guérir, et me préparant pour les combats futurs qui me tiennent à coeur. Plus je travaille dessus, plus je me rends compte que la psyché est comme un jardin, où l’on peut cultiver ce que l’on veut. Il y a toujours ces vieilles ronces au fond dont j’arrive pas à me débarrasser mais après tout elles font des belles mûres, attirent les papillons et me protègent contre les intrusions. Je me posais donc la question de savoir ce dont j’avais besoin pour atteindre l’harmonie :

– une pratique régulière de la magie. En temps de stress, je rentre dans ma coquille et me bloque totalement à ce niveau là. Ou plutôt c’est un autre type de magie : j’essaie de me rendre invisible. Le contre coup est une poussée de dépression terrible peu après. La magie fait partie de ma vie depuis que je suis toute petite, elle est ma façon de voir le monde, mon art et mon oxygène. Mais je l’utilise à mes dépens, ou je me bloque, cela me frustre terriblement. Je me laisse trop parasiter par les opinions des autres, comme si j’étais un bateau sans gouvernail qui avait besoin d’un capitaine, mais ce n’est pas le cas.

– des moments de retrait et de tranquillité. Je suis assez introvertie, j’ai besoin de solitude pour me ressourcer, j’ai des mondes intérieurs très riches, être pendant trop longtemps avec des gens autour de moi m’épuise. Je dois reconnaître cela au lieu de le prendre comme une tare, et respecter mes propres limites au lieu d’aller jusqu’au burn-out. Et arriver à faire respecter mes limites par mes proches tout en douceur, sans avoir besoin de devenir tranchante ou énervée.

– des moments pour honorer le côté sombre. Une force très présente dans ma vie mais qui déborde partout parce que je ne la reconnais pas comme il se doit, ce qui provoque une sorte de dépression parasitaire. Remplacer cela par des moments de tristesse méditative et purifiante, de descente créative, d’offrandes aux ancêtres, de rituels réguliers de deuil et de lâcher prise, et de moments réservés à la Dame Sombre, je pense que cela sera beaucoup plus bénéfique au final, même si certains me prendront pour une personne morbide, je commence à m’en ficher pas mal. J’en ai besoin.

– respecter ma poussée vers la nature. Bon, j’habite en ville maintenant mais quelque part cela me permet de me rendre compte à quel point la présence de la nature est importante pour moi. Faire des escapades régulières à la campagne, pour me balader et faire mes récoltes, et de longues marches. Me concentrer sur la communion et la beauté, pas la culpabilité.

– m’organiser plus pour arriver à faire ce dont j’ai envie et besoin. J’en ai envie comme jamais. Ce n’est pas de la « prise de tête » mais un respect basique de moi-même. Me préparer pour ne plus arriver comme une loque, un cheveu sur la soupe. Travailler, prendre soin, j’ai eu un blocage sur ça pendant longtemps mais maintenant, j’ai envie de tenir mes engagements.

– travailler avec les esprits du lieu. J’ai envie de poser des racines, même si elles sont temporaires ou amovibles, étrangement. En fait ce qui font les racines, ce sont les moments de joie, de beauté, de partage, de dépassement de soi, de passage que l’on passe dans un lieu…

– me nourrir plus d’art, de beaux livres, de beaux endroits, de rencontres enrichissantes…

C’est chouette, je commence à y voir plus clair. Je me suis laissée allée un peu cet été, zone de basse pression, mais en bossant pas mal, pour moi et pour aider ma famille, j’ai pu expérimenter une joie simple là dedans, c’est quelque chose de nouveau et j’en suis contente.


Mes aventures spirituelles à Amsterdam part 3. Suite et fin.

Mon dernier article me laissait dans les préparatifs de la Procession de la Déesse organisée par Z. Tout d’abord, quelques photos :

Au final, j’ai été un peu déçue car déjà, le temps n’était pas vraiment au rendez-vous ( même si on n’a pas eu de grosse pluie durant la procession ) on n’était pas beaucoup, et c’était dur de concentrer l’attention des gens ; trop long, et trop froid, et c’est vraiment dur de monter l’énergie en bougeant avec une vingtaine de personnes…Beaucoup moins flamboyant que l’année dernière, qui avait attiré une centaine de personnes dans les rues d’Amsterdam, cette année, c’était dans un cocon de verdure humide. Et puis étrangement, beaucoup de participants se comportaient comme si ils étaient venus pour se promener, ce qui m’a un peu énervé.

Il faut dire que j’étais aussi extrêmement nerveuse en raison des quelques responsabilités qui m’ont été imparties, et le moindre petit hic me tapait sur les nerfs, je voulais que ça soit parfait, et ça n’a pas été le cas. Donc, bouh, va falloir que je travaille tout ça !! Néanmoins, quelques très beaux moments, très poétiques – comme lorsque nous avons apporté des énergies à la rivière et fait des offrandes, la prêtresse sonnant son cor, comme une procession fantôme venant du fond des ages, et réveillant des énergies endormies, apportant un nouvel âge dans le présent…j’ai eu une sorte de vision à ce moment là, c’était puissant. Et puis j’étais la prêtresse de la Rivière, avec ma belle cape bleue, et j’ai vraiment eu l’impression à travers cela de me connecter à l’eau qui est l’âme du pays, qui est présente absolument partout en cette terre. Nous étions en amont de l’Amstel, qui se verse ensuite dans les canaux qui sillonnent la ville d’Amsterdam, et le but était d’amener ainsi l’énergie de la Déesse dans toute la ville. C’était l’essentiel du rituel, et c’est ce que nous avons réussi – peu importe que nous étions peu, frissonnants et que ce n’était pas une pagan pride éclatante, l’essentiel du travail était fait. C’est la leçon que j’en ai retenu.

A la même période, j’ai suivi mon amie E. et son boyfriend pour une journée en vadrouille vers un groupement de pierres levées ( et j’attends toujours qu’elle m’en dise le nom pour que je puisse me renseigner sur leur histoire ^^) et c’était une magnifique journée où nous avons bavardé du sens de la vie et de la mort, récolté du sorbier et du chêne, et nous sommes gorgées de l’énergie des pierres et du soleil…

Elle m’a aussi parlé en long et en large de sa merveilleuse expérience en Inde où elle s’est vraiment découvert une connexion avec la grande Mère – et m’a ramené un peu d’eau du Gange sacré dans un flacon en cuivre, plus une pochette rouge brodée de perles qui me servira pour mettre mes outils. C’est un de mes rêves d’aller en Inde, pour voir de mes propres yeux un polythéisme vibrant et vivant faisant partie de la fabrique même de la société…

J’ai suivi les dernières leçons du groupe d’étude dans le coven, en lien avec les éléments et faisant aussi des liens avec la Kabbale. J’ai vu comment les alexandro-gardnériens lançaient le cercle…très intéressant et méthodique. Tellement de pistes à explorer…

J’ai fait une méditation de lune noire avec Z. qui nous a fait descendre dans le royaume de Holda et m’a vraiment permis de forger une nouvelle connexion avec cette déesse, une des rares étant réellement indigène.

Finalement, je me suis retrouvée empêtrée dans mes examens de fin d’année, ce qui m’a empêché de me concentrer beaucoup sur mes sorties païennes. Et inexorablement, la fin est donc arrivée, très, trop vite, plus vite que je le prévoyais d’ailleurs. Pas eu le temps de faire tout ce que je voulais faire, hélas…mais c’est la vie, les surprises.

Première session d’un groupe d’étude dédié à la Déesse chez Z, avec E. Merveilleuses discussions sur la prière, et le rapport personnel à la Déesse. Z. nous montre comment elle fait la puja tous les matins devant son autel. Puis finalement cela tourne en une petite fête de départ pour moi et il faut que je me retienne pour ne pas pleurnicher comme une serpillière lamentable. On peut forger des liens très vite quand on partage sur des sujets aussi profonds ! Un symbel improvisé dans la cuisine avec corne remplie de vin aux épices…

Avant de quitter mon appartement, je me rends dans un lieu spécial pour moi, une plage de béton au pied de l’ultra moderne EYE musée de cinéma, qui est derrière la gare sur le port, à côté de la rivière principale qui charrie toutes les eaux venant des canaux : en bref, dans la ville, c’est le carrefour des carrefours, entre les eaux qui se rejoignent, la gare comme centre de passage, le port…tout moderne et épuré, c’est une magie bien urbaine ici, et un accès facile à l’eau que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Je remercie l’esprit de la ville de m’avoir accueilli et appris tellement de choses. Je fais aussi le deuil de celle que j’étais en arrivant : une fille qui essayait désespérément d’être quelqu’un d’autre. Finalement, ici, en rencontrant tellement de gens si différents, ouverts, tellement de courants d’influences et de façon de voir les choses, je me suis libérée, me rendant compte que ce n’était pas moi qui était anormale : c’était juste que j’ai beaucoup baigné dans un milieu de gens fermés d’esprits, petits, qui ne regardaient pas plus loin que le bout de leur nez. Je me suis aussi retrouvée face à moi même, et j’ai appris à m’aimer un peu plus. J’ai rencontré des divinités qui me suivront sans doute le reste de ma vie. Je me suis fait des amis géniaux. J’ai traversé des épreuves, j’ai fait des erreurs et j’en ai appris. Je suis un peu plus adulte maintenant, et je m’appartiens un peu plus.

Je jette plusieurs choses à l’eau : tout d’abord un charme de bon voyage que j’avais fait avant de partir : il a rempli son office. Ensuite, en offrande, je coupe une tresse de mes cheveux dans la nuque, décorée de rubans, pour qu’une petite partie de moi même reste ici pour toujours comme cette année et cette ville fera partie de moi à jamais. Au bout de la tresse, j’attache une bague que j’avais achetée parce qu’une de mes amies que j’admirais beaucoup ( et je voulais secrètement être comme elle) avait la même. Bye bye, passé pesant…

Je passe mes quelques derniers jours chez E. On papote sans fin, on visite le musée de la Bible en faisant des commentaires païens ( les regards qu’ils nous jetaient ^^ ), le bonheur quoi…on mange des space-cakes ( en ai offert un petit bout à Loki, of course…) tout en faisant des petites figurines en terre, en chargeant une bougie pour qu’E. reçoive l’argent qui lui était dû ( ça a marché, youpi !!) … et la fin vient beaucoup trop vite encore une fois. Je saute dans le bus, valises et tête très lourdes de souvenirs en tous genre…

Merci, Amsterdam !


Brève 2

Je suis très fière et heureuse d’annoncer que j’ai été prise à la formation Dea Mystica au sein de l’Ordre du Lotus. J’en rêve depuis mes débuts dans le paganisme. L’accueil a été très chaleureux et tout, et j’ai commencé la première leçon et j’ai déjà faim pour la suite !!

Aussi, mon journal dévotionnel en anglais a déménagé et est désormais ici.

Et sinon quoi dire…heu c’est le gros gros gros bordel dans ma vie en ce moment mais je serai bientôt fixée donc… je reviens vers vous dans un petit moment.


Brève – 1

Des news vite fait…

D’abord, j’ai ouvert une sorte de journal dévotionnel où je compte parler de ma pratique de tous les jours et de ma relation avec mes Dieux ici : Skydie Foxrose – en anglais

J’ai presque fini mon année, donc bientôt j’aurai plus de temps. A venir ici :

– Compte rendu de la Goddess Procession

– Article sur la communauté païenne que je veux faire depuis des plombes

– Je vais bosser sur les traductions pour le Sanctuaire de Skadhi et le Centre de trad païennes

– Review du Steampunk Tarot

– Review et liste des articles de the Pomegranate, journal of International Pagan Studies, sur lesquels j’ai mis la main grâce à mon université.

– et finalement il faut que je bosse sur mon nouveau projet de blog, qui sera plus axé écologie/vie au naturel/herboristerie etc.


Mes aventures spirituelles à Amsterdam ( et au-delà ) part 2.

Voilà ce que j’ai fait à part bosser comme une folle et essayer tout un tas de substances dans la Ville Rouge depuis mon dernier compte-rendu.

Pour Ostara j’ai rejoint le coven avec lequel j’avais fêté Samhain, et nous sommes allés à la plage. Pour eux, c’est une tradition, car Ostara représente l’équilibre, une limite, comme la plage entre terre et mer. De plus, il y a une autre tradition qui implique de se jeter à l’eau glaciale – pour amener le printemps par cet acte de bravoure. Voilà une occasion de prouver que je suis une vraie fille du Nord. Au final, seul le HP m’a suivi, sans doute parce qu’il ne pouvait pas laisser la petite Frenchie être la seule à se mouiller. Il faut dire qu’il y avait bien du vent et des nuages. J’y suis donc allée en courant et la tête sous la vague. Sacré claque mais je me sentais bien vivifiante et vivante après. Yaharrr !

Ensuite, on a fait un rituel très simple sur la plage, qui impliquait de jeter un oeuf rouge dans l’eau à un moment. C’était très beau, un peu bancal aussi avec la fille du HP et HPS nous interrompant en plein milieu, et en fond les tours des usines de la zone industrielle proche – la côte néerlandaise est assez saturée par les constructions hideuses, malheureusement. Mais c’est la vie, j’imagine. On finit avec l’une d’entre nous chante du Cocorosie, accompagnée par son copain à la guitare. Mignon tout plein. Ensuite, pique-nique, de la soupe bien chaude, et je montre à la gamine comment rouler dans les dunes. Bonheur.

Dans la même période, j’ai demandé à Z. un tirage pour m’éclaircir sur mon orientation professionnelle. Elle a une méthode de divination avec des pierres, un tamis et du sable qui est à la fois très simple et élégante, et rudement difficile – elle m’a montré les ficelles et il faut dire que je ne suis pas prête d’arriver à sa cheville, l’interprétation, c’est tout un art. Bref, il en ressort que la direction de l’entrepreneuriat social avec une touche d’écologie, c’est tout à fait une bonne idée. Il faut dire que cette orientation me préoccupe beaucoup car il me faut trouver quelque chose que j’aime et qui soit aussi conciliable avec ma spiritualité. Ce tirage m’a bien aidé à clarifier les choses, au final.

Par la suite, je me rends à Londres pour mon 21 anniversaire. Un cadeau que je m’offre parce que ben, j’avais rarement eu aussi envie de quelque chose. C’était une sorte de rite de passage de me retrouver là bas toute seule dans cette ville que j’adore, dans des conditions un peu folklo il faut dire. Et bon, l’ultimatum final pour l’orientation a été repoussé au jour même de mon anniversaire, je me dis, c’est assez mythique. Je me suis fait faire un tatouage ce jour là, cinq pépins de pomme en étoile, l’un contenant un petit arbre de vie, signe du cycle de renaissance et de potentiel. Le jour juste avant, c’était Loki’s Day, et étant en auberge de jeunesse j’ai pas pu faire grand chose d’autre que d’allumer une bougie et dire une prière dans les douches communes ( c’était assez drôle, d’ailleurs.)

Et je me suis aussi rendue à Treadwells, la boutique païenne assez renommée, pour une conférence sur le culte des arbres dans l’Angleterre du début du Moyen-Age, par un professeur d’Oxford. La classe ! Là on se rend compte clairement qu’ils ont une longueur d’avance ici, les païens. L’audience fourmille de questions pointues sur des noms topographiques et des détails de civilisation et je me sens vraiment une amatrice – et je me dis que les historiens et archéologues sont vraiment nos prêtres en fait ^^ Son explication du fait que les chrétiens se sont appropriés les symboles païens en détournant leur signification, et donc qu’on pouvait trouver des indices à propos du paganisme dans les premiers textes datant de la christianisation de l’Angleterre, était brillante.

Boutique aussi très cool, soit dit en passant – une vraie librairie païenne, pas new-âge, pas ésotérique, donc pas de bouquins vaseux sur les Maîtres ascensionnés mais de la théologie polythéiste, du folklore, des récits anthropologiques et des tas d’autres trésors juteux.  Et en plus, ils vous invitent à feuilleter et à s’asseoir ! J’aime ! Franchement, j’aimerais voir des boutiques comme ça partout. Je me trouve un livre sur les Reines Guerrières dans l’histoire, un tarot de Thoth de Crowley, et un fondant pour brûle parfum en cire de soja, essence de rose, vanille et bouleau qui sent vraiment très bon.

(Matrones au British Museum)

Prochaine étape païenne : la conférence PFI à Lunteren dont j’ai fait un compte rendu plus détaillé ici. Entre temps, je continue à aller aux rituels de pleine lune de Z. qui sont tous plus beaux les uns que les autres, que ce soit un mini bateau porteur de souhaits qui s’enflamme, un labyrinthe de corde pour lâcher prise, un autel aux ancêtres recouvert de fleurs ou encore un ligotage en laine pour se libérer de ses démons, c’est une surprise à chaque fois.

Je suis également retournée à une messe spirite à la Botanica. Cette fois il y avait un santero cubain invité, et sa manière de transmettre les esprits était autrement plus bruyante et flamboyante que celle du padrino habituel, souvent tout sourire – le choc des cultures en direct. Très intéressant, et à moi on m’a dit de m’entourer de fleurs et de me concentrer sur ce qui fleurit dans ma vie en ce moment, ce qui est un bon conseil, à vrai dire.

Pour Beltane, je n’ai rien fait, parce que c’est la fête de la Reine ici, et le pays entier s’habille en orange et descend dans la rue, c’est le chaos total, marrant mais épuisant. Trop hangover pour ritualiser, et la musique électro tonitruante dans la rue, bof.

Je me suis rendue, ensuite, à une marche sur le thème des esprits du lieu organisée par un Asatruar dans son village natal pas loin d’Amsterdam. On a fait une offrande style nordique avec hydromel et corne à boire, et je me suis méchamment coupée sans faire exprès avec mon couteau ( il est aiguisé maintenant Violette lol la preuve ) donc voilà un autre genre d’offrande. J’étais un peu grincheuse à vrai dire au début parce que je me rendais compte que le pays lyonnais me manquait, mais cela ne résiste pas à une bonne marche dans la forêt suivie d’une tarte aux pommes et de discussions sympas sur l’éthique bouddhiste, les vieux grimoires et Doctor Who. My kind of people ❤

Jeudi dernier, je me suis rendue à un workshop sur la magie des bougies à la Botanica, donné par un rootworker très sympa, sortez les paillettes, la cannelle, les herbes et les huiles High John the Conqueror root, Master Key, Black Cat, Fast Money et compagnie. J’ai appris à écrire une pétition hoodoo style sans lever la main, ce qui est plus dur qu’on pourrait le croire, à préparer une bougie correctement et franchement c’était super, je suis repartie avec ma propre bougie votive dans du verre, à brûler non-stop sur mon autel, des paillettes plein les mains. Et on a aussi chargé des petites bougies additionnelles pour une personne du groupe qui a des problèmes d’argent.

Et voilà ! Le semestre est passé si vite, c’est incroyable…J’ai aussi une vie dévotionelle de plus en plus intense avec des relations qui s’approfondissent avec plusieurs divinités en même temps.

Là j’aide Z. à préparer la Procession de la Déesse pour le 3 juin, on s’est retrouvée avec une autre de ses amies sorcières pour s’entraîner à des chants pour la Déesse, afin de pouvoir guider les autres, et on a passé des heures à papoter,c ‘était génial. Mon amie E. qui rentre d’Inde où elle a vraiment rencontré la Mère, va me faire un compte rendu demain. Dans la procession, je jouerai un petit rôle de prêtresse de la Déesse de la Rivière Amstel qui donne son nom à la ville, je suis toute excitée ! Je vous promets un compte rendu aux petits oignons !


J’ai retrouvé la deuxième moitié de mon Ombre, et elle est brillante.

It’s pavé interminable time !

C’est clair, je suis à la croisée des chemins. En ce moment, ma relation avec ma déesse patronne, a pris le siège arrière. Son visage a changé. Avant quand j’essayais de rentrer en contact avec Elle, je touchais à une énergie sombre, passionnée, impitoyable et toujours présente. Mais là depuis peu, il y a autre chose ; Elle est radieuse et fière de moi je sens ( et je n’ai pas vraiment compris pourquoi ) mais inaccessible. Skadhi au printemps ; je me suis toujours posée la question, qu’est ce qu’il arrive à cette déesse de l’hiver quand l’hiver finit ? Elle n’est pas la Vieille Femme Hiver à bannir ; elle est une force d’équilibre, une force sauvage qui s’allie de son propre gré avec les dieux de l’ordre et de la civilisation. Au printemps, la glace de Skadhi fond – que reste-t-il alors ? J’ai lu un texte très intéressant comparant le mythe de Skadhi et Njord au cycle de l’eau, sous forme de glace dans la montagne, qui descent par les fleuves jusqu’à l’océan, et revient par évaporation. Elle est aussi, clairement, une protectrice du clan et de sa Terre. Au printemps, donc,Elle se montre insaisissable, un peu comme l’eau vive des ruisseaux, énergie plus fluide, qui se mélange et nourrit les rivières…son énergie se dilue peu à peu et Elle ne se retrouve réellement qu’avec les premières neiges.
Mais au printemps Elle est toujours bien présente, avec j’ai l’impression un sentiment de victoire, heureuse pour ce qui a survécu l’hiver. Diana Paxson l’associe aux premières floraisons de printemps, neigeuses et fragiles. Ici, ils appellent ‘neige de printemps’ les fleurs de charme qui inondent les rues en ce moment, des petites pétales vert clair. Donc voici le dernier visage de Skadhi, – après la dure et impitoyable Guerrière, la Protectrice du Clan, l’agile et instinctive Chasseresse, la Sacrificatrice aux mains sanglantes, la froide Reine des Glaces, la Déesse des Sommets – la voilà jeune fille aux fleurs, mariée des dieux. La protectrice des premières pousses. Poésie pure et éphémère.

Le mariage de Skadhi est encore un exemple d’histoire dans la mythologie nordique où les dieux de la civilisation arrivent d’une manière ou d’une autre à dompter les forces de la nature brutale – et pour moi, cela symbolise la fin de l’hiver, donc, il y a une sorte de motif saisonnier comme dans beaucoup de mythes nordiques. C’est assez intéressant parce que Skadhi descend de son plein gré, pour demander réparation pour le meurtre de son père.
Elle essaie donc de rétablir l’équilibre en faveur des forces sauvages qui sont souvent dans les mythes, détruites sans pitié par les dieux de l’ordre. Les yeux de son père sont transformés en étoiles – des guides dans l’obscurité, et aussi un souvenir du passé, et du fait que le monde sauvage réclame toujours son dû, et de l’importance accordée aux ancêtres, quoi qu’ils aient fait. En fait, Skadhi, force de la nature chaotique, utilise la règle d’honneur pour avoir son dû – et les dieux savent qu’elle est dans son plein droit, ils ne peuvent refuser. Quelque part, elle joue sur leur terrain, des règles et des codes, mais aussi sur une idée plus ancienne d’équilibre et de rétribution qu’ils ne peuvent pas se permettre d’ignorer. Elle accepte l’idée du mariage, parce qu’elle pense pouvoir tomber sur Baldr ( dieu de lumière, d’espoir – le printemps…la glace qui fond ) mais elle tombe à la place sur Njord ( l’océan…l’eau qui y retourne toujours, histoire de gravité. ) Je pense qu’elle accepte parce qu’elle se dit, au final, que ce n’est pas une mauvaise alliance. De plus elle est maintenant à la tête de son clan, des terres de son père, elle en est responsable et la paix qui ensuit est en leur faveur, d’une manière. Ensuite, Loki la fait rire. J’ai lu que cette histoire était liée au fait que les morts ne peuvent pas rire, et Skadhi a clairement un côté déesse-mort ; en fait, elle est souvent à la limite. Donc le fait qu’elle rit, d’une manière, la ramène du côté des vivants. Et j’ai également vu dans un vieux bouquin ( post plus long à venir sur le Sanctuaire ) que la façon dont il la fait rire renvoie à une vieille coutume, selon laquelle une femme pouvait attacher un mari adultère par les parties génitales et le promener ainsi sur la place publique. Dans ce cas là, la blague prend une autre signification ; il y a une idée de …mariage avec une chèvre ? L’auteur dit qu’il est en fait en train de se moquer de son mariage, qu’en gros elle s’est fait avoir, que c’est une union ridicule…et elle rit. Je trouve cette scène vraiment fascinante, d’autant plus qu’ils sont tous les deux dans une situation qui ne convient pas à leurs rôles traditionnels de genre – la fille demandant vengeance pour son père, rôle qui traditionnellement échouerait à un fils, et Loki en situation de quasi -émasculation…Le mariage de Skadhi rétablirait l’équilibre, la ‘dompterait’ en quelque sorte, mais la blague de Loki lui rappellerait que lui n’est pas dupe, en tout cas. Et Skadhi rit, je pense, parce qu’elle sait qu’elle est très bien capable de reprendre son indépendance quand elle veut, ce qu’elle fait plus tard d’ailleurs, et au final c’est elle qui en gagne en influence – et pour l’absurdité de la situation. Et j’aime aussi bien l’idée que, sous couvert de se rendre ridicule, Loki se moque en fait de tout le monde dans l’assistance.
J’adore échafauder des théories ^^ c’est peut être un peu trop poussé, c’est peut être simplement que Skadhi est une sadique – mais à mon sens, ça fait sens. Et l’humour a souvent du mal à se traduire de culture à culture…on perd toujours des finesses dans la traduction.

Bon, là je suis partie en live loin de mon point d’origine. Hmm…ah oui. Pour moi, la richesse des mythes est qu’ils contiennent tellement de niveaux d’interprétation et qu’on en a jamais fini de créer des théories. Ils relient les grands mouvements de la nature aux archétypes de la nature humaine. Et je pense que les Dieux représentent à la fois des forces de la nature, et des archétypes humains, preuve de la symbiose entre l’humain et le  reste de l’univers quoi. Pour en revenir à ma petite poire, je me suis énormément identifiée à Skadhi – je ne suis pas de celle qui pensent que les dieux sont nos égaux, ça va pas la tête, mais son histoire m’inspirait énormément et je la vivais de manière quasi-fusionnelle, elle s’était infitrée dans tous mes systèmes, avec son énergie…peut être un peu trop.

Et puis, Loki. Du point de vue de Skadhi clairement c’est un ‘méchant.’ Enfin, il y a pas mal de passion là dedans, c’est compliqué, des histoires de coucheries, de meurtres et de vengeance, la mythologie nordique quoi.Mais la scène que j’ai discuté au-dessus, montre bien qu’il y a quelque chose de plus. Il n’y a pas de caractères uni-dimensionnels dans le monde nordique, c’est ce que j’aime. Pas vraiment de méchants ou de gentils au final.
Juste des forces opposées. Donc, quand je voyais des signes s’accumuler je me suis dit, bon c’est ridicule, pourquoi moi, ma patronne est une de ses ennemis féroces, et puis je suis pas drôle, et je suis une nunuche. ( Mais c’est peut  être ça qu’Il trouve drôle, justement.)
J’ai pas envie de me retrouver coincée entre deux divinités qui ne s’entendent pas. Mais, ça c’est l’histoire de ma vie, n’est ce pas. Me retrouver coincée entre deux forces opposées, que je n’arrive pas à réconcilier ; parents, croyances, groupes d’amis, cultures et héritages, parties de moi même, rêves et aspirations. Je suis la nouille qui n’appartient jamais vraiment à un groupe, parce qu’une partie de mon coeur est toujours ailleurs. Il y a quelques mois, donc, je m’étais dit que je n’allais pas commencer avec Loki, pas question, mais j’ai eu une série de petits déclics. Par exemple, après avoir lu qu’Il était le dieu de ceux qui ne se trouvent pas d’appartenance. Et que je me suis rendue compte au final, que je me sentais chez moi ‘aux frontières’ – en mouvement. Et que quelque part, je n’étais pas la seule chercheuse. Que je n’avais peut être pas besoin de me trouver une tribu bien particulière, de me fixer, pour l’instant. Je suis chez moi nulle part, donc en fait, partout, où que mon coeur aille, c’est puissant comme réalisation. Je suis bien là où je suis, où que ce soit.

Aussi je me suis rendue compte que j’étais une purée de menteuse. Il faut le dire clairement, je ne suis pas prête d’être une fille de Skadhi, il est temps que je décroche – ma relation avec elle sera toujours très importante, et je lui dois beaucoup, mais un cycle de travail avec elle prend fin. Je la retrouverai plus tard, j’imagine, quand je serais un peu plus capable de suivre ses principes.
Je mens surtout par omission, parce que je me méfie du pouvoir des mots. Ou alors, j’aime bien raconter des belles histoires. J’ai souvent une bonne raison de mentir. Je crée des problèmes pour le plaisir de les résoudre. C’est pathologique. Surtout, je me mens à moi même. C’est assez énorme – à chaque fois que je me retrouve dans une situation qui me heurte, je n’essaie jamais de prouver que j’ai raison, ou alors de manière pas très convaicante.
Je me dis toujours que je dois m’adapter aux autres, que je dois apprendre, changer, me conformer. La norme, l’autre, a toujours été d’une manière où d’une autre mon point de référence et de légitimité. Et je me disais que si je devenais quelqu’un d’autre tous mes rêves deviendraient réalité. Mais ça marche jamais, parce que je me retrouve à réprimer tous mes enthousiasmes et mes élans, et dans une situation où on pourrait dire que le paillasson est devenu mon animal totem.
En ne mettant jamais de force pour défendre mes opinions, mes plans et mes passions, toutes imparfaites qu’elles soient, je me suis atrophiée petit à petit. J’essayais de changer pour devenir parfaite, mais une partie de moi n’était pas d’accord. Parce que le fait d’avoir été moi – le vilain petit canard, l’intello, l’introvertie, la naïve, celle qui se fait emmerder dans la cour de récré, la solitaire, la bizarre, la gourmande, la discrète, la silencieuse, celle avec trop d’imagination – m’a appris des choses essentielles que je ne suis pas près de lâcher. J’ai appris à voir au delà des apparences, des solutions toutes faites, des clichés. J’ai appris l’importance de la gentillesse, et la violence qui peut se cacher dans l’ignorance. J’ai appris à apprécier ma propre compagnie, énormément. J’ai appris que les gens brisés et boiteux et bizarres sont souvent plus beaux et plus intéressants que ceux qui sont tous lisses. Je passais toujours inaperçu, mais j’observais à fond, et la nature était mon interlocutrice, et mes histoires, et au final avec toute cette mesquinerie j’ai juste appris à être plus fascinée par l’espèce humaine, quel sujet d’étude fascinant. J’ai appris que, j’avais beau ne pas être une princesse de contes de fées, le bonheur ne m’était pas interdit. J’ai appris qu’il y a peu de choses qui sont aussi géniales que de retourner les stéréotypes sans dessus dessous.
J’ai aussi appris que la nature, sa lenteur et sa viscéralité, sa beauté, et certaines manières de voir, apprises dans les chemins de traverse, m’étaient extrèmement précieuses et que je n’étais pas prête à les sacrifier aux sirènes du monde moderne juste pour pouvoir être normale. J’ai appris, plus que tout, que souvent les limites que l’on met à ses rêves, les carcans, ne sont pas nécessaires. On les a appris, on peut les abandonner. Tout ça je ne suis pas prête à l’abandonner et il serait temps que j’arrête de croire aux contes de fées modernes tous de sucre et de paillettes. Les mythes anciens, si ancrés dans la boue et la poussière, sont tout ce dont j’ai besoin.

Je suis en effet, différente, parce que je vois le monde autrement. J’en ai encore eu la preuve aujourd’hui au travail, quand on m’a dit, drôlement, que ce que j’avais écrit était trop honnête, qu’il fallait raconter n’importe quoi pour vendre notre produit. C’est assez drôle…j’en ai juste marre de mentir, c’est tout, d’être si divisée à l’intérieur. Je veux aimer tout ce que j’ai à l’intérieur. Je tourne en rond, il est temps que ça change.

Quand on est différent, on a deux solutions, si on ne veut pas s’aplatir comme une crèpe. Soit, on s’isole du monde, on se crée sa petite bulle, son jardin à cultiver en paix. Il n’y a rien de mal à ça. Mais je ne suis pas faite comme ça. L’autre solution, c’est de provoquer du changement. Et pour ça, il faut avoir des putains de couilles, et une putain de carapace, et il faut forger ses armes, et il faut aller au feu, et il faut travailler sans relâche. Pour protéger ce qui en soi est unique, et vulnérable, et précieux, parce qu’en ce monde c’est un drôle de luxe d’avoir un coeur tendre. Parce que ça en vaut la peine. C’est la seule chose, en fait, que je veux garder quoi qu’il en soit, tirer du brasier qui s’annonce.
Je me suis réveillée en plein milieu de la nuit l’autre jour et je me suis rendue compte – et c’était bien Loki, là je pense – qu’est ce que tu veux, poulette ? de la sécurité, des certitudes ? ( de la part du dieu du chaos, en plus ? une promesse qu’il sera gentil et bien sage ? lol ) Ici, la seule chose dont tu as besoin, c’est des possiblités. Faire un pari. Pas de certitudes. En fait, il va falloir accepter le fait que probablement, tout va se casser la figure, que tu ne recevras aucune gratitude, aucune reconnaissance, peut être même que tu seras persécutée, que tu vas souffrir, et que tu ne verras jamais le fruit de tes efforts – parce que c’est ça, le prix du vrai changement. Et que en dépit de tout cela, ça en vaut la peine. Pour quelques moments sublimes où on sent littéralement l’univers tourner sur lui-même…de faire partie de quelque chose d’immense, de vivre le changement, et à travers cela d’être soi-même passionnément – et de savoir que c’est comme ça qu’on fait naître les miracles, les suprises. Pas de certitudes, pas de confiance en l’univers, pas de croyance en un être suprême qui veille sur toi et la promesse que tout ira bien – tu peux abandonner tout cela à la porte. La Déesse Sombre qui t’as réclamée, elle est l’Abysse personnifiée, poulette. Il n’y a pas de fin heureuse prévue, pas de solution facile, pas de récompense, pas de rédemption, pas de filet de sécurité – mais la Nature qui pulse à travers tes veines, sans filtre. Tu le sais bien, quand tu souris à la Vie, ce n’est pas parce que tu lui fais confiance, mais parce que tu as choisi de lui faire face. Toute pourrie qu’elle soit. Ce ne seront pas les règles étriquées qui te feront grandir,mais l’envie de jouer un tour à tous les gardiens de l’ordre étriqué, ceux qui t’ont sous estimée, qui ont voulu te garder petite, et surtout à tes propres limites. Et si l’envie te prend à nouveau de te noyer dans ton trou noir solitaire,
souviens toi, tu n’es pas toute seule.


Pagan Federation International Conference, Compte-rendu

Le 28 avril, je suis allée au rassemblement annuel de la branche néerlandaise de la PFI ( Pagan Federation International ) tenue dans une auberge à une heure d’Amsterdam et voici mon compte 
rendu pour les curieux(ses).

Déjà, à mon grand regret, j’ai raté le rituel d’ouverture, parce qu’en sortant de la gare je me suis trompée de sens – il n’y a rien au monde qui ne se ressemble plus que deux rues de village hollandais lambda – dirigé par un groupe asatru en plus. Roh. J’arrive et je m’intègre direct dans un groupe qui se dirige vers l’extérieur pour découvrir les plantes sauvages magiques. Notre guide, une allemande à la dégaine de hippie, tout habillée en vert, nous parle des propriétés des plantes qu’elle trouve sur le bord du talus. Elle avait tellement à dire qu’en une heure, on a a peine fait 50 m. C’est passionnant, j’adore ce genre de choses – j’ai un intérêt spécial pour la façon dont les plantes sauvages peuvent être intégrées à la cuisine. Il me tarde d’être rentrée en France, d’avoir accès à une cuisine décente, et de pouvoir me balader dehors en liberté, pour essayer par exemple un cake plantain-carotte ( le plantain étant associé à Perséphone et au monde souterrain, et aux morts ) la soupe à l’ortie, et faire mes propres smudge sticks d’armoise pour les rituels, et pourquoi pas mon propre onguent de vol avec de la graisse d’oie, comme elle nous a expliqué. Elle nous a fait goûter en plus, des pousses de hêtre, des graines d’ortie et du lierre terrestre (qu’elle nous conseille de mettre dans un gâteau à la poire^^). Etrange mais assez goûteux au final. Hmmm…c’était trop court. Très sorciérèsque.

Ensuite, sans avoir le temps de souffler, j’assiste à une conférence sur la déesse Nerthus, par un asatruar armé d’un power point un peu assommant, il faut le dire. Son principal objet était de nous expliquer que d’après lui, le nom ‘Nerthus’ est probablement une erreur, qui a été propagée par les travaux de Jacob Grimm, qui sont aujourd’hui sévèrement critiqués par les historiens. De plus son rapprochement avec Njord est basé sur une erreur d’étymologie. Le nom était sans doute plus vraisemblablement ‘Hertus’ et il tire des parallèles avec Holle/Holda qui possède en effet des points communs troublants.  Ce petit jeu d’indices archéologiques à travers le temps est assez intéressant, intellectuellement parlant. Ca montre bien à quel point on sait en fait peu de choses et qu’il faut prendre ce qu’on lit sur internet avec de gros grains de sel.

Puis, toujours sans pause, je me dirige vers la cave, où Marion Green, qui est assez célèbre dans le monde païen anglophone, tient une petite conférence. Au final assez bateau, un prêche sur la nécessité de se rapprocher de la nature, les erreurs du monde moderne…un peu le même discours qu’on peut lire sur tous les sites païens, pas très révolutionnaire dans ce contexte quoi, et j’ai pas appris grand chose au final. Elle avait l’air de vouloir nous convaincre d’un point de vue que probablement tout le monde a déjà dans la salle, donc bon…
J’ai apprécié son sens de l’humour, cependant – nous conseillant par exemple de  » don’t google, go oogle a tree » ( ne vas pas sur google, va dévisager un arbre ^^) et l’importance de se ménager des moments de silence.

Après ça j’ai pu souffler un peu, vu que les deux workshops suivants étaient d’un côté, un talk sur Crowley, qui m’intéresse moyen, et un sur la magie des anges par une personne qu’on m’a fortement conseillé d’éviter. J’ai fait le tour du petit marché païen – pas très intéressant – beaucoup de revendeurs de made in China, des avalanches de pierres, du fait main à l’arrache et des cartes avec des dragons, bof…Je me trouve une bouteille de vin aux herbes et un oeil-de taureau dans une petite pochette en cuir. Je me suis dirigée vers le stand des Negen Werelden ( les Neuf Mondes), un des deux groupes asatru présent, et ai demandé à l’un d’entre eux de m’expliquer les principes centraux de l’Asatru selon lui. En gros, il m’a parlé de l’importance de la communauté, avec les gens, les ancêtres, les esprits et les dieux ; aussi l’importance de ne pas juste retranscrire les gestes du passé mais de les interpréter pour en garder l’intention première. Par exemple, aujourd’hui, sacrifier un animal n’a plus du tout la même valeur que ça avait autrefois, à moins d’élever et de tuer soi même l’animal. Aujourd’hui, un équivalent serait, me dit il en riant, d’offrir une Ferrari, ce qui serait stupide au point de vue écologique. On peut offrir ce qui nous est très précieux, et aujourd’hui c’est ce dont on manque beaucoup, c’est à dire du temps. Très intéressant, comme conversation. Ensuite, le même groupe dirige une discussion sur le blot. Il en ressort qu’encore une fois, on n’en sait pas énormément, on a surtout les retranscriptions de ce que faisaient les puissants. L’importance de l’équilibre – ne pas offrir quelque chose de démesuré, ni de trop petit ; d’offrir quelque chose qui a de la valeur pour nous. Du sens pratique, également. Le prêtre était généralement le plus riche, parce qu’il avait la capacité d’offrir un plus beau sacrifice. Assez prosaïque, donc – pas les mêmes valeurs que nous, mais on en a beaucoup à apprendre.

Ensuite, encore deux workshops pas terribles – ah c’est dommage que tous ceux qui m’intéressent tombent en même temps !! Je sympathise avec une fille qui a le nom d’Odin et une citation en norvégien sur son tee-shirt. Je parle à un autre asatruar qui organise des promenades sur le thème des esprits du lieu. Ahah ! Je prévois de m’incruster là tout de suite ! Après, il y a un rituel avec Isis et Osiris, un peu longuet, mais beau tout de même. Les rituels qui ont pour thème d’équilibrer deux polarités me font toujours beaucoup de bien. Je discute avec la HPS du coven ayant dirigé le rituel, et me fais tendre une carte avec invitation pour le prochain sabbat ouvert. Finalement, c’est le rituel de fermeture, où les dieux invités au début de la journée sont remerciés. Et je repars en train.Franchement, c’est passé super vite. Au final, c’était super intéressant, mais comme je le disais plus tôt, aussi un peu décevant.

Je m’explique. Je m’étais fait un gros trip sur la PFI, depuis le jour où, 13 ans et en voyage de classe en Angleterre, découvrant tout juste la Wicca, j’avais pris en catimini un de leurs prospectus au Musée de la Sorcellerie. Là, j’avais jamais vu autant de païens rassemblés, peut être une bonne centaine. Et l’énergie était…décevante. Je compare, par exemple, à la rencontre Intercercles où j’étais allée il y a deux ans, qui avait été incroyable. Là je n’ai pas retrouvé cet enthousiasme et ce sens fort de la communauté. Peut être parce que je n’avais pas de liens internet au préalable avec qui que ce soit, et qu’on était beaucoup plus, certes. Mais là…on avait  l’impression que la plupart des gens étaient blasés, que c’était la routine pour eux. Quelque chose de cette envergure qui se produit en France, on peut être sur que ça sera du délire – mal organisé, mais quand même…non ?
Ensuite, il faut dire que la moyenne d’âge est beaucoup plus élevée. Et puis d’après cet échantillon les païens ont un goût absolument épouvantable – hm je suis mesquine peut être mais c’est quoi cette obsession pour les tissus synthétiques immondes et la bijouterie clinquante en plastoc ??? J’ai essayé de taper la conversation à plusieurs gens sans beaucoup de succès ; ils se connaissent tous, plus ou moins, et n’ont pas l’air très intéressés par de nouveaux contacts ; ce qui n’empêche pas qu’ils s’envoient des remarques mesquines dans le dos, que j’ai entendu fuser à plusieurs reprises ‘ ah bah moi mes rituels ils sont pas comme ça hein ( ton dédaigneux)’ ou encore d’une wiccane, demandant aux asatruars avec un ton méprisant ‘mais, il n’y a pas de but plus élevé dans vos rituels ? par exemple envoyer des énergies de guérison à la Terre ? vous voulez dire qu’il s’agit seulement de célébrer  la communauté ? Si c’est le cas, vous pouvez aussi bien faire un barbecue » (facepalm) Au final, on a l’impression que beaucoup sont là pour se faire de la pub. Et les rivalités, dont on m’avait parlé avant que je vienne, sont palpables. Et gros manque d’originalité et de convivialité, aussi. Bon, il faut le dire, organisation impeccable par contre.

Je me pose des questions. Si en France, on arrive à une concentration de païens équivalente, est ce qu’on deviendra aussi peu inspirés ? Je ne suis pas sûre. C’est les gens qui m’ont déçue là. Je commence à avoir une certaine aptitude à jauger les païens que je rencontre. Et au final j’ai l’impression qu’il y a deux types de gens : ceux qui ont une étincelle dans les yeux, une sorte de feu sacré – ou pas. C’est ce que j’ai aimé tout de suite avec mes soeurcières, elles ont toutes une sorte de feu bien à elles. C’est ce que j’ai aimé aussi, chez beaucoup des païennes de Paris et de la Spirale Mystique ; et chez le monsieur des Neuf Mondes avec qui j’ai parlé, qui me regardait droit dans les yeux de manière claire et posée. Mais là, il y avait une majorité de regards fuyants et d’égos très self-righteous…ça sentait pas terrible.

Au final, je me dis, en France, on est, une autre génération. Le contexte de notre découverte du paganisme est différent, et on fera les choses différemment. On désespère souvent d’être si loin des uns des autres, mais au final, on a de la chance. Par ce qu’on a tout à construire, chacun peut s’impliquer, et y mettre sa passion. On n’a pas des tas de structures encombrantes, de formalités, de hiérarchies, d’égos à gérer, de rivalités mesquines. L’optimiste en moi pense que c’est possible de faire autrement, de ne pas tomber dans le panneau. Bon après je parle du point de vue d’une provinciale, je ne sais pas où en sont les choses sur Paris et avec la LAPF notamment.  Mais la jeunesse du mouvement est une grande force, parce qu’on doit tout construire à partir de rien, ça laisse la place à l’innovation, à la créativité. On doit apprendre en faisant, on n’a pas le luxe d’être faignants.
Et ici c’est ce que j’ai vu, une sorte de faignantise, comme si c’était totalement bateau ce qui se passait et pas une occasion unique, et c’est dommage. Il y a beaucoup de gens qui picorent à droite à gauche, qui s’incrustent dans un groupe quand ça leur chante, et attendent que ça vienne. Cette facilité, nous on l’a pas, il faut qu’on se troue le cul si on veut que des choses se passent, mais quelque part, ça en fait une aventure, pas une simple lubie du dimanche. Ca fait aussi que les fluffies et les pas motivés à la fin, se découragent, ça fait le tri, et ça permet à des gens vraiment extraordinaires de ressortir. Et j’ai l’impression qu’on a une responsabilité envers les générations futures de païens, quelque part, de faire naître une dynamique de créativité, d’innovation, de réflexion, pour que ça ne devienne pas ce que j’ai vu samedi dernier, des petits îlots sans réel rapport ou partage.


News

Je reviens de la Pagan Federation International Conference qui s’est tenue hier dans un petit bled à une heure d’Amsterdam. C’était très intéressant mais aussi un peu décevant au final. En tout cas
ça mérite un post en soi.

Sinon ici, on se prépare pour la fête de la Reine, fête nationale où tout le pays s’habille en orange et descent dans la rue. Au programme, champignons, cocktails et marché aux puces (peut être pas dans cet ordre lol) – je rêve de trouver un rouet pas cher, il paraît que c’est possible – Comme ça tombe le soir de Beltane, je ne ferai sans doute pas beaucoup de paganeries. Le lendemain, j’ai prévu un petit rituel à Freyja, et pas grand chose d’autre, parce que j’ai cours. J’arrive pas à croire que ça fait presque un an que j’étais à Aix avec les soeurcières au sommet d’une montagne ^^

En ce moment je suis dans une « low pagan zone ». J’ai des problèmes àux nerfs de jambe, ce qui fait que je reste beaucoup allongée, et ça m’énerve – la douleur permanente c’est pénible. Bon le docteur a dit que c’était pas dramatique, je vais aller voir un physiothérapiste et ça devrait aller, mais franchement ça tombe mal. Heureusement j’ai découvert Tumblr, c’est une vraie drogue ce truc, mais ça fait aussi plaisir pour l’espèce humaine. Et, je lis, et je regarde les films sur ma liste de films à voir.

Bon et aussi, remise en question. Ma pratique païenne au final, ne me satisfait pas dans son état actuel. Ca se réduit beaucoup à de la théorie, du networking et du questionnement existentiel. En soi il n’y a rien de mal à ça, mais ça suffit pas. Et puis quelque part il y a d’autres choses qui sont très importantes dans ma vie en ce moment et je me rends compte au final que ma spiritualité prenait souvent la forme d’une obsession de fangirl, qui comblait des vides.

Là, je commence vraiment à voir ce qui reste quand le côté « trop cool! », le côté mystérieux, glamour, excitant qui va avec tout ce qui est nouveau – s’évapore. Ce qui reste, pour l’instant, c’est le doute, le boulot monstre que ça représente, l’obligation de faire face à ses peurs, la peur d’être ostracisée notemment ; la totale absence de guide ou de garde-fou, la nécessaire discipline que je n’arrive pas à acquérir. Souvent, ce qui me poussait très fort à aller de l’avant, c’était l’envie de réaliser une sorte d’image parfaite que j’avais dans la tête. Et si je n’y arrivais pas assez rapidement, l’image se racornissait, me laissant toute déprimée et silencieuse à l’intérieur. J’ai répété ce processus des centaines, des milliers de fois, dans tout les domaines de ma vie. Ok, demain, promis, je serai organisée. Je ferai un régime. J’arrêterai d’éviter les rendez vous importants. Je travaillerai mes cours en temps réel. Je méditerai tous les jours. Je lirai tous ces bouquins éso que j’achète à la chaine sans aller plus loin que le premier chapitre. Je prendrai soin de moi même. J’arrêterai d’être si passive. Étrangement, ça ne marche jamais, et je vois le temps qui défile, et les blessures que je m’inflige.

Mais ces cycles dans le noir ne sont pas inutiles – je ne pense pas que ça puisse être inutile, d’essayer encore et encore. Je commence à apprécier les choses pour ce qu’elles sont et non pas pour ce qu’elles pourraient être. Je me rends compte que, jusqu’à maintenant, j’ai principalement vécu dans le futur, en projection. L’anticipation me faisait vivre, mais quand on y arrivait réellement, j’étais déçue. Parce que je suis hyper sensible à tout ce qui pourrait aller mal et à tous les énergies négatives qui peuvent saturer une atmosphère, j’ai préféré vivre dans un monde imaginaire, pour me protéger en quelque sorte.

Là où ça sort de l’histoire typique de l’ado qui ne veut pas grandir, c’est que, dans ce monde imaginaire, il y a des choses qui sont nées qui étaient bien réelles, et qui me permettaient de voir le monde autour de moi d’une toute autre manière. Mes histoires, mes chères histoires m’ont guérie, et continuent de le faire – abattant et transformant les préjugés, les limites, les vieilles haines. Et si c’est une drogue parfois, elles me poussent toujours à revenir vers le monde tangible. Il y a peu de sensations comparables au fait d’avoir sa vision du monde constamment élargie et transformée. Mon inconscient a une capacité à me prendre au dépourvu assez extraordinaire, dans le bon sens. C’est un vertige délicieux. Il y a certaines choses que je ne peux faire que dans l’action, cependant. Je suis arrivée à un point stagnant, les rêves se matérialisent lentement, pas tout à fait reconnaissables, et je ne sais plus quoi faire. Je suis à l’aise avec les théories, mais dans la pratique je sais pas, tout est nouveau. C’est un peu comme marcher au dessus d’un précipice et le sol se matérialise sous vos pieds au fur et à mesure que vous avancez.
La vie quoi ! Les bonnes graines ont été plantée, cependant, j’espère.


The Huntress’ Teachings

J’ai retrouvé quelque chose que j’avais écrit pour le Sanctuaire il y a quelques temps…

When spring returned, I had a splinter of ice in my heart : Her terrible gift.
I will turn like the fabled Ice-queen, I then think, alone and cruel.
As the ice did not melt I felt predatory for the first time under my girly skins.
And I met the next storms with steel-like cold blood.
I wondered, did she wake the monster in me ?

I meet up the first mountains and my girly legs are too weak to climb. As I sit on the dusty snow, I wonder why does she ever bother with me ?
I shiver and think, a monster could climb.

I used to be afraid of the dark months
Now I welcome the sharpness of the cold like kin.

She is smelling my blood, I am the hunted. The prize is my old girly skin ; a sacrifice.
But the prize is always only as good as the hunt.
The paths we find, the strengths we forge.

She is taking me for the long game. She is always here in my shadows, relentless imperious presence. Laughing. » You will be mine ».

Exhaustion will be extasy – of course, She is the reason we give in willingly
She is the Mistress of Sacrifice.
She has imprinted her mark on me. In my dreams, it grows.
Winter is coming.

Every time I run from it I end closer to the core.
Suspended in time, this stasis is her gift. The second before the leap, the calm in between the storms, the drawing of the bow, the gripping of the shield, the descent –
snow soflty falling is a reconciliation with one’s self. complete at least ! For a few seconds, perfection, and then I fall…

There is a shadow in the game. And it swallows me whole every time.  I wonder, will I find Her again when it no more rains ashes, or will she remain forever in her icy palace, blind to change, entombing me in her iron grasp ?

I lose my faith and myself many times until nothing is left.

And then the spring returns again as a tide over my tired shape. She’s still there, with a rueful smile. Shining. As sweet as she is bitter, nurturing and fierce, the survivor, the lonely huntress, the queen, the mother of nations.

They call the first flowers of trees spring snow, flowing the streets, fragile and wonderful.

As I face the harsh light of day, I see my dreams dangerously close. The strange fertility of winter – always melting after a while, stealing away the fog, leaving us bare and exposed, a touch away from the promises made in darkness’ safety.

No monster’s heart, but a woman’s, that always grows back no matter how many times I tear it out.

Hers I will be the day when I finally own up to my power – when I finally learn to honor and cherish both the void and the plenty, the deep and the high, the harsh truth and the useful lie, both sides of my heart, the merciless and the compassionate, the filthy and the pure, the heavy past and the scary future, the duties and possibilities, the icy cold and the melting warm – with equal boldness and courage. The pains and fears are worth it.

And, that day in mind, I steady myself for the beginning of a new chase.