Une cabane lovée dans le feuillage… Ma tanière de sorcière au fond des bois. Mon boudoir… poudres,éclats de rire et élixirs. Esprits en ébullition, chasseurs de rêves, et visiteurs en tout genre, tissez vous dans ma toile …

Chemins…

Conte de deux cités


Je partage mes vacances entre deux villes, Bordeaux et Lyon, la vieille ou j’ai grandi et la nouvelle ou je fais mes études et mes familles sont partagées entre les deux. J’ai choisi de vivre à Lyon, et je sais très bien pourquoi, mais ce n’est pas ma terre, pas plus que l’endroit ou je suis née – pourtant ces deux lieux font partie de moi d’une manière différente.

J’ai toute une cartographie magique dans mon inconscient qui associe différents lieux à différents types de souvenirs et symboles. Bordeaux représente pour moi le passé, et Lyon, le futur/présent ; entre ces deux régions, l’énergie est extrêmement dissemblable. Ce sont deux pays différents, en réalité, au point de vue de l’esprit du lieu.

Raisons personnelles d’abord. Chez mon père bien sûr la maison est grande et propre et brillante, la vue est splendide et la vie est bien ordonnée – mais à Lyon c’est une maison où un bouquet de fleurs vous attend sur la table de chevet quand vous rentrez, le jardin déborde de tomates et d’herbes médicinales, des chiens et des chats en pagaille, et la nourriture on va la chercher à la ferme d’à côté. D’accord c’est le bordel, il y a plus de projets commencés que finis et des petites choses me tapent sur les nerfs, mais c’est une maison pleine de blagues salaces, de débats passionnés, de vie quoi ; et de beaucoup de tendresse. C’est quelque chose que mon père, lui qui disait que les gens de ma mère vivaient dans la merde, ne comprendra jamais. Je ne lui en veux pas –  je ne vais pas porter son héritage de petitesse d’esprit ! Il est doué pour maintenir une bonne image et c’est un héritage qui servira à mon ambition, mais seulement dans la mesure où elle me permettra de mettre en place mes rêves et en ne laissant jamais mon exigence devenir une sorte de permission de juger les gens. Surtout sur les apparences.

Alors, à Bordeaux, j’arrête de m’enfuir, je fais face à mon héritage personnel. Je n’en ai plus peur. Mon père est cynique et beau-parleur. D’une certaine manière je le suis aussi. Mais, douces mutations sorcières obliges, en fait, je me verrais plutôt sang-froid et conteuse. Il y a un héritage de cruauté dans la famille, c’est un fait, et quelque part je le suis aussi. Je ne crois pas en la transmission génétique, mais plutôt énergétique, des énergies de la famille et des ancêtres ; je crois que les histoires qui se sont déroulées plus haut dans la généalogie nous affectent toujours, si on ne les a pas réglées. Ce n’est du déterminisme que si on le laisse fonctionner en tant que tel. Alors je me regarde avec un oeil froid et je remercie l’équilibre de la vie : je suis plus empathe que cruelle. L’un ne va pas sans l’autre. Parfois cruelle avec moi même pour saigner à vif mon empathie – l’honorer – la vérité est parfois cruelle.  Les racines du mal et son remède : complète. Sans cela, il n’y a pas de beauté.

J’utilise mes faiblesses, ainsi que mes forces, comme des outils chers à mon coeur, et ici, j’apprends beaucoup. Je vois ce qui est bon dans l’éphémère. Je travaille, j’agis, simplement. Dernière phase de la stase. La terre de mes origines est une terre de fantômes, de marécages. C’est une frontière, une zone de terre sableuse et incertaine, logée au creux d’un fleuve opaque et boueux. La lumière est grise et brouillée, et les gens se cramponnent à leurs acquis. Sa beauté est dans la brume, dans la richesse du terroir, les chemins perdus dans la forêt, mais elle est insidieuse. Déprimante sans doute, pour ceux qui ne savent pas s’immerger dans la sensualité de la vie, et ils y sont nombreux. Le message de cette terre est : doucement vos plans s’enfoncent dans la vase, et je noie tout dans le flot épicurien de ma fange, noyez y vous aussi ou périssez. Le temps ne veut rien dire. Royaume du Lethe, le fleuve de l’oubli. Héritage amer, mais riche…

 

Je ne supportais plus cette atmosphère étouffante. Vers Lyon, terre de soleil, ville de lumière. Collines toscanes et sensuelles, prés verdoyants, vergers regorgeant de fruits, et à l’horizon, les Alpes majestueuses. Ici la terre est solide, et ne se dérobe pas sous vos pieds, et les gens sont francs et fiers. La vie est bonne. La campagne est canon, et la ville est lumineuse, colorée, altière et tranquille, – la vie est réelle. On respire à grandes bouffées. Les saisons sont très marquées et toutes sont un délice – l’hiver sec et neigeux, l’automne flamboyant, l’été fertile. Parfois, c’est par choc et à coups, il faut bien s’accrocher, la vie peut être rude. Mais en vaut la peine. Il faut s’affirmer, s’affiner, faire face au défi. Plus difficile à apprivoiser, la nature par ici. Elle vivifie les sens. Ici je travaille efficacement, je prends de la distance pour m’envoler. Je vois, de manière plus lucide et vis plus intense.

Mais, la Roue tourne et il est temps encore, de me poser plus loin. J’aime, apprendre à connaître de nouveaux horizons, me laisser enchanter et toucher et changer. Je sais trouver la beauté là où je me pose, maintenant. Je suis une fille de deux cités, bientôt trois, et mon coeur s’agrandit à chaque fois que je déménage !

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Transitions

Me voilà de retour après une période où j’ai plus ou moins délaissé ma petite cabane-boudoir. Alors, que dire ? Je suis en pleine période de transition.

J’ai laissé derrière moi ma ville adoptive, solaire et radieuse, et ma première famille recomposée. Me voilà pour un temps chez mon père, pour aider dans les chambres d’hôtes et faire du sport. ( Argh ) Un autre noyau familial se forme ici aussi. Moins difficilement qu’on aurait pu le prévoir, en fait. J’ai un espoir que pour une fois le tout pourrait être pas si compliqué que ça – oh mais, on part, on grandit, et quand on revient, les problèmes ne sont plus si terribles.

Je termine certains travaux magiques et processus très important ( Nouvelle Lune, je serais sous ma tente, et je vais aller ritualiser sous le pin immense qui trône au milieu de la vue ici…qu’il pleuve ou qu’il vente ! ) et j’essaie de travailler mon paganisme et tout ça, parce que je suis en grande remise en question, et donc, je me rue sur mes bouquins, pour relire les bases, et aller un peu plus loin. Ai du mal à trouver le temps, encore, entre jogging et ménage et salle de sport et natation…Bientôt, je ne me reconnaîtrai plus moi même ^^

Un dernier sabbat avec les soeurcières ( snif …) et ensuite, je dis bye-bye à tout le monde, et fin août, je serai installée à Amsterdam pour une année d’études ! Le blog va sans doute se transformer en carnet de voyage dans les mois à venir. La communauté païenne est assez active aux Pays-Bas, j’espère vraiment pouvoir faire des rencontres chouettes, et voyager un peu dans le nord de l’Europe également. Me trouver un job, et trouver ma future vocation de carrière ( il serait temps )

J’ai attendu tous ces changements pendant si longtemps, maintenant qu’ils sont là, ça fait un peu bizarre, j’en ai un peu les genoux qui tremblent et je me pose des questions sur ma capacité à transformer des rêves en réalité. Mais bon, je suis une fille de l’Orage, j’aime ça, l’air électrique, les incertitudes, l’énergie qui s’amasse lentement, le vertige des nouvelles hauteurs, la délivrance brève et splendide, ce moment dans la tourmente ou tout s’éclaire brièvement…

Alors, en avant quoi. Yeeah ! Tout va bien !

A part les crampes. Et les courbatures.


Magic books !

Un peu de pub pour le projet d’une amie sur lequel je ferai mes critiques de livres désormais :

N’hésitez pas si vous avez des critiques à nous soumettre !


Le Sanctuaire de Skadi est lancé !

Ici : http://sanctuairedeskadi.weebly.com/

 

 

 

 

 


Le fond du tonneau…

 

 

 

L’autre soir, je suis sortie au crépuscule pour courir et par la même occasion, cueillir des pétales d’églantine. Et j’ai eu une révélation…

Je suis une églantine. Mmh, oui. Je m’explique ( je raconte ma vie…^^). Petite, je me souviens d’un grand spectacle de fin d’année à laquelle toute l’école participait, une adaptation de Titou et les Pouces Verts, dans laquelle les filles de ma classe joueraient le rôle de fleurs qui se mettent à danser. Et donc, moi, je cherchais la fleur que je voulais être. Mais je ne la trouvais pas, la fleur parfaite, tapie dans un coin de ma tête, un genre d’orchidée mystérieuse rare et incroyable, je disais à la maîtresse ‘ je cherche une fleur sauvage’…la deadline arrivée, je n’avais toujours pas trouvé, alors sur mon carton ( parce qu’on avait des genres de fleurs en carton avec un trou pour la tête…toute une histoire ) on a fini par dessiner une églantine. J’étais dégoûtée : mais c’est une fleur toute simple et banale ! A côté, ma meilleure amie était la plus belle avec son lys, et moi j’étais super jalouse.

L’églantine, ce n’est pas plus qu’une sale ronce à première accroche. Tenace et sauvage, une mauvaise herbe pleine d’épines. Quel contraste avec ses fleurs ! Elles sont fines et délicates, pétales diaphanes qui se détachent au moindre frisson, rosées tout en douceur…

Elles ne tiennent pas en vase, ne sont pas grand chose face aux roses travaillées et trafiquées des jardins, certes. La rose des haies est éphémère, insaisissable, aux frontières, splendide au crépuscule dans la lumière dorée. Et son odeur…est un miracle, subtile, aux accents de miel et de fruit… Son fruit est un concentré de vitamines, au coeur de l’hiver, mais sa préparation est fastidieuse, et il n’est pas mûri par le soleil, mais par le givre…qui le ramollit. C’est une plante de paradoxes…

Comme moi. Alors je me dis, pourquoi lutter contre ma propre nature ? Toujours je suis à la recherche de celle que je pourrais être, l’orchidée inconnue mystérieuse, sans me rendre compte que c’est là, plus près…

Ca va pas très fort en ce moment. Gros problèmes d’argent, dans les études c’est tendu, à la maison aussi, je suis une déprimée mystique, et en plus deux chutes successives – escalier, cerisier – m’ont laissée avec une grosse balafre sur le menton et un mal de dos persistant. Et pourtant, je ne peux pas m’empêcher de continuer à gratter, plus loin, toujours plus loin – le travail avec la fichue partie sombre, et je suis si près, si près de trouver ce que je cherche, je le sens. Mais là, je suis presque à bout de forces dans ce domaine là. Parfois il me semble que plus rien n’a de sens, que j’ai perdu toutes mes catégories mentales, je suis totalement paumée. Tout reste à ré-écrire. Je savais que ça serait difficile mais là c’est très tendu, le futur me pend au dessus de la tête comme une épée de Damoclès et je ne trouve pas bientôt la solution, tout va me tomber dessus et je ne serais pas prête. Je joue gros, sur ce pari : tout ou rien. Trouver la dernière partie du puzzle, Celle-qui-se-dérobe, la clé, la Fille des Os, la Claire Obscure…

Arf, il est tard, et je vois la fin de mon tonneau, poivrote mystique que je suis. Une dernière gorgée pour la route, alors…

 

 


En suspens…

Je laisse ce blog en friche pour quelques temps – histoire de finir cette semaine de partiels et de ne pas avoir la tentation de revenir ici comme de par hasard, donc, je jure solennellement de ne pas revenir avant la fin de la semaine.

Quand je reviendrai, il y aura sans doute du nouveau :

– La mise en place d’un Sanctuaire pour Skadi

– De nombreuses critiques de bouquins

– Un exemple concret de mise en pratique magique du travail avec la partie sombre

À bientôt !!

En attendant je laisse le blog aux mains de mes nouveaux alliés animaux du moment :


It’s stupid quiz time ! :D

Voici des petits quiz sympa pour les anglophones :

http://quizfarm.com/quizzes/new/whitewolfjmi/what-kind-of-pagan-are-you/index.php
Mon résultat : 

You Scored as Ecclectic Pagan

A veritable blend of all the pantheons and perhaps a dash of a few other religions as well, you’re the versitile Ecclectic Pagan. You have no problem wearing an ankh while setting an offering to Herne on your alter just below your image of Hera. You don’t believe in coloring within the lines, and are a bright free-thinker. While you respect the views of your fellow pagans, as far as you’re concerned, religion is the sky, and there’s no one about to clip your wings with lines and limitations.


What Greek Goddess are you?

You are Persephone!
You are like Persephone, daughter of Demeter and wife of Hades. That’s right…you are married to the god of the underworld…and that makes you QUEEN of the underworld. But you should tell your friends not to judge…sometimes good girls just fall for bad boys. Like Persephone, you are somewhat paradoxical, as you present a saintly aura part of the time and a wild child aura the other part. Whereas you can be a sophisticated lady, you definitely know how to bring out your politically INcorrect side. 🙂

http://www.testriffic.com/result/results.php

http://quizilla.teennick.com/quizzes/103967/what-celtic-goddess-are-you

 


Pot pourri 2010

Pour Women’s art forum, on nous a demandé de synthétiser en un collage l’année passée. Difficile…quelle année riche vient de s’écouler ! Sans doute un tournant dans ma vie, mine de rien…alors voilà le résultat :



Questionnaire païen.

 

Bon, je le refais. ça a pas mal changé depuis la dernière fois !

Votre élément préféré : En ce moment, le feu sans aucun doute.

Votre couleur préférée : Le violet et le vert .

Votre familier : Pas pour le moment.

Votre chiffre : 8
Votre plante : achillée millefeuille, angélique, églantine, pavot, coquelicot, belladone
Votre arbre : le chêne
Votre pierre : l’opale
Votre encens : Air/Amour  ( camphre, rose, oliban et myrrhe ) et Neige immaculée ( santal et épices ) deux mélanges des Encens du monde.
Votre symbole : mon symbole maison que j’ai enfin trouvé : il inclut deux serpents, un masque, le yin et le yang, le huit de l’infini et une pomme/pentacle de sagesse. Représente la danse de la vie.
Votre rune : Kenaz ( l’inspiration/guérison lente et douloureuse )

Votre signe zodiacal : Bélier ascendant scorpion

Votre grimoire favori : mmm… celui qui est encore dans ma tête, en préparation : p
Votre outil magique : en ce moment, je suis en quête d’un athamé et je vais essayer d’en avoir un pour mon vingtième anniversaire.
Vos déesses guides : Skadi, Perséphone,  Brigit, Isis, Nephtys.La Grande Déesse, ma Dame aux milliards d’atomes.
Vos dieux guides : Le Dieu Chêne et le Dieu Houx.
Votre personnage mythique : Maeve, Morgane, Boudicca.
Ce qui vous fascine : le vide ( ce que j’aimerais voler…) les danseurs ( ah ce que j’aimerais savoir danser aussi bien ) les étoiles ( je pourrais rester des heures à les regarder…)
La phase de la lune avec laquelle vous vous sentez le plus à l’aise: la pleine lune
Votre musique favorite : En ce moment j’écoute en boucle  Rabbit Heart de Florence and the Machine, Undertow de Warpaint, et le dernier cd de SJ Tucker.
Vos aptitudes : J’ai une imagination débridée, de l’intuition, de la créativité… dommage, je ne fais pas voler les cuillères XD.
Ce que vous détestez : être enfermée dans un espace confiné,  les gens prétentieux , superficiels et agressifs,  l’arrogance de certains scientifiques, la vanité de certaines personnes du « circuit alternatif », les discours populistes…
Ce que vous adorez : les gens qui agissent pour la beauté du geste, cuisiner indien, la poésie quotidienne, faire de la voile et du cheval, les feux de cheminée l’hiver, le brouillard,  papoter et rire avec des amis, faire des rêves hyper bizarres, de nouvelles expériences, être bousculée et surprise, voyager, la géopolitique, la différence…faire tourner la roue et être bouleversée par la roue qui tourne…ne pas savoir, apprendre et mettre en pratique, développer la délicatesse et l’élégance, longues balades dehors…

 


Sensibilité organique (I)

L’autre soir, je discutais avec une de mes chères soeurcières, une vervaine bien chaude à la main, quand nous en sommes venues à considérer qu’aucune des filles du cercle ne ressemble à un stéréotype de la paganitude moderne – eh bien, dans la rue, si un outsider devait pointer du doigt une sorcière, ce ne serait sans doute pas nous qu’il montrerait. Nous ne sommes ni toutes vêtues de noir, ou bardées de pentacles, ou de voiles colorés, ou de cristaux new age. Nous ne sommes pas des gothiques, hippies, des éthérées ou des filles totalement roots que la pensée d’une douche fait frémir. ( Je n’ai rien contre les gothiques ou les hippies, vraiment… mais les stéréotypes, c’est chiant quoi.) La plupart du temps nous ressemblons à n’importe quelles jeunes femmes qui partent pour le boulot, emmènent leurs enfants à l’école, vont à la fac, etc…Il faudrait un observateur attentif et au courant pour distinguer des signes : petit pendentif triple lune ou déesse, tarot discrètement glissé dans le sac, tatouage serpent, etc. En tant que plus ou moins fashion du groupe ( gros lol ) il m’arrive de porter des jupes longues, des plumes, des slims brodés de dentelle, des corsets ou des blouses à manches bouffantes mais cela témoigne surtout de mon envie d’expérimenter et de m’approprier mon apparence. La discrétion de mes soeurcières m’a rassuré , lors des premières rencontres, sur leur sincérité. Comme m’a dit Violette ce soir là, les païens les plus intéressants sont rarement ceux qui se distinguent facilement. Et c’est sûr que certains, on voit vite qu’ils sont là dedans pour le show. Et il y a tellement plus dans le paganisme et la sorcellerie moderne que ce qu’en véhiculent les clichés les plus prisés par les médias.

Mais, je lui ai dit, j’ai quand même l’impression que ma façon de m’habiller a été influencée par ma religion. Hum, volonté de s’intégrer ? C’est vrai que dans certains milieux on sera mieux vu si on porte une robe à volants plutôt qu’un tailleur et des talons… Peut être que pour certains la volonté et la fierté d’appartenir à un groupe conduit à adopter les stéréotypes dominants à propos de ce groupe.  Ou alors, peut être que c’est une question d’imagination et de créativité. Surtout, ma spiritualité a profondément changé ma sensibilité esthétique et ma façon de voir le monde. Je suis plus sensible à la beauté de la nature, à la fragilité du temps, plus romantique et aussi plus ancrée à la terre. Je me retrouve dans l’idée japonaise d’esthétique wabi-sabi, qui est selon Wikipédia,

 » une expression japonaise désignant un concept esthétique, ou une disposition spirituelle, dérivé de principes bouddhistes zen, ainsi que du taoïsme. Le wabi-sabi relie deux principes :

  • wabi : solitude, simplicité, mélancolie, nature, tristesse, dissymétrie…
  • sabi : l’altération par le temps, la décrépitude des choses vieillissantes, la patine des objets. Considéré comme un principe positif, le sabi est plutôt étranger à la pensée occidentale. Le goût pour les choses vieillies, pour la salissure…etc.

Une illustration du wabi-sabi : le culte esthétique pour les pierres. Cette éthique apparaît au xiie siècle ; elle prône le retour à une simplicité, une sobriété paisible pouvant influencer positivement l’existence, où l’on peut reconnaître et ressentir la beauté des choses imparfaites, éphémères et modestes. »

Je fais plus attention à la qualité des matières, au caractère des vêtements, dans la limite de mon budget d’étudiante… Et malgré tout j’aime de plus en plus l’idée de ressembler à une sorcière. Ah, mais pas une sorcière de pacotille – ma vision de la sorcière, celle-qui-est-changement-de-définition, voyageuse des frontières, sensibilité épidermique, force tellurique, centrée dans son instant de pouvoir, danseuse du temps qui court. En fait plus justement ; je veux être une sorcière plus pleinement, et que ça se voie. Une païenne aussi, ce qui pour moi veut dire tendresse, envers la terre, envers soi, envers les autres, envers l’instant. Je veux laisser libre court à mon inspiration et à mon exigeance sans être enchaînée aux normes sociales. Qui ont du bon parfois, pourries tant d’autres, je ne vais pas devenir asociale, l’idée serait d’infiltrer les codes et les normes pour les transformer de l’intérieur.  Porter des vêtements qu’on aime, des plumes colorées, des longues jupes qui tournoient, des dentelles magnifiques c’est une chose, mais c’est aussi affirmer une certaine différence affranchie de peur et montrer qu’on la chérit, et certains ne vous pardonneront pas. Et surtout il faut l’assumer. Si vous portez des choses hautes en couleur et que vous rasez les murs…ça le fait pas. C’est un travail hautement magique, sur un sujet qui est pour beaucoup d’entre nous un champ de bataille, l’apparence…Si vous portez des vêtements qui vous transportent au-delà de votre zone de confort, ce sera un défi pour les assumer. Sur des pièces particulières vous pourrez ancrer certaines sensations-souvenirs, et en faire des talismans… des facettes de la personne que vous voudriez être…et dans le miroir vous êtes encore quelqu’un d’autre…au delà des clichés de magazine, cette robe peut devenir une seconde peau, ou une armure…ou une chrysalide…pourquoi se priver de ce plaisir, de ce moyen d’expression ? parce que c’est « superficiel » ? ça c’est ce que vous ont fait croire les magazines stupides qui ont cantonné les questions d’apparence dans un moule irréel malsain, ou une éducation judéo-chrétienne pour laquelle, le plaisir c’est le mal. C’est une question de plaisir en effet, de toucher sur la peau… de se donner de la valeur à soi même, de se croire capable d’exprimer sa beauté personnelle, de la faire naître au monde…De porter avec soi, ses histoires et ses rêves. C’est de la magie, du principe de sympathie : par ce qu’elle m’évoque cette chose est un lien de pouvoir. Tiens ce manteau me fait ressembler à une héroïne victorienne…ces boucles d’oreille, une prêtresse de la lune dans un monde de fantasy…cette jupe médiévale lourde me ramène à la terre, ces chaussures british délurées me font poser un pas léger sur cette même terre…je tisse une histoire dans ma sphère personnelle. Ce n’est pas ça qui va changer le monde mais je pense sincèrement, comme j’accorde de l’importance aux petites choses,  que c’est vraiment important.


C’est je répète, un chant de bataille. Parce que l’apparence est notre première interface avec l’autre. Là re-surfacent nos incertitudes, nos rêves, nos complexes, notre orgueil aussi. On veut bien paraître avant de paraître soi même. Je pense au final que l’identité est une collection de masques et ce que nous pouvons faire c’est y apporter de l’harmonie, de se faire sien les masques, de les digérer, les accaparer, par le processus de la conscience. Paraître soi même : quand on vous voit on se dit, je le sens, il y a quelqu’un là. L’apparence est un terrain de communication, de négociation, d’échange permanent. Ignorer cela comme voudrait le faire toute adolescent mal dans sa peau, comme je l’ai fait pendant longtemps, c’est se mettre à la merci des projections des autres, quand on « laisse le terrain en friche », refuser d’assumer le pouvoir qu’il y a là dedans. Du coup quand on me dit  » mais on s’en fout c’est que des fringues » je suis pas d’accord. Le monde ne tourne pas autour de ça mais comme on ne peut pas dire n’importe quoi, on ne peut pas s’en ficher totalement de son apparence. L’important ce n’est pas de « faire bien les choses » mais d’investir le terrain avec sa conscience. De ne pas adopter sans réfléchir les diktats de l’extérieur. De travailler sa sensibilité.

Nous sommes liés à notre entourage, quoi qu’on fasse, et nous sommes des êtres sociaux. C’est ce que j’apprends, de plus en plus profondément. Même quand on se retranche dans une infinie solitude, on n’est jamais seul. La présence tranquille de l’univers, de nos guides, de nos ancêtres, de nos divinités, de nos voix intérieures, de la terre sous nos pieds, se fait toujours sentir.On ne peut pas se recroqueviller à l’intérieur.  Notre individualité se fait au contact des autres. Alors notre visage, notre façon de nous conduire, notre apparence, sont un symbole de notre individualité. Certes on ne contrôle jamais tout et c’en est frustrant. En proie à l’orgueil notre image de nous mêmes est déformée, on peut se prendre bien des baffes. Mais c’est notre symbole, et les symboles ont du pouvoir. En apportant plus d’attention à mon corps, à la façon dont je bouge, parle, m’habille, j’infuse de la tendresse, de la grâce dans mon monde, je fais appel à des énergies qui pour moi, me lient à la Grande Mère, Dame aux milliards d’atomes, conscience universelle et poussière dorée. Je me guéris moi même, les blessures d’amour propre, les vieux complexes fissurés. Je réclame du pouvoir intérieur et je le montre. Il y a des années en me voyant dans le miroir je voyais un monstre. Maintenant, je me vois et je souris. C’est grâce à ma pratique spirituelle, tout ça. Je suis toujours en chemin. J’ai appris des tas de choses. J’en ai gardé des cicatrices. Je réconcilie mes parties masculines/féminines. Devenir entière et intègre, c’est la première étape avant de pouvoir aider les autres.

À propos de cela, j’ai fait un rêve il n’y a pas très longtemps ; dans un monde post apocalyptique, je me réfugie dans un bâtiment délabré avec un groupe de gens qui me considèrent comme une sorte d’autorité spirituelle, une prêtresse qui les guide et les protège. Je ne suis pas tout à fait rassurée, mais je sais que la Déesse me guide et je sais que je dois faire au mieux. Une jeune fille se présente devant moi, c’est une jeune wicanne, elle porte des bijoux clinquants, elle est mal dans sa peau. Je lui montre comment se purifier avec de l’eau de rose, pour apporter la paix, elle commence à le faire à la hâte. Je lui prends le bol des mains, je lui dis, « non, non, prends le bol des deux mains, c’est un signe de respect. Fais le avec attention, c’est ainsi que tu peux atteindre la paix intérieure, et tu en auras besoin ». En me réveillant je me rends compte que cette jeune fille, c’était moi dans le passé-ou le présent, et cette prêtresse qui protège sa tribu, humble, attentive, parfumée à l’eau de rose, une vision de moi dans le futur…une belle vision…un cadeau de mon inconscient…

Je vous souhaite à tous de pouvoir vous réconcilier avec le miroir et de matérialiser vos rêves dans la réalité.


L’année tourne…

( un peu en retard j’en conviens…) j’espère que vous avez tous passé un heureux Yule plein de chaleur, convivialité et nouveaux projets…Pour moi ce fut une célébration très belle et paisible…

 

À l’occasion de l’année séculaire, un petit questionnaire de bilan…
1. Qu’as-tu fait en 2010 que tu n’avais jamais fait avant? J’ai eu un vrai job d’été, je suis allée en Irlande, à Londres, j’ai co-construit un cercle de femmes, j’ai assisté à une cérémonie du thé, à un mariage païen, j’ai dit à ma mère et à mon père de coeur que je suis une sorcière, j’ai célébré un rituel en groupe, j’ai décidé de mon futur métier, j’ai complété ma première année d’études supérieures, j’ai dit adieu à la petite fille. J’ai accepté la vie comme une danse où tout est changement, risques, choix, liberté.  
2. Est-ce que quelqu’un dans ton entourage a eu un enfant?
Mon cousin…ça fait prendre un coup de vieux ! 
3. Est-ce que quelqu’un dans ton entourage est mort?
Non, de la chance de ce côté là. 
4. Qu’aimerais-tu avoir en 2011 que tu n’as pas eu en 2010 ?
Le permis, mon propre appartement ! 
5. Quelles dates de 2010 resteront gravées à jamais dans ta mémoire, et pourquoi?
le 1er avril où je suis allée interviewer un type super passionnant qui travaillait contre la torture à l’ONU, les nombreuses rencontres avec mes soeurs de cercle, la rencontre intercercles, Mabon où j’ai fait un rituel avec ma mère pour la maladie de ma grand-mère…
6. Quel a été ton plus grand accomplissement de l’année? Sans aucun doute le travail magique et personnel accompli, les barrières et peurs vécues et dépassées.
7. Quel a été ton plus grand échec? Echec je ne sais pas. Absolument pas satisfaisant et nécessitant des tas de progrès : mes relations avec la famille et avec les autres en général. Même si c’est déja mieux.

Non en fait : mon échec de cette année, c’est de ne pas avoir assez défendu mon envie d’aller à Londres l’année prochaine. Une pure intuition difficile à rationaliser donc moi je laisse tomber sans voir que la réponse n’était pas loin. Quelle imbécile !

8. Quel a été ton meilleur achat? Des tas de livres passionnants sur Amazon.
9. Qui sont les gens dont l’attitude mérite une bonne mention? Mes soeurs de cercle que j’adore, mes amis sur Lyon et Bordeaux, mes profs d’histoire géniaux, ma petite soeur tête à claques qui devient une jeune femme qui déménage.
10. Qui sont les gens dont l’attitude t’a causée des problèmes? Mes parents qui traitent avec bien peu d’humour ma crise d’adolescence à retardement ^^ la bande de pédants de mon école – moi-même, le plus souvent.
11. Qu’est-ce que tu souhaiterais avoir fait de plus? Travaillé un peu plus. Ne pas avoir laissé tomber Londres.
12. Quelle a été ton émission de télé préférée? Euuuhhh…..des séries bien sûr !! Cette année : Mad Men, Chuck,
13. Est-ce que tu as de nouveaux ennemis par rapport à l’année passée? Une fille de l’école à qui j’ai trop demandé et qui me prend donc pour une méssante superficielle….une fille avec qui j’ai eu un malentendu autour d’une robe…bref, de la maladresse et un peu trop d’enthousiasme…
14. Quelle a été ta plus grande découverte musicale? …SJ Tucker, Paloma Faith, Tori Amos, Arcade Fire, Lady Gaga ( non, je rigole ^^)
15. Qu’est-ce que tu as voulu et eu ? des sous pour mon permis. De l’inspiration pour mon bouquin.
16. Qu’est-ce que tu as voulu et n’a pas eu? Un appartement. De la neige pour Yule.
17. Quel âge as-tu eu? 19 ans
18. Quelle est la chose qui aurait pu arriver et rendre cette année encore meilleure? Je sais pas, je n’ai que des souhaits réalistes ^^
19. Comment décrirais-tu ton concept de mode pour 2009? Shabby chic, steampunk, voyageuse spacio-temporelle romantique, sorcière urbaine ( Comment ça je réfléchis trop à ce que je me mets sur le dos 😛 ) Des dentelles, des corsets, plus d’extravagance !
20. Qu’est-ce qui a conservé ta santé mentale? C’est quoi ça ?
21. Qu’est ce qui t’a ennuyé? Des looonnnngues heures de bus…les nains hyperactifs à talonnettes mariés à des morues momifiées sensées représenter la France ^^
22. Qui est la meilleure nouvelle rencontre? Mes soeurcières !! 
23. Quelle est une bonne leçon de vie que tu as apprise en 2010 ?
L’importance du moment présent. Et de porter soin à ce qu’on fait.

Questionnaire trouvé là : http://beltanesdance.canalblog.com/archives/2009/10/index.html


Une juteuse tranche de bonheur ^^

J’adore ce que dit Terry Pratchett des sorcières dans Witches abroad – Mécomptes de fées :

Artists and writers have always had a rather exaggerated idea about what goes on at a witches’ sabbat. This comes from spending too much time in small rooms with the curtains drawn instead of getting out in the healthy fresh air.

For instance, ther’s the dancing around naked. In the average temperate climate there are very few nights when anyone would dance around at midnight with no clothes on, quite apart ftom the question of stones, thistles and sudden hedgehogs.

Then there’s all that business with goat-headed gods.Most witches don’t believe in gods. They know that the gods exist, of course. They even deal with them occasionnally. But they don’t believe in them. They know them too well. It would be like believing in the postman.

And then there’s the food and drink – the bits of reptile and so on. In fact, witches don’t go for that sort of thing. The worst you can say about the eating habits of the older type of witch is that they tend to like ginger biscuits dipped in tea with so much sugar in it that the spoon won’t move and will drink it out of the saucer if they think it’s too hot. And do so with appreciative noises more generally associated with the cheaper type of plumbing system. Legs of toad and so on might be better than this. (…)

And finally there’s the sabbats themselves. Your average witch is not, by nature, a social animal as far as other witches are concerned. There’s a conflict of dominant personnalities. There’s a group of ringleaders without a ring. There’s the basic unwritten rule of witchcraft, which is ‘ Don’t do what you will, do what I say ».

En français…

Les artistes et les écrivains ont toujours eu une vision assez exagérée de ce qui se passe durant un sabbat de sorcières. C’est ce qui arrive quand on passe trop de temps dans des petites chambres aux rideaux tirés au lieu de sortir dehors respirer de l’air frais.

Par exemple, il y a cette histoire de danse toute nue. Dans les climats tempérés moyens, il y a très peu de nuits où quiconque se mettrait à danser à minuit sans vêtements, sans parler des cailloux, des chardons, et des hérissons imprévus.

Ensuite il y a toute cette histoire de dieux à tête de bouc. La plupart des sorcières ne croient pas aux dieux. Elles savent qu’ils existent, bien sûr. Elles ont affaire à eux, de temps en temps. Mais elles ne croient pas en eux. Elles les connaissent trop bien. Ce serait comme croire au facteur.

Et puis il y a la nourriture et les boissons – les morceaux de reptile et tout ça. En fait, les sorcières n’aiment pas trop ce genre de choses. Le pire qui peut être dit sur les habitudes culinaires des sorcières plus vieilles, c’est qu’elles adorent les biscuits au gingembre trempés dans un thé avec tellement de sucre que la cuillère tient debout toute seule, et qu’elles boiront directement hors de la théière si c’est trop chaud. Et elles le feront avec des bruits appréciatifs généralement associés au type le plus bon marché de plomberie. Il se pourrait que les pattes de crapaud et tout ça, ce soit mieux, tout bien réfléchi…(…)

Et puis finalement il y a les sabbats en eux mêmes. La sorcière moyenne n’est pas, par définition, un animal social en ce qui concerne les autres sorcières. Il y a un conflit entre des personnalités dominantes. C’est un groupe de chefs de bande sans bande. Et puis il y a la règle basique implicite de la sorcellerie, qui est  » Ne fais pas ce que tu veux, fais ce que je dis ».


Sortie du placard !

C’est bon ! J’ai dit à ma mère et à mon père de coeur que j’étais sorcière !

C’était un accouchement difficile…ce qui me paraissait une montagne impossible à franchir, quand je regarde en arrière, ressemble à un petit monticule de rien du tout…

Ils l’ont bien pris. Mon problème, en fait, ce n’était pas de leur dire, c’était de l’assumer moi même. Ca, j’ai encore un peu de mal, mais maintenant que j’ai pu leur en parler, depuis que j’ai rencontré mes soeurcières, depuis que la Déesse m’envoie des tas et des tas de signes, ça va de mieux en mieux.

En tout cas c’est fini les temps où je pouvais faire la sorcière faignante ! Ma mère commence à me demander des trucs sur les déesses et les sabbats…cool !

Et depuis, je fais des rencontres étonnantes…avec ma collègue de boulot, pendant qu’on trie des cerises, on parle de la déesse de l’antiquité, de lithothérapie et de coutumes celtes. Et je parle de pensée positive et d’écouter sa petite voix intérieure avec la caissière de la supérette à côté de chez moi !

En fait, on est entourée de plus ou moins sorcières !  je le savais !


Handfasting…

Il y a quelque temps une soeurcière m’a fait l’honneur de m’inviter à son handfasting. Je voudrais la remercier si elle passe par là – ce fut vraiment une expérience inoubliable. Je n’avais jamais assisté à un mariage païen, et puis quand deux personnes s’aiment vraiment, c’est magnifique, et je les remercie d’avoir partagé ça avec nous.

Cueillette des fleurs pour le cercle

L’autel

Offrande aux esprits du lieu

La prêtresse trace le cercle

Monter l’énergie

Le magnifique bodhran fait par Eloa

Le liage des mains

Allumer les bougies d’union

Encore un bravo à la prêtresse pour avoir conduit la cérémonie de main de maître ( d’ailleurs Aysonsha si tu passes par là faut que tu me renvoies ton adresse mail celle que m’a donné Violette marche pas j’arrive pas à t’envoyer les photos ! ) et merci à mes soeurcières que je suis très très contente d’avoir rencontré !


L’oiseau pétale

Je me suis lancée, enfin, dans la fabrication de bijoux, et voilà mon premier-né !

C’est l’oiseau pétale, que j’ai réalisé pour ma maman. Je l’ai fabriqué comme une amulette, le chargeant à différentes étapes de la réalisation, à la pleine lune, et juste avant l’aube, purifié à la sauge, récité des prières, et finalement je l’ai consacré avant de l’offrir. Le but de ce collier est de protéger et de favoriser l’accès aux mondes imaginaires, à la créativité.

L’oiseau est un véhicule pour cela, symbole de liberté, pour « donner des ailes ». L’agate protège et apaise. Les perles d’eau douce rattachent à l’eau, à l’émotion, sont un petit trésor en soi. Les perles rouges au centre sont des graines de grenade, trésors du monde souterrain. Les rubans, les autres perles ont la couleur de fruits murs et des danses d’été. Les perles grises ont la couleur de l’eau de la Mer du Nord d’où vient ma mère. La soie dorée fait penser aux beautés de l’ancien temps. Enfin, la clé est évidemment, la clé précieuse vers l’Autre Monde et le pouvoir de Femme…


Nouvelles emplettes …

C’est bientôt Noel donc j’étais partie à la recherche de quoi faire plaisir à ma famille…trouvé pleinde trucs super : « Ma cuisine de sorcière » pour ma mère, et un manuel écolo pour mon beau père… comme ça je fais plaisir et je me prépare aussi le terrain pour sortir du placard un jour..deux mouches d’un coup !
Enfin, bref, je me sens quand même un peu décalée par rapport à Noël. J’ai toujours beaucoup aimé mais ça n’a rien de très religieux pour moi. Alors que le reste de ma famille…ma soeur par exemple me dit que je ne devrais pas avoir de cadeaux parce que je ne crois pas à la naissance du petit Jésus, j’ai dû me retenir de lui expliquer que Jésus était probablement né en mars et qu’un pape avait mis cette fête là pour diminuer l’influence de fêtes païennes. Et puis franchement, je ne vois pas trop le rapport entre Jésus et les cadeaux, mais c’est ma petite soeur ça, euh… pragmatique.

En tout cas je me suis fait des cadeaux aussi. À la Fnac, je suis tombée sur l’Oracle druidique des plantes de Philip et Stephanie Carr-Gomm et je l’ai tout de suite acheté, et je ne le regrette vraiment pas il est superbe. Les illustrations sont magnifiques, les explications sont claires, concises, accompagnées d’anecdotes ou de légendes, et laisse une grande place au travail personnel, il n’impose pas d’interprétation étroite. Bref, je l’aaiiime 😀

Et puis il y a une boutique de pierres qui s’est ouverte près de chez moi…bonheur bonheur !
Je reviens avec deux pierres roulées : une labradorite ( protège, dissout les énergies négatives ) et un oeil de tigre ( protège, purifie, renforce la volonté, simplifie les choses )
Elles sont trop belles ….


Sweet old Halloween

Alors, j’espère que vous avez passé un bon Samhain….Pour moi, une période très mouvementée. Un tournant dans ma vie je le sens. Je ne suis pas la seule à dire ça je crois sur le net paien. On dirait qu’à chaque fois à la fin novembre, la nouvelle année, la periode sombre souffle sur nos vies et précipite le passé dans un tourbillon, accélère les changements et nous met la tête à l’envers…ou à l’endroit.

Ça c’est le côté plus personnel, intérieur. En fait dans cet article, je voulais en venir à un sujet qui me taraude ces derniers temps, depuis que j’ai lu certains articles inquiétants dans la presse. On dirait que Halloween se meurt dans notre pays, chers compatriotes. En ce qui me concerne je trouve cela dommage et je vais essayer d’expliquer pourquoi, mais vous êtes bien évidemment libres d’avoir un autre avis et vous pouvez répondre à mon sondage à ce sujet.

Personnellement, Halloween fait partie de mes moments préférés de l’année… petite je faisais des fêtes tous les ans, et j’en garde des souvenirs mémorables. Des amies venaient chez moi plusieurs jours auparavant pour m’aider à préparer. On allait chercher des branches dehors, on recouvrait les fenêtres de papier noir, on faisait des araignées en carton, des gâteaux en forme de chauve souris,on creusait les citrouilles du jardin, on faisait des allers-retours dans le brouillard pour prévenir les voisins, on préparait nos costumes : j’ai été sorcière, beaucoup, et puis Mariée funèbre, une fois…le soir même, on se réunit, on joue dans le noir, on s’envoie des morceaux de méduses (barbecue de chamallows ) et sang de crapaud ( grenadine ) on fait le tour du quartier, à travers les bois, en chantant, avec des bougies, on se raconte des histoires qui font peur…et ensuite nuits blanches et films d’horreurs et bols de pâtes. Ah génial …c’est un cri du coeur.

Evidemment, on a grandi et maintenant ça n’a plus rien à voir. Beaucoup se prennent trop au sérieux pour fêter Halloween. Et puis en fait juste un prétexte  pour boire et faire la fête. Une fête d' »Halloween » où les seules déguisée sont trois filles en playmates avec une jupe ras la touffe ( pardonnez ma vulgarité mais bon…) la magie me manque. Une autre fête, mieux, on danse et on rit. C’est vrai qu’ Halloween a un petit côté vulgaire. Les détracteurs disent que c’est une fête horrible, morbide, et ultra commerciale. Euh, personnellement , je me suis toujours fabriquée mes costumes toute seule… Elle est peut être macabre, mais c’est une des fêtes les plus joyeuses de l’année… C’est vrai qu’ici, parfois, ça manque un peu d’âme. Je rêve d’aller un jour aux États Unis, à Salem par exemple, pour le 31 octobre – ça doit être délirant… Ah oui ici on se plaint aussi que c’est une fête ultra importée des États-Unis…Ah oui et le père Noel il vient d’où ? Fabriqué par Coca en plus ! Mauvais goût on nous dit. Eh bien, un soir par an, on fait sortir les démons des placards … Je remarque que beaucoup des critiques contre cette fête viennent de chrétiens souvent assez conservateurs qui citent la Bible, les mêmes qui traitent les païens d’adorateurs de Satan… c’est un manque de respect envers les morts, d’après eux.

Sans doute le côté délirant, débridé qui gêne. Cela peut faire ressortir des mauvais côtés, comme la violence, la vulgarité. Mais l’essence de la fête, c’est génial. En prenant ces masques, en faisant du bruit, on apprivoise nos démons, on exorcise la peur, on se réunit, on célèbre le fait d’être en vie. On rit à la figure de la peur. C’est peut être ce qui gêne l’Église catholique, elle qui a beaucoup basé son fonds de commerce sur la peur. Là, on danse dans l’obscurité, qui n’est pas une menace, on reconnaît l’inconnu, le mystère. C’est plus profond qu’on pense ! C’est pour moi le parfait pendant « public » de Samhain, période de grands travaux magiques, de méditations, de réflexion plus  sérieuse.

Et puis, c’est une fête si créative…pour les enfants c’est génial. On peut, pour une fois, être hideux, pas se préoccuper d’être bien poli bien peigné bien sage . On fait le tour du voisinage – cela rapproche les gens… Un Halloween poétique, à la Tim Burton, plein de magie enfantine, et à la fois, qui permet d’appréhender les mystères de la vie… accepter la différence… rêver sans se limiter à ce qui est « convenable » ou « sain » ou politiquement correct.

Voilà ma petite tirade pour défendre mon Halloween, plein d’âme et de chaleur. Vous avez tout le droit de ne pas être d’accord ( mais j’aimerais bien entendre vos arguments !)  Mais laissez moi vous dire, je ne pense pas que ce soit l’origine d’une coutume qui importe, car les coutumes voyagent, comme les idées et les gens, depuis toujours, et comment dire ce qui aujourd’hui relève de notre ‘ identité nationale’ ( je vais pas partir dans une polémique ) ? Ce qui importe, c’est qu’elle s’installe dans le coeur des gens, devient une tradition, et on en fait quelque chose de totalement nouveau, comme nous le faisons avec les vieilles traditions païennes, ou les fêtes supposées chrétiennes, comme Noël. Ce n’est pas parce qu’elles se rattachent clairement à la religion qu’elles n’ont pas d’âme. Eh oui, il y a une âme en dehors de la religion, qu’elle soit chrétienne, musulmane ou wiccane, la religion, est je pense juste une façon de l’expliquer. Dans ces temps de montée du fanatisme, une fête colorée et bruyante comme Halloween, réunit les gens au delà des séparations religieuses, et effraie les conservateurs rigides. Tant mieux. Longue vie à Halloween !


Ne brûlez pas la cybersorcière !

Je passe beaucoup de temps derrière mon écran ces temps-ci, et dans mon entourage ça se remarque . Mais je ne suis pas devenue une no-life, loin de là.  Non, le fait est que ma vie spirituelle repose sur un étrange paradoxe ces derniers temps.

Je suis une sorcière solitaire, j’ai découvert la Wicca sur internet et autour de moi il n’y a personne pour partager mon cheminement sur la Voie de la déesse. Bon, alors, je me fais connaître sur la toile et je commence à tisser des relations – j’ai même fait la connaissance d’une paîenne super sympa (elle se reconnaîtra si jamais elle passe par là) …et puis il y a toujours des e-book à télécharger, des blogs à suivre, des forums à visiter, des trocs à conclure,  des monstroplantes à nourrir, des gens sur msn. La routine d’une fille accro au net ? Oui, mais moi j’ai une bonne raison. Le monde virtuel est la seule façon pour être en contact avec ma communauté spirituelle et donc progresser dans ma voie – être toujours tout seul, c’est limité.

Donc voici le paradoxe : pour progresser dans cette voie centrée sur le lien à la Terre, à la Nature, je me mets devant mon écran, ce qui n’a pas grand chose de naturel. Et j’aime ma petite Apple plus que de raison (  oui je donne un nom à mes outils rituels, puisque maintenant je la considère comme telle )

Et j’exagère. J’y passe trop de temps et je le sais . Il y a une part de vérité dans ce que dit ma mère à savoir que « je pourris ma vie en passant autant de temps devant mon ordi « ; mais ne brûlez pas la cybersorcière aussi vite…Ce n’est pas aussi simple… je recherche mes semblables où je peux les trouver et pour l’instant ce n’est pas dans la vie de tous les jours. Mes proches m’en veulent et pour l’instant je ne peux pas leur expliquer.

Donc cette confession est je l’espère un premier pas vers la sevration partielle – mais je ne peux pas y renoncer, je  suis sûre que vous plus que qui conque d’autre comprenez mon dilemme.

Bonjour, je m’appelle Skadi Bella et je suis accro à mon ordinateur .


La sorcière, c’est chic !

Eh oui, le merveilleux, aussi bien que l’occulte, le féerique ou l’écolo, c’est à la mode ces derniers temps…Vous avez dû remarquer…ainsi on le voit dans la presse féminine, les reportages sur les voyantes, les sorcières modernes,  les gens qui ont vécu un an sans électricité ou je ne sais quoi, les quartiers écolos,les radiesthésistes, les tarots ; les magasines « magie et stars » pour les ados, bref, il y a bonne presse pour ceux qui revendiquent un mode de vie différent…à première vue.

Par exemple, dans le Cosmopolitan de novembre 2007,un supplément magie avec un article sur les sorcières. Très incomplet – la sorcière interviewée, membre d’un coven, s’est d’ailleurs plant plus tard car ils avaient déformé ses propos – très superficiel, avec les inévitables rituels de magie rouge et des erreurs sur les sabbats…cet article a éveillé des sentiments contradictoires en moi : d’un côté j’étais contente qu’on en parle , que ce soit reconnu et pas diabolisé ; d’un autre côté le côté très peu sérieux de l’article m’énervait, comme s’il s’agissait d’une sorte de lubie pour les bonnes femmes qui ne vaut pas la peine d’être prise au sérieux.

Il en va de même pour la représentation de plus en plus affirmée de l’écologie dans les médias – un mélange indistinct de soulagement, de méfiance : enfin, on en parle, ce n’est plus juste nous qui sommes des hurluberlus ; et en même temps, écoeurée de voir que le sujet est traité comme un argument marketing, sans âme, juste pour vendre le plus possible, dévoyé par les multinationales.

On en parle donc souvent comme une mode, avec désinvolture, comme on parle d’une brusque frénésie qui se calmera vite. Mais là il ne s’agit pas du grand retour des cuissardes en cuir, il s’agit de nos vies, de notre monde, de tirer des leçons du passé, pour se construire un futur qui n’est pas donné d’avance. Je ne pense pas que cela passera, vu l’urgence du sujet. Mais il y a encore beaucoup trop de gens qui clament que tout ceci n’est qu’une vaste fumisterie prononcée par les scientifiques, que la planète va encore assez bien et qu’il ne faut surtout pas se remettre en cause. Que la Wicca est un groupement de « jeunes femmes livides habillées en noir  » qui ne savent plus quoi faire de leur vie ( lu dans un rapport sur les sectes ) .

Je mets en lien l’écologie et les « nouvelles spiritualités  » car pour moi tout est lié, et le néo-paganisme n’est il pas une sorte d’écologie de l’esprit » ? Pour moi, et je pense pour un plus grand nombre de gens qui s’appellent « sorcière » il s’agit de trouver une nouvelle façon de vivre, de stopper certaines habitudes destructrices de notre société, de retrouver un sens du sacré lié à la terre, à nos sens, au bonheur de tous les jours, arrêter la course au toujours plus absolu.

La sorcière n’est pas encore un argument vendeur, c’est encore une insulte ; mais la soif de merveilleux, d’étrange, d’inexpliqué, est bien là …on peut y voir plusieurs explications : est-ce un retour à l’infantilisme, une soif de divertissement bête, ou plutôt une demande de quelque chose d’autre …? J’aimerais pencher pour la dernière, serait ce fluffy ou alors… j’espère que à la longue, il s’opérera un basculement dans l’opinion publique, je rêve d’un jour où on pourra s’appeler sorcière sans s’attirer la risée générale…

Pour tout vous dire, je déteste la mode, cette tyrannie qui transforme les filles en squelettes tous habillés pareil et tue la créativité, un puits de superficialité et d’inepties sans fond. Mais j’aime les vêtements, oui, surtout les chaussures, et puis l’extravagance qui se dégage de la haute couture, je pense que s’habiller est un art, et l’art devrait être personnel. Donc, parfois j’achète un magazine féminin et je ne regarde rien que les images…d’où ces petits constats que je viens de faire.

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Souvent le thème de l’occulte est utilisé pour satisfaire une grande tendance au morbide et au malsain : filles décharnées, cloutées, livides ( et c’est la Wicca qu’on prend pour une secte ? XD) Mais bon, de la perversité dans la pub, ce n’est pas nouveau, n’est ce pas ?

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Voici une série trouvée dans le Glamour hollandais ( ah « glamour » c’est trop galvaudé comme mot – suffit qu’on vous mette une poufiasse à talons hauts pour que ça devienne « glaaaaamouuur » enfin bref…) et c’était une bonne surprise …oui, elle m’a fait rêver, pas autant qu’un bon livre, mais j’aime bien ce genre d’inspiration …Je ne voudrais pas être lourde et aller dans le « vade retro fashionus satanas » … comme on entend parfois dans le monde bio …je suis une ardente millitante d’une mode éthique qui ressemble à quelque chose… et j’aimerais affirmer que non, je ne prends pas ces magazines ou la mode au sérieux, et non, je ne me sens pas coupable de les avoir acheté ! L’important, c’est de se rendre compte des clichés qui sont véhiculés…

Et c’est peut-être ce que je voulais dire depuis le début : personnellement s’il n’y avait pas eu cette mode de ce qu’on appelle le « surnaturel » ( que je trouve très naturel), en ce moment je n’aurais jamais eu accès à la Wicca ou quoique ce soit d’autre, et je ne serais pas la seule… les modes comme des grandes vagues qui viennent par marées changer votre façon de vivre…c’est être vivant aussi… s’imprégner de l’air du temps… au lieu de pinailler sur des questions de pureté éthique, je préfère célébrer les conditions qui ont fait que j’ai pu tomber sur une interview de Starhawk dans les toilettes, m’abonner à la Magic Academy – et avec un peu de recul, transformer cette fascination d’ado en spiritualité merveilleuse qui s’enrichit tous les jours…

Qu’on parle de la sorcière, que les gens intègrent sa présence dans leur conception du monde, cela me fait plaisir. Qu’on évoque d’autres façons de vivre, de rêver  Après, à nous de faire mentir les préjugés…et de rendre tout cela durable…


D’autres trouvailles…

On en trouve des trucs,quand on se balade dans une grande ville étrangère :

DSCN2455 Tout d’abord, dans une boutique de seconde main : La Wicca, de Scott Cunningham…ok, en  anglais, mais il parait qu’il est difficile à trouver et puis à ce prix là…je sentais que je me devais  de posséder au moins un livre « de base sur la Wicca, qui m’a beaucoup inspirée même si je ne  m’y retrouve pas entièrement. Qu’est ce que je peux vous dire qui n’a pas été dit dessus…pas  grand chose je crains . J’aime beaucoup le chapitre « Wicca et chamanisme » ;  il y a quelques  belles prières, le ton est un peu fluffy, mais abordable pour les débutants… au niveau  pratique.Il faudra autre chose pour s’enrichir spirituellement.

DSCN2459 Un petit chaudron à trois pieds, sur un marché, en cuivre… il est trop mignon ! Rien que de  le voir perché sur mon bureau, ça m’inspire…

Un bracelet en Opales des Andes…contre le stress

DSCN2461 Des bougies à un prix dérisoire, des plumes trouvées sur la plage, des chandeliers, une cage  d’oiseau pour ranger tout ça, une vieille lanterne chinoise qui donne une ambiance super, des  photophores…autant vous dire qu’en rentrant, dans le métro parisien, j’avais l’air d’un drôle  d’oiseau, et ça vous pesait trois tonnes, en plus, mais heureusement qu’il y a toujours des gens  sympas prêts à vous avancer d’une volée de marches, ça redonne confiance dans le genre  humain XD.

Et voiiila…de retour à la maison. Après le côté matériel, soyons sérieux, je commence- enfin je reprends mon cycle de dévotion. Ces accessoires de sorcière, c’est super cool bien sûr, mais ce serait dommage que ça serve uniquement à la déco…