Une cabane lovée dans le feuillage… Ma tanière de sorcière au fond des bois. Mon boudoir… poudres,éclats de rire et élixirs. Esprits en ébullition, chasseurs de rêves, et visiteurs en tout genre, tissez vous dans ma toile …

Nouveau

Brève 2

Je suis très fière et heureuse d’annoncer que j’ai été prise à la formation Dea Mystica au sein de l’Ordre du Lotus. J’en rêve depuis mes débuts dans le paganisme. L’accueil a été très chaleureux et tout, et j’ai commencé la première leçon et j’ai déjà faim pour la suite !!

Aussi, mon journal dévotionnel en anglais a déménagé et est désormais ici.

Et sinon quoi dire…heu c’est le gros gros gros bordel dans ma vie en ce moment mais je serai bientôt fixée donc… je reviens vers vous dans un petit moment.

Brève – 1

Des news vite fait…

D’abord, j’ai ouvert une sorte de journal dévotionnel où je compte parler de ma pratique de tous les jours et de ma relation avec mes Dieux ici : Skydie Foxrose – en anglais

J’ai presque fini mon année, donc bientôt j’aurai plus de temps. A venir ici :

– Compte rendu de la Goddess Procession

– Article sur la communauté païenne que je veux faire depuis des plombes

– Je vais bosser sur les traductions pour le Sanctuaire de Skadhi et le Centre de trad païennes

– Review du Steampunk Tarot

– Review et liste des articles de the Pomegranate, journal of International Pagan Studies, sur lesquels j’ai mis la main grâce à mon université.

– et finalement il faut que je bosse sur mon nouveau projet de blog, qui sera plus axé écologie/vie au naturel/herboristerie etc.

Mes aventures spirituelles à Amsterdam ( et au-delà ) part 2.

Voilà ce que j’ai fait à part bosser comme une folle et essayer tout un tas de substances dans la Ville Rouge depuis mon dernier compte-rendu.

Pour Ostara j’ai rejoint le coven avec lequel j’avais fêté Samhain, et nous sommes allés à la plage. Pour eux, c’est une tradition, car Ostara représente l’équilibre, une limite, comme la plage entre terre et mer. De plus, il y a une autre tradition qui implique de se jeter à l’eau glaciale – pour amener le printemps par cet acte de bravoure. Voilà une occasion de prouver que je suis une vraie fille du Nord. Au final, seul le HP m’a suivi, sans doute parce qu’il ne pouvait pas laisser la petite Frenchie être la seule à se mouiller. Il faut dire qu’il y avait bien du vent et des nuages. J’y suis donc allée en courant et la tête sous la vague. Sacré claque mais je me sentais bien vivifiante et vivante après. Yaharrr !

Ensuite, on a fait un rituel très simple sur la plage, qui impliquait de jeter un oeuf rouge dans l’eau à un moment. C’était très beau, un peu bancal aussi avec la fille du HP et HPS nous interrompant en plein milieu, et en fond les tours des usines de la zone industrielle proche – la côte néerlandaise est assez saturée par les constructions hideuses, malheureusement. Mais c’est la vie, j’imagine. On finit avec l’une d’entre nous chante du Cocorosie, accompagnée par son copain à la guitare. Mignon tout plein. Ensuite, pique-nique, de la soupe bien chaude, et je montre à la gamine comment rouler dans les dunes. Bonheur.

Dans la même période, j’ai demandé à Z. un tirage pour m’éclaircir sur mon orientation professionnelle. Elle a une méthode de divination avec des pierres, un tamis et du sable qui est à la fois très simple et élégante, et rudement difficile – elle m’a montré les ficelles et il faut dire que je ne suis pas prête d’arriver à sa cheville, l’interprétation, c’est tout un art. Bref, il en ressort que la direction de l’entrepreneuriat social avec une touche d’écologie, c’est tout à fait une bonne idée. Il faut dire que cette orientation me préoccupe beaucoup car il me faut trouver quelque chose que j’aime et qui soit aussi conciliable avec ma spiritualité. Ce tirage m’a bien aidé à clarifier les choses, au final.

Par la suite, je me rends à Londres pour mon 21 anniversaire. Un cadeau que je m’offre parce que ben, j’avais rarement eu aussi envie de quelque chose. C’était une sorte de rite de passage de me retrouver là bas toute seule dans cette ville que j’adore, dans des conditions un peu folklo il faut dire. Et bon, l’ultimatum final pour l’orientation a été repoussé au jour même de mon anniversaire, je me dis, c’est assez mythique. Je me suis fait faire un tatouage ce jour là, cinq pépins de pomme en étoile, l’un contenant un petit arbre de vie, signe du cycle de renaissance et de potentiel. Le jour juste avant, c’était Loki’s Day, et étant en auberge de jeunesse j’ai pas pu faire grand chose d’autre que d’allumer une bougie et dire une prière dans les douches communes ( c’était assez drôle, d’ailleurs.)

Et je me suis aussi rendue à Treadwells, la boutique païenne assez renommée, pour une conférence sur le culte des arbres dans l’Angleterre du début du Moyen-Age, par un professeur d’Oxford. La classe ! Là on se rend compte clairement qu’ils ont une longueur d’avance ici, les païens. L’audience fourmille de questions pointues sur des noms topographiques et des détails de civilisation et je me sens vraiment une amatrice – et je me dis que les historiens et archéologues sont vraiment nos prêtres en fait ^^ Son explication du fait que les chrétiens se sont appropriés les symboles païens en détournant leur signification, et donc qu’on pouvait trouver des indices à propos du paganisme dans les premiers textes datant de la christianisation de l’Angleterre, était brillante.

Boutique aussi très cool, soit dit en passant – une vraie librairie païenne, pas new-âge, pas ésotérique, donc pas de bouquins vaseux sur les Maîtres ascensionnés mais de la théologie polythéiste, du folklore, des récits anthropologiques et des tas d’autres trésors juteux.  Et en plus, ils vous invitent à feuilleter et à s’asseoir ! J’aime ! Franchement, j’aimerais voir des boutiques comme ça partout. Je me trouve un livre sur les Reines Guerrières dans l’histoire, un tarot de Thoth de Crowley, et un fondant pour brûle parfum en cire de soja, essence de rose, vanille et bouleau qui sent vraiment très bon.

(Matrones au British Museum)

Prochaine étape païenne : la conférence PFI à Lunteren dont j’ai fait un compte rendu plus détaillé ici. Entre temps, je continue à aller aux rituels de pleine lune de Z. qui sont tous plus beaux les uns que les autres, que ce soit un mini bateau porteur de souhaits qui s’enflamme, un labyrinthe de corde pour lâcher prise, un autel aux ancêtres recouvert de fleurs ou encore un ligotage en laine pour se libérer de ses démons, c’est une surprise à chaque fois.

Je suis également retournée à une messe spirite à la Botanica. Cette fois il y avait un santero cubain invité, et sa manière de transmettre les esprits était autrement plus bruyante et flamboyante que celle du padrino habituel, souvent tout sourire – le choc des cultures en direct. Très intéressant, et à moi on m’a dit de m’entourer de fleurs et de me concentrer sur ce qui fleurit dans ma vie en ce moment, ce qui est un bon conseil, à vrai dire.

Pour Beltane, je n’ai rien fait, parce que c’est la fête de la Reine ici, et le pays entier s’habille en orange et descend dans la rue, c’est le chaos total, marrant mais épuisant. Trop hangover pour ritualiser, et la musique électro tonitruante dans la rue, bof.

Je me suis rendue, ensuite, à une marche sur le thème des esprits du lieu organisée par un Asatruar dans son village natal pas loin d’Amsterdam. On a fait une offrande style nordique avec hydromel et corne à boire, et je me suis méchamment coupée sans faire exprès avec mon couteau ( il est aiguisé maintenant Violette lol la preuve ) donc voilà un autre genre d’offrande. J’étais un peu grincheuse à vrai dire au début parce que je me rendais compte que le pays lyonnais me manquait, mais cela ne résiste pas à une bonne marche dans la forêt suivie d’une tarte aux pommes et de discussions sympas sur l’éthique bouddhiste, les vieux grimoires et Doctor Who. My kind of people ❤

Jeudi dernier, je me suis rendue à un workshop sur la magie des bougies à la Botanica, donné par un rootworker très sympa, sortez les paillettes, la cannelle, les herbes et les huiles High John the Conqueror root, Master Key, Black Cat, Fast Money et compagnie. J’ai appris à écrire une pétition hoodoo style sans lever la main, ce qui est plus dur qu’on pourrait le croire, à préparer une bougie correctement et franchement c’était super, je suis repartie avec ma propre bougie votive dans du verre, à brûler non-stop sur mon autel, des paillettes plein les mains. Et on a aussi chargé des petites bougies additionnelles pour une personne du groupe qui a des problèmes d’argent.

Et voilà ! Le semestre est passé si vite, c’est incroyable…J’ai aussi une vie dévotionelle de plus en plus intense avec des relations qui s’approfondissent avec plusieurs divinités en même temps.

Là j’aide Z. à préparer la Procession de la Déesse pour le 3 juin, on s’est retrouvée avec une autre de ses amies sorcières pour s’entraîner à des chants pour la Déesse, afin de pouvoir guider les autres, et on a passé des heures à papoter,c ‘était génial. Mon amie E. qui rentre d’Inde où elle a vraiment rencontré la Mère, va me faire un compte rendu demain. Dans la procession, je jouerai un petit rôle de prêtresse de la Déesse de la Rivière Amstel qui donne son nom à la ville, je suis toute excitée ! Je vous promets un compte rendu aux petits oignons !

J’ai retrouvé la deuxième moitié de mon Ombre, et elle est brillante.

It’s pavé interminable time !

C’est clair, je suis à la croisée des chemins. En ce moment, ma relation avec ma déesse patronne, a pris le siège arrière. Son visage a changé. Avant quand j’essayais de rentrer en contact avec Elle, je touchais à une énergie sombre, passionnée, impitoyable et toujours présente. Mais là depuis peu, il y a autre chose ; Elle est radieuse et fière de moi je sens ( et je n’ai pas vraiment compris pourquoi ) mais inaccessible. Skadhi au printemps ; je me suis toujours posée la question, qu’est ce qu’il arrive à cette déesse de l’hiver quand l’hiver finit ? Elle n’est pas la Vieille Femme Hiver à bannir ; elle est une force d’équilibre, une force sauvage qui s’allie de son propre gré avec les dieux de l’ordre et de la civilisation. Au printemps, la glace de Skadhi fond – que reste-t-il alors ? J’ai lu un texte très intéressant comparant le mythe de Skadhi et Njord au cycle de l’eau, sous forme de glace dans la montagne, qui descent par les fleuves jusqu’à l’océan, et revient par évaporation. Elle est aussi, clairement, une protectrice du clan et de sa Terre. Au printemps, donc,Elle se montre insaisissable, un peu comme l’eau vive des ruisseaux, énergie plus fluide, qui se mélange et nourrit les rivières…son énergie se dilue peu à peu et Elle ne se retrouve réellement qu’avec les premières neiges.
Mais au printemps Elle est toujours bien présente, avec j’ai l’impression un sentiment de victoire, heureuse pour ce qui a survécu l’hiver. Diana Paxson l’associe aux premières floraisons de printemps, neigeuses et fragiles. Ici, ils appellent ‘neige de printemps’ les fleurs de charme qui inondent les rues en ce moment, des petites pétales vert clair. Donc voici le dernier visage de Skadhi, – après la dure et impitoyable Guerrière, la Protectrice du Clan, l’agile et instinctive Chasseresse, la Sacrificatrice aux mains sanglantes, la froide Reine des Glaces, la Déesse des Sommets – la voilà jeune fille aux fleurs, mariée des dieux. La protectrice des premières pousses. Poésie pure et éphémère.

Le mariage de Skadhi est encore un exemple d’histoire dans la mythologie nordique où les dieux de la civilisation arrivent d’une manière ou d’une autre à dompter les forces de la nature brutale – et pour moi, cela symbolise la fin de l’hiver, donc, il y a une sorte de motif saisonnier comme dans beaucoup de mythes nordiques. C’est assez intéressant parce que Skadhi descend de son plein gré, pour demander réparation pour le meurtre de son père.
Elle essaie donc de rétablir l’équilibre en faveur des forces sauvages qui sont souvent dans les mythes, détruites sans pitié par les dieux de l’ordre. Les yeux de son père sont transformés en étoiles – des guides dans l’obscurité, et aussi un souvenir du passé, et du fait que le monde sauvage réclame toujours son dû, et de l’importance accordée aux ancêtres, quoi qu’ils aient fait. En fait, Skadhi, force de la nature chaotique, utilise la règle d’honneur pour avoir son dû – et les dieux savent qu’elle est dans son plein droit, ils ne peuvent refuser. Quelque part, elle joue sur leur terrain, des règles et des codes, mais aussi sur une idée plus ancienne d’équilibre et de rétribution qu’ils ne peuvent pas se permettre d’ignorer. Elle accepte l’idée du mariage, parce qu’elle pense pouvoir tomber sur Baldr ( dieu de lumière, d’espoir – le printemps…la glace qui fond ) mais elle tombe à la place sur Njord ( l’océan…l’eau qui y retourne toujours, histoire de gravité. ) Je pense qu’elle accepte parce qu’elle se dit, au final, que ce n’est pas une mauvaise alliance. De plus elle est maintenant à la tête de son clan, des terres de son père, elle en est responsable et la paix qui ensuit est en leur faveur, d’une manière. Ensuite, Loki la fait rire. J’ai lu que cette histoire était liée au fait que les morts ne peuvent pas rire, et Skadhi a clairement un côté déesse-mort ; en fait, elle est souvent à la limite. Donc le fait qu’elle rit, d’une manière, la ramène du côté des vivants. Et j’ai également vu dans un vieux bouquin ( post plus long à venir sur le Sanctuaire ) que la façon dont il la fait rire renvoie à une vieille coutume, selon laquelle une femme pouvait attacher un mari adultère par les parties génitales et le promener ainsi sur la place publique. Dans ce cas là, la blague prend une autre signification ; il y a une idée de …mariage avec une chèvre ? L’auteur dit qu’il est en fait en train de se moquer de son mariage, qu’en gros elle s’est fait avoir, que c’est une union ridicule…et elle rit. Je trouve cette scène vraiment fascinante, d’autant plus qu’ils sont tous les deux dans une situation qui ne convient pas à leurs rôles traditionnels de genre – la fille demandant vengeance pour son père, rôle qui traditionnellement échouerait à un fils, et Loki en situation de quasi -émasculation…Le mariage de Skadhi rétablirait l’équilibre, la ‘dompterait’ en quelque sorte, mais la blague de Loki lui rappellerait que lui n’est pas dupe, en tout cas. Et Skadhi rit, je pense, parce qu’elle sait qu’elle est très bien capable de reprendre son indépendance quand elle veut, ce qu’elle fait plus tard d’ailleurs, et au final c’est elle qui en gagne en influence – et pour l’absurdité de la situation. Et j’aime aussi bien l’idée que, sous couvert de se rendre ridicule, Loki se moque en fait de tout le monde dans l’assistance.
J’adore échafauder des théories ^^ c’est peut être un peu trop poussé, c’est peut être simplement que Skadhi est une sadique – mais à mon sens, ça fait sens. Et l’humour a souvent du mal à se traduire de culture à culture…on perd toujours des finesses dans la traduction.

Bon, là je suis partie en live loin de mon point d’origine. Hmm…ah oui. Pour moi, la richesse des mythes est qu’ils contiennent tellement de niveaux d’interprétation et qu’on en a jamais fini de créer des théories. Ils relient les grands mouvements de la nature aux archétypes de la nature humaine. Et je pense que les Dieux représentent à la fois des forces de la nature, et des archétypes humains, preuve de la symbiose entre l’humain et le  reste de l’univers quoi. Pour en revenir à ma petite poire, je me suis énormément identifiée à Skadhi – je ne suis pas de celle qui pensent que les dieux sont nos égaux, ça va pas la tête, mais son histoire m’inspirait énormément et je la vivais de manière quasi-fusionnelle, elle s’était infitrée dans tous mes systèmes, avec son énergie…peut être un peu trop.

Et puis, Loki. Du point de vue de Skadhi clairement c’est un ‘méchant.’ Enfin, il y a pas mal de passion là dedans, c’est compliqué, des histoires de coucheries, de meurtres et de vengeance, la mythologie nordique quoi.Mais la scène que j’ai discuté au-dessus, montre bien qu’il y a quelque chose de plus. Il n’y a pas de caractères uni-dimensionnels dans le monde nordique, c’est ce que j’aime. Pas vraiment de méchants ou de gentils au final.
Juste des forces opposées. Donc, quand je voyais des signes s’accumuler je me suis dit, bon c’est ridicule, pourquoi moi, ma patronne est une de ses ennemis féroces, et puis je suis pas drôle, et je suis une nunuche. ( Mais c’est peut  être ça qu’Il trouve drôle, justement.)
J’ai pas envie de me retrouver coincée entre deux divinités qui ne s’entendent pas. Mais, ça c’est l’histoire de ma vie, n’est ce pas. Me retrouver coincée entre deux forces opposées, que je n’arrive pas à réconcilier ; parents, croyances, groupes d’amis, cultures et héritages, parties de moi même, rêves et aspirations. Je suis la nouille qui n’appartient jamais vraiment à un groupe, parce qu’une partie de mon coeur est toujours ailleurs. Il y a quelques mois, donc, je m’étais dit que je n’allais pas commencer avec Loki, pas question, mais j’ai eu une série de petits déclics. Par exemple, après avoir lu qu’Il était le dieu de ceux qui ne se trouvent pas d’appartenance. Et que je me suis rendue compte au final, que je me sentais chez moi ‘aux frontières’ – en mouvement. Et que quelque part, je n’étais pas la seule chercheuse. Que je n’avais peut être pas besoin de me trouver une tribu bien particulière, de me fixer, pour l’instant. Je suis chez moi nulle part, donc en fait, partout, où que mon coeur aille, c’est puissant comme réalisation. Je suis bien là où je suis, où que ce soit.

Aussi je me suis rendue compte que j’étais une purée de menteuse. Il faut le dire clairement, je ne suis pas prête d’être une fille de Skadhi, il est temps que je décroche – ma relation avec elle sera toujours très importante, et je lui dois beaucoup, mais un cycle de travail avec elle prend fin. Je la retrouverai plus tard, j’imagine, quand je serais un peu plus capable de suivre ses principes.
Je mens surtout par omission, parce que je me méfie du pouvoir des mots. Ou alors, j’aime bien raconter des belles histoires. J’ai souvent une bonne raison de mentir. Je crée des problèmes pour le plaisir de les résoudre. C’est pathologique. Surtout, je me mens à moi même. C’est assez énorme – à chaque fois que je me retrouve dans une situation qui me heurte, je n’essaie jamais de prouver que j’ai raison, ou alors de manière pas très convaicante.
Je me dis toujours que je dois m’adapter aux autres, que je dois apprendre, changer, me conformer. La norme, l’autre, a toujours été d’une manière où d’une autre mon point de référence et de légitimité. Et je me disais que si je devenais quelqu’un d’autre tous mes rêves deviendraient réalité. Mais ça marche jamais, parce que je me retrouve à réprimer tous mes enthousiasmes et mes élans, et dans une situation où on pourrait dire que le paillasson est devenu mon animal totem.
En ne mettant jamais de force pour défendre mes opinions, mes plans et mes passions, toutes imparfaites qu’elles soient, je me suis atrophiée petit à petit. J’essayais de changer pour devenir parfaite, mais une partie de moi n’était pas d’accord. Parce que le fait d’avoir été moi – le vilain petit canard, l’intello, l’introvertie, la naïve, celle qui se fait emmerder dans la cour de récré, la solitaire, la bizarre, la gourmande, la discrète, la silencieuse, celle avec trop d’imagination – m’a appris des choses essentielles que je ne suis pas près de lâcher. J’ai appris à voir au delà des apparences, des solutions toutes faites, des clichés. J’ai appris l’importance de la gentillesse, et la violence qui peut se cacher dans l’ignorance. J’ai appris à apprécier ma propre compagnie, énormément. J’ai appris que les gens brisés et boiteux et bizarres sont souvent plus beaux et plus intéressants que ceux qui sont tous lisses. Je passais toujours inaperçu, mais j’observais à fond, et la nature était mon interlocutrice, et mes histoires, et au final avec toute cette mesquinerie j’ai juste appris à être plus fascinée par l’espèce humaine, quel sujet d’étude fascinant. J’ai appris que, j’avais beau ne pas être une princesse de contes de fées, le bonheur ne m’était pas interdit. J’ai appris qu’il y a peu de choses qui sont aussi géniales que de retourner les stéréotypes sans dessus dessous.
J’ai aussi appris que la nature, sa lenteur et sa viscéralité, sa beauté, et certaines manières de voir, apprises dans les chemins de traverse, m’étaient extrèmement précieuses et que je n’étais pas prête à les sacrifier aux sirènes du monde moderne juste pour pouvoir être normale. J’ai appris, plus que tout, que souvent les limites que l’on met à ses rêves, les carcans, ne sont pas nécessaires. On les a appris, on peut les abandonner. Tout ça je ne suis pas prête à l’abandonner et il serait temps que j’arrête de croire aux contes de fées modernes tous de sucre et de paillettes. Les mythes anciens, si ancrés dans la boue et la poussière, sont tout ce dont j’ai besoin.

Je suis en effet, différente, parce que je vois le monde autrement. J’en ai encore eu la preuve aujourd’hui au travail, quand on m’a dit, drôlement, que ce que j’avais écrit était trop honnête, qu’il fallait raconter n’importe quoi pour vendre notre produit. C’est assez drôle…j’en ai juste marre de mentir, c’est tout, d’être si divisée à l’intérieur. Je veux aimer tout ce que j’ai à l’intérieur. Je tourne en rond, il est temps que ça change.

Quand on est différent, on a deux solutions, si on ne veut pas s’aplatir comme une crèpe. Soit, on s’isole du monde, on se crée sa petite bulle, son jardin à cultiver en paix. Il n’y a rien de mal à ça. Mais je ne suis pas faite comme ça. L’autre solution, c’est de provoquer du changement. Et pour ça, il faut avoir des putains de couilles, et une putain de carapace, et il faut forger ses armes, et il faut aller au feu, et il faut travailler sans relâche. Pour protéger ce qui en soi est unique, et vulnérable, et précieux, parce qu’en ce monde c’est un drôle de luxe d’avoir un coeur tendre. Parce que ça en vaut la peine. C’est la seule chose, en fait, que je veux garder quoi qu’il en soit, tirer du brasier qui s’annonce.
Je me suis réveillée en plein milieu de la nuit l’autre jour et je me suis rendue compte – et c’était bien Loki, là je pense – qu’est ce que tu veux, poulette ? de la sécurité, des certitudes ? ( de la part du dieu du chaos, en plus ? une promesse qu’il sera gentil et bien sage ? lol ) Ici, la seule chose dont tu as besoin, c’est des possiblités. Faire un pari. Pas de certitudes. En fait, il va falloir accepter le fait que probablement, tout va se casser la figure, que tu ne recevras aucune gratitude, aucune reconnaissance, peut être même que tu seras persécutée, que tu vas souffrir, et que tu ne verras jamais le fruit de tes efforts – parce que c’est ça, le prix du vrai changement. Et que en dépit de tout cela, ça en vaut la peine. Pour quelques moments sublimes où on sent littéralement l’univers tourner sur lui-même…de faire partie de quelque chose d’immense, de vivre le changement, et à travers cela d’être soi-même passionnément – et de savoir que c’est comme ça qu’on fait naître les miracles, les suprises. Pas de certitudes, pas de confiance en l’univers, pas de croyance en un être suprême qui veille sur toi et la promesse que tout ira bien – tu peux abandonner tout cela à la porte. La Déesse Sombre qui t’as réclamée, elle est l’Abysse personnifiée, poulette. Il n’y a pas de fin heureuse prévue, pas de solution facile, pas de récompense, pas de rédemption, pas de filet de sécurité – mais la Nature qui pulse à travers tes veines, sans filtre. Tu le sais bien, quand tu souris à la Vie, ce n’est pas parce que tu lui fais confiance, mais parce que tu as choisi de lui faire face. Toute pourrie qu’elle soit. Ce ne seront pas les règles étriquées qui te feront grandir,mais l’envie de jouer un tour à tous les gardiens de l’ordre étriqué, ceux qui t’ont sous estimée, qui ont voulu te garder petite, et surtout à tes propres limites. Et si l’envie te prend à nouveau de te noyer dans ton trou noir solitaire,
souviens toi, tu n’es pas toute seule.

The Wildwood Tarot

Ca fait longtemps que je voulais faire ça, une présentation de mes jeux.

Je commence par mon incontournable : Le Wildwood Tarot ( tarot de la Forêt Enchantée en français, c’est quoi cette traduction culcul à la noix ??? le tarot de la Forêt Sauvage, donc, disponible sous ce nom nunuche pour les irréductibles gaulois ^^ ) est absolument magnifique. Les illustrations de Worthington, à qui on doit également l’Oracle Druidique des Plantes qui est sans doute mon jeu préféré pour la qualité des illustrations, sont pour la plupart très réussies ( il a encore un peu de mal avec les visages, mais c’est déjà beaucoup mieux que dans le Tarot Druidique, par exemple, où ses visages assez grotesques m’avaient carrément détournée du jeu – ses scènes de nature et d’animaux, en revanche, sont splendides.) L’univers chamanique à l’européenne, ( parce que j’ai beaucoup de mal avec l’esthétique pompée chez les Native Americans que l’on trouve dans beaucoup de jeux liés au chamanisme ) très animiste, me parle aussi énormément ; il est très proche de mes croyances et de mon ressenti. Du coup, je l’utilise beaucoup pour tout ce qui a trait au spirituel, aux animaux et esprits guides, aux esprits du lieu, à la nature… Quelques critiques – les cartes ne sont pas de très bonne qualité, un peu trop grandes à mon goût, et les explications du livre sont parfois un peu…superficielles, je vous conseille de développer votre propre ressenti et associations avec ce jeu. Mais ça en vaut vraiment la peine pour tout ceux dont la nature et les cycles des saisons occupent une grande place dans les croyances. De plus, peu de cartes ont une signification vraiment négative ; ce jeu sert beaucoup pour les conseils de sagesse, mais est peu précis – ça ne me donne pas des constats clairs et nets. De plus, il exprime beaucoup de grandes tendances, et je l’utilise souvent lors de sabbats, moins dans la vie quotidienne. Originalités : la suite d’épées est remplacée par la suite de flèches, les bâtons par des arcs, et la suite de pentacles par la suite de pierres. Les têtes sont représentées par des animaux. Certaines cartes de l’arcane majeure sont modifiées, par exemple le « Chène foudroyé » est un mélange du Pendu et de la Tour ; le Magicien devient le Shaman, le Monde devient l’Arbre Monde, etc…

Mes cartes préférées (j’ai l’édition anglaise, je sais pas ce que ça donne en français) :

– The Seer : cette illustration fait très volva nordique, je trouve, et la cape en plumes me fait penser à Freyja. C’est une interprétation très viscérale de la Haute Prêtresse, qui me parle beaucoup. Elle a les yeux fermés, et semble extrêmement concentrée. Le livre de la Prêtresse est remplacé par un bâton et un sac qui contient sans doute ses esprits alliés et instruments de pouvoir. La sagesse vient du monde naturel, de l’expérience et de la communication directe avec le monde des esprits. La cape de plumes est sans doute un indicateur du vol chamanique. Elle est placée devant une pierre creuse contenant de l’eau, lien avec l’autre monde, dont le monde des morts, support de divination, et symbole d’intution. Le labyrinthe gravé sur la pierre représente le cycle des morts et des naissances, et la nature féminine cyclique. Elle est moins flamboyante que le Shaman, le I, elle est en train de travailler – les yeux fermés, elle voit ce qui est invisible et voyage à travers les mondes. Elle est réceptive, mais active – pour moi, il y a une grande autorité tranquille et droite qui émane de cette carte. Elle est aussi droite et ancrée que l’arbre derrière elle. La main tendue vers le sol, elle semble absorber les énergies de la terre à plein volume. Sa force est intérieure. Il y a les significations classiques attachées à cette arcane, la sagesse cachée ou pas facilement exprimée avec des mots, la spiritualité féminine, l’apprentissage, la médiation entre les opposés. Son message est d’écouter sa voix intérieure et son intuition, elle indique aussi un possible choix, ou une autorité morale en qui on peut avoir confiance. Elle parle aussi de secrets, et de leur possible révélation, et d’émotions réprimées qui remontent à la surface. Personnellement, j’y vois aussi un message sur l’importance de garder un certain équilibre dans ses émotions, et de se familiariser avec son inconscient, aussi parce que ce sont des outils de travail précieux. Elle signifie aussi, à mon sens, la nécessité d’être prudent, diplomate et pourtant décidé lorsque l’on se trouve en présence de forces plus grandes ou d’une situation délicate. Aussi, l’intériorité, l’importance du lien avec ses esprits alliés et la nature. Finalement, l’univers parle à celui qui veut bien écouter. Si problématique, la carte indique qu’on ne veut pas entendre les messages que la vie nous envoie, que l’on a mal géré ses émotions, un manque de clarté, et que l’on est coupé de son intuition, ou encore une possible trahison ; il faut prendre du temps et tout bien considérer, et se tourner vers ses guides.

The Great Bear : Cette carte m’arrive tout le temps ces derniers temps…équivalent du Jugement, qui a de grosses connotations chrétiennes, ce dont cette carte essaie de se défaire, l’explication disant « la Nature n’est pas vengeresse, juste pratique. » et « les lois de l’évolution et de la simple cause à effet sont plus en lien avec un quelconque jugement divin que ne l’est la morale humaine. » Le bien et le mal, la culpabilité et l’innocence n’ont pas de place ici. Cette carte représente la loi cosmique, la réincarnation, la renaissance après une mort chamanique, et le retour de ce que l’on a semé. Le Grand Ours, terrifiant en apparence, est un initiateur, gardien des voies anciennes, qui possède le pouvoir de vie et de mort sur ceux qui transgressent ses lois. La constellation de la Grande Ourse indique le passage vers le Monde Souterrain, dont l’entrée est symbolisée par le tumulus, qui est un lieu de renaissance où l’initié est mis à nu, se fait face, et peut ensuite renaître en silence, une hibernation qui permet la reconstitution de la force et du potentiel, qui reviendra avec le printemps – cette carte représente le solstice d’hiver. Derrière l’Ours, brille l’Aurore Boréale, la clarté au milieu de la nuit. Pour moi, cette carte représente déjà, un changement à venir qui bouleversera tout sur son passage ; c’est la nécessité de se faire face à soi même; et le signe d’un test à venir qui aura une importance cruciale, qui déterminera de la vie de la personne, un de ces points fixes dans le temps autour duquel l’univers tourne…^^ Bref, c’est un moment à ne pas rater, un gros challenge, où le vrai visage de la personne remonte à la surface. Où on peut se prouver, se faire mais aussi se briser. Bref, vous avez raison de stresser avec cette carte, ça s’annonce dramatique, mais le potentiel est énorme – dans une histoire, le moment où tout le monde est assis sur le bord de son siège. C’est le point de transmutation, qui a une puissance magique incroyable. On peut dire que l’univers entier retient son souffle, – les Dieux ont décidé de vous tester, en quelque sorte. En position problématique, cela indique aussi que l’on n’a pas le choix, le changement inexorable, qu’il faut arrêter de courir pour éviter l’inévitable. Cela indique aussi un réveil nécessaire de conscience et l’idée que l’on ne peut pas échapper aux conséquences de ses actions. L’univers a la mémoire longue, en quelque sorte. L’important, c’est d’être honnête avec soi même. Le changement arrivera d’une manière ou d’une autre – il vous appartient de décider comment y survivre et la personne que vous serez après. Cette carte indique aussi le besoin de pardonner, de passer à autre chose, et de porter un jugement clair, non biaisé, sur soi et les autres.

– Ten of Stones : Home. Moins dramatique, le Dix de Pierres représente le bonheur et l’accomplissement matériel, ainsi que conjugal et familial – comme le représentent l’homme et la femme gravés sur la pierre – deux chemins distincts mènent à l’entrée. Le point de vue, par-derrière l’arche de pierre, donne l’impression que l’on est encore dans une grotte, mais qu’il n’y a plus qu’un pas à franchir pour arriver à la maison, évoquant ainsi le bonheur incroyable de celui qui aperçoit sa maison après un long voyage rempli d’épreuves, la perspective de l’accueil chaleureux et des retrouvailles, et également le sentiment de manque que l’on peut ressentir lorsque l’on est loi de chez soi, et le désir de se créer un chez soi, en même temps. C’est la récompense après l’effort, et elle est splendide cette maison, toit de chaume enroulé autour d’un arbre gigantesque qui est le pilier de la maison, en fait c’est une des raisons pour laquelle j’aime tant cette carte, c’est ma maison idéale lol. Une carte simple, mais très bien réalisée. La maison évoque aussi un sanctuaire, et les choses que l’on chérit et protège.

Five of Vessels : Ecstasy. Le cinq de coupes, traditionnellement, représente la souffrance émotionnelle et la fin d’une relation. Le nombre cinq représente l’homme, sa main et son action – et dans le tarot classique, il représente un test, et sa solution. C’est assez intéressant, donc, que les auteurs de ce jeu ont choisi d’en faire la carte de l’Extase. La carte représente une femme qui danse, sur une étoile dessinée dans le sable, aux pointes de laquelle brillent cinq bols lumineux. Elle tient un hochet et un bâton qui semble être surmonté d’une pomme de pin et porte autour de son cou un collier qui semble être fait d’os ou de perles. Elle a les yeux fermés, totalement prise dans sa danse, et la carte indique très bien le mouvement – et après tout, le cinq représente aussi le changement et le tumulte. En fond, un ciel de nuit très étoilé. La carte représente l’abandon au rythme de l’univers, la transe extatique, un mode de conscience euphorique et puissante, parfois provoquée par un effort physique intense, la musique, l’art, une sorte d’intoxication par le contact avec le divin, et la fusion de l’individu avec les forces de l’univers. C’est aussi la communion par la beauté, le plaisir et et la poésie pure. Encore une fois, une carte simple mais très puissante, qui correspond à ce que j’ai pu parfois vivre ou entrevoir. Elle représente un aspect positif du tumulte du cinq, et s’ouvrir est aussi une épreuve qui vous laissera totalement lessivé à l’intérieur ( mais heureux lol ) – car ce n’est pas une expérience anodine, de se mettre en contact avec des forces aussi immenses – et d’avoir l’Univers qui chante dans votre tête, pour tout dire. Comme elle n’a qu’un seul pied sur terre, il y a cependant un risque, celui de se perdre et de perdre le contact avec la réalité – il faut faire attention à s’ancrer et à garder les pieds sur terre, si la carte est en position de problème.

Enfin voilà, je pourrais continuer pendant des heures à parler de toutes les cartes, tellement elles sont fascinantes – il y en a encore une dizaine qui sont mes préférées, mais ça ferait trop. Si vous avez ce jeu également, je serais ravie d’avoir votre retour.

Pagan Federation International Conference, Compte-rendu

Le 28 avril, je suis allée au rassemblement annuel de la branche néerlandaise de la PFI ( Pagan Federation International ) tenue dans une auberge à une heure d’Amsterdam et voici mon compte 
rendu pour les curieux(ses).

Déjà, à mon grand regret, j’ai raté le rituel d’ouverture, parce qu’en sortant de la gare je me suis trompée de sens – il n’y a rien au monde qui ne se ressemble plus que deux rues de village hollandais lambda – dirigé par un groupe asatru en plus. Roh. J’arrive et je m’intègre direct dans un groupe qui se dirige vers l’extérieur pour découvrir les plantes sauvages magiques. Notre guide, une allemande à la dégaine de hippie, tout habillée en vert, nous parle des propriétés des plantes qu’elle trouve sur le bord du talus. Elle avait tellement à dire qu’en une heure, on a a peine fait 50 m. C’est passionnant, j’adore ce genre de choses – j’ai un intérêt spécial pour la façon dont les plantes sauvages peuvent être intégrées à la cuisine. Il me tarde d’être rentrée en France, d’avoir accès à une cuisine décente, et de pouvoir me balader dehors en liberté, pour essayer par exemple un cake plantain-carotte ( le plantain étant associé à Perséphone et au monde souterrain, et aux morts ) la soupe à l’ortie, et faire mes propres smudge sticks d’armoise pour les rituels, et pourquoi pas mon propre onguent de vol avec de la graisse d’oie, comme elle nous a expliqué. Elle nous a fait goûter en plus, des pousses de hêtre, des graines d’ortie et du lierre terrestre (qu’elle nous conseille de mettre dans un gâteau à la poire^^). Etrange mais assez goûteux au final. Hmmm…c’était trop court. Très sorciérèsque.

Ensuite, sans avoir le temps de souffler, j’assiste à une conférence sur la déesse Nerthus, par un asatruar armé d’un power point un peu assommant, il faut le dire. Son principal objet était de nous expliquer que d’après lui, le nom ‘Nerthus’ est probablement une erreur, qui a été propagée par les travaux de Jacob Grimm, qui sont aujourd’hui sévèrement critiqués par les historiens. De plus son rapprochement avec Njord est basé sur une erreur d’étymologie. Le nom était sans doute plus vraisemblablement ‘Hertus’ et il tire des parallèles avec Holle/Holda qui possède en effet des points communs troublants.  Ce petit jeu d’indices archéologiques à travers le temps est assez intéressant, intellectuellement parlant. Ca montre bien à quel point on sait en fait peu de choses et qu’il faut prendre ce qu’on lit sur internet avec de gros grains de sel.

Puis, toujours sans pause, je me dirige vers la cave, où Marion Green, qui est assez célèbre dans le monde païen anglophone, tient une petite conférence. Au final assez bateau, un prêche sur la nécessité de se rapprocher de la nature, les erreurs du monde moderne…un peu le même discours qu’on peut lire sur tous les sites païens, pas très révolutionnaire dans ce contexte quoi, et j’ai pas appris grand chose au final. Elle avait l’air de vouloir nous convaincre d’un point de vue que probablement tout le monde a déjà dans la salle, donc bon…
J’ai apprécié son sens de l’humour, cependant – nous conseillant par exemple de  » don’t google, go oogle a tree » ( ne vas pas sur google, va dévisager un arbre ^^) et l’importance de se ménager des moments de silence.

Après ça j’ai pu souffler un peu, vu que les deux workshops suivants étaient d’un côté, un talk sur Crowley, qui m’intéresse moyen, et un sur la magie des anges par une personne qu’on m’a fortement conseillé d’éviter. J’ai fait le tour du petit marché païen – pas très intéressant – beaucoup de revendeurs de made in China, des avalanches de pierres, du fait main à l’arrache et des cartes avec des dragons, bof…Je me trouve une bouteille de vin aux herbes et un oeil-de taureau dans une petite pochette en cuir. Je me suis dirigée vers le stand des Negen Werelden ( les Neuf Mondes), un des deux groupes asatru présent, et ai demandé à l’un d’entre eux de m’expliquer les principes centraux de l’Asatru selon lui. En gros, il m’a parlé de l’importance de la communauté, avec les gens, les ancêtres, les esprits et les dieux ; aussi l’importance de ne pas juste retranscrire les gestes du passé mais de les interpréter pour en garder l’intention première. Par exemple, aujourd’hui, sacrifier un animal n’a plus du tout la même valeur que ça avait autrefois, à moins d’élever et de tuer soi même l’animal. Aujourd’hui, un équivalent serait, me dit il en riant, d’offrir une Ferrari, ce qui serait stupide au point de vue écologique. On peut offrir ce qui nous est très précieux, et aujourd’hui c’est ce dont on manque beaucoup, c’est à dire du temps. Très intéressant, comme conversation. Ensuite, le même groupe dirige une discussion sur le blot. Il en ressort qu’encore une fois, on n’en sait pas énormément, on a surtout les retranscriptions de ce que faisaient les puissants. L’importance de l’équilibre – ne pas offrir quelque chose de démesuré, ni de trop petit ; d’offrir quelque chose qui a de la valeur pour nous. Du sens pratique, également. Le prêtre était généralement le plus riche, parce qu’il avait la capacité d’offrir un plus beau sacrifice. Assez prosaïque, donc – pas les mêmes valeurs que nous, mais on en a beaucoup à apprendre.

Ensuite, encore deux workshops pas terribles – ah c’est dommage que tous ceux qui m’intéressent tombent en même temps !! Je sympathise avec une fille qui a le nom d’Odin et une citation en norvégien sur son tee-shirt. Je parle à un autre asatruar qui organise des promenades sur le thème des esprits du lieu. Ahah ! Je prévois de m’incruster là tout de suite ! Après, il y a un rituel avec Isis et Osiris, un peu longuet, mais beau tout de même. Les rituels qui ont pour thème d’équilibrer deux polarités me font toujours beaucoup de bien. Je discute avec la HPS du coven ayant dirigé le rituel, et me fais tendre une carte avec invitation pour le prochain sabbat ouvert. Finalement, c’est le rituel de fermeture, où les dieux invités au début de la journée sont remerciés. Et je repars en train.Franchement, c’est passé super vite. Au final, c’était super intéressant, mais comme je le disais plus tôt, aussi un peu décevant.

Je m’explique. Je m’étais fait un gros trip sur la PFI, depuis le jour où, 13 ans et en voyage de classe en Angleterre, découvrant tout juste la Wicca, j’avais pris en catimini un de leurs prospectus au Musée de la Sorcellerie. Là, j’avais jamais vu autant de païens rassemblés, peut être une bonne centaine. Et l’énergie était…décevante. Je compare, par exemple, à la rencontre Intercercles où j’étais allée il y a deux ans, qui avait été incroyable. Là je n’ai pas retrouvé cet enthousiasme et ce sens fort de la communauté. Peut être parce que je n’avais pas de liens internet au préalable avec qui que ce soit, et qu’on était beaucoup plus, certes. Mais là…on avait  l’impression que la plupart des gens étaient blasés, que c’était la routine pour eux. Quelque chose de cette envergure qui se produit en France, on peut être sur que ça sera du délire – mal organisé, mais quand même…non ?
Ensuite, il faut dire que la moyenne d’âge est beaucoup plus élevée. Et puis d’après cet échantillon les païens ont un goût absolument épouvantable – hm je suis mesquine peut être mais c’est quoi cette obsession pour les tissus synthétiques immondes et la bijouterie clinquante en plastoc ??? J’ai essayé de taper la conversation à plusieurs gens sans beaucoup de succès ; ils se connaissent tous, plus ou moins, et n’ont pas l’air très intéressés par de nouveaux contacts ; ce qui n’empêche pas qu’ils s’envoient des remarques mesquines dans le dos, que j’ai entendu fuser à plusieurs reprises ‘ ah bah moi mes rituels ils sont pas comme ça hein ( ton dédaigneux)’ ou encore d’une wiccane, demandant aux asatruars avec un ton méprisant ‘mais, il n’y a pas de but plus élevé dans vos rituels ? par exemple envoyer des énergies de guérison à la Terre ? vous voulez dire qu’il s’agit seulement de célébrer  la communauté ? Si c’est le cas, vous pouvez aussi bien faire un barbecue » (facepalm) Au final, on a l’impression que beaucoup sont là pour se faire de la pub. Et les rivalités, dont on m’avait parlé avant que je vienne, sont palpables. Et gros manque d’originalité et de convivialité, aussi. Bon, il faut le dire, organisation impeccable par contre.

Je me pose des questions. Si en France, on arrive à une concentration de païens équivalente, est ce qu’on deviendra aussi peu inspirés ? Je ne suis pas sûre. C’est les gens qui m’ont déçue là. Je commence à avoir une certaine aptitude à jauger les païens que je rencontre. Et au final j’ai l’impression qu’il y a deux types de gens : ceux qui ont une étincelle dans les yeux, une sorte de feu sacré – ou pas. C’est ce que j’ai aimé tout de suite avec mes soeurcières, elles ont toutes une sorte de feu bien à elles. C’est ce que j’ai aimé aussi, chez beaucoup des païennes de Paris et de la Spirale Mystique ; et chez le monsieur des Neuf Mondes avec qui j’ai parlé, qui me regardait droit dans les yeux de manière claire et posée. Mais là, il y avait une majorité de regards fuyants et d’égos très self-righteous…ça sentait pas terrible.

Au final, je me dis, en France, on est, une autre génération. Le contexte de notre découverte du paganisme est différent, et on fera les choses différemment. On désespère souvent d’être si loin des uns des autres, mais au final, on a de la chance. Par ce qu’on a tout à construire, chacun peut s’impliquer, et y mettre sa passion. On n’a pas des tas de structures encombrantes, de formalités, de hiérarchies, d’égos à gérer, de rivalités mesquines. L’optimiste en moi pense que c’est possible de faire autrement, de ne pas tomber dans le panneau. Bon après je parle du point de vue d’une provinciale, je ne sais pas où en sont les choses sur Paris et avec la LAPF notamment.  Mais la jeunesse du mouvement est une grande force, parce qu’on doit tout construire à partir de rien, ça laisse la place à l’innovation, à la créativité. On doit apprendre en faisant, on n’a pas le luxe d’être faignants.
Et ici c’est ce que j’ai vu, une sorte de faignantise, comme si c’était totalement bateau ce qui se passait et pas une occasion unique, et c’est dommage. Il y a beaucoup de gens qui picorent à droite à gauche, qui s’incrustent dans un groupe quand ça leur chante, et attendent que ça vienne. Cette facilité, nous on l’a pas, il faut qu’on se troue le cul si on veut que des choses se passent, mais quelque part, ça en fait une aventure, pas une simple lubie du dimanche. Ca fait aussi que les fluffies et les pas motivés à la fin, se découragent, ça fait le tri, et ça permet à des gens vraiment extraordinaires de ressortir. Et j’ai l’impression qu’on a une responsabilité envers les générations futures de païens, quelque part, de faire naître une dynamique de créativité, d’innovation, de réflexion, pour que ça ne devienne pas ce que j’ai vu samedi dernier, des petits îlots sans réel rapport ou partage.

News

Je reviens de la Pagan Federation International Conference qui s’est tenue hier dans un petit bled à une heure d’Amsterdam. C’était très intéressant mais aussi un peu décevant au final. En tout cas
ça mérite un post en soi.

Sinon ici, on se prépare pour la fête de la Reine, fête nationale où tout le pays s’habille en orange et descent dans la rue. Au programme, champignons, cocktails et marché aux puces (peut être pas dans cet ordre lol) – je rêve de trouver un rouet pas cher, il paraît que c’est possible – Comme ça tombe le soir de Beltane, je ne ferai sans doute pas beaucoup de paganeries. Le lendemain, j’ai prévu un petit rituel à Freyja, et pas grand chose d’autre, parce que j’ai cours. J’arrive pas à croire que ça fait presque un an que j’étais à Aix avec les soeurcières au sommet d’une montagne ^^

En ce moment je suis dans une « low pagan zone ». J’ai des problèmes àux nerfs de jambe, ce qui fait que je reste beaucoup allongée, et ça m’énerve – la douleur permanente c’est pénible. Bon le docteur a dit que c’était pas dramatique, je vais aller voir un physiothérapiste et ça devrait aller, mais franchement ça tombe mal. Heureusement j’ai découvert Tumblr, c’est une vraie drogue ce truc, mais ça fait aussi plaisir pour l’espèce humaine. Et, je lis, et je regarde les films sur ma liste de films à voir.

Bon et aussi, remise en question. Ma pratique païenne au final, ne me satisfait pas dans son état actuel. Ca se réduit beaucoup à de la théorie, du networking et du questionnement existentiel. En soi il n’y a rien de mal à ça, mais ça suffit pas. Et puis quelque part il y a d’autres choses qui sont très importantes dans ma vie en ce moment et je me rends compte au final que ma spiritualité prenait souvent la forme d’une obsession de fangirl, qui comblait des vides.

Là, je commence vraiment à voir ce qui reste quand le côté « trop cool! », le côté mystérieux, glamour, excitant qui va avec tout ce qui est nouveau – s’évapore. Ce qui reste, pour l’instant, c’est le doute, le boulot monstre que ça représente, l’obligation de faire face à ses peurs, la peur d’être ostracisée notemment ; la totale absence de guide ou de garde-fou, la nécessaire discipline que je n’arrive pas à acquérir. Souvent, ce qui me poussait très fort à aller de l’avant, c’était l’envie de réaliser une sorte d’image parfaite que j’avais dans la tête. Et si je n’y arrivais pas assez rapidement, l’image se racornissait, me laissant toute déprimée et silencieuse à l’intérieur. J’ai répété ce processus des centaines, des milliers de fois, dans tout les domaines de ma vie. Ok, demain, promis, je serai organisée. Je ferai un régime. J’arrêterai d’éviter les rendez vous importants. Je travaillerai mes cours en temps réel. Je méditerai tous les jours. Je lirai tous ces bouquins éso que j’achète à la chaine sans aller plus loin que le premier chapitre. Je prendrai soin de moi même. J’arrêterai d’être si passive. Étrangement, ça ne marche jamais, et je vois le temps qui défile, et les blessures que je m’inflige.

Mais ces cycles dans le noir ne sont pas inutiles – je ne pense pas que ça puisse être inutile, d’essayer encore et encore. Je commence à apprécier les choses pour ce qu’elles sont et non pas pour ce qu’elles pourraient être. Je me rends compte que, jusqu’à maintenant, j’ai principalement vécu dans le futur, en projection. L’anticipation me faisait vivre, mais quand on y arrivait réellement, j’étais déçue. Parce que je suis hyper sensible à tout ce qui pourrait aller mal et à tous les énergies négatives qui peuvent saturer une atmosphère, j’ai préféré vivre dans un monde imaginaire, pour me protéger en quelque sorte.

Là où ça sort de l’histoire typique de l’ado qui ne veut pas grandir, c’est que, dans ce monde imaginaire, il y a des choses qui sont nées qui étaient bien réelles, et qui me permettaient de voir le monde autour de moi d’une toute autre manière. Mes histoires, mes chères histoires m’ont guérie, et continuent de le faire – abattant et transformant les préjugés, les limites, les vieilles haines. Et si c’est une drogue parfois, elles me poussent toujours à revenir vers le monde tangible. Il y a peu de sensations comparables au fait d’avoir sa vision du monde constamment élargie et transformée. Mon inconscient a une capacité à me prendre au dépourvu assez extraordinaire, dans le bon sens. C’est un vertige délicieux. Il y a certaines choses que je ne peux faire que dans l’action, cependant. Je suis arrivée à un point stagnant, les rêves se matérialisent lentement, pas tout à fait reconnaissables, et je ne sais plus quoi faire. Je suis à l’aise avec les théories, mais dans la pratique je sais pas, tout est nouveau. C’est un peu comme marcher au dessus d’un précipice et le sol se matérialise sous vos pieds au fur et à mesure que vous avancez.
La vie quoi ! Les bonnes graines ont été plantée, cependant, j’espère.

The Huntress’ Teachings

J’ai retrouvé quelque chose que j’avais écrit pour le Sanctuaire il y a quelques temps…

When spring returned, I had a splinter of ice in my heart : Her terrible gift.
I will turn like the fabled Ice-queen, I then think, alone and cruel.
As the ice did not melt I felt predatory for the first time under my girly skins.
And I met the next storms with steel-like cold blood.
I wondered, did she wake the monster in me ?

I meet up the first mountains and my girly legs are too weak to climb. As I sit on the dusty snow, I wonder why does she ever bother with me ?
I shiver and think, a monster could climb.

I used to be afraid of the dark months
Now I welcome the sharpness of the cold like kin.

She is smelling my blood, I am the hunted. The prize is my old girly skin ; a sacrifice.
But the prize is always only as good as the hunt.
The paths we find, the strengths we forge.

She is taking me for the long game. She is always here in my shadows, relentless imperious presence. Laughing. » You will be mine ».

Exhaustion will be extasy – of course, She is the reason we give in willingly
She is the Mistress of Sacrifice.
She has imprinted her mark on me. In my dreams, it grows.
Winter is coming.

Every time I run from it I end closer to the core.
Suspended in time, this stasis is her gift. The second before the leap, the calm in between the storms, the drawing of the bow, the gripping of the shield, the descent –
snow soflty falling is a reconciliation with one’s self. complete at least ! For a few seconds, perfection, and then I fall…

There is a shadow in the game. And it swallows me whole every time.  I wonder, will I find Her again when it no more rains ashes, or will she remain forever in her icy palace, blind to change, entombing me in her iron grasp ?

I lose my faith and myself many times until nothing is left.

And then the spring returns again as a tide over my tired shape. She’s still there, with a rueful smile. Shining. As sweet as she is bitter, nurturing and fierce, the survivor, the lonely huntress, the queen, the mother of nations.

They call the first flowers of trees spring snow, flowing the streets, fragile and wonderful.

As I face the harsh light of day, I see my dreams dangerously close. The strange fertility of winter – always melting after a while, stealing away the fog, leaving us bare and exposed, a touch away from the promises made in darkness’ safety.

No monster’s heart, but a woman’s, that always grows back no matter how many times I tear it out.

Hers I will be the day when I finally own up to my power – when I finally learn to honor and cherish both the void and the plenty, the deep and the high, the harsh truth and the useful lie, both sides of my heart, the merciless and the compassionate, the filthy and the pure, the heavy past and the scary future, the duties and possibilities, the icy cold and the melting warm – with equal boldness and courage. The pains and fears are worth it.

And, that day in mind, I steady myself for the beginning of a new chase.

London Calling !

Je vais fêter mon 21e anniversaire toute seule, comme une grande. De toute façon du moment que je suis pas avec ma soeur ( née le même jour que moi ) ça va faire bizarre de toute façon. Donc. Direction Londres. Au programme, boutiques païennes, ne pas me paumer ni ma tête ni mon portefeuille cette fois, Camden Market ( oh j’adore…) musées, escapade à Oxford, tatouage, Loki’s Day, explorations au hasard, et rituel d’anniversaire – l’année dernière c’était avec les soeurcières, là je veux en faire un autre type de rituel de passage…

A bientôt !!

le chemin vers la libération (2)

La libération, c’est quand on se sent au début d’un de ces cercles vicieux, et on s’en rend compte, on se sent glisser et, là, on regarde ce vieux déterminisme-fatalisme à la con dans les yeux et on lui dit : Non. Non, là tout de suite, non.

Non, je vais pas me sentir coupable d’avoir mangé tout ce chocolat. Non je vais pas m’affaler devant l’ordi pendant des heures. Non, je vais pas pleurnicher plus longtemps que cinq minutes.  Non, je ne suis pas une petite chose pathétique qui n’a pas sa place et qui va échouer. Non, je ne vais pas limer mes dents de tigresse pour faire plaisir. Non je vais pas me taire et m’effacer comme un vieux mollusque. Non je ne suis pas une mauvaise personne parce que je suis en colère pour cinq minutes. Non, je n’ai pas besoin de réfléchir encore et toujours avant de commencer ma vie – je ne suis pas stérile, je ne suis pas une poupée triste, je ne suis pas une tête sur pattes, je ne suis pas impuissante, je ne suis pas une histoire finie avant d’avoir commencé !

Non, le monde ne tourne pas autour de toi. Il ne va pas s’écrouler parce que t’as encore fait une connerie. Là tout de suite, c’est la merde. Mais le problème, il est dans ta tête. Rien n’est joué, en fait, dehors.

Il y a de ces moments ou je sens un de ces sourires sur le visage de tous mes Dieux…mes pieds frissonnent au contact du sol. Lentement, mais sûrement, je me défais de ma chrysalide.

( si une trouillarde comme moi peut y arriver je pense que c’est bon signe pour le monde lol )

le chemin vers la libération…

(Ok, un pavé, tiens, Valiel lol)

Cette période de l’année est magique. Vraiment. Y’a les bourgeons et le soleil, que je vois pas parce que je suis enfermée dans ma chambre à m’acharner sur mes cours. ( Bon j’exagère, je peux pas m’empêcher de sortir. Demain pique-nique !!) Mais même, l’énergie se sent de partout, et nous pousse à faire des choix, à accepter des challenges, et entraîne des révélations radicales.( Par ici chez Ivy on the Path ou the Witch of Forest Grove. Je vais passer pour une suiveuse peut être mais ces filles sont mes gourous online lol)

Donc la semaine prochaine, le 2 avril précisément, ce sera mon 21e anniversaire. Une sorcière écossaise m’a dit que chez elle, c’était une date importante, et la tradition, c’était d’offrir une clé à la personne. De plus elle m’a dit, le monde entier a 21 ans en ce moment ! On croirait pas, mais si si, c’est vrai !! Une question métaphorique d’ères quoi et de passage à l’âge adulte. Lol ! J’aime bien l’idée (Je me sens pas encore adulte. Comme Allie le dit si bien. « This there is my ability to be responsible. I won it when I was 25 ! C’est tout à fait moi, purée ! No! Internet! Forever ! XD) Trois cycles complets. L’âge de tous les possibles.

Une amie me disait l’autre jour, que si elle s’était intéressée à la spiritualité, c’était pour savoir qui elle était. Et quelque part – c’est aussi ce qu’on fait, on cherche un sens à donner à la vie, et quand on cherche, on finit par trouver. Bon, j’ai pas trouvé la lune ! C’est plutôt comme une série de petits déclics…les uns après les autres, et de plus en plus…et le cercle vertueux prend essor…une petite pousse toute fragile. Il faut le dire, ces dernières années, j’étais assez déprimée. Je savais pas où je voulais aller dans la vie, j’étais amorphe, en proie à des complexes monstres. The dark night of the soul, en effet. Un jour sur deux, spirituellement je me disais que c’était n’importe quoi et que j’allais dans le mur. J’ai aussi vu en face mes côtés déplaisants. J’ai été extrêmement pénible pour les gens autour de moi. Je me sentais totalement déconnectée de mes dieux, en phase nihiliste-cynique. Oh, je pensais à des grands idéaux mais je sentais…rien…je me suis affamée toute seule – de passion et de beauté. Et aussi, je ne faisais confiance qu’aux voix les plus pessimistes. Je me battais avec toute ma haine et colère envers moi même. Et puis j’avais ces phases de créativité chtonique, noire, et inspirée…C’était un passage obligé, je pense, pour remettre les choses à plat. En fait, les petits clics ont commencé il y a longtemps…je crois pas vraiment aux illuminations soudaines qui vous font mettre votre vie sans dessous dessus. C’est plutôt une croissance extrêmement lente, qui est au début totalement invisible à l’oeil nu. J’ai peut être pas l’air de grand chose aujourd’hui, mais quand je vois le chemin que j’ai parcouru, je suis fière de moi même. A une époque, j’étais totalement enfermée à l’intérieur de moi même. Je voyais un monstre dans le miroir, je vivais seulement pour le futur, et la spiritualité était une sorte d’échappatoire vital qui me permettait de respirer. Oh ça a l’air dramatique, mais je m’en rends compte aujourd’hui, lorsque chaque petit poids s’enlève – à quel point je respire, maintenant, la libération que ça représente. Je n’ai plus de cauchemars dans lesquels on me force à aller voir Freud pour une consultation lol ( ça me terrifiait quand j’étais petite – une sorte de salle de torture, pas un cabinet…)

Donc, ce qui est intéressant, je pense ici c’est, comment on se sort du labyrinthe de ses propres petits problèmes ? Déjà, un environnement propice, ça aide. Ça a été un pas énorme de trouver le cercle – des filles avec qui je pouvais être totalement moi même, sans pression. Et puis de débarquer à Amsterdam…ça a un profond effet de guérison pour moi. La ville est mignonne, les gens sont sains, je suis plus autonome et je me débrouille, et je fais des rencontres chouettes, je découvre des perspectives pour le futur. Des petits moments de bonheur parfait ici et là, mine de rien.

La première chose, c’est de reconnaître son problème. Moi, j’écris beaucoup, c’est ma thérapie. Mettre les points sur les i, ça fait un bien fou parfois, c’est rendre justice à des parties de soi qu’on avait écrabouillé avec allégresse. Et je tombe sur les bonnes histoires qui me remettent la tête à l’endroit. Pour que la vérité remonte la surface, il faut instaurer une sorte de silence intérieur, que j’ai trouvé en m’isolant beaucoup, et en me fermant à d’autres choses.

Et mes Dieux, toujours…Skadi m’a portée vers ce silence. Elle me pousse à reconnaître mes peurs, à vivre avec en permanence. C’est oppressant, mais… »I will face my fear. I will permit it to pass over me and through me. And when it has gone past I will turn the inner eye to see its path. Where the fear has gone there will be nothing. Only I will remain. » C’est tellement Skadi, ça. Elle me permet de dire aujourd’hui, oui, je suis froide, parfois insensible, j’ai un éclat de glace dans mon coeur, et alors ? Je suis concentrée sur ce qui est important.

Il y a Holda, qui se comporte en grand-mère pète-sec avec moi, et me pousse à m’engager concrètement,  à faire le ménage, à travailler. Il y a Brighid, tendresse et lumière rassurante. Il y a Odin, figure paternelle la plus cool qu’on puisse imaginer, il faut dire. Il y a Freyr, qui me fait entrevoir plaisirs simples et bonheur. Gerda, qui me rend malade comme une vache à chaque fois que je m’adresse à elle. Il y a les ancêtres, les rebelles-têtes-de-pierre d’un côté, et les créateurs-amasseurs-de-richesse de l’autre, et au final ma vie commence à relier les deux au lieu de tout refuser en bloc. Il y a fetch-Faucon et totem-Renard, Féroce et Sarcastique que je les appelle. Finalement, il y a Loki, et c’est bizarre pour une dévouée de Skadi, j’imagine. Je les vois un peu comme les petits ange et démon des dessins animés parfois, un de chaque côté de mon épaule se lançant des regards assassins. Mais au final, ils plus de choses en commun qu’on croirait. C’est une dynamique intéressante. Moi je ne reprends pas les querelles de mes Dieux, à la fin, c’est pas mes affaires. Loki me pousse à…rire de moi même d’abord. C’est aussi une divinité avec qui je peux respirer quelque part : oui, c’est le bordel, encore. Ah bravo. J’avais lu qu’il était un dieu de ceux qui ne sont chez eux nulle part – et ça fait longtemps que j’ai ce sentiment. Aussi, c’est une sorte de confrontation avec les conneries que je me raconte à moi même – et une envie rampante de prendre des risques et de mettre le feu aux barrières…C’est une énergie que j’ai essayé de garder en dehors de ma vie pendant très longtemps, mais j’imagine que le naturel revient au galop. Des surprises et cette tendresse brutale et subversive…Il faut que je l’invite activement dans ma vie, et je suis souvent trop fière pour le faire. Mais je pense que j’en ai vraiment besoin. Le courage de vaincre finalement les vieilles peurs et étiquettes et crampes et culpabilités…

Au final, il s’agit de reprendre le pouvoir en main sur sa propre histoire – à partir de ce qui est, on peut aller dans plein de directions différentes. Le choix nous appartient. C’est pas facile, et ce n’est que le début du chemin, mais…

Who I am, right now ?

I am a mystic. I am an action girl. I am a girl on fire. Spark of spring. Priestess-in-training. A wild rose, blooming on the fence, persistent like weeds. A creator, a wolfmother-to-be, fierce protector and carer. Little sister of the Ice Huntress, mate of the Strife-bringer, apprentice to the Dark Lady, future bride of the Green One. A servant of the Old Gods. I am a proud bearer of memory. I am a dutiful daughter, calling up to the First Ancestors, sending the wake-up call rippling like hell through the genealogical lines. Connected and tapping the power of the Earth – dark, damp, deep, intoxicating power ! I am  a girl of the North, resolute and blunt and steady. My heart sings in battle, the kind that’s not won by violence but by will, heart and guts. I am plucky and messy and a total utter newbie at life. I love my tribe and I love life. And I have the wicked stories. 

 

 

La Cabane Boudoir sur Tumblr !

J’ai ouvert un compte tumblr histoire de faire des posts plus courts, de partager des coups de coeur et des citations…

Vous pouvez me retrouver ici :

http://skadibella.tumblr.com/

ça sera une bonne manière de blogguer un peu plus souvent sans que ça me prenne autant de temps, je garderai les pavés pour ici…

Skadi au printemps

( Ok, ça commence sur un sujet global et ça devient très long et centré sur ma petite personne, je vous préviens, je me sers du blog comme thérapie.)

J’adore lire le blog de news païennes The Wild Hunt, qui me donne parfois envie d’être américaine – au niveau païen il y a tellement de choses qui se passent, on a vraiment l’impression d’assister à la naissance d’une religion là pour durer. Des conventions ! Des organes de presse ! Des bals de charité ! Des assemblées inter-religieuses ! Des ‘universités’ ! Des ministres religieux en prison et des pentacles sur les tombes des soldats !  Alors qu’ici, on en est au niveau ben…assez zéro quoi. Mais faut dire, ils ont aussi des tas de problèmes, notamment avec les fondamentalistes chrétiens et ça me rend à part égales morte de rire et totalement consternée pour l’espèce humaine qu’une bêtise aussi abyssale soit possible.( Apparemment, Obama est païen, il devrait être possible de distribuer des bibles à la récré, et les athées devraient couper tous les arbres parce que ce sont des symboles religieux païens. lol ) Bref moi j’ai jamais rencontré ça en fait, des problèmes avec les fondamentalistes. Le problème que je rencontre, c’est que ma religion est plus ou moins considérée comme une grosse blague.

 » De toute façon, plus t’es éduqué, plus ça devient difficile de croire en ces choses là »

Voilà ce qu’un étudiant de ma classe disait récemment, en parlant des religions en général. Beaucoup étaient d’accord. Comme si, de manière générale croire en des pouvoirs au-delà de notre compréhension rationaliste du monde relevait de l’inculture, de l’ignorance, voire de la bêtise. C’est une opinion qui semble très répandue chez les jeunes de notre âge. Rien que d’aborder le sujet vous vaudra souvent des regards moqueurs si ce n’est pas pour dire quelque chose de sarcastique. La religion c’est une affaire de primitifs et nous en tant que civilisés on devrait avoir compris que c’est du pipeau. Gros Lol. Je suis éduquée, pourtant, tout comme pas mal de païens autour de moi, et comme pas mal de gens religieux tout court. Mais souvent j’ai l’impression que le fait de croire est une sorte de fait honteux qu’il faudrait cacher, encore plus le fait d’être païenne ce qui aux yeux de ces wannabe-académistes me place sans doute dans la superstition la plus crasse. ( comme le disait un de mes anciens profs de philo, le paganisme a soi-disant naturellement évolué vers le monothéisme qui évolue vers l’athéisme parce que l’homme devient de plus en plus intelligent. lol. )

Ok c’est vrai que l’espèce humaine ne s’est pas vraiment fait honneur dans le domaine des religions, et qu’il est difficile de parler de ses bons côtés sans passer à de la propagande. Mais de manière générale, j’ai l’impression que souvent les gens qui en parlent n’en comprennent pas grand chose. Demander à quelqu’un qui n’a pas de spiritualité d’en parler, c’est un peu comme demander à un aveugle de parler de couleurs. Ils ont sans doute des tas de théories bien agencées et passionnantes mais au final, ils passent à côté de l’essentiel… C’est vrai, la religion n’est pas forcément quelque chose de rationnel mais au final est ce que tout devrait l’être dans la vie ?

Moi même je suis responsable d’avoir intégré la norme, et bien comme il faut. J’ai complexé pendant longtemps, me demandant si mes croyances ne seraient pas dues à un problème dans mon cerveau, à une délusion ou névrose psychologique…On dit souvent que la famille formate les individus au niveau religieux…Chez moi, ce sont des rationalistes hardcore, athées pour la plupart. Même ma mère totalement sorcièresque est une pro de la killer analyse et de la répartie qui tue. Ca aussi quelque part c’est un formatage. Il y a toujours cette pression d’être le plus intelligent, le plus malin, de pas se laisser avoir, d’être réaliste, dur en affaires, éloquent, terre-à-terre, d’avoir raison…mais pas tout à fait assumé. Aussi, petite, j’étais une vraie petite intello, et j’en ai bien souffert. J’en arrivais à me punir pour le fait d’être trop intelligente et en même temps pas assez, comparé à ma famille. Pas à la bonne manière, c’est à dire qui brille en situations mondaines, mais de manière bizarre et taciturne. Aussi parce qu’ à un certain moment, j’ai arrêté de travailler. Je faisais semblant, assez pour me maintenir à flot, surtout au dernier moment. J’avais l’impression d’être une arnaqueuse. Quelque part, j’avais enregistré que mon intelligence était le critère central de mon existence, que du coup je devais l' »être » un point c’est tout, que si je travaillais ça comptait plus. J’en avais marre de la pression, et autour de moi je voyais que ceux qui que ne foutaient pas grand chose étaient bien plus heureux. Et voilà que j’en arrive à un point où je me dis, merde j’aurais du plus travailler et être fidèle à ce qui me faisait plaisir. Ce qui inclut étudier. Vraiment beaucoup. Maintenant le problème c’est que comme le sport, quand je m’y mets j’ai cette sorte d’angoisse horrible qui monte et qui m’empêche d’utiliser mes capacités à fond. J’ai lu une étude scientifique récemment qui disait que le fait de se sentir bête entraîne  effectivement une baisse des performances cognitives. C’est assez ça.

Donc mes problèmes dans ce domaine n’ont rien à voir avec le fait que je sois païenne et plutôt avec des vieilles histoires de culpabilité, de standards impossibles et de mauvaise conception du monde : j’en étais venue à croire que le fait d’utiliser beaucoup sa tête revient à être coincé/rigide/irréaliste/trop rationaliste/prise de tête/pas drôle/solitaire/lâche/complexé/limité/pas dans son corps etc…ce qui est très con lol.

Oui je me suis sentie très coupable, d’un peu tout, de ne pas être très sociable, bizarre, trop intello, pas assez intelligente et performante, pas assez subtile, trop tête en l’air, pas assez sportive,  paresseuse, menteuse, insensible ou trop sensible, lâche, inutile, méchante, d’être une fille, de ne pas être assez féminine, et d’être en vie tout simplement. Ca a fait un gros pavé dans la mare quand j’ai enfin compris ça. J’ai souvent eu l’impression d’être un gâchis d’espace, que si quelqu’un d’autre avait été à ma place elle aurait pu faire bien mieux, etc…une sorte de version très très bizarre et déplacée de complexe du survivant…ça fait du bien de pouvoir mettre des mots dessus. Mes prises de tête sont loin d’être inutiles lol, c’est comme une sorte de fièvre purificatrice.

Aussi le truc à propos de la culpabilité c’est que ça vous rend totalement inutile. Je lisais cette explication des techniques de manipulation de masse par Noah Chomsky et ça m’a vraiment fait penser à moi même :

« Remplacer la révolte par la culpabilité ( Faire croire à l’individu qu’il est seul responsable de son malheur, à cause de l’insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l’individu s’auto-dévalue et culpabilise, ce qui engendre un état dépressif dont l’un des effets est l’inhibition de l’action. Et sans action, pas de révolution!…) »

J’étais beaucoup trop occupée par ce que je devrais aimer et non pas ce que j’aime un point c’est tout. Toute cette culpabilité m’a congelée sur place, occupée à rêver du jour où je serais enfin toute belle et mince et marrante et sociable et acceptée par le système et puissante et utile et riche et respectée. Je voyais toute la réalité en dehors de cela comme une plaine grise sans fin, grise comme je l’étais, anesthésiée, le contact avec le monde extérieur douloureux, irréel. Auto-mortification, mais ça marche pas, les dieux ne veulent bizarrement pas me punir. Pourtant, j’ai tout fait pour le mériter ! Zut, lol !

Dans le noir, je me suis rendue compte que j’étais capable d’être heureuse même dans la merde la plus noire, simplement en sentant le vent sur mon visage. Que je pouvais trouver des gens géniaux sur mon chemin à chaque fois que j’arrivais quelque part seule. Et l’idée au final que si je me paumais ou faisais une grosse erreur, je pouvais compter sur mes proches. Au final, que la coopération apporte beaucoup plus que la compétition. Bref mes soi-disant idées ‘réalistes’ et cyniques, ça tient beaucoup du ‘se mettre tout seul dans la merde’ en fait.

L’autre soir, j’arrive à la Misa Espirituale et le santero me prend à part et la première chose qu’il me dit c’est « N’ai pas peur, ton père ne le saura pas ». Lol. Touché. Et un tas d’autre trucs, dont ‘ Ben, tu n’as pas besoin d’avoir peur.’ Simple. Aussi il faut que je fasse attention à mon ventre. Et que je travaille avec la Déesse de la Mer.

Avec Sylv’ on a beaucoup tiré les cartes et au final ce qui revenait beaucoup c’était une idée d’affronter ses peurs, et d’une, et aussi de maturité/fertilité/créativité. Je me rends vraiment compte, quelque part, que la stérilité est une de mes plus grandes hantises. Et étrangement je me reconnecte à l’archétype de la mère, mais de manière beaucoup plus personnelle – cette fois, c’est moi la mère-en devenir. Etre ma propre mère, tout d’abord – celle qui prend soin de moi. Et qui donne naissance, qui crée.

L’inconscient est un chaudron, comme le ventre. Et j’y ai mis tout un tas de choses malsaines, mais pourtant il ne m’a pas encore lâché. Je veux en prendre soin au lieu de taper dessus à coup de rationalisme mal embouché.

Dans mes cours, je lisais un papier de science cognitive et une anecdote m’est restée. L’expérience consistait à présenter à un groupe d’individus deux chocolats, un gros en forme de cafard et un petit en forme de coeur. On leur dit que le premier coûte 2 euros et que le second coûte 50 cents, et qu’ils ont le droit d’en prendre un gratuitement. Or, la plupart ont pris le cafard, le choix ‘rationnel’ puisque cela leur donnait plus de valeur, mais en fait, ensuite, beaucoup on fait part de leur regret, parce qu’au final l’association avec le cafard a fait en sorte qu’ils ont moins apprécié le chocolat. Ca m’a fait penser que souvent on essaie très fort d’être rationnels, mais en prenant des critères extérieurs et pas adaptés ( par exemple plus = toujours mieux) et au final, c’est pas le choix le plus intelligent. Ce papier disait aussi que souvent, plus un individu réfléchit, il ne dégage pas le choix le plus pertinent mais au contraire se convainc de ses propres erreurs, et que souvent les actions intuitives sont plus judicieuses parce que le processus inconscient qui a eu lieu pour en arriver là est autrement plus puissant – il ne s’arrête jamais. La conscience est plutôt l’organe de presse de l’inconscient en fait lol. Donc, je ne place pas mon identité dans mon cerveau rationnel et conscient. Je suis un tout. Je ne suis pas mon intelligence. Je suis comme je suis, et je n’ai rien d’autre à offrir, au final. Je fais de mon mieux.

J’étais en train de danser dans un club new-agesque l’autre soir, les pieds nus, sur de la musique indienne, c’était chouette, et je me suis rendue compte que en fait, je sais pourquoi je suis païenne (la question que ma mère m’avait posée lorsque j’étais sortie du placard à balais et que j’avais eu du mal à répondre.) C’est parce que j’aime ça. C’est simple. Je suis tombée amoureuse de la beauté des rituels, de la poésie pure de la nature, de la richesse du symbolisme et des niveaux d’interprétation, des histoires des Dieux, des valeurs, de la simplicité, de la complexité, de la liberté et de l’exigence, de l’élégance et de la puissance de cette voie. De la connexion avec la nature qui en résulte. Et de certains Dieux qui habitent ma vie, carrément. Quand je suis dans la justification, ça me complexe, mais quand je vis mon paganisme, je suis purement heureuse. L’amour n’a pas besoin de justifications. Bien sûr je peux trouver des explications rationnelles ( c’est vachement utile de pouvoir travailler avec son inconscient !! ) mais c’est secondaire.

Donc quand j’entendrai à nouveau des remarques sur la futilité de la spiritualité, je me dirai que c’est facile de critiquer quand on ne connaît pas, mais que c’est simplement pas de chance pour eux au final. Et chacun son truc, hey. Moi je vois au quotidien l’impossible devenir réalité – je dépasse mes propres limites, mes propres petites malédictions, je me rends compte que la vie réelle est bien plus attractive que l’image pré-mâchée que je m’étais faite, celle qu’on nous vend si bien, totalement dépourvue de saveur et de différences.

Je ne me sens pas vraiment à l’aise dans beaucoup de catégories, et je ne suis chez moi nulle part. J’aime des choses qui ne sont ‘pas mon genre’ et je ne connais pas vraiment de sentiment d’appartenance. Mais quelque part, je ne suis pas la seule à être chez moi à la frontière. Peut être qu’au final, c’est ok. Je ne suis pas la seule chercheuse – et je peux réconcilier n’importe quels paradoxes si je sais faire la paix avec moi même. Je peux aimer avec la même ardeur deux divinités ennemies, et je peux rester intègre tout en ayant une relation harmonieuse avec mes parents, et je saurai, je trouverai bien une façon de concilier mes ambitions professionnelles avec ma vie de païenne. Entière, avec mon cerveau hyperactif et mon coeur d’artichaut et mon corps de patate céleste, et heureuse. Et cette faim d’avancer, soif de connaissance, de vie, d’expériences, d’accomplissements – pourquoi la réprimer ? Pourquoi rester dans ses pantoufles quand on peut foncer dans la face de sa peur en riant ? Et au final,  que faire d’autre quand des divinités de chaos, de destruction, de peur, de colère, vous parlent d’amour, de renaissance, de sentiments, d’intimité ? (Ah mais en même temps, c’est bien ça qui me terrifie, non ? Logique. )

A la voix qui me dit ‘mais c’est que dans ta tête’ je lui réponds, eh bien, d’accord, et je vais y penser tellement fort que ça deviendra contagieux. Attends de voir. Tu vas pas en croire tes yeux.

La glace fond…

Mes aventures spirituelles à Amsterdam, part. 1

Tout a commencé quand je suis allée au Pub Moot d’Amsterdam. Tenu à l’étage dans un pub microscopique et assez étouffant, tous les second mercredi du mois. D’ailleurs, la formule Pub Moot est assez géniale. Ça permet une sorte de permanence païenne fixe, où les newbies peuvent être surs qu’il y aura toujours quelqu’un…et si personne de nouveau se ramène, c’est une bonne occasion de se retrouver et boire une pinte…une idée pour Lyon, hum hum…

Bref revenons à nos tulipes, Amsterdam, donc. C’est pas évident de se taper l’incruste dans un environnement où tout le monde connaît tout le monde, et faut montrer patte blanche aussi, quand même – les gens ont tendance à se méfier, surtout avec les petits jeunes. Car il faut noter une chose, ici le paganisme a eu sa grande vague plus tôt : moyenne d’âge 40 ans. Ça détonne par rapport à la France où je me sens presque une ancienne avec mes ( presque!) 21 ans. Mais de manière générale, l’ambiance est accueillante. En particulier je tisse des bons liens avec E., une canadienne débutante et débordante d’enthousiasme, B., HPS d’un coven alexandro-gardnérien, et Z., chamanisante nordique et prêtresse de la Déesse. Chouette diversité !!

Après quelques discussions pour s’assurer que je pue pas du c**, je suis invitée à la célébration du coven pour Samhain, et je suis folle de joie ! Je ne vais pas aller trop dans les détails, mais disons que c’est une expérience très intéressante. Je confesse, j’ai toujours eu une image un peu…disons, moqueuse des covens wicca traditionnelle. Bon là déjà c’est pas skyclad ( je crois que j’aurais passé sinon lol) et en fait, il n’y a pas de grand-guignolesquerie, de lourdeur, et l’usage de la théâtralité est très approprié. J’en ai parlé avec le HP et il m’ a dit des choses très intéressantes sur l’importance de la cohérence du système symbolique. Ils ont vraiment bossé dur sur leur ensemble de symboles, prenant ce qui leur convenait de leur lignage pour en faire leur propre système – en s’assurant du moindre détail. Au final, j’ai du revoir un peu mes préjugés ( et ça j’adore.) Et ils nous ont guidé à travers un voyage ritualisé dans le Monde Souterrain – génial !! Leur énergie de groupe, après une décennie, est très forte. Ils ont ouvert, pour avoir un peu de sang frais. Ils sont vraiment très synchro, c’est chouette. Je ne pense pas que cette voie est la mienne, mais j’en apprends des tonnes avec eux. Je suis conviée à des réunions d’apprentissage sur le thème des éléments.

( la chaise dédiée aux ancêtres durant le repas )

Peu après, vers début novembre, je suis conviée à un blot en l’honneur d’Odin. C’est la période durant laquelle il guide la Chasse Furieuse dans les cieux ; c’est aussi la période de Sinterklaas, le Saint Nicolas hollandais, qui parcourt les cieux sur son cheval, et avec lequel les païens hollandais font des gros liens avec Odin. Chez Z. qui tient un temple permanent chez elle, il y a une splendide statue de la déesse d’un mètre de haut, celle avec les bras levés et la spirale sur le ventre, en papier mâché et entourée de voiles, avec des autels secondaires couverts de fleurs sur les côtés. La pièce est très apaisante, avec les petites bougies dans les coins, le coin de purification à l’entrée et le bleu clair et blanc des murs.

Mais ce soir, l’autel au centre du cercle est dédié à Odin. Z. trace le cercle avec les runes et les mondes nordiques, invoque son protecteur Thor, et ensuite Odin. C’est très fort. On tire les runes, et il y a une offrande d’hydromel dans une corne. Après la cérémonie, swap de cadeaux, et je me retrouve avec un splendide dictionnaire de symboles !

Je suis de retour de nombreuses fois chez Z. – elle a su créer un véritable oasis de paix dans son petit temple. Ce n’est pas flamboyant, mais c’est réellement un temple, en effet. L’énergie qui s’est accumulée, peut être ? En tout cas, on s’y sent bien, en paix, réconfortés. Au départ je dois dire que Z. m’avait paru un peu froide, mais j’ai persévéré à me pointer à ses rituels, et au final on s’entend bien. En tant que fille de Skadi, moi la première je devrais savoir que froideur apparente ne veut pas dire coeur de glace lol. Ici encore, j’en apprends des tonnes. On parle beaucoup de l’importance de la constance dans la pratique, et de rendre honneur et de donner de l’énergie aux dieux au quotidien, parce que cela importe réellement, que quelque part ils s’en nourrissent et deviennent plus forts, qu’on leur doit cela. C’est quelque chose qui me parle beaucoup…

Il y a les pleines lunes. Et il y a les ‘crafternoons’ ou des femmes de partout se rassemblent autour d’une tasse de thé pour bricoler et discuter de trucs païens. Ça c’est génial ! Z. m’a appris à filer et je m’en tire pas si mal, j’ai juste besoin d’entraînement et j’ai décidé de m’acheter un rouet ( mes parents vont m’interner quand je vais revenir avec mon rouet sur le dos lol. La dernière fois j’étais revenue avec une cage à oiseaux vide, une lanterne chinoise et une vingtaine de bougies…m’en souviens encore ^^)

Surtout, le style de Z. ressemble au mien : apprenant là où elle peut, elle intègre ce qui marche à sa pratique et a peu d’affection pour tout système trop rigide ; ses rituels sont spontanés et quasi-improvisés, guidés par son tambour et ses chants puissants ( elle me dit : les voisins sont habitués. Parfois, y’en a un autre qui se met à chanter, pour m’accompagner lol. Ou sinon, ils mettent de l’opéra.^^). Pour la dernière pleine lune, c’était absolument magnifique, un rituel avec un labyrinthe tracé à la corde au sol, destiné à nous libérer de nos rancunes, à demander pardon, à pardonner et à se pardonner. Très beau. On a fini en dansant et en chantant des chants Reclaiming. Je suis aussi allée voir Z. pour lui demander de me tirer un oracle à sa façon, c’est à dire en lançant des pierres sur du sable. C’est une manière simple et puissante de divination, mais c’est en fait très subtil. On s’y est essayé et c’est …pas facile lol. Bref, j’en avais besoin pour avoir des perspectives sur mon avenir, et ça a levé pas mal de voiles.

Entre temps, Sylv’ de la Spirale Mystique est venue me voir et on a aussi paganisé. Je l’ai tiré à travers Amsterdam pour découvrir des boutiques ; gros coup de coeur pour de Roos ( la Rose ), « centre spirituel » installé en bordure d’un parc, avec un salon de thé bio au rez de chaussée, une boutique au premier étage et des salles pour workshops et conférences au deuxième.C’est assez new-âge, il faut le dire, mais très propre, clair, beau, et agréable d’y être. Surtout, ils ont une de ces vérandas style serre avec un demi-dôme !! je l’aime cette véranda !!                                                                      ( http://www.roos.nl/images/serreleeg.jpg). Et il y a des trucs intéressants dans la boutique. Ensuite, on va jusqu’aux dunes et à la mer – mais comme je connais mal, on débouche dans un endroit hyper bétonné, avec un circuit automobile qui fait un boucan pas possible !! On s’éloigne dans les dunes, qui sont assez désolées et gloomy ambiance on s’approche du Mordor, il faut dire. J’aime ! On s’installe sous un petit frêne tout tortueux, pour un essai de voyage chamanique, avec nos nouveaux hochets ! Sylv’ guide très bien, mais la pluie nous interrompt.

On se met en bordure d’un étang pour une brève invocation et offrande à Freyja, et je ramasse des épines pour un sort de protection. Mais horreur, voilà qu’on se fait repérer et appeler par un mec en uniforme qui nous fait comprendre qu’on n’a pas le droit d’être là où on est. Hum…le coup des touristes débiles, ça le fait toujours, mais heureusement qu’ils nous a pas chopé pendant le rituel… Dans tous les cas, ça fait pas plaisir, pour une campagnarde française habituée à courir en toute liberté dans la nature. C’est ça qui est dur ici : quasiment impossible de trouver un coin de vraie nature où on peut être totalement en paix. On se rentre et se rabat au pub pour éviter la coloc grincheuse, avec mon épais tome de l’encyclopédie des 5000 sorts, pour trouver des solutions en matière d’amouur et dans mon cas, de coloc pénible. ^^ Bref, c’était cool.

Ensuite, il y a deux semaines, je suis allée à la Botanica, pour une messe spirite, suivant Z. qui s’est beaucoup intéressée à la Santeria, et j’étais curieuse. Elle me dit que c’est une tradition spirituelle qui est relativement nouvelle, mais qui a en même temps plus d’acquis que la notre, avec quelques siècles de plus, et a donc beaucoup à nous apprendre. Bref, on arrive, à l’arrière de la boutique, portant habits clairs et voile ou chapeau blanc sur la tête. Dans une petite salle toute blanche, on s’assoit. Il y a une statue de la Vierge Marie au dessus de l’autel, et des illustrations représentant les orishas, un peu partout. Cependant, le principe de la messe spirite est plutôt de communier avec les esprits, des ancêtres en particulier. L’officiant commence par nous rappeler l’importance de laisser passer l’énergie par le coeur, pour éviter de trop partir dans la tête…judicieux. Après ça, il nous fait réciter des notre père et autres prières catholique et là, je peux pas. Puis on chante, du gospel et la chanson ‘ down to the river to pray’ devient un chant d’invocation, une invitation pour les ancêtres de descendre et se joindre à nous – oh brujas, gitanas, healers, indios, vikings, come on down to the river to pray ! plus rien avoir avec une messe normale lol. J’aime beaucoup, c’est très beau. Ensuite, l’officiant nous donne des conseils magiques et nous demande de respecter les personnes âgées, et d’allumer de temps en temps une bougie et de prier pour eux. Après, avec ses assistants, ils prennent à part certains membres de l’assemblée pour leur transmettre un message des esprits. Je suis assez interloquée quand l’officiant me fait signe, je le suis dans la pièce d’à côté, on se retrouve devant un autel à Yemanja. Il me purifie avec un bouquet de fleurs blanches, trempés dans une infusion d’herbes – il me semble avoir vu du romarin – et secoués vigoureusement autour de la personne, en insistant sur le ventre, et me dit que ça serait bien que je lui prête un peu plus attention. En fait il me dit aussi de déstresser mon père ne saura pas lol. J’étais assez sur le cul étant donné que oui, j’ai des problèmes de digestion, et avec mon père. ^^ Il me conseille une purification avec des fruits et me dit que j’ai pas besoin d’avoir peur. Je retourne à la pièce principale assez retournée, faut le dire, mais je me sens bien aussi. Devant moi une femme pleure, une catharsis plus spectaculaire…Ensuite, prières et c’est fermé…très intéressant…

Finalement, je suis Z. à Nataraj/Club Lite, un club new-age avec des projecteurs d’hologrammes sur les murs, des vendeurs de plumes et babioles chamaniques dans un coin, des masseurs, des joueurs de tambours live…ce qui est le plus chouette,c ‘est que les gens viennent ici vraiment pour danser, quelque soit leur âge et c’est très varié, et pieds nus en plus ! J’adore…Finalement, on va dans la salle du fond, où un groupe chante des mantras en s’accompagnant à la guitare. Il y a des lotus, un éléphant bleu et une déesse à quatre bras sur un cygne peints sur les murs, le plafond est orné de draperies, il y a des poufs et des meubles styles indiens, et une vendeuse de chai et de gâteaux bio, dans un coin…C’est très culcul mais aussi tout à fait relaxant…une petite bulle. J’aime, j’aime. Et il faut dire que d’habitude Z. est là dans un coin, proposant ces oracles. Une boite de nuit avec une devineresse dans un coin c’est top lol.

Et voilà, c’est les grandes lignes de toutes les mondanités paganesques dans lesquelles je me suis impliquées depuis que je suis ici. Y’a pas à dire, c’est vraiment très stimulant ❤

Gros blocage aux carrefours

En ce moment je me vois confrontée à un choix d’envergure : mon master. Ah oui autant dire LE choix qui orientera sans doute toute ma vie future ! Bonjour la pression ! J’exagère un peu peut être mais pas tout à fait. C’est choisir entre plusieurs visions du futur, plusieurs visions de moi-même…

En gros, j’hésite d’un côté entre aller du côté de l’économie sociale et solidaire, du côté des droits de l’homme, du côté de la géopolitique, ou finalement il y a aussi une option médiation interculturelle/religieuse. Ah, c’est la dèche, c’est bien flou et large !! Mais d’un côté il y a ce rêve de travailler pour une grosse organisation internationale, et de l’autre celui de faire ma propre démarche plus innovante, indépendante, de tracer ma route quoi. J’adore étudier les relations internationales et la politique, parce que ces jeux de pouvoir me fascinent, c’est un monde souvent diabolisé dans le monde païen ( pas toujours sans raison ) mais ce que cela m’apportait – être aux prises avec le monde dans toute sa complexité humaine, j’aime ça parce que j’aime les histoires et c’est ce que je vois ici. Des histoires d’ambitions funestes et géniales, de paris, de folie, de travail acharné, de bêtise, d’amoralité, de courage, d’héroïsme ordinaire et de lâcheté, d’aventures incroyables, d’orgueil très humain et d’espoir…J’aime les grandes questions et les grands enjeux…Moi, la petite gamine, je regardais à travers la serrure pour voir le Monde…Mais voilà que la porte s’ouvre et qu’il faut que je trouve ma place – et j’ai des doutes sur ma volonté à vouloir intégrer le milieu que j’adorais disséquer. Des aspirations plus terrestres, et spirituelles se font plus fortes. D’un côté, il y a ces promesses enfiévrées faites à l’enfant triste que j’étais, de l’autre côté il y a tout le chemin que j’ai parcouru et de nouveaux désirs et rêves plus terre à terre. Le problème c’est que je me suis nourrie exclusivement de rêves pendant si longtemps – j’ai comme une dette, cette faim vorace d’accomplissement et d’honneurs, que je ne sais pas trop comment traiter – l’abandonner serait me trahir moi même, mais je ne veux pas tout lui sacrifier. Ah, et, je ne me sens pas à la hauteur, j’ai peur d’être stérile dans ce que j’entreprends.

Au niveau spirituel, je me suis aussi rendue compte que j’avais adopté une démarche trop superficielle. Un jour sur deux je me demande si je vais pas tout arrêter mais c’est débile, c’est juste que ma pratique est tellement superficielle, ce n’est pas une surprise si je n’arrive nulle part. Toute ma vie j’ai trop rêvé de cette figure d’autorité qui allait me dire quoi faire et me donner une direction, ou alors ce signe du destin qui me montrerait ma vocation mais cette période est terminée. Lâcher prise, ce n’est pas facile, surtout quand on n’a rien à mettre à la place.

Aussi je me rends compte qu’il ne m’est plus vraiment possible de séparer ma vie spirituelle de ma vie ‘profane’. Je ne pourrai pas vivre en mettant tout au placard pour aller travailler dans un job aliénant qui n’a rien à voir avec mes principes. Tant qu’à faire, je préfère encore vivre au fond des bois. J’imagine que le choix devant lequel je me trouve est assez standard lol. J’aimerais juste trouver une idée inspirante, un challenge que je puisse faire mien pour trouver un peu de paix d’esprit, un truc concret.

J’ai une amie sorcière qui vient me voir, on va faire des tas de tirages, ça c’est sûr !!

Sur une autre note, j’ai eu une visite de ma ‘fylgja’ sous forme d’un faucon ( c’est elle qui le dit, en tout cas) assez surprenante. C’est une sorte d’esprit protecteur dans la tradition nordique qui généralement prend la forme d’un animal. Aussi, elle m’a fait comprendre qu’elle avait envie de « voler » et quand je lui ai dit ‘hé, reviens’ je me suis vue tendre un oiseau mort dans les mains. Hum, d’accord. Elle m’a fait comprendre que j’étais trop lourde pour voyager avec elle. Mais plusieurs fois j’ai senti son énergie planer au dessus de moi, en situation elle m’a aidé à me concentrer. Je vais donc aller explorer toutes les significations du terme ‘voler’ ( planer lol ? hum…^^)

(On Thursday nights I’m talking to myself in English. You never know who might be listening…)

(Not so long ago…)
 
I remember pain
I fled the screeching light
I killed my dreams in me
I lost hope
 
I am nothing
Without my dreams
I am starved
A silent agony
 
My nerves on fire
There is no way out
I do not want a way out
I want to burn to fly
 
But I’m locked in here
Maybe I burned already
I can feel the echoes of the passion
I am an empty temple
 
Blessed and haunted
How not to love a pain so sweet
I came to worship every spark
Slowly smoldering under the dust
 
The fear freezed me
But even the mountain breathes
Salty tears flow to the ocean
Push my heart outside of its boundaries.
 
He said, I’m the lock, I am the key
It’s in your guts, the answer you seek. 

La sorcière voyageuse !

Cela fait longtemps que ce projet me taraude, et je me suis décidée à franchir le pas. Le concept est simple : rassembler les bonnes adresses pouvant intéresser sorcières et païens en tout genre que je trouve lors de mes voyages, et recueillir vos bonnes adresses, si ça vous dit !

Je vous laisse en découvrir plus ici :

http://sorcierevoyageuse.wordpress.com/

Images de Prague

Choisir son chemin

(Warning, le post long est de retour^^.)

What Angelina said : 

« I found out that I really didn’t believe one path could have all the answers. The weather is always different, every day. Trees change, birds fly differently on some days, rivers break their banks and the sheer complexity of life let me see that it would be ridiculous to choose any one religion when I myself am a representative of nature- mixed, varied and made up of a million roads.(…) I went back to the core of what made perfect sense to me, of what felt holy and real- and that road wasn’t paved in one culture or cut from one stone. »

(Je me suis rendue compte que je ne croyais pas qu’un seul chemin puisse avoir toutes les réponses. Le temps est différent, chaque jour. Les arbres changent, les oiseaux volent de manière différente selon le jour, les rivières débordent par dessus leurs rives et la pure complexité de la vie m’a fait voir qu’il serait ridicule de choisir une religion en particulier quand je suis moi même une représentante de la nature – mixée, variée et composée d’un million de chemins. (…) Je suis retournée au coeur de ce qui faisait sens pour moi, ce que je sentais être sacré et réel – et cette route n’était pas pavée par une seule culture ou taillée d’une seule pierre.)

Ce merveilleux post  tombe à point nommé – ces derniers temps je suis à la recherche d’une cohérence dans ma pratique. Je me sens attirée par la tradition nordique au sens large, mais je sens que me dévouer entièrement à elle serait trahir d’autres facettes de moi même. J’ai cette sorte de culpabilité lorsque je fais du syncrétisme – l’appropriation culturelle est un problème qui me travaille et j’aimerais être certaine que ce que je fais est approprié avant d’agir. En même temps j’en suis à un point dans ma vie où j’ai pas le temps de m’enterrer dans une cave avec un kilomètre de bouquins pendant cinq ans. J’ai besoin d’agir, de faire des choix, de faire avancer les choses, d’imaginer le genre de personne que je veux être, de construire ma vie et la spiritualité ne peut pas en être absente. Temps donc de revenir à l’essentiel. Qu’est ce qui est essentiel dans ma pratique ? Quelle est ma marque distinctive ? Qu’est ce que je sens être sacré et réel ? ( Le post d’Angelina sur les styles personnels m’a aussi beaucoup inspiré. Franchement, j’adore cette fille.)

 Histoires

Ma passion première, je crois, c’est les histoires, et cela se retrouve dans ma pratique. J’ai tendance à faire des scripts compliqués pour mes rituels, que j’édite ensuite plusieurs fois pour les rendre plus simples, plus puissants et élégants. J’ai plusieurs carnets et écrire dedans tous les jours est carrément nécessaire à mon équilibre mental. Dans mes rituels, j’aime intégrer de la poésie, je raconte des histoires à l’aide de symboles. Petite, j’adorais raconter des histoires aux gamins autour de moi, et c’est un plaisir que j’aimerais un jour retrouver quand j’aurais géré mon putain de problème de timidité. Quand j’aime une histoire, je peux disparaître dedans, c’est comme tomber amoureuse ( autant dire que je peux être une fan avide lol ). Ecrire et mettre en forme les rituels pour le cercle, quand c’est mon tour, est une vraie joie. J’ai un respect proche de la vénération pour les bons écrivains, les conteurs, certains acteurs. J’adore la calligraphie, l’archéologie, l’histoire. Les alphabets magiques me passionnent. Je consacre beaucoup de temps à écrire mes romans. Je pense cependant que les histoires pré-datent l’écriture, la parole et même l’espèce humaine et renvoient à la conscience de l’univers.  En bref, mon monde d’interaction avec le monde, c’est de voir une histoire. Chaque arbre, chaque pierre, chaque personne a une histoire, et c’est ce qui me saute aux yeux tout de suite, je traduis les énergies en histoires. J’ai aussi beaucoup d’imagination, ce qui me permet de voir les multiples points de vue, les facettes et les niveaux d’interprétation, mais parfois je me perds dans le superflu et l’illusion. Aussi, pour moi la mythologie est vivante, je la retrouve tous les jours autour de moi. Je relie ma pratique magique à ce qui s’est passé et se passe dans le monde. Et le culte des ancêtres, aussi, les gardiens des histoires…

A travailler :

– Trop de fautes et pas assez de lecture en français. Bon d’accord je vis à l’étranger en ce moment, mais quand je rentre je me reprends en main, cure intensive de littérature et de grammaire parce que franchement ça ne va pas du tout. Boulot boulot boulot ! ( si vous avez de bons conseils pour des bouquins je prends !!) Travailler le style : plus simple, élégant, efficace.

– Balancer mon coté addict ( la fin d’une bonne histoire peut me plonger dans la dépression, c’est grave.) par la création. Oser sortir ce que j’ai dans les tripes et croire en moi-même. Prendre en main l’histoire de ma propre vie, arrêter d’agir en spectatrice. ( Quand la vie te tend un stylo, écris…) Travailler la protection énergétique et me concentrer sur ce qui est essentiel.Travailler sur la créativité avec d’autres moyens comme la danse, le dessin…

Explorations :

Des rêves et des méditations où l’Histoire et la politique s’incrustent régulièrement. Des séances d’écriture ritualisées avec offrandes à une divinité de l’inspiration. ( Généralement, Brighid ou Odin ) Des rituels qui mettent en scène des mythes ou des légendes. Travail avec les runes. Chamanisme ( entendre les histoires directement de la bouche des animaux, des plantes ou esprits. ) Ecrire une histoire cyclique cohérente pour la Roue de l’Année. Le Temps…

La Dualité.

C’est l’histoire de ma vie, on dirait. Me retrouver entre deux forces opposées, et c’est à moi de trouver un juste milieu, de conserver équilibre et intégrité. ( dans vraiment tous les domaines de ma vie. Amis. Famille. Pays et cultures. Dieux. Rêves. Facettes intérieures. Etc.)

J’y arrive pas toujours. Cela me pousse à retrouver le centre, toujours. Mais quelque part, cela fait aussi de moi une habitante des frontières. Réconcilier des contraires, trouver le point d’entente, ne me fait pas peur. J’aime le paradoxe. Je trouve les gens bizarres intéressants. Les mélanges de cultures, le syncrétisme me passionnent. Je me sens une enfant du monde avant tout. J’aime créer et innover, trouver de nouvelles solutions, perspectives et façons de faire. Cette dynamique d’opposition perpétuelle rend ma vie dramatique même quand il se passe pas grand chose, je ne m’ennuie jamais. Je revendique aussi le droit de ne pas toujours agir de manière cohérente. Parfois cependant, c’est le champ de bataille, c’est fatiguant. Mais je crois en la vertu du conflit équilibré. Je suis toujours poussée à bouger, à sortir du statu quo, à dépasser l’opposition pour trouver la clé de la coopération, de la complémentarité. Ça me fait bloquer aussi, hélas, mais je sais que ça ne durera pas.

A travailler : 

Mon rapport au masculin. Aussi faire un choix de carrière qui conciliera mes envies opposées. Etudier la question du syncrétisme, comment trouver l’harmonie ? Et j’ai besoin d’action, j’ai envie de changer le monde, genre, sérieusement.

Explorations :

La Déesse aux deux visages. Travail avec la partie sombre. Les dynamiques de la Roue de l’Année. Les déesses guerrières. Les questions de genre -qu’est ce que le féminin et le masculin ? Skadi et Loki. La Hedgewitchery. Les Polarités Dansantes et le Clair-obscur. Petits rites du Soir et du Matin. Les jumelles.

La Nature.

En ce moment, je vis en ville et j’adore. J’en ai besoin, les opportunités, le mouvement, la bruissante communauté humaine, le mélange. Et puis il faut dire que je suis gâtée, Amsterdam doit être la ville la plus mignonne au monde. Ici aussi on peut trouver de la Nature, qui a sérieusement besoin d’être aimée et guérie. Les villes ont leur énergie propre, qui est généralement vieille, humaine, inspirante, retorse et dégueulasse. Bruissante d’histoires. Mais il y a une partie de moi qu’elle ne nourrit pas, à savoir celle qui aime avoir les pieds et les mains dans la boue, se perdre dans la forêt, dormir à la pleine étoile, escalader des rochers, ramasser des herbes…Pour moi, la Nature, c’est beaucoup de choses : le Monde sauvage, non-humain, mais aussi  la Terre sous nos pieds, et à peu près tout ce qui nous entoure et dont l’humain croit qu’il peut se mettre à part, s’en séparer, ce qui est assez pittoresque, somme toute. C’est tout ce qui est vivant, dans un sens large et animiste : esprits, plantes, végétaux, animaux, et même pierres, eau et air. Seulement l’homme est assez doué pour rendre la matière morte et inerte – j’irai pas jusqu’à dire que le béton est vivant par exemple. Je pense que les anciens ont beaucoup à nous enseigner sur comment vivre plus proches de la Nature. Cela ne veut pas dire retourner dans le passé, il faudra qu’on invente notre propre modèle.

Bref, la Nature, qui m’a offert les plus beaux moments de mon enfance. J’ai toujours eu cette sensation d’intimité avec Elle, qui a été bien amoindri à l’adolescence…Quelque chose, non pas à retrouver puisque je ne suis plus une enfant, mais à faire naître à nouveau, différemment. C’est le monde végétal plus spécialement – ma mère herboriste qui m’offrait des tas de livres sur les plantes depuis que je suis petite, ça doit aider. Maman t’es géniale. Bref. J’espère vraiment que ça deviendra une tradition familiale.

Ma spiritualité est bien au coeur un culte de la nature, même si j’ai pas tout à fait au clair ce que ça veut dire pour moi, concrètement. Mon rêve pour bien plus tard, c’est de tenir un sanctuaire en pleine nature, un lieu de ressourcement, d’apprentissage et de réunion, de vénération des anciens dieux de la nature, de beauté et de sérénité.Un jour, j’aimerais me consacrer à une terre en particulier, mais je n’ai pas trouvé ma terre promise.  Avant cela, j’ai bien des combats à mener et je sais qu’il faudra que je me salisse les mains. Cultiver mon jardin, cela arrivera plus tard. Je me sens aussi responsable de ce que l’humanité fait à la Nature, elle-même incluse –  c’est un peu grandiloquent peut être, mais je suis aussi dans le tas et j’ai pas l’intention de rester assise à rien faire. Ce qu’il faut que je garde à l’esprit, c’est que même on est jamais séparés de la Nature – et qu’il est possible de créer un temple à l’intérieur de soi même et de sa vie, peu importe la pollution qui nous entoure, même si c’est difficile. Les murmures des anciens rythmes et sagesses, arrivent toujours jusqu’à nous si on sait les écouter.

A travailler:

Là c’est une année charnière mais l’année prochaine je veux me concentrer sur des solutions perso pour une vie plus écologique, maintenant que je vis toute seule comme une grande (presque). Etre étudiante surbookée et fauchée n’est pas du tout une excuse.

Apprendre comment survivre en nature. Et là tout de suite, intégrer plus profondément les rythmes de la nature dans ma propre vie, en arrêtant de me coucher à des heures débiles, en travaillant sur mes lunes, en faisant moins d’ordi. Ménager plus de temps pour aller me balader en forêt. Cuisiner, faire ma propre bière, vin de pomme, etc…Ecouter mon corps.

…….

Voilà, je pense, l’essentiel. Il y a sans doute d’autres choses à dire mais en gros : Donner naissance à mon histoire. Aimer la vie. Apporter mon grain de sel pour que la grande histoire contienne peut être un peu plus de…quoi ? De vie,  de beauté, d’espoir, de liberté, de justice de fraternité, d’amour, de responsabilité, d’attention, de passion. Vaste programme, mais au carrefour où je me trouve, c’est le moment ou jamais pour rêver bien au delà de la décence commune lol.

 

 

 

Imbolc ’12

J’ai fêté Imbolc le jour de la pleine lune cette année, le jour même j’étais à Prague et je n’ai pas pu faire grand chose d’autre que quelques prières.    C’était intéressant, l’énergie était très forte.

Mon rituel était dédié au retour de la Jeune Fille du Printemps, sous ses nombreuses formes.

Après m’être purifiée au romarin, j’ai tout d’abord remercié Skadi pour sa protection durant ces longs mois d’hiver, aussi bien littéralement que métaphoriquement – j’ai l’impression d’être au printemps de ma vie en ce moment, les choses s’éclairent après une longue période de doute, parfois de dépression, où je me suis affamée moi même de choses essentielles. Bref j’étais dans le noir, mais Skadi était mon étoile polaire, j’en suis convaincue – me poussant à espérer, à rêver grand malgré la haine de moi même, me montrant la beauté dans la difficulté, m’apprenant à cacher mes traces, et le discernement et la prudence.  Je sais qu’après la fonte des glaces, elle sera toujours avec moi, dans un ruisseau d’eau pure, une floraison neigeuse éphémère, un animal qui s’enfuit, l’ombre d’un sapin majestueux, les montagnes à l’horizon.

J’ai ensuite fait des prières à Brighid – j’adore sa présence apaisante et inspirante. C’est la déesse que j’appelle dans la peur, l’inconfort, quand je suis loin de chez moi, ou que j’ai besoin de me concentrer sur quelque chose de positif. ( Skadi n’a rien de rassurant lol ) La Prière de Brighid au manteau est d’ailleurs l’une des rares prières que je connais par coeur. Je lui ait fait des offrandes de yaourt au miel et du cidre au whiskey, à la cannelle et à la cardamome. Il faut vraiment que je me mette à travailler plus avec cette déesse, et c’est la période en plus !

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ensuite, le rituel s’inspirait de celui des Tisseuses de l’année dernière, sauf que cette fois j’ai rempli de neige mon chaudron, puisqu’il a neigé ( et il fait tellement froid qu’on peut marcher sur les canaux ^^) j’ai répandu des offrandes sur la neige, comme des pétales et des épices, et j’ai versé par dessus de l’eau bouillante en chantant. Voilà une eau de chaudron bénie, que j’ai chargé à la pleine lune le soir même.

Et le soir, j’ai ritualisé avec des amis hollandais, chez Zia, une chamanisante nordique qui tient un temple chez elle, c’était un très beau rituel, avec une méditation très puissante qui m’a mis en lien avec les ancêtres, une purification poussée et un travail avec une rune tirée ( pour moi c’était Algiz ) afin de détruire les obstacles nous empêchant de parvenir à notre potentiel.

En somme une journée très riche qui m’a laissée enchantée mais vidée. J’espère que votre Imbolc a vous a été béni des Dieux !