Une cabane lovée dans le feuillage… Ma tanière de sorcière au fond des bois. Mon boudoir… poudres,éclats de rire et élixirs. Esprits en ébullition, chasseurs de rêves, et visiteurs en tout genre, tissez vous dans ma toile …

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À la recherche de l’harmonie

J’ai un peu laissé tomber mon blog durant l’été, dû à plusieurs déménagements successifs et un gros tas d’autres obligations pas forcément drôles. Je viens d’aménager dans un chouette appartement à Lyon avec une amie soeurcière de cercle. On est en pleine peinture et aménagement, on n’a pas eu d’eau chaude et d’électricité pendant une semaine et ma chambre est dans un bordel sans nom avec une sorte d’explosion de fringues partout, mais je pense qu’une fois que ça sera bien rangé et installé, ça en vaudra bien la peine. On s’est réservées une petite pièce rien que pour la magie et la ritualisation, avec nos autels, nos livres et outils et ingrédients de sorcières, ça va être génial.

Après une période un peu chaotique, j’ai vraiment envie de me poser, de m’occuper de mon chez moi et aussi, quelque part, de retrouver une routine équilibrée, restoratrice. En ce qui concerne la spiritualité, je suis toujours un peu dans le gros flou. Je me suis rendue compte que je suis allée un peu trop loin dans mon travail avec les divinités – en fait, je ne tiens pas la route. Skadhi m’avait prévenue avant que je m’embarque dans un travail avec les Rokkr – divinités de l’ombre du panthéon nordique – que je n’étais pas prête. Des raisons simples : il faut d’abord que je m’occupe de ma santé, d’organiser ma vie, de me soigner quelque peu sur certains aspects psychiques, et de prendre quelques bonnes habitudes spirituelles de base que j’avais négligé dans ma hâte d »avancer’ spirituellement, cette faim d’expériences fortes qui m’avait fait perdre un peu le nord… Oh, les quelques explorations que j’ai fait avec ces divinités étaient très positives, il faut le dire, dans le sens de vraies, prenantes, pertinentes et assez viscérales, je me sens quelque part vraiment à ma place avec eux – et je suis prudente, mais mine de rien, ça m’a usée du point de vue de l’énergie, et là je ne me sens plus capable de faire face, je me sens toute petite, brouillon et incapable. Donc j’ai fait un pas en arrière.

Aussi, j’ai lu la série Wicca de Cate Tiernan, l’autre nuit, alors que ma confiture de mûres mijotait sur le feu – des livres mignons et assez fluffy sur des ados qui découvrent la magie façon effets spéciaux – c’était divertissant mais surtout de manière assez inattendue j’en ai retiré une sorte de leçon spirituelle ( comme quoi ça peut vraiment venir de n’importe où hein ?). L’histoire est imprégnée d’enthousiasme et d’excitation autour de la découverte de la magie, qui me rappelle mes propres débuts. On a souvent tendance à dénigrer cette sorte d’émotion comme une passade pour teenagers qui font ça pour faire cool mais je crois qu’il y a quelque chose d’important que l’on oublie dans ce cas là et je crois que j’étais devenue un peu trop cynique et blasée ces derniers temps. Et puis une amie sorcière m’a dit récemment – ce qui m’a bien fait réfléchir – que quant elle avait tendance à trop se prendre la tête, elle relisait ses livres de débutante, pour se rappeler son état d’esprit quand elle a commencé.

Ces derniers temps je m’étais immergée dans la communauté reconstructionniste du paganisme nordique, dont la plupart sont assez critiques envers la Wicca, beaucoup la catégorisant comme mouvement fluffy/new âge et j’ai fait ma propre critique en règle de la Wicca plusieurs fois sur ce blog. Mais il y a quelque chose qui me manque dans le reconstructionnisme tel que je l’ai exploré, pour l’instant. C’est vrai que la construction conceptuelle de la sorcellerie païenne moderne a quelques trous et zones floues au niveau historique mais en ce qui me concerne elle véhicule des mythes modernes puissants et génère une vraie créativité. C’est ce dont j’ai besoin pour l’instant, pas me prendre la tête avec des débats autour de vieux textes ( même si ça peut être vachement chouette ). Parce que je n’ai pas choisi d’étudier ça, je dois aller dans l’action… j’ai beaucoup à reconstruire dans ma propre vie d’abord. Et reprendre confiance en mon intuition. Je me suis rendue compte que je m’étais pas mal bloquée au niveau de la magie parce que je ne faisais pas confiance en mes propres capacités et je me bloquais, quelque part, parce que j’avais peur de ce que je ferais avec ce pouvoir, mais j’ai moins peur maintenant.

Je recherche donc l’harmonie, non pas comme une stase, une heureuse béatitude qui me pousserait à me couper du monde, à effacer tout conflit, ébullition ou contraste, mais un jardin secret intérieur, une habitude de paix et de confiance mentale, un état me permettant de me ressourcer et de me guérir, et me préparant pour les combats futurs qui me tiennent à coeur. Plus je travaille dessus, plus je me rends compte que la psyché est comme un jardin, où l’on peut cultiver ce que l’on veut. Il y a toujours ces vieilles ronces au fond dont j’arrive pas à me débarrasser mais après tout elles font des belles mûres, attirent les papillons et me protègent contre les intrusions. Je me posais donc la question de savoir ce dont j’avais besoin pour atteindre l’harmonie :

– une pratique régulière de la magie. En temps de stress, je rentre dans ma coquille et me bloque totalement à ce niveau là. Ou plutôt c’est un autre type de magie : j’essaie de me rendre invisible. Le contre coup est une poussée de dépression terrible peu après. La magie fait partie de ma vie depuis que je suis toute petite, elle est ma façon de voir le monde, mon art et mon oxygène. Mais je l’utilise à mes dépens, ou je me bloque, cela me frustre terriblement. Je me laisse trop parasiter par les opinions des autres, comme si j’étais un bateau sans gouvernail qui avait besoin d’un capitaine, mais ce n’est pas le cas.

– des moments de retrait et de tranquillité. Je suis assez introvertie, j’ai besoin de solitude pour me ressourcer, j’ai des mondes intérieurs très riches, être pendant trop longtemps avec des gens autour de moi m’épuise. Je dois reconnaître cela au lieu de le prendre comme une tare, et respecter mes propres limites au lieu d’aller jusqu’au burn-out. Et arriver à faire respecter mes limites par mes proches tout en douceur, sans avoir besoin de devenir tranchante ou énervée.

– des moments pour honorer le côté sombre. Une force très présente dans ma vie mais qui déborde partout parce que je ne la reconnais pas comme il se doit, ce qui provoque une sorte de dépression parasitaire. Remplacer cela par des moments de tristesse méditative et purifiante, de descente créative, d’offrandes aux ancêtres, de rituels réguliers de deuil et de lâcher prise, et de moments réservés à la Dame Sombre, je pense que cela sera beaucoup plus bénéfique au final, même si certains me prendront pour une personne morbide, je commence à m’en ficher pas mal. J’en ai besoin.

– respecter ma poussée vers la nature. Bon, j’habite en ville maintenant mais quelque part cela me permet de me rendre compte à quel point la présence de la nature est importante pour moi. Faire des escapades régulières à la campagne, pour me balader et faire mes récoltes, et de longues marches. Me concentrer sur la communion et la beauté, pas la culpabilité.

– m’organiser plus pour arriver à faire ce dont j’ai envie et besoin. J’en ai envie comme jamais. Ce n’est pas de la « prise de tête » mais un respect basique de moi-même. Me préparer pour ne plus arriver comme une loque, un cheveu sur la soupe. Travailler, prendre soin, j’ai eu un blocage sur ça pendant longtemps mais maintenant, j’ai envie de tenir mes engagements.

– travailler avec les esprits du lieu. J’ai envie de poser des racines, même si elles sont temporaires ou amovibles, étrangement. En fait ce qui font les racines, ce sont les moments de joie, de beauté, de partage, de dépassement de soi, de passage que l’on passe dans un lieu…

– me nourrir plus d’art, de beaux livres, de beaux endroits, de rencontres enrichissantes…

C’est chouette, je commence à y voir plus clair. Je me suis laissée allée un peu cet été, zone de basse pression, mais en bossant pas mal, pour moi et pour aider ma famille, j’ai pu expérimenter une joie simple là dedans, c’est quelque chose de nouveau et j’en suis contente.

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Allégorie

Elle est une offrande
Elle est un jeu qui se joue
Jusqu’à la toute fin
Maintenant est le moment de l’infinité
Amertume et passion
Un pas après l’autre
Nous élevons les enjeux 
Nous tissons ensemble
Avec soin, et précision, et force
Droit au coeur
Nous chantons ses louanges
Elle est l’âme de la symphonie
Nous connaissons son vrai visage
Une seconde avant le saut – 
 
Celle-qui-lance-les-dés
Flèche droite
Chemins sans fin
Elle est le feu dans nos coeurs lorsque nos yeux se rencontrent
L’ivresse de la course
Le calme au coeur de la tempête
 
Nous sommes ses gens –
Au sang fier, au pas confiant
Nous la sentons lorsque le printemps devient humide et luxuriant
Dans la noirceur du soleil d’été écrasant
Dans la beauté cruelle du déclin
Dans le triomphe pur du froid brillant
 
Toujours nous répondons à son appel 
Chair, os et moelle,
Nous entendons ses cris silencieux
Nous nous levons et nous empruntons la route
Nous marchons toujours.
 
Elle nous habite
Horreur et courage et grâce
Oh mère du temps
Dame de l’heure la plus noire
Nous plongeons dans les profondeurs
Et sommes changés pour toujours
 
La richesse du sol fertile
La compassion de la nuit
Les chemins vers les rêves
Les vents du changement et du chaos
Les chants de la bataille
Le réveil de l’orage
La poésie des carrefours
Le courage de la lionne
La danse de l’oiseau téméraire
Le secret des voies anciennes
L’audace de réinventer le monde
Les spirales de la vie et du temps
A travers naissances et unions, morts et funérailles, 
La simple joie de grandir et vieillir en ce monde, 
Toujours toi, notre Reine !

Mûrissement…

Il y a quelques temps, à la lune noire, j’ai clos la dernière phase de mon travail avec ma partie sombre…
Je suis partie, à la nuit tombée, me mettre sous un sapin immense près de chez moi. Endroit parfait, tout entouré de broussailles pour la discrétion, dégagé sous les branches, un cocon de verdure, un petit chemin dans le lierre menant au tronc immense. J’ai toujours eu un lien avec ce sapin, petite je me réfugiais haut dans ses branches pour écrire et rêver. Le sapin me parait un bon arbre pour le travail en rapport avec la partie sombre, de plus. Le rituel consistait en plusieurs étapes, et à chaque étape j’allumais une bougie, créant ainsi un sillage dans l’obscurité. L’autel était au niveau du tronc, entouré lui aussi de bougies. La dernière partie était un sacrifice et une offrande, utilisant un peu de mon propre sang et du vin de laurier mêlé à du coulis de mûre, qui avait pris une teinte rouge épaisse impressionnante.

Il m’a fallu du temps pour surmonter une certaine tension vis à vis de l’obscurité…près de chez nous, c’est un quartier très tranquille, le bois est totalement sûr, mais même…je n’étais pas tout à fait à l’aise avec le fait de partir comme ça toute seule…En fait, je n’ai pas pu accomplir le rituel le soir même – je n’étais pas satisfaite de mon script et il me manquait la moitié des ingrédients. Le soir d’après, j’ai pris un bain pour me préparer qui m’a totalement endormie. Le soir encore d’après, problèmes d’organisation et je me suis retrouvée à faire le ménage à minuit…

Le 2 août, était ma dernière chance puisque ensuite je partais. Un peu avant, l’orage et la pluie se déchaînent et nous revenons à la maison avec 50 kg de cèpes à préparer – je désespère. Mais finalement, dès que la maisonnée est endormie, me voilà partie à travers champs avec mon gros sac à dos rempli de bougies et pots en tous genre ( pour cette occasion, je n’ai pas lésiné…) en priant pour ne pas rencontrer de harde de sangliers…

Une fois lancée je me sens si  bien, dans la nuit humide, accueillante, la nature sent bon, je me demande pourquoi j’étais effrayée. Je suis certes, alerte et sur mes gardes, mais je n’ai plus peur. Ritualiser la nuit dans la forêt, c’est très particulier, et bénéfique – cela induit une sorte de retour aux instincts. Je suis ici dans  mon élément naturel, pourquoi à chaque fois je me convaincs du contraire ? Bref, ça se passe très bien – à un moment clé une bête sort des broussailles, petite, comme un furet par exemple ( ou était ce mon chat ? lol ) mais reste dans l’ombre, je ne peux pas le voir…Et la Déesse Sombre m’honore de sa présence, tout autour, je suis plongée dedans. J’ai ré-intégré ma partie sombre à moi-même, certes, mais mon travail avec Elle ne fait que commencer.

Offrandes…

En bonus, j’ai trouvé des articles très intéressants sur la partie sombre ici :

http://morriganscave.wordpress.com/2011/08/11/la-part-dombre/

http://morriganscave.wordpress.com/2011/08/11/comprendre-la-deesse-sombre-traduction/

http://morriganscave.wordpress.com/2011/08/11/la-peur-du-sombre/

http://morriganscave.wordpress.com/2011/08/11/rehabiliter-les-tenebres-dans-le-paganisme/

( Evidemment, je me rends compte maintenant que je sors de mon cocon d’incubation que je ne suis pas la seule à m’intéresser au sujet ^^ ça va faire des recherches prometteuses tout ça !)