Une cabane lovée dans le feuillage… Ma tanière de sorcière au fond des bois. Mon boudoir… poudres,éclats de rire et élixirs. Esprits en ébullition, chasseurs de rêves, et visiteurs en tout genre, tissez vous dans ma toile …

Articles tagués “dévotion

Rencontres – Sigyn ( jour 28 et fin )

Il faut le dire, je ne m’y attendais pas, d’accrocher autant avec Sigyn. C’est un formidable retour de balancier dans l »autre sens », après avoir travaillé longtemps avec Skadi. Il faut dire que ces deux Déesses sont symboliquement, et dans leurs énergies, diamétralement opposées.

Skadi ne pardonne pas, elle est une vengeresse. Elle est dure, brillante, splendide, sauvage. Elle est une diplomate, une meneuse de clan, une chasseresse. Sigyn est une déesse de la compassion. Elle est discrète, joyeuse, tendre. Elle est une mère au foyer, une guérisseuse. Skadi a le béguin pour le Dieu sans doute le plus (trop) populaire, alors que Sigyn est mariée au Dieu qui sert de bouc-émissaire au reste du panthéon. Skadi est une déesse d’action qui se caractérise par son indépendance, elle a d’ailleurs divorcé sans problème, alors que Sigyn est connue pour sa fidélité avant tout. L’énergie de Skadi rappelle l’immensité de la montagne, les étendues neigeuses, le hurlement des loups, celle de Sigyn la chaleur du foyer, la beauté de fleurs sur le point d’éclore, le rire d’enfants en train de jouer, le contact de mains qui caressent et contiennent. Skadi est celle qui place le serpent au -dessus de Loki, et Sigyn celle qui contient le venin du même serpent.

En travaillant avec Skadi, je suis allée trop loin dans un sens. Ca serait ridicule de dire que la divinité en serait responsable, ce que je veux dire, c’est que j’avais en tête un modèle précis, et je m’y suis trop raccrochée. Toute énergie en excès est néfaste, de toute façon, et je manquais de finesse, sur le coup – même si au début, c’était fort et authentique. Et nos Dieux sont loin d’être parfaits. Accepter cela nous force à voir nos propres problèmes, et qu’on est responsable des forces que l’on appelle… Au contact de Skadi, et surtout face aux épreuves de la vie, je suis devenue froide à l’intérieur, cynique, je me suis coupée de mes émotions. D’un certain côté ça m’a rendu plus forte et plus lucide, m’a permis de me protéger contre certains miasmes émotionnels autour de moi, de partir en quête – mais je suis allée trop loin. J’ai pris ce détachement, cette inflexibilité pour de la maturité alors qu’en fait cela ressemblait beaucoup à de la dépression, lorsque plus rien n’a de l’importance. Je me focalisais sur l’idée d’une revanche, ça en devenait malsain. Et je me suis coupée de ma sensibilité, de mes proches… j’en avais besoin sur le moment, mais j’ai du mal à savoir quand m’arrêter. Je m’en voulais tellement d’avoir souffert par amour ! Quelle marque de faiblesse, je me disais. J’essayais d’être dure avec moi-même, d’être morale supérieurement, d’être un maître zen et une super businesswoman, d’imposer ma volonté et de ne pas me laisser faire, d’avoir toujours un temps d’avance, d’être l’experte de la phrase assassine, de dire merde au monde. Tout mieux que d’être celle qui disparaît dans le papier peint. Eh bien… je me suis étalée comme une bouse. Lol.

Entre Loki, et une phase de ma vie où j’ai laissé les choses partir en éclat en rigolant un peu comme une psychopathe. Enfin, non, je me suis rendue compte de tous ces rôles que j’essaie (mal) de remplir alors qu’ils ne sont pas faits pour moi, que ça marchait pas, et qu’il y avait un sacré boulot à faire encore. Et que c’était pas en étant bien sage, en étant la meilleure de la classe et en suivant bien toutes les règles bien comme il faut que j’allais y arriver. Que le grand guide sur comment réussir sa vie n’existait pas, que le destin ne me préparait pas de plan retraite, que j’étais en train de devenir un zombie, incapable de s’ouvrir et d’être touchée. (qui se prend trop au sérieux en plus). Outils de libération possibles, intervention de Saint Sarcasme, rêves enflammés, cadeaux explosifs. Overdose d’enjeux, de leçons, de choix, d’envies. Je sais plus gérer ma vie, tout est à reconstruire.

Travailler avec Sigyn, c’était ‘full circle’. Arrêter de me culpabiliser, de vouloir être punie. Arrêter de vouloir toucher le fond. Fin de la narrative : maintenant, au travail. Reconnaître mes problèmes, que je ne pourrai pas faire disparaître en le souhaitant assez fort. Vivre au lieu de survivre : déposer les armes dans ce conflit contre moi-même. Me pardonner pas parce que je le mérite, mais parce que j’en en ai besoin. Arrêter de vouloir la reconnaissance à tout prix. Tout ça, ces noirceurs, ce n’est pas une raison pour me rendre misérable, cette mentalité de siège.( Accepter le monstre intérieur ? Je rêvais d’organiser une veille funéraire pour Vali l’autre jour (?) ) Et être gentille ce n’est pas forcément être le dindon de la farce ou la bonne poire. Sigyn m’ancre aux petits miracles de tous les jours, les contacts qui me rendent humaine.  La vengeance est une poursuite stérile qui… envenime les choses jusqu’à la destruction, et n’a rien à voir avec la colère légitime. Ma sensibilité, ma fidélité et mon amour du compromis, de la négociation, ne sont pas un ticket obligatoire vers la médiocrité. C’est là que je trouverai la source de mon courage. Mes amours, aussi douloureux, inappropriés qu’ils soient, me travaillent, me font grandir. Si je veux encore souffrir, ce sera une médecine à mon initiative. Et si j’ai l’air ridicule tant pis, plus on rit plus on est de fous.

L’histoire de ma vie, je pensais jusqu’à lors, c’est de me retrouver soi-disant coincée entre deux factions opposées qui se tirent dans les pattes, avec un dilemme insoluble en ce qui concerne mes loyautés. Mais ces derniers temps, ça s’apaise. Mon intégrité ne repose pas dans mes ‘allégeances’. Regarder la vie comme une gué-guerre entre deux camps, c’est aller droit au désastre. Cette idée qu’il faut choisir un camp ou l’autre, qu’il n’y a que deux choix, c’est un magnifique mensonge. Ca vaut aussi pour la mythologie nordique, je trouve la vue gentils dieux de l’ordre contre méchants géants du chaos assez stupide (et j’adore à quel point on peut trouver des points de résonnance entre ces mythes et la banale vie du quotidien). C’est se priver d’une complexité salvatrice, et libératrice. L’intégrité se fait cas par cas, en voyant la personne (ou l’entité ou tout ce qu’on veut) et la relation, pas l’affiliation ou l’étiquette ou les principes derrière. Si j’ai développé une relation aussi forte avec deux déesses si différentes, possiblement en conflit, je devrais sans doute pouvoir me débrouiller dans d’autres domaines de ma vie…et au final, elles ont des points communs aussi : la simplicité, la sobriété, la valeur donnée à l’action, la force de caractère et le courage de suivre son coeur.

Je vois bien, maintenant, que si Skadi a répondu à mes tentatives de contact, ce n’est pas pour faire de moi une super dominatrice (lol, et encore moins pour mon talent au ski ^^), peut être plus lié au fait que ma route professionnelle m’amène vers la préservation de la nature sauvage, ce qui est certainement un de ses domaines ; et d’autres affinités, mais pas de plan cosmique et tant mieux ( patate!). Je pense à Sigyn et à mon futur engagement humanitaire et l’importance de ne pas prendre la grosse tête et de rester réceptive. Du concret. Avant de pouvoir jouer les révolutionnaires, il faut mettre les mains dans la boue – à la pâte.

Enfin voilà. Une fois encore c’est super personnel, c’est ce qui m’occupe toujours, mais je me fais pas d’idées, je serais pas capable de faire autre chose spirituellement tant que ces leçons ne seront pas digérées.

Publicités

Allégorie

Elle est une offrande
Elle est un jeu qui se joue
Jusqu’à la toute fin
Maintenant est le moment de l’infinité
Amertume et passion
Un pas après l’autre
Nous élevons les enjeux 
Nous tissons ensemble
Avec soin, et précision, et force
Droit au coeur
Nous chantons ses louanges
Elle est l’âme de la symphonie
Nous connaissons son vrai visage
Une seconde avant le saut – 
 
Celle-qui-lance-les-dés
Flèche droite
Chemins sans fin
Elle est le feu dans nos coeurs lorsque nos yeux se rencontrent
L’ivresse de la course
Le calme au coeur de la tempête
 
Nous sommes ses gens –
Au sang fier, au pas confiant
Nous la sentons lorsque le printemps devient humide et luxuriant
Dans la noirceur du soleil d’été écrasant
Dans la beauté cruelle du déclin
Dans le triomphe pur du froid brillant
 
Toujours nous répondons à son appel 
Chair, os et moelle,
Nous entendons ses cris silencieux
Nous nous levons et nous empruntons la route
Nous marchons toujours.
 
Elle nous habite
Horreur et courage et grâce
Oh mère du temps
Dame de l’heure la plus noire
Nous plongeons dans les profondeurs
Et sommes changés pour toujours
 
La richesse du sol fertile
La compassion de la nuit
Les chemins vers les rêves
Les vents du changement et du chaos
Les chants de la bataille
Le réveil de l’orage
La poésie des carrefours
Le courage de la lionne
La danse de l’oiseau téméraire
Le secret des voies anciennes
L’audace de réinventer le monde
Les spirales de la vie et du temps
A travers naissances et unions, morts et funérailles, 
La simple joie de grandir et vieillir en ce monde, 
Toujours toi, notre Reine !