Une cabane lovée dans le feuillage… Ma tanière de sorcière au fond des bois. Mon boudoir… poudres,éclats de rire et élixirs. Esprits en ébullition, chasseurs de rêves, et visiteurs en tout genre, tissez vous dans ma toile …

Nouveau

It’s the end, my friends

Le Repaire d'Elliska

(Je suis en train d’écouter les Doors, parce que j’aime bien être obvious)

Je vais fermer mes deux blogs, la Cabane Boudoir et le Repaire d’Elliska, ainsi que mon compte Facebook païen, dans pas très longtemps. Pour une raison assez simple, je ne me sens plus à ma place dans le monde païen moderne. Ce que j’ai écrit sur ces blogs représente une époque révolue de ma vie, dans laquelle je ne me retrouve plus. Il est donc temps de tourner la page.

Je ne ressens plus tellement le besoin de parler de spiritualité, en fait. Et pour être honnête – le terme de païenne me tiendra toujours à cœur, un beau symbole de multiplicité et de diversité ontologique – mais je suis probablement athée, si on devait simplifier les choses. Je ne crois plus tellement à une réalité transcendante. Énergie, magie, croyance, dieux… là où j’en suis, ce sont…

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Bye Bye Babies – Appelez moi Elliska

Joyeuse nouvelle année à tous !

Pour ma part, en 2014 je fais peau neuve, et cela commence par un changement de pseudo païen. ‘Skadi Bella’ c’est une autre époque, que je laisse derrière moi, avec un peu de nostalgie, certes…

Depuis quelque temps déjà je ne me sens plus à l’aise avec le fait de porter le nom d’une divinité, aussi proche d’Elle que je puisse être, cela me paraît…présomptueux ? trop fusionnel ? mal adapté ? Je ne le regrette pas et je lui en suis éternellement reconnaissante, de m’avoir par la sorte protégée et marquée en quelque sorte. Mais j’ai choisi ce pseudo à l’époque où je voyais les Dieux avant tout comme des mythes et des archétypes, et je suis sortie de ce paradigme, cela me paraît donc mal approprié de le garder.

‘Elliska’ est un mélange de mon surnom courant et du nom de ma Patronne, donc, un beau mélange de l’ancien et du nouveau, de mes deux vies qui s’accordent de manière de plus en plus harmonieuse, symbole d’apaisement et de réconciliation. Simple, efficace. Franchement pour moi, il coulait de source.

Et c’était donc l’occasion de tourner la page sur ce blog aussi, et d’ouvrir Le Repaire d’Elliska. ( Un site, peut être, j’aimerais bien, mais pour l’instant un blog faute de logistique et de temps ) Bien sûr, je vais continuer à écrire. Je ressens le besoin d’aller plus en profondeur dans les recherches et réflexions – on va voir ce que cela va donner. Lorsque je reviens sur ce que j’ai écrit ici, j’en suis fière mais je vois aussi clairement mon évolution, certaines lourdeurs et naïvetés du passé, dont j’ai besoin maintenant de me détacher.

Voilà, merci à tous mes lecteurs, à ceux qui ont pris le temps de laisser des commentaires, à ceux qui ont débattu avec moi sur ce que j’ai pu écrire, en ligne et en direct. Au final, écrire sur ce blog a été une expérience très enrichissante et positive pour moi- m’a permis de mettre des mots sur mes réflexions et orages intérieurs, de développer ma voix, de débattre avec des gens fascinants, et même de rencontrer des gens géniaux face à face. J’espère avoir pu vous apporter deux trois trucs en retour, des sourires peut être, des questions, des idées.

Plutôt que de le désosser et de le remonter avec une autre figure, je vais laisser ici en l’état ce blog, un petit souvenir de mon époque de bébé-sorcière, des voyages et des explorations de l’époque, des échanges. Je répondrai toujours aux commentaires, mais il n’y aura pas de nouveaux posts. Pour la suite, ce sera ici 😉 

Adieu étrange été

So long, Summer of Weird ( and thank you for the fish )

C’était un été bizarre. Pour moi, plutôt un hiver métaphorique, d’ailleurs : attente, introspection, douleur et soulagement, esprit cotonneux, nerfs enflammés,  suspension, relâchement, dissémination.

Les murs entre les différentes parties de ma vie se délitent. Sous mes anti-douleur à l’opium, je vois une ballerine aux yeux rouges, aux cheveux gris maintenus en un chignon gracieux au dessus de sa tête, la voix douce, couvant une ironie tranchante. Elle danse dans des volutes de fumée. Je pers le chemin vers mes névroses habituelles. Je ne sais juste plus.Mes amis païens viennent dans ma maison d’enfance, rencontrent mes cousins et mes amis de lycée, toutes les périodes de ma vie se mélangent, je suis trop perchée pour me mettre les nerfs en pelote.

Je fais un rituel de guérison et je sens mon corps devenir lande, terre de bruyère. Je prends le bus pour aller chercher du millepertuis à la campagne, mais j’ai trop mal au dos, pour arriver au bout. Je marche sous un soleil de plomb en zone industrielle, paumée, et le seul millepertuis que je trouve pousse au bord d’un rond point, vie tenace. Je me pose dans un parc en bord de route, je trouve une plume de corbeau, et Odin vient à moi. Il me dit d’accepter, enfin,(!) ce qui vient, l’histoire qui est la mienne et je trouverai la force lorsque j’en ai besoin pour dire non.

Je me sens comme un arbre frappé par la foudre, les problèmes de la colonne vertébrale, c’est horrible, c’est toute votre fondation qui ne tient plus la route. Un bonne leçon de ce qui se passe lorsque j’essaie d’être forte à tout prix, pousse trop loin, ne prends plus soin de moi-même. Il fallait que je l’entende d’une manière ou d’une autre ; la magie n’est pas une épreuve de volonté contre la vie, c’est un petit coup de pouce dans le sens du courant, c’est essayer de bouger en rythme. Devenir roseau, je n’ai plus le choix. Il n’y a pas de loyauté ou de cause à laquelle je doive ma vie. Ach patate !

Je m’endors sur la plage en écoutant mon podcast d’histoires d’horreurs poétiques, entre aliens et Lovecraft in love, et en me réveillant,  en regardant la lumière du soleil couchant miroiter sur l’océan, pour quelques secondes, je suis convaincue d’être sur une autre planète, et je sens les bêtes immenses et monstrueuses qui jouent et vivent sous la surface de l’eau, l’harmonie du chaos, les étoiles dansent, et sans savoir pourquoi, j’ai les larmes aux yeux. Je vais arrêter de vouloir trouver un ordre et une logique à tout ce qui m’entoure. C’est bon.

Maison d’été et réunion de famille, cris d’horreur, une peur de fausse couche. Avec ma coloc, on fait une prière, un envoi d’énergie, dans l’urgence. Je prie à Frigg pour qu’elle protège le futur bébé. On s’en fout que je suis pas au top, que je suis en crise de foi, il faut essayer. Je suis sorcière, ça me retombera toujours dessus. Dans des moments comme ça, les questionnements existentiels n’ont que peu d’importance. Ce n’est pas une morale à ton histoire, il n’y a pas une leçon qui t’appartienne ici, juste tais toi et fais le nécessaire. Le foetus va bien, au final.

On m’apprend que je dois être opérée, je vacille, je m’imagine en fauteuil roulant, esprit dramatique toujours, on se refait pas, on apprend juste à se foutre de sa propre gueule. Je marche, je m’allonge sous des cèdres, au bord de la route, je pleure, je pense à tous mes projets de voir le monde. Je regarde les frondaisons de mes arbres gardiens, que je semble toujours trouver près de moi où que j’aille, leur force verticale et profonde d’arbre-monde. A ce moment je sais que je conserverai la grâce quoi qu’il arrive, au bout du chemin. Je sais voyager en esprit, je ne suis jamais impuissante, je saurai bouger des montagnes, et je vais faire face. Je remercie mes Dieux d’être née dans cette époque, et d’avoir une famille qui prend soin de moi – sans leur aide, ça aurait tourné au cauchemar.

L’humour débile, c’est la meilleure expression de la grâce. Je chasse mon petit neveu autour de la table du repas en imitant les feulements d’un tigre, en boitant comme une vieille furieuse. Je retourne les commentaires acerbes de ma grand mère contre elle, elle ne peut rien dire parce que, c’est la faute aux anti-douleurs, ils me retournent la tête, n’est ce pas ? Et lorsque elle et ma tante se mettent à commenter le physique de ma belle-mère et moi, je les envoie chier, bande de commères de village à la foire aux bovins. Nouveau pour moi. Good times. Avec ma cousine. On fait le tour du village balnéaire neuneu-jetset en mettant ‘Fuck you’ de Lily Allen à fond, et en chantant de nos plus belles voix de casseroles.

Ma belle-mère a ramené de son boulot des palettes et des palettes de myrtilles non aptes à la vente, et on fait des confitures, et des muffins, et on en a par dessus la tête, c’est décadent. Je lis des poètes beatnik et lorsque je suis perchée, ça fait tellement sens, mais ça va nulle part, mais ce n’est pas grave, je me vois déjà sur la route. Je rêve que je sors avec un gardien de cimetière qui a piqué son manteau à la Faucheuse. J’arrive au bout de ma patience, de la douleur nerveuse, de cette putain de hernie, j’en ai marre d’être un poids, de devoir demander de l’aide pour la moindre des choses. Et en même temps, elle me concentre. Me rend brute, honnête. Je suis trop fatiguée pour faire quartier aux trucs futiles. Mes dieux restent silencieux, je fais face à moi-même.

Je suis passée sur la table d’opération. Bien passée. Je suis à l’ouest. La douche à la bétadine, c’est dégueulasse. Je travaille mon bouclier énergétique pour ne pas me laisser envahir. La solitude reste pesante. Je me sens comme une poupée de chair entre les mains des infirmières. Le soir, on parle d’expériences de mort proche et ma belle-mère si apparemment plan-plan parle de sa grand-mère qui faisait du spiritisme, et leur enseignait des sorts, et j’explique à mon père qu’au final, on s’en fout de savoir si ça existe vraiment ou pas, parce que dans tous les cas, ça en vaut la peine. Je m’engage.

Allongée dans ma chambre d’hôpital, vers trois heures du matin, après la dissipation de la morphine, la douleur a disparu à part une légère brûlure au niveau de la cicatrice, et j’écoute l’équipement de ma voisine qui bouillonne tranquillement, comme un chaudron déplacé. Je me rends compte que j’ai des choses à faire, à dire, et maintenant je sais quoi, et je sais comment. Et je suis ok. Je suis sortie de la grande période de confusion en un seul morceau.

Rentrée, j’aimerais sauter dans tous les sens, mais je dois être corsetée, faire attention au moindre de mes mouvements. J’apprends qu’un de mes camarades de primaire s’est tué dans un accident de voiture, conducteur ivre et falaise. C’est absurde. J’ai l’impression de ne rien sentir. Il pleut.

Avec ma soeur, on rit, parfois noir, et on partage jusqu’aux petites heures du matin. On est si différentes, et on a la même faim de vie, la même ambition, et je suis fière d’elle, de sa capacité à garder à la fois la tête haute et le coeur tendre dans le tumulte. Je retisse des liens, je solidifie des ponts. J’apprends que je peux continuer mon mémoire sur la protection de la biodiversité. Lorsque je me balade dans un de mes parcs d’enfance en bord d’autoroute, je me dis que je sais pourquoi je travaille, avant que le moindre écran de verdure ne devienne un luxe. Je sais où je vais, et mon sang fourmille comme de la sève. A l’envers, automne printemps. C’est ça aussi la spiritualité dans la vraie vie. C’est indétachable du reste, et ça part dans tous les sens.

Demain, c’est la rentrée. Je me suis laqué les ongles en rouge vif, mode ready set go. Je ne suis pas prête, mais tant pis. Ma nouvelle philosophie de vie, c’est tant que je n’aurais pas eu à pisser à travers une sonde, je suis sûre que je peux trouver le bonheur quelque part, où qu’il se cache.

Pourquoi ?

Lorsque j’ai décidé de parler de ma spiritualité à mes proches, je me suis mise à réfléchir avant toute chose à comment en parler en termes rationnels et clairs – compréhensibles pour ceux qui n’ont pas la fibre mystique. C’est peut être un compromis, une vulgarisation, mais au final pour moi c’est une démarche plus intéressante que ce que j’ai beaucoup fait jusqu’à alors ‘Ces mécréants ne comprendront jamais rien à la vie de toute façon » (lol). Surtout, dans ce processus, j’ai tenté de rendre intelligible à moi-même ce que je faisais – à la partie de mon cerveau qui a besoin de théories cohérentes pour avancer, pétrie de doutes et de scepticisme. Mais là on risque aussi de s’engouffrer dans la spirale des justifications et du besoin d’acceptance et de reconnaissance. Mais bon merde hein je me suis dit, le jour où j’aurai une explication qui me conviendra à moi-même je serai déjà super contente et merde au reste.

Une des questions qui revenait souvent c’était ‘pourquoi tu es une sorcière/païenne ? Pourquoi tu t’intéresses à ce genre de sujet ? Pourquoi tu fais ce que tu fais ?’ C’est vrai que j’ai jamais eu d’expériences paranormales ou hors du commun, ou un gros bouleversement qui m’a poussé à en venir là, ou alors des talents naturels pour telle ou telle activité occulte, comme on l’entend souvent. J’ai du me fabriquer mes propres réponses, et j’ai développé au fil du temps des réponses qui me plaisaient beaucoup, intellectuellement justes et honnêtes : cette spiritualité me permet d’exprimer mon amour de la nature et ma quête de sens de manière autonome et créative, ainsi que ma passion pour l’histoire et mon besoin de continuité à travers le prisme du culte des ancêtres ; la figure socio-politique de la sorcière est une construction fascinante, un mélange de subversion, de tradition, de dévotion et d’irrévérence, un symbole des marges avec lesquelles je me sens une affinité ; j’ai trouvé une communauté (dans son ensemble) diverse et colorée satisfaisant mon désir d’appartenance et rencontré des gens géniaux, dans laquelle je me sens généralement en confiance et en sécurité, une zone de tolérance et d’expression libre ; cela correspond à mes valeurs – respect de la nature et de l’humain, solidarité et interdépendance, construction d’un monde meilleur ; c’est de la spiritualité qui s’approche de l’art et nourrit mon sens esthétique et poétique, etc…blablabla. Donc voilà mon cerveau il est content, c’est bien, mais bon tout ça c’est plutôt le glaçage que le gâteau. En dedans, c’est bien plus moelleux, gluant, fondant et salissant. En fait la raison pour laquelle je suis sorcière, essentiellement :

– Déjà ben c’est le pied franchement, et ça c’est la part qui ne s’explique pas, qui relève des mystères, mais vous savez sans doute de quoi je parle. La sensation de connexion, d’harmonie parfaite durant certains rituels où tout semble être à sa place dans le monde, qui s’évaporent ensuite, les petites illuminations, les blagues privées à partager avec « l’Univers », les déchirements salvateurs, et les moments d’extase douloureuse, où on a presque l’impression de sentir la Roue tourner, témoins accidentels ( ou pas ) de quelque chose qui nous dépasse si totalement que… bref, ouais. Wooohooo !

– De l’auto-préservation, bizarrement parce que : d’un côté, lorsque j’ai peur de devenir folle, cela me rappelle de garder les pieds sur terre, de sortir me balader, de méditer, que je ne suis jamais seule, que la vie est belle malgré tout, que je suis juste de la poussière au final. Et lorsque j’ai peur de m’encroûter, de me laisser encager par mes peurs et mes limitations, ça me secoue et je sais que de toute façon il y a cette partie de moi qui préférera s’exploser plutôt que d’en arriver là et étrangement ça me rassure, ma grenade de sécurité. Au final c’est une manière de trouver l’équilibre au milieu, d’envoyer chier mes démons et chimères. Une manière de continuer quoi.

– Le pouvoir, la libération : ‘pouvoir-en-dedans’ comme le dit Starhawk… le pouvoir de trouver la troisième voie : de s’émanciper de l’histoire répétitive dans laquelle on est coincé, en boucle, le pouvoir de fixer soi-même les termes de l »engagement, de se définir soi-même sans avoir besoin de justification extérieure, le pouvoir de distinguer le vrai du faux, de payer ses dettes, de se détacher des déterminismes qui nous pèsent dessus – la biologie, la génétique, les cadres sociaux, les héritages, les rôles, les prédictions, les analyses, les prévisions, toutes ces vagues parodies de destinée – de d’être prévenu des motifs qui se dessinent dans le hasard avant que ceux-ci nous écrasent, et de trouver la faille dans le système. Le pouvoir de faire naître au monde ces rêves, pour de bon, compter pour quelque chose ; donner un sens à ces épreuves peut-être, sans doute pas. En tout cas, le pouvoir d’assumer pleinement ses actes, d’agir en connaissance de soi et de cause, de l’histoire que l’on écrit avec ses actes. Le pouvoir de se transformer, la force de faire face à ses démons, de les embrasser, de les retourner, de les faire muter en quelque chose d’autre…Pour compenser les risques qu’on prend, on aimerait bien avoir juste un peu plus de chance que le voisin, mais non, ce n’est pas comme ça que ça marche. Se libérer des stratégies dans lesquelles on se perd trop souvent, aussi. Arrêter d’être un robot, devenir une vraie petite fille. De toute façon, on ne voit jamais la fin de ce qu’on entreprend, et c’est peut être perdu d’avance, mais tant pis. Le pouvoir : pas de prévoir le futur ou de plier les gens à sa volonté, mais de voir des options novatrices, de les charger de pouvoir, d’y croire soi même, de leur donner de la valeur et de la chair, de les chérir et de les protéger du mauvais temps, de s’engager sur la durée, de les construire petit à petit, et peut-être, si les Puissances l’accordent, de pencher la balance incertaine de notre côté ( ça je suis jamais sûre). En tout cas, mettre les chances de notre côté, même celles qui sont incompréhensibles, mystérieuses, inconnues, pas de notre ressort. Je sais, y’ a les lois de la nature qu’on connaît, il y a ce qu’on comprend et ce qu’on a prévu et ça peut toujours nous aider – mais aussi, on peut peut être aller au delà. A voir. A côté de notre jardin bien entretenu il faut toujours un carré de mauvaises herbes, et toujours une place pour un peu de chaos dans nos plans bien faits. Les failles, les solutions, les bonnes questions viennent souvent de là. Les clés pour débloquer le pouvoir. Une à la fois, petit à petit, sans surenchère, sans brasier mortel, sans explosion éphémère, lentement mais sûrement, pour que cela s’ancre sans retour.

C’est peut être pas les réponses de la sorcière bien équilibrée, ce n’est pas très explicable, mais ce sont bien les miennes, autant faire avec. J’aimerais bien, quelque part, me cantonner à écrire des articles sur mes nouveaux tarots et mes macérations de plantes mais au final ça n’arrive jamais, je me retrouve toujours à écrire avec mon sang sur le papier. Je me retrouve souvent en errance, des notes incohérentes plein les bras, dans mes rythmes intérieurs, il faut un temps pour la prise de tête/de tripes j’imagine. Ce sont les plans et les ébauches pour des fondations saines. Cela fait presque une décade que j’ai choisi ce chemin comme une évidence certes, mais aussi un rêve à conquérir, et pour l’instant, je ne suis pas arrivée à en être satisfaite, peut être parce que je ne voyais pas ma propre tête dans le miroir mais une image toute faite et figée. J’ai fait des tas et des tas de listes de ‘à faire’ dans tous les domaines de ma vie et ça s’empile sans que rien ne change, parce que j’essaie de mettre des chaussures qui ne sont pas à ma taille, d’enfiler un rêve fait pour quelqu’un d’autre. C’était certes une lumière au bout du tunnel à une époque où je ne comprenais rien à rien, où je devais me camoufler pour survivre, où je n’avais pas les outils en main. C’est très général ça, mais en gros en magie c’était l’un des premiers domaines où je pouvais essayer des outils, au moins. J’ai une vision très totale de la magie, il faut dire, ce n’est pas qu’un changement au niveau de l’énergie, mais aussi de la perception, de la vision du monde. Cela rend la notion de représentation essentielle. Les histoires que l’on se raconte aussi.

La raison pour laquelle je me re-pose cette question en ce moment c’est parce que je suis totalement déprimée et que j’ai totalement perdu de vue le pourquoi, et toute espèce de motivation – mais je sais aussi que laisser tomber, ça ne fera qu’empirer les choses. L’avantage de la dépression, c’est une sorte de lucidité terrible. Et j’ai plus la patience ou l’énergie de faire des trucs pour prétendre, ou plaire à d’autres, ou me donner des airs, ou même par pure curiosité intellectuelle, simplement pour voir. Aussi j’en ai marre d’ignorer mes intuitions et mes ressentis histoire de mieux m’intégrer ou ‘d’élargir ma vision du monde’ ou cette étrange disposition de l’esprit qui consiste à penser que si l’autre dit un truc un tant soi peu intelligent ou cohérent, il a raison et j’ai tort. On s’en fout de savoir qui a raison de toute façon. Concrètement, ça donne quoi ? Ben par exemple, la divination, ça ne m’intéresse pas au sens strict de prévoir le futur, je trouve ça totalement anxiogène et presque malsain ( comme tout ce que je dis, c’est un ressenti personnel, chacun sa route. de toute façon les gens qui disent pouvoir prévoir le futur ça me fait rire gentiment, c’est tellement incertain…) j’aime tirer les cartes pour apercevoir différents aspects du présent, dialoguer avec son inconscient et peut être avec les puissances, mais cela ne veut pas dire que c’est une parole divine qui doit faire figure de loi, ou faire office de ‘présage’ nous flottant au-dessus de la tête comme une épée de Damoclès. C’est vrai parfois ça dit des choses difficiles à entendre, mais des grosses conneries aussi, et vouloir s’y raccrocher à tout prix, pour moi, cela tient presque de la superstition, et je n’aime pas trop la position que cela donne par rapport à l’autre. En tout cas, ça doit rester des pistes, et à petite dose. Je préfère travailler à affiner mon intuition. Donc je vais arrêter de tirer les cartes pour les autres pour faire plaisir, arrêter de laisser mes cartes trainer par terre n’importe quand et de les tirer quand je suis fatiguée ou pas au top. Parce que la seule chose que j’ai accompli en général c’est créer matière à psychoter, et ça c’est pas bon.

Autre exemple : là c’est clair je sais que je n’aime pas faire du spiritisme. J’ai essayé plusieurs fois parce que je voulais voir par moi même, je trouve la panique type hollywood assez ridicule, j’y croyais pas vraiment, et puis pour aider des amis. Mais c’est clair, je n’aime pas la manière dont je me sens après : vidée, en décalage, mal dans ma peau, comme si je n’avais pas les yeux en face des trous. Je ne suis pas assez expérimentée pour ce genre de truc, et de toute façon cela ne m’intéresse pas. Je ne regrette pas de l’avoir fait, mais ma dernière expérience, où on a interagi avec un esprit voulant notre aide pour passer de l’autre côté, m’a ouvert les yeux : ok peut être que c’est notre propre énergie qui fait bouger le verre et les esprits ça n’existe pas mais dans l’éventualité que c’est en effet ce qu’on est en train de faire, ce n’est pas quelque chose qui se fait pour voir et à l’arrache ou pour des raisons futiles : c’est un manque de respect, c’est dangereux, on se retrouve à promettre des choses sans vraiment le vouloir et on se signale comme porte ouverte pour ce genre d’interactions, or ce n’est pas dans mes intentions. Mon énergie de vie en ce moment est trop basse pour que je puisse me le permettre. C’est assez paradoxal parce que c’est la première fois que je me suis débloquée dans ma tête au niveau des doutes – ( toujours avec l’aide de Sigyn : l’empathie est un canal redoutable…) et je me suis rendue compte que si je m’impliquais, il fallait aussi que je me prenne plus au sérieux. Mon lien avec mes Dieux me fait souvent sentir que je suis protégée mais ce n’est pas une excuse pour faire n’importe quoi. Et puis je commence à bien savoir faire le tri entre ce qui tient de la parano et des doutes légitimes. C’est bien d’être ouvert d’esprit mais à un certain dosage ça devient pathologique.

Au final il faut que je me rappelle que mon but ce n’est pas une cabane au fond des bois avec un joli chaudron, de sauver le monde, devenir une sainte-méga-prêtresse parangon de sagesse, d’avoir tout compris, de plaire à tout le monde, d’accumuler les herbes, les encens et les pierres, de préparer le Retour des Dieux, d’être à 100% éco-responsable et irréprochable, de rallier la communauté, d’être la nouvelle Starhawk (lol). Si je dis que je veux m’éclater, me remettre debout et éviter de devenir folle, écrire mes propres histoires, prendre le pouvoir et aider les autres à en faire de même, ça fait peut être pas super net mais au moins ça sera plus honnête. Hier, j’ai fait un tirage sur la lignée familiale et au niveau de mon apport personnel à l’histoire de la lignée, c’était : le Roi du Vide (nihilisme cosmique) + le Chariot (aller de l’avant, réconcilier esprit et matière). Hmmm… je me dis que si la pourritude ambiante de ma vie en ce moment m’aura appris quelque chose, je serai contente. 

 
King-of-VOID
7-The-Chariot
(Cartes du jeu Tarot de l’Aube Numérique, Egypt Urnash, Review à venir !)

Liebster Awards

*Mode blabla* J’ai reçu un Liebster Award de Nuno, Hédéra et Lucy Dreams. Merci ! ❤ Je vais pas nominer d’autres blogs parce que j’ai pas d’inspiration pour les questions et de toute façon la plupart des blogs que je lis ont été nominés il y a des plombes. Je m’y mets tard mais mieux que jamais ^^

Onze trucs sur moi :

– Je suis à moitié néerlandaise ( par ma mère ) et j’en suis super contente.
– J’ai une soeur qui est née le même jour que moi à six ans et une heure d’écart.
– J’ai découvert le paganisme grâce à une interview de Starhawk trouvé dans un magazine que ma mère gardait dans les toilettes.
– Je collectionne les opales.
– J’ai un tatouage dans la nuque représentant cinq pépins de pomme arrangés en étoile, le pépin du haut contenant un minuscule arbre de vie. Je projette d’en faire un autre pour mes 23 ans, les dix ans de mon voeu d’être sorcière.
– J’adore écrire et j’en ai besoin, c’est thérapeutique, au moins tous les jours dans mon carnet de bord, et je suis tout le temps en train d’inventer des histoires dans ma tête ( même si j’ai pas encore réussi à produire quelque chose de montrable -_- )
– Je suis assez introvertie, je n’aime pas trop les grands groupes ou parler en public, j’ai besoin d’être seule pour me recharger, j’aime le calme et le silence, j’aime prendre mon temps,  et je trouve ça difficile d’exprimer ce que je pense à l’oral.
– Je suis une anglophile à fond ^^ J’aimerais vivre en Angleterre plus tard, je suis très fière de mon niveau d’anglais ( qui m’a permis de réussir mon concours d’entrée ) – la plupart des séries, livres, musiciens que j’aime sont anglais, j’aime même la nourriture ^^. En revenant d’Amsterdam, je me suis rendue compte que j’avais du mal à écrire en français après un an dans un milieu académique anglophone. -_-
– J’adore les roses, surtout les vieilles anglaises grimpantes. Cela vient sans doute de mon jardin d’enfance qui en était rempli, tellement que la saison venue on faisait des batailles de pétales de roses avec mes amis ❤
– Je fais du chinois en seconde langue. Argh. C’est dur. Mais la Chine, c’est vraiment un pays fascinant, une plongée dans un autre monde, et je me suis fait des contacts géniaux en allant sur place.
– J’ai tendance à avoir des rêves de ouf, mais ça me soulage quelque part. Thèmes récurrents : zombies, fin du monde et post- apocalypse, missions d’infiltration, la résistance durant la seconde guerre mondiale, tsunami, guerres en tout genre, mélangés à de la politique et des personnages imaginaires et divins. ça donne Odin déguisé en Père Noel qui enquête sur des crimes façon CSI: Valhalla, Voldemort en train de mettre une bombe sous la voiture de Yasser Arafat ou pause cigarette avec Obama déguisé en clochard pour échapper aux zombies. Lol au moins je m’ennuie pas. J’ai des révélations spirituelles aussi parfois, si si…ça m’arrive souvent de me réveiller et d’être, genre, WTF ? Le journal de rêves m’aide vachement à m’en souvenir et du coup, voir des tendances, c’est fascinant.

Les questions d’Hédéra :

1. Vous êtes plutôt du matin ou du soir ? Soir. Ou matin très tôt. J’ai une fâcheuse tendance à décaler mon cycle de sommeil…
2. Votre tic de langage le plus fréquent ? je dis tout le temps ‘putain’. Je crois que c’est depuis que ma grand-mère m’a dit que c’était pas joli dans la bouche d’une jeune fille de bonne famille…
3. Votre livre fétiche ? C’est trop dur comme question de choisir un seul livre ! Le livre qui m’a le plus touchée récemment, c’est The Botany of Desire, de Michael Pollan.
4. Le film le plus nul que vous ayez vu ? Zardoz. Epiquement nul. Sean Connery en moustache et slip cuir rouge et une tête géante volante qui crie ‘le pénis c’est le mal’. Wow.^^
5. Si vous deviez n’emporter qu’un objet sur une île déserte, ce serait quoi ? Bah je sais pas un couteau ? Histoire d’avoir plus de chances de survivre…
6. Une phobie ? Non, pas vraiment
7. La personne que vous admirez le plus ? certains de mes anciens profs d’histoire et ma prof d’anglais du collège. Caitlin Moran, Eva Joly. Starhawk. Galina Krasskova. Dumbledore lol
8. Si vous deviez vous réincarner en animal, lequel choisiriez-vous ?  chauve-souris ou chat
9. Avez-vous déjà triché (à l’école ou plus tard) ? Rarement, pour les exams à la fac, lorsque c’était vraiment la dèche. Meilleure astuce : avec une amie, on portait des jupes, on s’est écrit sur les cuisses en dessous, parce que personne ne nous aurait jamais demandé de voir ^^ après il faut s’asseoir en haut de l’amphi…
10. L’endroit que vous aimez le plus ? Dans la forêt avec du soleil qui filtre à travers les arbres, une niche dans les racines au pied d’un chêne pour pouvoir bien se caler avec un livre.
11. Vous croisez une fée qui vous accorde 3 souhaits, que demandez-vous ? Heu, de mon point de vue d’étudiante fauchée, de l’argent, la santé pour moi et mes proches, et un voeu en rab pour quand j’en aurai vraiment besoin et je saurais mieux quoi en faire ^^

Questions de Nuno :

Si vous deviez mettre seulement un mot sur votre pratique, lequel serait-il ? En ce moment ? Rassemblement.
Et une image ? 530999_382304825180816_203058759_n
Avez-vous dans votre parcours rencontré un « vrai Sorcier/e », du genre de celui qui aurait changé votre vie, qui vous a fait prendre un véritable tournant ? Bah je vois pas trop ce que ça veut dire qu’un ‘véritable sorcier’ sinon mon parcours a toujours été enrichi par des rencontres avec des gens ‘éveillés’ qui m’ont inspiré et m’ont fait entrevoir de nouvelles possibilités.
Votre encens favori ? J’en ai pas vraiment, je suis pas très encens. Je préfère diffuser des huiles essentielles.
Un style vestimentaire particulier ? Le mien. Rouge, noir, rose, un peu rock ou romantique ^^
Courir comme un cerf dans les bois, s’enrouler la nuit dans une grande couverture en buvant du maté ou danser dans les fumées lourdes de l’encens ? hmm …les trois ? la belle vie quoi. Quoique, quand je suis dans les bois, je préfère marcher.
Votre famille vous sait-elle païen (si vous êtes païen) ? A-t-elle une place particulière dans vos pratiques ? Ma famille proche est au courant, pour les autres c’est pas la peine. J’ai fait quelques rituels avec ma mère…
Votre witchy kit de survie ? Une bougie rouge, un oeil de tigre, de l’eau de floride, de l’huile essentielle de menthe poivrée, du sel, mes petits dés, ma vieille clé rouillée, mon couteau avec le manche en bois de cerf, mon petit hochet.
Votre clé pour changer d’état de conscience ? Je ‘pars’ assez facilement sans aide, sinon j’aime beaucoup le son du tambour, la lumière des bougies, le laurier et l’armoise, et simplement l’état d’esprit des gestes rituels. Et les rituels nocturnes en nature, sinon.
Le tableau, ou l’œuvre d’art qui vous ressemble (mettez une image)? Pourquoi ? En ce moment ? The Hanged Man, Molly Crabapple

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Comment voyez-vous venir 2013 ? Un nouveau départ, j’espère…

Questions de Lucy Dreams :

  1. Jour ou nuit? Nuit
  2. Thé ou café? J’adore le thé. Le café c’est juste dans les cas désespérés parce que ça me rend super chiante et sur les nerfs. Je bois du coca light quand je veux pas dormir.
  3. Si tu n’avais que 3 vœux… trois autres voeux ? le pouvoir de voler, un chat familier qui parle, et heu…la faillite de plusieurs grandes multinationales agro-alimentaires aux pratiques limites, soyons fous.
  4. Quel est le proverbe que tu cites volontiers et pourquoi? Heu…là jsais pas.
  5. Pour ou contre les enzymes gloutons? heuu…je ne comprends pas cette référence ^^
  6. Que sais-tu faire de tes mains ? Je fais des très bons hot cross buns à l’anglaise
  7. Tu te souviendra toujours du jour où (champ libre!) j’ai marché les pieds nus dans la rosée et les pétales d’aubépine sur la colline de Tara en Irlande…
  8. Quelle est la plus belle offrande selon toi? déjà, le fait de dépasser un blocage sous l’égide d’une divinité. Ensuite, j’aime le travail manuel comme offrande, et les fleurs et les fruits, et les mots aussi…
  9. Un ouvrage qui t’a beaucoup apporté sur le plan spirituel ? Dreaming the Dark de Starhawk ( en français Femmes magie et politique )
  10. Y-a-t-il un animal ou un végétal qui tient une place de choix dans ton cheminement spirituel et pourquoi? Donc mon animal de pouvoir est la chauve-souris, et sinon loup et biche font partie de mes guides. Pour la plante, l’églantine. Sinon où que j’habite je me trouve toujours un ‘arbre gardien’ en général un chêne ou un cèdre.
  11. Tu te sens vivre quand…je lis un bon livre, j’ai des longues conversations avec mes amis, je me balade à la campagne…ou quand la vie me fait des surprises agréables, ou en entamant un projet inspirant.

Bon allez quand même, des questions pour Lune de l’Envol de Freya :

1. Quel est ton thé préféré ?
2. Premier souvenir d’une expérience du sacré ?
3.Tu te vois où dans cinq ans ? 😉
4.Personnage fictif préféré ?
5.Quelle carte du tarot te représente le mieux ?
6. Si tu pouvais avoir ton temple/endroit sacré personnel idéal, a quoi ressemblerait-t-il ?
7. Une chanson que tu passes en boucle en ce moment ?
8. Si tu pouvais visiter une époque du passé pour 24h, laquelle ?
9. Fleur, plante, arbre préférés ?
10. Un grigri, porte bonheur ou objet magique que tu portes en permanence avec toi ?
11. Déjà tapé un fou rire pendant un rituel ? Pourquoi ? Et sinon, une erreur qui s’est révélée être une bonne chose au final ?
 

Rencontres – Sigyn ( jour 28 et fin )

Il faut le dire, je ne m’y attendais pas, d’accrocher autant avec Sigyn. C’est un formidable retour de balancier dans l »autre sens », après avoir travaillé longtemps avec Skadi. Il faut dire que ces deux Déesses sont symboliquement, et dans leurs énergies, diamétralement opposées.

Skadi ne pardonne pas, elle est une vengeresse. Elle est dure, brillante, splendide, sauvage. Elle est une diplomate, une meneuse de clan, une chasseresse. Sigyn est une déesse de la compassion. Elle est discrète, joyeuse, tendre. Elle est une mère au foyer, une guérisseuse. Skadi a le béguin pour le Dieu sans doute le plus (trop) populaire, alors que Sigyn est mariée au Dieu qui sert de bouc-émissaire au reste du panthéon. Skadi est une déesse d’action qui se caractérise par son indépendance, elle a d’ailleurs divorcé sans problème, alors que Sigyn est connue pour sa fidélité avant tout. L’énergie de Skadi rappelle l’immensité de la montagne, les étendues neigeuses, le hurlement des loups, celle de Sigyn la chaleur du foyer, la beauté de fleurs sur le point d’éclore, le rire d’enfants en train de jouer, le contact de mains qui caressent et contiennent. Skadi est celle qui place le serpent au -dessus de Loki, et Sigyn celle qui contient le venin du même serpent.

En travaillant avec Skadi, je suis allée trop loin dans un sens. Ca serait ridicule de dire que la divinité en serait responsable, ce que je veux dire, c’est que j’avais en tête un modèle précis, et je m’y suis trop raccrochée. Toute énergie en excès est néfaste, de toute façon, et je manquais de finesse, sur le coup – même si au début, c’était fort et authentique. Et nos Dieux sont loin d’être parfaits. Accepter cela nous force à voir nos propres problèmes, et qu’on est responsable des forces que l’on appelle… Au contact de Skadi, et surtout face aux épreuves de la vie, je suis devenue froide à l’intérieur, cynique, je me suis coupée de mes émotions. D’un certain côté ça m’a rendu plus forte et plus lucide, m’a permis de me protéger contre certains miasmes émotionnels autour de moi, de partir en quête – mais je suis allée trop loin. J’ai pris ce détachement, cette inflexibilité pour de la maturité alors qu’en fait cela ressemblait beaucoup à de la dépression, lorsque plus rien n’a de l’importance. Je me focalisais sur l’idée d’une revanche, ça en devenait malsain. Et je me suis coupée de ma sensibilité, de mes proches… j’en avais besoin sur le moment, mais j’ai du mal à savoir quand m’arrêter. Je m’en voulais tellement d’avoir souffert par amour ! Quelle marque de faiblesse, je me disais. J’essayais d’être dure avec moi-même, d’être morale supérieurement, d’être un maître zen et une super businesswoman, d’imposer ma volonté et de ne pas me laisser faire, d’avoir toujours un temps d’avance, d’être l’experte de la phrase assassine, de dire merde au monde. Tout mieux que d’être celle qui disparaît dans le papier peint. Eh bien… je me suis étalée comme une bouse. Lol.

Entre Loki, et une phase de ma vie où j’ai laissé les choses partir en éclat en rigolant un peu comme une psychopathe. Enfin, non, je me suis rendue compte de tous ces rôles que j’essaie (mal) de remplir alors qu’ils ne sont pas faits pour moi, que ça marchait pas, et qu’il y avait un sacré boulot à faire encore. Et que c’était pas en étant bien sage, en étant la meilleure de la classe et en suivant bien toutes les règles bien comme il faut que j’allais y arriver. Que le grand guide sur comment réussir sa vie n’existait pas, que le destin ne me préparait pas de plan retraite, que j’étais en train de devenir un zombie, incapable de s’ouvrir et d’être touchée. (qui se prend trop au sérieux en plus). Outils de libération possibles, intervention de Saint Sarcasme, rêves enflammés, cadeaux explosifs. Overdose d’enjeux, de leçons, de choix, d’envies. Je sais plus gérer ma vie, tout est à reconstruire.

Travailler avec Sigyn, c’était ‘full circle’. Arrêter de me culpabiliser, de vouloir être punie. Arrêter de vouloir toucher le fond. Fin de la narrative : maintenant, au travail. Reconnaître mes problèmes, que je ne pourrai pas faire disparaître en le souhaitant assez fort. Vivre au lieu de survivre : déposer les armes dans ce conflit contre moi-même. Me pardonner pas parce que je le mérite, mais parce que j’en en ai besoin. Arrêter de vouloir la reconnaissance à tout prix. Tout ça, ces noirceurs, ce n’est pas une raison pour me rendre misérable, cette mentalité de siège.( Accepter le monstre intérieur ? Je rêvais d’organiser une veille funéraire pour Vali l’autre jour (?) ) Et être gentille ce n’est pas forcément être le dindon de la farce ou la bonne poire. Sigyn m’ancre aux petits miracles de tous les jours, les contacts qui me rendent humaine.  La vengeance est une poursuite stérile qui… envenime les choses jusqu’à la destruction, et n’a rien à voir avec la colère légitime. Ma sensibilité, ma fidélité et mon amour du compromis, de la négociation, ne sont pas un ticket obligatoire vers la médiocrité. C’est là que je trouverai la source de mon courage. Mes amours, aussi douloureux, inappropriés qu’ils soient, me travaillent, me font grandir. Si je veux encore souffrir, ce sera une médecine à mon initiative. Et si j’ai l’air ridicule tant pis, plus on rit plus on est de fous.

L’histoire de ma vie, je pensais jusqu’à lors, c’est de me retrouver soi-disant coincée entre deux factions opposées qui se tirent dans les pattes, avec un dilemme insoluble en ce qui concerne mes loyautés. Mais ces derniers temps, ça s’apaise. Mon intégrité ne repose pas dans mes ‘allégeances’. Regarder la vie comme une gué-guerre entre deux camps, c’est aller droit au désastre. Cette idée qu’il faut choisir un camp ou l’autre, qu’il n’y a que deux choix, c’est un magnifique mensonge. Ca vaut aussi pour la mythologie nordique, je trouve la vue gentils dieux de l’ordre contre méchants géants du chaos assez stupide (et j’adore à quel point on peut trouver des points de résonnance entre ces mythes et la banale vie du quotidien). C’est se priver d’une complexité salvatrice, et libératrice. L’intégrité se fait cas par cas, en voyant la personne (ou l’entité ou tout ce qu’on veut) et la relation, pas l’affiliation ou l’étiquette ou les principes derrière. Si j’ai développé une relation aussi forte avec deux déesses si différentes, possiblement en conflit, je devrais sans doute pouvoir me débrouiller dans d’autres domaines de ma vie…et au final, elles ont des points communs aussi : la simplicité, la sobriété, la valeur donnée à l’action, la force de caractère et le courage de suivre son coeur.

Je vois bien, maintenant, que si Skadi a répondu à mes tentatives de contact, ce n’est pas pour faire de moi une super dominatrice (lol, et encore moins pour mon talent au ski ^^), peut être plus lié au fait que ma route professionnelle m’amène vers la préservation de la nature sauvage, ce qui est certainement un de ses domaines ; et d’autres affinités, mais pas de plan cosmique et tant mieux ( patate!). Je pense à Sigyn et à mon futur engagement humanitaire et l’importance de ne pas prendre la grosse tête et de rester réceptive. Du concret. Avant de pouvoir jouer les révolutionnaires, il faut mettre les mains dans la boue – à la pâte.

Enfin voilà. Une fois encore c’est super personnel, c’est ce qui m’occupe toujours, mais je me fais pas d’idées, je serais pas capable de faire autre chose spirituellement tant que ces leçons ne seront pas digérées.

Offrandes et correspondances – Sigyn ( jour 28 )

(Prévu pour hier à la base, mais on se refait pas…je déborde sur mars. Mais bon de toute façon, je vais sans doute encore écrire sur Sigyn dans le futur !)

Quelques correspondances personnelles. Cela ne fait pas si longtemps que je travaille concrètement avec Sigyn, ce n’est pas une liste exhaustive.

– Couleurs : bleu, bleu pâle, rose pâle et vieilli, gris, vert, noir.

– Symboles : bol, étoiles, papillons, coeur, clés. Les mains aussi. (L’énergie de Sigyn se ressent pour moi par une chaleur au niveau du coeur, et un picotement au niveau des mains. Idéalement j’aimerais une statuette de mains en coupe pour mon autel à Sigyn.) Sur l’autel, aussi, je vois bien mettre des cadeaux venant d’êtres aimés et des petits jouets. (j’ai un pendentif offert par ma petite soeur et une étoile fluorescente )

– Plantes : chèvrefeuille, consoude, saule blanc, mauve, mélisse, roseau,  ( un peu étrange, je vois souvent Sigyn en bord de rivière – rapport à l’histoire du chêne et du roseau ?)

– Exemples d’offrandes : Thé blanc rose violette. Jus de pêche. Lait au miel ou à l’anis. Gâteau au muesli ( un souvenir de mon enfance celui là ❤ ) Chocolat. A partager avec sa famille. Petites prières au quotidien. De manière générale, lorsque je ramène quelque chose de spécialement bon, j’en fais une petite offrande.

– Activités en offrande : énergie du ménage ( par exemple ). Connexion à l’énergie enfantine, son ‘enfant intérieur’, jouer, sourire aux gens qu’on rencontre (un vrai sourire pas une façade de convenance.) Prendre soin. Service et dévouement. Connexion qui vient du coeur sans arrières pensées. Danser en attendant le métro. Se réconcilier après une colère. Mettre en ordre. Méditations de calme intérieur et d’acceptance de soi. La méditation dite ‘du bol’.

Sigyn – Silence (jour 27)

Enfin les vacances, je trouve un moment pour m’asseoire et écrire quelque chose pour le projet Sigyn. Il faut avouer aussi que je trouve ça difficile d’écrire sur Sigyn. Si il y a une chose qu’Elle m’apprend, c’est bien l’importance du silence.

Je suis douée pour les tirades dithyrambiques et les beaux mots mais lorsqu’il s’agit de dire les choses exactement telles qu’elles sont en peu de mots, les choses qui me touchent, c’est plus difficile. Le fait de bien manier les mots donne une liberté et un pouvoir qui peut être exhaltant, celui de s’approprier sa réalité et d’envisager des possibilités étincelantes. Mais à un moment, lorsqu’on passe à l’action, lorsque l’on veut avancer et grandir, il faut savoir se détacher des analyses, des symboles, des théories, des prévisions, et de la sécurité que donne le fait d’étiqueter, de déterminer nos expériences avec des mots, comme des petits papillons fixés et emballés sous verre et exhibés fièrement aux yeux de tous – une pâle copie ironique.

Sigyn est cette beauté fragile de l’éphémère et de l’insaisissable, un papillon en liberté – son énergie est évasive, difficile à qualifier, et pourtant un réconfort incroyablement solide en temps troublés. Elle existe en dehors de la page, du mythe très sombre dans lequel Elle apparaît – Elle est légèreté, joie du quotidien, comfort et chaleur. Lorsqu’Elle m’apparaît, c’est le plus souvent avec le visage de la jeune mariée heureuse, mais son autre visage n’est jamais loin, sous la surface.

Elle est restée un temps interminable dans la cave à protéger son amour du venin de serpent, après le meurtre de son fils. On ne peut pas en dire grand chose sans tomber dans le pathos, et ça serait mal venu. Elle n’a pas plié, ne s’est pas enfuie, en dépit de l’opprobre et de la douleur. Elle est restée, témoin silencieux de la souffrance de ses êtres aimés, gardienne impuissante, figure tragique. Mais lorsque je ressens son énergie, Elle n’a rien de tragique ou d’une victime. Elle est droite, digne. Elle a agi par amour inconditionnel, par devoir clairement ressenti et assumé. Elle est en accord parfait avec Elle-même, suivant son coeur. Cela n’a rien de gnangnan ; Elle n’a pas de force à perdre dans des regrets, des arrières pensées. Elle se concentre sur sa tâche, jour après jour. Sans attente, sans espoir, sans finalité autre que d’être là pour son amour. La grâce dans le désespoir. Cette force là ne se chante pas dans les épopées, il n’y a pas de vainqueur, pas de gloire, pas de hauts faits d’armes – mais les détails sordides, les chairs rongées, la faim, la puanteur. Cela ne se sublime pas. Ne se monte pas en modèle – on ne peut souhaiter à personne d’en arriver là. Et cela importe peu.

Sigyn, Déesse des Petits Riens, accomplit sa tâche. Son nom veut dire ‘Amie de la Victoire/Victorieuse’ ? Ironie terrible ou mise en lumière de l’issue de sa force intérieure ? Cela reste un mystère pour moi. Sigyn ne m’apporte pas de révélations grandioses sur la nature des Dieux, de la vie, mais des clés pour la vie de tous les jours, pour apaiser l’angoisse, pour aller lentement mais sûrement vers une paix intérieure tout en restant lucide face aux difficultés. Sa douceur est désarmante, et sans pitié. Les masques et les barrières ne tiennent pas longtemps devant Elle. Elle m’inspire l’humilité qui me permet d’accepter le silence dans mon coeur, la partie de moi à forme sans cesse changeante, inadaptée, violemment indéterminée et incertaine, aux prises avec un monde trop grand, terrifiée et émerveillée, pudique, sauvage, ce vide intérieur vorace qui dissout les mots. Parfois, il n’y a rien à dire, et le silence laisse la place aux gestes. Son surnom est ‘Incantation-fetter’ – celle restraint les incantations. Elle protège, et noue les langues de vipère… sa simplicité est antidote aux paroles pernicieuses, au doute qui ronge, aux culpabilités complaisantes. Sa présence laisse la place à l’essentiel seulement.

Au final ? Elle est une surprise – une force incroyable sous un extérieur discret, vite passé à côté. Ce mélange de lucidité et d’innocence, de joie et de détermination, de courage et de légèreté. Les mots ne lui font pas justice. Ici, c’est un témoignage de gratitude et d’amour, une porte ouverte, une reconnaissance de l’importance qu’Elle a pris dans ma vie en dépit de mes attentes et idées préconçues. Le reste est du travail concret.

Autel – Sigyn – jour 4

J’ai dressé un autel pour Sigyn dans ma chambre, pour l’honorer au quotidien.

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Le brûle-parfum rose représente mon foyer symbolique, pour Sigyn en tant que mère au foyer, sa lumière très douce aussi, et cette manière de diffuser les odeurs me plait plus que de l’encens. Il y a une bougie à la vanille à l’odeur très subtile, crémeuse, un petit verre et une coupelle à offrandes, une pierre offerte par une amie chère qui a des propriétés de guérison et d’acceptance de soi, l’étoile filante et le petit pendentif représentent ses enfants ( un souvenir de ma chambre d’enfance, et un cadeau de ma petite soeur ). Une carte de mon oracle druidique des plantes, la consoude, qui favorise la cicatrisation et la soudure des os, et représente la force, la persistance et l’union.

Enfin, un bol qui sert à la méditation. Je voulais quelque chose de plus travaillé pour ce bol, mais lorsque je l’ai vu dans le bric à brac du foyer des sans-abri à 20 centimes, il m’a paru parfait. L’important après tout ce n’est pas l’outil en soi, mais le geste, et l’idée de dénuement, de simplicité et de service, convient à l’énergie de Sigyn.

Sigyn – jour 2

Pas le temps de faire la petite dissertation que j’ai dans ma tête, voici mes illustrations préférées de Sigyn ( Il y en a pas beaucoup…ça me donne envie d’être créative ^^)

http://pinterest.com/skydiefoxrose/sigyn/

Puisque wordpress bug ce matin…

Ah, et ma prière préférée, que j’utilise souvent le soir :

http://www.odins-gift.com/poth/recent/prayertosigyn.htm

Sigyn – jour 1

L’idée de dédier un mois à une divinité sur son blog et à poster un article sur Elle chaque jour vient de l’auteur Galina Krasskova, qui avait fait la même chose pour Loki et Odin, et maintenant, ce février pour Sigyn. J’ai voulu me joindre à l’effort pour parler de cette Déesse méconnue qui a pris une place  importante dans ma vie récemment. Je vais essayer de poster au moins régulièrement, si ce n’est tous les jours, ça sera peut être pas bien long, mais l’essentiel c’est la constance.

Sigyn est, dans la mythologie nordique, la femme et seconde compagne de Loki. On sait peu de choses à son sujet. Snorri la compte parmi les Déesses Ases, Elle est la mère de Narvi/Nari ( et aussi peut être de Vali ) et son nom ( du vieux norrois sigr-vina), veut dire ‘Femme-victoire’ ou ‘Amie victorieuse’. Dans les mythes qui nous sont parvenus, elle ne figure qu’une seule fois – Loki est condamné par les Dieux et attaché à un rocher dans une grotte avec les intestins de Narvi, tué par Vali transformé en loup. Skadi attache au dessus de sa tête un serpent venimeux, et Sigyn reste à ses côtés et tient un bol pour capturer le venin, mais lorsque le bol est plein, Elle doit s’écarter pour le vider, et le venin goutte  sur Loki, qui se tord alors de souffrance jusqu’à faire trembler la terre.

De nos jours, elle est décrite comme une Déesse de loyauté, de compassion et d’endurance. Bien sûr il y a certains ( souvent dans le département des ‘machos vikings modernes’…) qui la voient comme une femme abusée, bien que cela ne se retrouve nulle part dans les sources, mais bien sûr, si on assigne à Loki le rôle de méchant, Sigyn pour lui montrer une telle loyauté doit être bien abusée parce que sinon l’image se casse un peu la figure. A mes yeux, Sigyn est là par choix pleinement conscient et assumé, et sa dévotion et son endurance doivent bien provenir d’une source autrement plus profonde qu’un amour illusoire et non retourné.

C’est assez difficile de parler d’Elle, pour moi, en fait. Comme le dit si bien Krasskova, c’est une Déesse dont la présence rend humble. Et il faut dire, sa présence dans ma vie n’était pas donnée d’avance, vu mon lien avec Skadi, qui est son opposé à bien des égards et en partie à l’origine de ses souffrances, celle qui place le serpent. Je voulais y aller doucement, doucement, m’imaginant pas forcément la bienvenue…mais les portes m’ont été ouvertes et j’ai reçu beaucoup plus que je l’imaginais possible. Elle est une Déesse des petites choses, de simplicité, de constance, de joie, de deuil déchirant, de soin, de guérison, de chances données même en l’absence d’espoir, de courage silencieux, de devoir accompli sans espoir de reconnaissance, d’innocence, de détermination face à l’horreur, de lucidité blême, de dénuement – celle qui porte et allège la douleur, la force insoupçonnée, l’amie des révolutionnaires, petite main discrète et nourricière,  grâce chérie, qui se fait acier sous la pression. Elle est un trésor, vraiment.

 

 

La Rose Cendrée ( nouveau blog )

Cela fait un bout de temps que j’ai envie d’ouvrir un nouveau blog, plus personnel. Ok, je sais, je m’éparpille un peu peut être, entre celui-ci, le Sanctuaire de Skadi, et la Sorcière Voyageuse, mais j’ai besoin d’écrire sur des sujets qui ne sont pas forcément païens et j’ai pas forcément envie d’encombrer la cabane-boudoir avec des trucs qui n’intéresseront pas forcément tout le monde.

Je voulais faire quelque chose d’écolo, mais je n’ai pas assez de matière pour écrire seulement sur ça. Et puis j’adore écrire de toute façon, donc j’ai décidé de me lancer un peu plus… un travail sur la créativité, et l’ouverture. C’est une partie importante, en fait, de ma spiritualité, me permet de canaliser mon imagination débordante,  et puis découvrir de belles choses, de l’art, écrire, tout ça, ça me ressource et me donne de l’énergie au même titre qu’une balade dans la nature. Mais ça ne se recoupe pas forcément avec le paganisme, donc j’ai décidé de mettre ça ailleurs et de me concentrer ici sur ma voie de païenne et sorcière. :

La Rose Cendrée 

Passez me voir à l’occasion 😉

Working witches

Pour mon post de retour, je me devais de vous servir une jolie tirade allumée mystique écrite à pas d’heure de la nuit avec la musique à fond. Maintenant que c’est fait, concrètement ces derniers temps…
Il s’est passé quelques trucs qui ont douché mon enthousiasme pour la construction de la magnifique communauté païenne ; mes Dieux ont foutu le bordel cet été puis se sont faits la malle plus ou moins en me disant que j’avais du boulot et qu’Ils reviendraient quand ce sera fait, j’ai déprimé comme une vieille chaussette de ne plus être à Amsterdam ; les quelques épiphanies que j’ai eu étaient du type qui font mal et qui tâchent, pas très glamour, et puis ma vie quotidienne et professionnelle est devenue beaucoup plus exigeante d’un coup. J’avais pas envie d’écrire ici, pas envie non plus de me pointer sur les forums ou les blogs en dehors de quelques blablas sur Facebook. J’ai pas fêté un sabbat depuis cet été, en tout cas pas avec un grand rituel comme avant – avec de petits gestes, des excursions : à Mabon, jeté des pierres dans la rivière, à Samhain une marche et des offrandes dans un cimetière, à Yule une bougie devant la fenètre et une méditation dans la nuit. Se pourrait-il que ma pratique devienne…plus simple ? Nooon ! Mais qu’est ce qui se passe ?

L’autre jour, j’ai eu une conversation très intéressante avec Morri qui m’a permis de mettre les mots sur quelque chose que j’ai réalisé récemment. Elle a écrit sur le sujet ici et c’est très bien dit. Moi, je me suis rendue compte que j’avais une pratique fantasmée dans ma tête, construite en lisant mes blogs et mes auteurs préférés et en me projetant dans le futur. Mais le truc, c’est que c’est pas réaliste du tout, cela ne cadre pas avec ma vie concrète. Par exemple, j’adore les plantes mais je n’ai pas les moyens de passer mes journées à récolter des plantes dehors en fonction des phases de la lune, à faire des tinctures et des baumes, à méditer en nature pour me connecter à l’esprit des plantes…Je suis une étudiante surbookée, qui vit en ville dans un appartement au cinquième étage. Et je suis contente de ma vie, je l’ai choisie. Si je voulais être en pleine campagne maintenant au dessus de mon chaudron, j’aurais entrepris des mesures pour. Donc pourquoi est ce que j’essaie coûte que coûte à m’imposer une spiritualité qui ne colle pas à mes choix de vie ?

J’ai une amie qui ne fait jamais rien question pratique parce qu’elle a trop peur de se tromper, et parfois j’ai envie de lui mettre des claques (amicales, lol), mais dans ce cas-là il faudrait que je m’en colle une grosse, de baffe, à moi-même; parce que je fais exactement pareil sans m’en rendre compte. Et je me demande si c’est pas généralisé…Dans la communauté païenne, à travers les blogs et les récits, on voit se dessiner un idéal de vie : vivre à la campagne, en osmose avec la nature, et les rythmes des saisons, produire sa propre nourriture, manger que du bio, faire de l’art païen si on peut, passer son temps dans ses bouquins païens et ses recherches, ses travaux magiques, ses préparations, ses rituels, rendre des services et une dévotion soutenue à ses Dieux, aider les gens avec ses talents magiques, etc… C’est quelque chose qui me fait rêver aussi, il faut dire. Mais alors, qu’est ce que je fais là, avec mes études et mes petites ambitions, si mon rêve est tout ce que j’ai dit plus haut ? Bah réponse : en fait, non, ce n’est pas ce que je veux pour ma vie. Pour ma retraite, peut être, mais je suis loin d’y être. J’ai des projets, qui m’empêcheront d’avoir cette parfaite petite vie païenne. Et je ne dois pas être la seule dans ce cas. Alors pourquoi on continue à se faire du mal en  se remuant une jolie petite image d’Epinal sous le nez, en se culpabilisant de ne pas être d’assez bons païens parce qu’on a des ambitions mondaines ? Cacaboudin, j’ai envie de dire. Dire que tous les païens devraient vivre d’une certaine façon, ça relève de l’idéologie à deux balles.

Avant de cultiver mon jardin dans mon coin, j’ai envie de faire tout un tas de trucs, et cela ne me rend pas moins sorcière. Je suis sorcière le matin quand je me lève de mauvaise humeur, je suis sorcière quand j’imprime mes comptes-rendus de travail, je suis sorcière quand je m’endors en amphi, que je prépare mes cours d’anglais. Je suis païenne quand j’écoute ma musique dans le métro, quand je bois une bière avec ma coloc le soir et qu’on se plaint de nos journées respectives en rigolant, quand je m’enguirlande avec mes parents, quand je suis fière parce que le prof a dit que mon projet était génial, quand je danse en boîte, etc. Ca, c’est ma vraie vie. Et beaucoup de ce que j’ai lu dans les livres et de ce que j’ai rêvé de faire, au niveau pratique spirituelle et magique, ne colle pas, autant au niveau imaginaire, qu’objectifs.

Pendant longtemps, pour moi, la vie quotidienne c’était chiant, un truc obligatoire, pas profond, futile. La vérité, c’est que ma spiritualité était devenue un échappatoire. La vie quotidienne a énormément à nous apprendre au niveau spirituel. Mes Dieux ont décidé de me laisser patauger un peu toute seule justement parce que je négligeais certaines réalités essentielles de la vie et que ça bloquait tout le reste. Et petit à petit je me rends compte que j’aime de plus en plus mes études. Je me donne des moyens concrets pour devenir indépendante, pour pouvoir oeuvrer à un monde meilleur, pour trouver des solutions concrètes, pour devenir adulte. J’en suis fière. J’apprends à prendre soin de moi, à me ménager des moments pour méditer et faire les choses qui sont importantes pour moi en m’organisant. J’arrête de me mettre des oeillères roses, je fais face à mes déceptions. Je deviens plus honnête dans mes relations. Je travaille sur moi, pour être mieux dans ma peau, mieux honorer la parole donnée, agir selon mes convictions. Et donc, arrêter de me raconter des histoires sur ma spiritualité – quoi qu’il advienne, elle devra s’adapter à ma vie ‘profane’ et les deux sont indistingables, car j’ai toujours vu ma voie dans l’action. Il y a un moment où il faut moins rêver et plus regarder ce qu’on peut faire concrètement. Le plus important, de toute façon, restera. Parler de sa vie mondaine colle peut être moins au joli cliché païen de base, mais je trouve ça un peu schizo de ne que voir la spiritualité dans les rituels où on  »joue à la sorcière’ avec tous les accessoires qu’il faut…non la spiritualité c’est tout le temps, et l’ignorer en raison d’un fantasme de la grande prêtresse ou de la sorcière sauvage, c’est de la paresse intellectuelle. Il nous reste tellement de modèles à inventer pour le monde moderne !

Et je me demande aussi – combien d’entre nous se coupent de leur spiritualité au travail – parce qu’on aime pas ce qu’on fait, parce que c’est chiant, parce qu’on doit se concentrer et on n’a pas le temps, parce que ce sont deux domaines séparés de notre vie, parce qu’on n’a pas envie d' »abaisser » notre spiritualité, parce qu’on a peur d’être découvert, qu’on a pas envie d’apparaître bizarre…comme s’il y avait une sorte de frontière invisible. Bon je ne parle pas de se mettre à porter des gros pentacles et à parler de ses rituels à tout le monde, il y a certaines choses qui devraient rester du domaine de la vie privée et c’est très bien. Ce que je me demande c’est, d’une part, comment notre spiritualité et éthique influe sur ce que l’on fait tous les jours avec le plus gros de notre temps, et aussi quels trucs et astuces pour se faciliter la vie, se ressourcer, mieux se ménager des moments pour nous au milieu d’un emploi du temps chargé, etc. J’ai envie de plus écrire sur ça – working witches, unite ^^ ! Donc des articles sur comment pratiquer lorsque l’on a pas accès à des endroits privés, comment faire un autel de voyage, comment utiliser la magie pour mieux étudier et s’organiser, dans le travail ; techniques de motivation et de time-management ; sur ma routine de santé spirituelle, de la magie urbaine aussi, etc..Bref un portrait plus réaliste des pratiques à ma portée, en tant que jeune sorcière urbaine, étudiante, avec un travail à mi-temps…qui ritualise dans les toilettes de sa fac autant que en plein milieu des bois !

 

Silence et actes

Je n’écris plus beaucoup ici ces derniers temps…Besoin d’un temps de silence, de recentrage. Ah le silence, ça fait du bien parfois. Revenir à l’essentiel. Ma vie quotidienne en ce moment -stressante, je passe à l’action, je rentre dans le monde adulte, de plus en plus définitivement, un goulot d’étranglement métaphorique, ici et maintenant ça passe ou ça casse, taux d’énergie critique. Des possibles, une envie de plus en plus forte de laisser derrière moi les hésitations, les excuses, les pertes de temps. Et forcément cela a un impact sur ma spiritualité. Je me rends compte…

Tout d’abord, que ma spiritualité a toujours été très…fantasmagorique. J’ai vécu beaucoup plus en rêve qu’en chair et en os, pas parce que ma vie est morne, mais parce que mon imagination est vorace. Dévorante, même – elle exige beaucoup de moi. J’ai du mal à me dire écrivain, parce que ma plume est encore maladroite, un outil mal dégrossi et perdu entre-trois-langues, mais mes mondes imaginaires ne s’éteindront pour rien au monde, et il faudra bien que je leur donne naissance un jour ou l’autre, avant que le bébé ne devienne trop lourd à porter ! Ils sont une partie vitale de moi, ma chair et mes tripes, se nourrissent de moi comme je me nourris d’histoires. C’est vrai, j’y suis accro. Livres, séries, films, récits de vie, tout y passe, je me perds ailleurs, et je me nourris d’information comme une AI qui devrait apprendre à être humaine. Je me veux un creuset alchimique, transformant la poussière du monde en or métaphorique. Oui, mais justement je n’y suis pas encore, j’ai peur de perdre ces capacités si je ‘deviens réelle’, si je m’enfonce trop profondément dans les méandres du monde…mais sans matière à filer, je deviens stérile, transparente, je disparais dans mon jeu de miroirs internes. Si j’écris sur ce blog, c’est sans doute pour me forcer à mettre des mots sur mes cheminements, et plus, à faire face au monde, à les rendre réels en quelque sorte…je deviens grandiloquante mais c’est vraiment super important pour moi, au final.

Ma spiritualité dans tout ça ? C’est le Monde qui répond. ça fait peur. Une partie de moi aimerait bien que les Dieux restent des amis imaginaires, des archétypes, des motifs de tisserande répétables et invocables à souhait. Mais non, il y a plus. Ce sont Leurs histoires qui me séduisent, et ensuite, c’est moi qu’elles se mettent à changer…et je suis une petite figurine de glaise entre Leurs doigts. C’est assez terrifiant de se retrouver à l’autre bout du processus. Mais le pire – ou le mieux, comme on veut, c’est qu’il n’y a pas d’ordres, pas d’illumination divine. Plutôt une tentation, une intuition infime et tremblotante, mais incessante, cette petite voix qui murmure – Viens plus près…Il n’y a pas d’ange sur mon épaule, je suis seule dans le noir, avec mes doutes et mes démons, et cette rage-passion incompréhensible. Mais bon si je savais tout à l’avance, ça serait pas drôle, n’est ce pas ? Alors j’embrasse les formes étranges qui naissent de l’absurde, je laisse derrière moi mes anciennes peaux brûlées et craquelées, je m’offre au jour qui vient. Et je sais très bien ce qui se passe : le gain est  proportionnel au risque. Si je ne me lance pas, je ne saurais pas le fin mot de l’histoire, et plus que tout, je veux savoir.

Ma spiritualité se forge dans l’incertitude, dans la fragilité – c’est ce qui la rend forte petit à petit d’avoir fait face à ces tempêtes. J’ai abandonné de nombreuses fois, j’ai repris la route. Je ne sais plus trop où j’en suis, je ne sais jamais où je suis, et mes jolies théories se retrouvent à lutter dans la bouillasse, la routine crasse. Et elles en ressortent plus pures…comme on tisse le sens le plus fin à partir de l’absurdité. Mes Dieux m’ont abonnée aux paradoxes. La Dame Sombre, maîtresse des hasards, qui me fit comprendre par sa présence, à quel point j’étais seule, et libre – et à quel point ce libre-arbitre, si j’arrive un jour Quelque Part, rendra cette victoire douce. Parce que rien n’est écrit d’avance – ces dangers et ces monstres sur la route ne sont pas que des occasions d’apprendre blablabla. Ils veulent te manger, pour de vrai, et ce n’est pas une blague. La Voix des Dieux n’en devient que plus séduisante, parce que l’on sait que l’on peut dire non, que l’on peut revenir à nos conforts et nos certitudes. Après, on se demandera comment il aurait pu en être autrement, mais l’histoire ne s’écrit pas toute seule. Elle exige notre sang, notre sueur, nos rires, notre courage, notre coeur, notre âme. Notre choix pleinement conscient et pourtant jamais certain, un pari à prendre en dépit des probabilités et du mauvais temps. Et ce Monde alors, si magnifique justement parce qu’il est le fruit du hasard le plus parfait, n’est il pas un pari pris par les Dieux ?

Je me suis beaucoup plaint d’être paumée, de ne pas savoir. Eh bien, je n’ai plus le droit. « Ta gueule, va travailler, arrête de nous faire chier, était la réponse divine. Tu as tous les signes, tu n’écoutes pas parce que la réponse ne te plait pas. C’est une histoire racontée par un idiot, pleine de bruit et de fureur, et qui ne signifie rien ( puisque tu demandes si sûre d’obtenir une réponse ). »

Et me voilà contemplative, le silence, la poussière. Par exemple, j’avais décidé de travailler avec Loki. C’était un peu l’histoire de Bilbo le hobbit partant affronter un dragon. ‘Mais attendez, c’est ridicule, c’est un affreux malentendu…attendez, ne partez pas sans moi! » Je ne fais pas dans l’aventure, je suis une petite-intello-conformiste-ennuyeuse, non ? c’est très con ce que tu racontes tu sais. Ah, ah, tiens l’histoire est en train de changer sous tes doigts…quoi, tu n’aimes pas perdre le contrôle. Too bad. Ensuite, Sigyn, sa femme, a posé ses doigts gracieux, sur moi, une fille de Skadi, la Déesse qui a placé le serpent venimeux au dessus de son amour ; la vengeance divine, la haine implaçable. Qui court comme un poison dans ma famille : rancune qui dure des décennies, principes si durs qui prévalent sur toute relation, le sort réservé à ceux qui mettent des mots sur des vérités désagréables, vérités qui deviennent des dogmes, les vieilles histoires qui se répètent, cette envie tenace de revanche, la haine de soi, de la faim à l’intérieur frustrée…Leurs histoires sont des avertissements, aussi. Sigyn, Elle, reste debout…Elle endigue le flot du poison, sans espoir de répit, sans espoir de victoire. Son nom signifie ‘femme-victoire’ pourtant. La douceur, la constance. Simplicité. Présence, loyauté. Elle tient le bol qui contient le poison…pendant longtemps. On la dit femme faible et manipulée, si différente de Skadi la fière, l’indépendante. Pourtant, Elle a choisi d’être là. Son amour est sans conditions. Ses actes se passent de mots. Elle sera la dernière à pouvoir guérir les Dieux de leurs formidables folies… et sa présence impose le silence. Elle se donne avec grâce, entière, et son endurance viendrait à bout de la plus haute montagne.  Avec le temps. Et l’attention nécessaire.

Au royaume de Hel, lors d’une descente, on m’intime de parler avec le language du silence. Les actes, peut être. Ou peut-être, des mots qui vont droit au coeur, sans détour. La même chose. Des mots qui sont engagement, des choix posés sans retour. Se saisir de sa plume, faire naître ce sens vital tant qu’on le peut encore, avant que la Dévoreuse, l’Histoire qui nous rattrape tous, ne se charge de nous…

Harmonie – Chemins de Lumière III

Voilà très en retard, ma participation à la troisième semaine des Chemins de Lumière mis en place par Valiel. J’ai vraiment bloqué sur ce thème, je voulais faire quelque chose à la peinture mais ça ne sortait pas. J’ai donc décidé de faire quelque chose de plus proche du Land Art, au final. Enfin bon, gros mots, c’est une offrande :

Simplement, pour moi, l’harmonie, c’est le lien avec la nature, les saisons… J’ai ramassé quelques feuilles, fleurs et fruits dans mon jardin, et je me suis dirigée vers l’arbre gardien de mon enfance, le cèdre immense qui se dresse au milieu du paysage chez mon père. Celui au pied du quel j’avais fait mon rituel de voyage vers la partie sombre, celui dans lequel je montais tout le temps petite, mon refuge où j’écrivais, me consolais et échafaudais mes plans. Avec le temps qui passe, les ronces rattrapant les branches du bas, le lieu ressemble de plus en plus à une cathédrale verte. La même atmosphère de majesté, de recueillement, mais ici je me sens à ma place, en sécurité et en paix. L’harmonie. Je laisse des offrandes aux esprits du lieu, je dépose mes offrandes en mandala, je le charge tout en chantant ma version préférée de la Witches’ Rune, et en me laissant traverser par la beauté du lieu et la joie simple d’être ici. Je me laisse aller contre l’écorce de l’arbre, ressentant sa force tranquille, parfait mariage du ciel et de la terre, et je le remercie pour tout ce qu’il m’a apporté.

 

 

C’est le rituel en lui même qui est ma contribution plutôt que la photo parce que j’avais besoin de quelque chose qui me traverse et m’imprègne, et que quelque part c’était un rituel qui tenait de l’art, j’avais envie de faire quelque chose de beau.

Avant de repartir, je récolte quelques petites branches et un côte pour mon autel. Puis je me retourne sans regarder en arrière. A chaque fois que je retourne visiter cet arbre, c’est une joie douce-amère, comme celle de revoir un ancien amour…je suis partie car ma voie était ailleurs, mais cet endroit reste un de mes lieux de pouvoir, qui m’a formée, et j’espère trouver la même force et beauté à l’endroit où je déciderai de jeter mes racines plus durablement.

À la recherche de l’harmonie

J’ai un peu laissé tomber mon blog durant l’été, dû à plusieurs déménagements successifs et un gros tas d’autres obligations pas forcément drôles. Je viens d’aménager dans un chouette appartement à Lyon avec une amie soeurcière de cercle. On est en pleine peinture et aménagement, on n’a pas eu d’eau chaude et d’électricité pendant une semaine et ma chambre est dans un bordel sans nom avec une sorte d’explosion de fringues partout, mais je pense qu’une fois que ça sera bien rangé et installé, ça en vaudra bien la peine. On s’est réservées une petite pièce rien que pour la magie et la ritualisation, avec nos autels, nos livres et outils et ingrédients de sorcières, ça va être génial.

Après une période un peu chaotique, j’ai vraiment envie de me poser, de m’occuper de mon chez moi et aussi, quelque part, de retrouver une routine équilibrée, restoratrice. En ce qui concerne la spiritualité, je suis toujours un peu dans le gros flou. Je me suis rendue compte que je suis allée un peu trop loin dans mon travail avec les divinités – en fait, je ne tiens pas la route. Skadhi m’avait prévenue avant que je m’embarque dans un travail avec les Rokkr – divinités de l’ombre du panthéon nordique – que je n’étais pas prête. Des raisons simples : il faut d’abord que je m’occupe de ma santé, d’organiser ma vie, de me soigner quelque peu sur certains aspects psychiques, et de prendre quelques bonnes habitudes spirituelles de base que j’avais négligé dans ma hâte d »avancer’ spirituellement, cette faim d’expériences fortes qui m’avait fait perdre un peu le nord… Oh, les quelques explorations que j’ai fait avec ces divinités étaient très positives, il faut le dire, dans le sens de vraies, prenantes, pertinentes et assez viscérales, je me sens quelque part vraiment à ma place avec eux – et je suis prudente, mais mine de rien, ça m’a usée du point de vue de l’énergie, et là je ne me sens plus capable de faire face, je me sens toute petite, brouillon et incapable. Donc j’ai fait un pas en arrière.

Aussi, j’ai lu la série Wicca de Cate Tiernan, l’autre nuit, alors que ma confiture de mûres mijotait sur le feu – des livres mignons et assez fluffy sur des ados qui découvrent la magie façon effets spéciaux – c’était divertissant mais surtout de manière assez inattendue j’en ai retiré une sorte de leçon spirituelle ( comme quoi ça peut vraiment venir de n’importe où hein ?). L’histoire est imprégnée d’enthousiasme et d’excitation autour de la découverte de la magie, qui me rappelle mes propres débuts. On a souvent tendance à dénigrer cette sorte d’émotion comme une passade pour teenagers qui font ça pour faire cool mais je crois qu’il y a quelque chose d’important que l’on oublie dans ce cas là et je crois que j’étais devenue un peu trop cynique et blasée ces derniers temps. Et puis une amie sorcière m’a dit récemment – ce qui m’a bien fait réfléchir – que quant elle avait tendance à trop se prendre la tête, elle relisait ses livres de débutante, pour se rappeler son état d’esprit quand elle a commencé.

Ces derniers temps je m’étais immergée dans la communauté reconstructionniste du paganisme nordique, dont la plupart sont assez critiques envers la Wicca, beaucoup la catégorisant comme mouvement fluffy/new âge et j’ai fait ma propre critique en règle de la Wicca plusieurs fois sur ce blog. Mais il y a quelque chose qui me manque dans le reconstructionnisme tel que je l’ai exploré, pour l’instant. C’est vrai que la construction conceptuelle de la sorcellerie païenne moderne a quelques trous et zones floues au niveau historique mais en ce qui me concerne elle véhicule des mythes modernes puissants et génère une vraie créativité. C’est ce dont j’ai besoin pour l’instant, pas me prendre la tête avec des débats autour de vieux textes ( même si ça peut être vachement chouette ). Parce que je n’ai pas choisi d’étudier ça, je dois aller dans l’action… j’ai beaucoup à reconstruire dans ma propre vie d’abord. Et reprendre confiance en mon intuition. Je me suis rendue compte que je m’étais pas mal bloquée au niveau de la magie parce que je ne faisais pas confiance en mes propres capacités et je me bloquais, quelque part, parce que j’avais peur de ce que je ferais avec ce pouvoir, mais j’ai moins peur maintenant.

Je recherche donc l’harmonie, non pas comme une stase, une heureuse béatitude qui me pousserait à me couper du monde, à effacer tout conflit, ébullition ou contraste, mais un jardin secret intérieur, une habitude de paix et de confiance mentale, un état me permettant de me ressourcer et de me guérir, et me préparant pour les combats futurs qui me tiennent à coeur. Plus je travaille dessus, plus je me rends compte que la psyché est comme un jardin, où l’on peut cultiver ce que l’on veut. Il y a toujours ces vieilles ronces au fond dont j’arrive pas à me débarrasser mais après tout elles font des belles mûres, attirent les papillons et me protègent contre les intrusions. Je me posais donc la question de savoir ce dont j’avais besoin pour atteindre l’harmonie :

– une pratique régulière de la magie. En temps de stress, je rentre dans ma coquille et me bloque totalement à ce niveau là. Ou plutôt c’est un autre type de magie : j’essaie de me rendre invisible. Le contre coup est une poussée de dépression terrible peu après. La magie fait partie de ma vie depuis que je suis toute petite, elle est ma façon de voir le monde, mon art et mon oxygène. Mais je l’utilise à mes dépens, ou je me bloque, cela me frustre terriblement. Je me laisse trop parasiter par les opinions des autres, comme si j’étais un bateau sans gouvernail qui avait besoin d’un capitaine, mais ce n’est pas le cas.

– des moments de retrait et de tranquillité. Je suis assez introvertie, j’ai besoin de solitude pour me ressourcer, j’ai des mondes intérieurs très riches, être pendant trop longtemps avec des gens autour de moi m’épuise. Je dois reconnaître cela au lieu de le prendre comme une tare, et respecter mes propres limites au lieu d’aller jusqu’au burn-out. Et arriver à faire respecter mes limites par mes proches tout en douceur, sans avoir besoin de devenir tranchante ou énervée.

– des moments pour honorer le côté sombre. Une force très présente dans ma vie mais qui déborde partout parce que je ne la reconnais pas comme il se doit, ce qui provoque une sorte de dépression parasitaire. Remplacer cela par des moments de tristesse méditative et purifiante, de descente créative, d’offrandes aux ancêtres, de rituels réguliers de deuil et de lâcher prise, et de moments réservés à la Dame Sombre, je pense que cela sera beaucoup plus bénéfique au final, même si certains me prendront pour une personne morbide, je commence à m’en ficher pas mal. J’en ai besoin.

– respecter ma poussée vers la nature. Bon, j’habite en ville maintenant mais quelque part cela me permet de me rendre compte à quel point la présence de la nature est importante pour moi. Faire des escapades régulières à la campagne, pour me balader et faire mes récoltes, et de longues marches. Me concentrer sur la communion et la beauté, pas la culpabilité.

– m’organiser plus pour arriver à faire ce dont j’ai envie et besoin. J’en ai envie comme jamais. Ce n’est pas de la « prise de tête » mais un respect basique de moi-même. Me préparer pour ne plus arriver comme une loque, un cheveu sur la soupe. Travailler, prendre soin, j’ai eu un blocage sur ça pendant longtemps mais maintenant, j’ai envie de tenir mes engagements.

– travailler avec les esprits du lieu. J’ai envie de poser des racines, même si elles sont temporaires ou amovibles, étrangement. En fait ce qui font les racines, ce sont les moments de joie, de beauté, de partage, de dépassement de soi, de passage que l’on passe dans un lieu…

– me nourrir plus d’art, de beaux livres, de beaux endroits, de rencontres enrichissantes…

C’est chouette, je commence à y voir plus clair. Je me suis laissée allée un peu cet été, zone de basse pression, mais en bossant pas mal, pour moi et pour aider ma famille, j’ai pu expérimenter une joie simple là dedans, c’est quelque chose de nouveau et j’en suis contente.

Contemplation ( Chemins de Lumière 2 )

 

Semaine 2 des Chemins de Lumière lancé par Valiel. Le mot cette fois était ‘contemplation’. Alors j’avoue que ma peinture n’est pas très contemplative d’une manière classique. En fait là c’est l’idée de la contemplation intériorisée, l’idée de faire un vide en soi ( d’où le noir) le silence, le calme, pour écouter ce qui est. Dans ma vie donc en ce moment il y a cette idée d’embrasement qui est essentielle, l’évolution avec la spirale et la serrure qui représente une sorte de déblocage en train de se faire et l’ouverture d’un nouveau chemin. Ce n’est pas une flamme d’une passion passagère ou d’une colère superficielle mais celle d’une transformation nécessaire et profonde qui est toujours là lorsque le vide a été fait. C’est la flamme intérieure sacrée aussi, celle qui donne envie de vivre et d’aller de l’avant.

Donc voilà. Le résultat de ma petite contemplation…

Origine ( Chemins de Lumière semaine 1 )

Un peu en retard j’ai décidé de participer dans le dernier Chemin de Lumière organisé par Valiel. Il s’agit de faire une création chaque semaine autour d’un mot clé, tout en se fixant un but au début.

En ce qui me concerne mon principal but est de finir le projet étant donné que la discipline est mon plus gros challenge en ce moment. Ne pas se prendre la tête, juste créer de manière régulière.

Un petit but attenant mais moins important est de cultiver une certaine spontanéité, simplicité dans le trait – souvent quand je peins ou je dessine, je me bloque, je veux que tout soit parfait donc j’y vais de manière hyper pointilleuse, tatillonne, ce qui fait que ça me prend des heures et manque de vie et d’inspiration. Et mes insécurités se retrouvent vite dans le trait. Donc là mon but c’est de débloquer ça, de laisser ma main aller avec courage et fermeté, un peu comme dans la calligraphie à la chinoise où la moindre hésitation se voit. Mais en même temps ça c’est lié au but principal, puisque souvent quand j’obsède sur le moindre détail à la fin ça me dégoûte et j’ai même plus envie de m’y mettre. Alors que bon, je ne suis pas une pro, je fais ça pour le plaisir quoi. Et si c’est un plaisir, voir une thérapie, j’aurais beaucoup moins de problèmes à garder cette discipline.

Semaine 1 : Origines

La photo rend pas super bien, le côté bleu a des tons de vert qu’on ne voit pas, et le brun des tons de rouge. Donc à la base je pensais aux polarités sources de vie, d’où le yin-yang, mais ce n’est pas masculin-féminin, c’est l’eau et la terre, la boue primale en fait. L’eau avec la mer déchaînée, les forces instables, mais aussi le côté exploration, voyage. La terre comme une attache, stable, un refuge à protéger et conserver. Référence à l’évolution des êtres vivants et animaux, de l’eau à la terre. Sans doute aussi une référence au monde d’une partie de mes ancêtres qui vivaient en bord de mer. Les symboles sont des runes islandaises. Celle peinte en noir, Vegvisir, permet aux voyageurs, spécialement en mer, de ne pas se perdre et toujours trouver leur chemin – donc aussi, instinct d’exploration. Celle peinte en blanc Aegishjalmur, est une rune protectrice qui inspire la peur chez les ennemis et protège contre les abus de pouvoir – instinct de conservation. C’est aussi une référence au monde brutal dans lequel nos ancêtres vivaient, à la merci des éléments et de la puissance parfois terrifiante de la nature.

Aussi, bien sûr, la Grande Mère à travers l’eau et la terre, et le fait qu’on est tous faits de boue.

Hah je suis assez contente c’est plus simple que ce que je fais d’habitude mais ça me parle 🙂

Communauté(s) Païenne(s)

Me voilà de retour en France, à la campagne pour le moment. Amsterdam me manque sérieusement, j’essaie de m’occuper comme je peux…et c’est un bon moment pour revenir un peu sur mes expériences dans le milieu païen. Cela fait longtemps que j’accumule des idées pour cet article, des réflexions qui me sont venues en côtoyant régulièrement une communauté païenne dont l’ampleur dépassait tout ce que j’ai pu connaître auparavant.

Par où commencer ? C’était tellement riche en apprentissages… Mon année à Amsterdam a eu deux impacts majeurs en ce qui concerne mon rapport à la communauté païenne, qui peuvent apparaître comme contradictoires : d’un côté, une certaine désillusion. De l’autre, une gratitude profonde pour certaines personnes qui m’ont permis d’avancer considérablement, et une envie de travailler pour rendre un peu de ce que j’ai reçu et apporter ma pierre à l’édifice.

Désillusion…il faut dire que avant d’arriver j’étais toujours un peu cette débutante naïve avec des étoiles dans les yeux qui croit que le monde païen est un merveilleux royaume fait de gens géniaux, d’amour et d’inspiration divine…et faut il me blâmer ? Jusque là la plupart de mes rencontres païennes avaient été incroyables – au pire, j’avais rencontré quelques individus un peu bizarres sur les bords, mais rien de dramatique. Mes rencontres IRL se limitaient aux filles du cercle des Tisseuses, à quelques païens sur Lyon, et aux filles de la Rencontre intercercles de 2010 à Paris – un monde restreint et douillet, sans doute parce que le mouvement des cercles de femmes n’attirent en général pas les gros cas, et favorisent les liens profonds et la sororité.

A Amsterdam, je suis tombée dans le grand bain. Et j’en suis venue à une conclusion assez pessimiste…Une grande majorité de gens qui circulent dans le milieu du paganisme moderne sont là pour prendre. Ils vont à des évènements, grappillent un peu de ce qui les intéresse, échangent des commentaires désobligeants sur le païen d’en face et les derniers ragots, critiquent l’organisation et la façon dont les rituels sont tenus juste assez fort pour que tout le monde les entende mais assez bas pour que ça ait l’air d’une conversation privée, puisqu’ils ont pas les couilles de le dire tout haut, et rentrent chez eux. Voilà ce que j’ai vu, beaucoup. J’ai aussi vu à l’oeuvre des personnalités charismatiques qui se comportent comme des nouveaux messies, comme si le respect leur était du par le simple fait de toucher terre avec leurs pieds. J’ai rencontré des gens qui correspondaient au parfait cliché du new-ageux niaiseux et suffisant. J’ai rencontré pas mal de jeunettes qui prenaient ça comme un hobby du week-end. J’ai rencontré des gens incapables de respecter des simples notions de savoir vivre, de politesse et d’hygiène. J’ai rencontré des gens un peu paumés prêts à croire le premier baratineur, et des gens tellement nombrilistes et fermés que tout échange est impossible.  J’ai vu les profondes rancœurs et divisions qui partagent le milieu.

Mais le plus décevant ce n’était pas ça. C’était le manque d’inspiration, le manque de souffle, le manque d’enthousiasme. Le manque de passion, de talent, le manque d’ardeur au travail. Les gens sont blasés, ils s’attendent à ce que cela leur tombe tout cuit dans le bec. Sans ces choses là, on n’est pas prêts à aller loin, en tant que mouvement spirituel. Cela se résume bien dans les propos que j’ai entendu dans la bouche d’une wiccane lors du rassemblement PFI : « vous voulez dire qu’il s’agit seulement de célébrer  la communauté ? Si c’est le cas, vous pouvez aussi bien faire un barbecue. » Oui, l’idée de communauté est vue comme routinière, bassement organisationnelle, peu spirituelle au final. Avec mon amie B., on se disait que c’était un des symptômes les plus aigus qui illustrent les problèmes dans la communauté païenne moderne – cette incapacité à voir l’importance de la communauté, à voir plus loin que son propre bout du nez, et surtout à flotter toujours dans les nuages sans s’occuper des questions plus terre à terre. C’en est terriblement rageant. Une moitié des païens croit que c’est normal, les forums et les évènements, et tout ce qui se passe, ils agissent comme si c’était de l’acquis, quelque chose qui leur est dû, et qui ne les concerne pas autre mesure, et l’autre est tellement énervée par la première moitié qu’ils jurent ne plus rien en avoir à foutre. C’est dommage ! Oui, je conviens que pas tout le monde peut consacrer sa vie au paganisme, mais la moindre des choses, c’est d’avoir un peu de respect, de considération pour ceux qui se démènent, et d’essayer de rendre un peu de temps à autre. De se rendre compte que ce n’est pas possible d’exister purement tout seul en tant que païen. Rien que la possibilité de se renseigner sur Internet, de trouver des bouquins, c’est dû au travail acharné de certaines personnes.

En attendant, B., une femme d’affaires avec les pieds bien sur terre et mère d’une petite fille, a décidé de prendre les choses en main et d’organiser avec son mari des journées de parentage païen, avec des activités organisées pour les enfants comme des promenades à travers les bois accompagnées de contes, des échanges entre parents, par exemple, sur comment expliquer les choses aux enseignants de leurs enfants lorsque ceux ci font une sortie sur Odin à Noel  ( exemple véridique ^^ trop chou ), la création d’un prospectus d’information… Z. continue de maintenir son temple à la Déesse, créant un véritable havre de paix ouvert à tous, et anime des cérémonies régulières, ainsi qu’un café païen permettant à tous de se rencontrer. C’est de ce genre d’initiatives dont on a besoin, et qui donnent espoir pour le futur. On en vient à la deuxième chose dont je voulais parler : la gratitude.

Car oui, le milieu païen a beau être un peu pourri quand on y regarde de plus près, il y a des sacrés perles là dedans. Il y a un potentiel énorme, qui n’est pas mis en valeur, par manque d’organisation, de réflexion, je ne sais pas. Peut être parce que beaucoup de gens se plaignent mais ne font rien. Ah, je sais c’est pas facile, il y en a plein qui essaient et qui se prennent des murs ! En ce moment, chez les Tisseuses, on rencontre ces mêmes foutus problèmes d’organisation, et même avec la meilleure volonté du monde, ça crée des tensions !

Peut être qu’on est trop idéalistes. On rêve d’utopies, on garde au chaud nos espoirs de païens débutants, et on est trop déçus lorsque cela ne correspond pas à nos attentes, on abandonne. Je dirais plutôt que c’est bien, de rêver, au départ, mais vient un moment où il faut construire. Revenue en France, j’ai envie d’agir. On en parlait avec L., avec qui j’organise le tout nouveau Café Païen Lyonnais et il disait – et je suis oh combien d’accord – le paganisme, c’est plein de communautés diverses, mais on n’est pas obligés d’être d’accord sur tout, on n’est pas obligés de ritualiser ensemble, on n’est pas obligés d’être les meilleurs potes, mais on n’est pas assez nombreux pour s’arracher les cheveux comme on le fait. On a des enjeux en commun. Il nous faut trouver une façon d’accommoder cette diversité. Sinon, le paganisme risque de se réduire pour toujours à de petits groupuscules qui s’agitent dans leur coin. Donc, bon, voilà je vais continuer à organiser des choses.

Si il y a une chose que j’ai apprise, c’est qu’il ne faut pas faire de quartier avec les cons, parce qu’il y en a beaucoup dans le milieu, un petit énervement de temps en temps c’est sain et légitime, et les ignorer simplement si ça demande trop d’énergie, c’est tout aussi légitime. Parfois, la tolérance va trop loin, on croit que tout doit pouvoir passer ? Désolée, pas chez moi. Mon paganisme je l’aime sans cruche, sans haine, sans gros lourd facho dedans. Je vais pas m’excuser de taper un peu sur la tête de ceux qui l’ont mérité avec des mots légèrement sarcastiques qui pourraient blesser leur égo. Parce que je me dis que certains comportements invitent le ridicule, c’est tout. ( dédicace spéciale aux Spirettes qui font un art du pourfendage de troll ^^ ) Je vais pas me taire et laisser ce genre de gens réclamer toute l’attention en ce qui concerne le paganisme.

Je peux pas dire aux gens quoi faire, même si mon gourou intérieur aimerait bien lol. Donc je vais me concentrer sur les perles que je rencontre sur mon chemin, je vais chérir ces relations, et en ce qui concerne le reste de la communauté, je vais agir plus comme s’il s’agissait de business, de travail, je me blinde petit à petit, afin d’être efficace. Pas besoin de faire de tous ceux que je rencontre mes meilleurs amis pour toujours ^^ Je ne laisserai personne me défaire de mon enthousiasme. Le paganisme c’est un peu comme tous ces intérêts assez cool et avant-garde qui attirent tout un tas de neuneux dès qu’ils deviennent plus célèbres, mais ça les rend pas moins cool et avant-garde pour autant, si on sait où on va.

Mes aventures spirituelles à Amsterdam part 3. Suite et fin.

Mon dernier article me laissait dans les préparatifs de la Procession de la Déesse organisée par Z. Tout d’abord, quelques photos :

Au final, j’ai été un peu déçue car déjà, le temps n’était pas vraiment au rendez-vous ( même si on n’a pas eu de grosse pluie durant la procession ) on n’était pas beaucoup, et c’était dur de concentrer l’attention des gens ; trop long, et trop froid, et c’est vraiment dur de monter l’énergie en bougeant avec une vingtaine de personnes…Beaucoup moins flamboyant que l’année dernière, qui avait attiré une centaine de personnes dans les rues d’Amsterdam, cette année, c’était dans un cocon de verdure humide. Et puis étrangement, beaucoup de participants se comportaient comme si ils étaient venus pour se promener, ce qui m’a un peu énervé.

Il faut dire que j’étais aussi extrêmement nerveuse en raison des quelques responsabilités qui m’ont été imparties, et le moindre petit hic me tapait sur les nerfs, je voulais que ça soit parfait, et ça n’a pas été le cas. Donc, bouh, va falloir que je travaille tout ça !! Néanmoins, quelques très beaux moments, très poétiques – comme lorsque nous avons apporté des énergies à la rivière et fait des offrandes, la prêtresse sonnant son cor, comme une procession fantôme venant du fond des ages, et réveillant des énergies endormies, apportant un nouvel âge dans le présent…j’ai eu une sorte de vision à ce moment là, c’était puissant. Et puis j’étais la prêtresse de la Rivière, avec ma belle cape bleue, et j’ai vraiment eu l’impression à travers cela de me connecter à l’eau qui est l’âme du pays, qui est présente absolument partout en cette terre. Nous étions en amont de l’Amstel, qui se verse ensuite dans les canaux qui sillonnent la ville d’Amsterdam, et le but était d’amener ainsi l’énergie de la Déesse dans toute la ville. C’était l’essentiel du rituel, et c’est ce que nous avons réussi – peu importe que nous étions peu, frissonnants et que ce n’était pas une pagan pride éclatante, l’essentiel du travail était fait. C’est la leçon que j’en ai retenu.

A la même période, j’ai suivi mon amie E. et son boyfriend pour une journée en vadrouille vers un groupement de pierres levées ( et j’attends toujours qu’elle m’en dise le nom pour que je puisse me renseigner sur leur histoire ^^) et c’était une magnifique journée où nous avons bavardé du sens de la vie et de la mort, récolté du sorbier et du chêne, et nous sommes gorgées de l’énergie des pierres et du soleil…

Elle m’a aussi parlé en long et en large de sa merveilleuse expérience en Inde où elle s’est vraiment découvert une connexion avec la grande Mère – et m’a ramené un peu d’eau du Gange sacré dans un flacon en cuivre, plus une pochette rouge brodée de perles qui me servira pour mettre mes outils. C’est un de mes rêves d’aller en Inde, pour voir de mes propres yeux un polythéisme vibrant et vivant faisant partie de la fabrique même de la société…

J’ai suivi les dernières leçons du groupe d’étude dans le coven, en lien avec les éléments et faisant aussi des liens avec la Kabbale. J’ai vu comment les alexandro-gardnériens lançaient le cercle…très intéressant et méthodique. Tellement de pistes à explorer…

J’ai fait une méditation de lune noire avec Z. qui nous a fait descendre dans le royaume de Holda et m’a vraiment permis de forger une nouvelle connexion avec cette déesse, une des rares étant réellement indigène.

Finalement, je me suis retrouvée empêtrée dans mes examens de fin d’année, ce qui m’a empêché de me concentrer beaucoup sur mes sorties païennes. Et inexorablement, la fin est donc arrivée, très, trop vite, plus vite que je le prévoyais d’ailleurs. Pas eu le temps de faire tout ce que je voulais faire, hélas…mais c’est la vie, les surprises.

Première session d’un groupe d’étude dédié à la Déesse chez Z, avec E. Merveilleuses discussions sur la prière, et le rapport personnel à la Déesse. Z. nous montre comment elle fait la puja tous les matins devant son autel. Puis finalement cela tourne en une petite fête de départ pour moi et il faut que je me retienne pour ne pas pleurnicher comme une serpillière lamentable. On peut forger des liens très vite quand on partage sur des sujets aussi profonds ! Un symbel improvisé dans la cuisine avec corne remplie de vin aux épices…

Avant de quitter mon appartement, je me rends dans un lieu spécial pour moi, une plage de béton au pied de l’ultra moderne EYE musée de cinéma, qui est derrière la gare sur le port, à côté de la rivière principale qui charrie toutes les eaux venant des canaux : en bref, dans la ville, c’est le carrefour des carrefours, entre les eaux qui se rejoignent, la gare comme centre de passage, le port…tout moderne et épuré, c’est une magie bien urbaine ici, et un accès facile à l’eau que l’on ne trouve nulle part ailleurs. Je remercie l’esprit de la ville de m’avoir accueilli et appris tellement de choses. Je fais aussi le deuil de celle que j’étais en arrivant : une fille qui essayait désespérément d’être quelqu’un d’autre. Finalement, ici, en rencontrant tellement de gens si différents, ouverts, tellement de courants d’influences et de façon de voir les choses, je me suis libérée, me rendant compte que ce n’était pas moi qui était anormale : c’était juste que j’ai beaucoup baigné dans un milieu de gens fermés d’esprits, petits, qui ne regardaient pas plus loin que le bout de leur nez. Je me suis aussi retrouvée face à moi même, et j’ai appris à m’aimer un peu plus. J’ai rencontré des divinités qui me suivront sans doute le reste de ma vie. Je me suis fait des amis géniaux. J’ai traversé des épreuves, j’ai fait des erreurs et j’en ai appris. Je suis un peu plus adulte maintenant, et je m’appartiens un peu plus.

Je jette plusieurs choses à l’eau : tout d’abord un charme de bon voyage que j’avais fait avant de partir : il a rempli son office. Ensuite, en offrande, je coupe une tresse de mes cheveux dans la nuque, décorée de rubans, pour qu’une petite partie de moi même reste ici pour toujours comme cette année et cette ville fera partie de moi à jamais. Au bout de la tresse, j’attache une bague que j’avais achetée parce qu’une de mes amies que j’admirais beaucoup ( et je voulais secrètement être comme elle) avait la même. Bye bye, passé pesant…

Je passe mes quelques derniers jours chez E. On papote sans fin, on visite le musée de la Bible en faisant des commentaires païens ( les regards qu’ils nous jetaient ^^ ), le bonheur quoi…on mange des space-cakes ( en ai offert un petit bout à Loki, of course…) tout en faisant des petites figurines en terre, en chargeant une bougie pour qu’E. reçoive l’argent qui lui était dû ( ça a marché, youpi !!) … et la fin vient beaucoup trop vite encore une fois. Je saute dans le bus, valises et tête très lourdes de souvenirs en tous genre…

Merci, Amsterdam !