I’m an angel bored like hell
and you’re a devil meaning well
you steal my lines and you strike me down
come raise your flag upon me

and if you want me I’m your country
if you win me I’m forever – oh yeah!

’cause you’re the storm that I’ve been needing
and all this peace has been deceiving
I like the sweet life and the silence
but it’s the storm that I believe in

(The Cardigans, You’re the Storm )

Sérieusement ?

Aux Pays-Bas, peu à peu je tisse des liens dans la communauté païenne et je fais des rencontres très intéressantes. L’autre jour, à un Crafternoon organisé par Zia, où j’ai d’ailleurs appris à filer la laine – j’ai des progrès à faire, mais maintenant je sais comment ça marche, et c’est génial !! J’adore ces après-midi de discussions et bricolage, et aussi de rencontrer des femmes sages qui ont bien roulé leur bosse… en France, apparemment on se trouve dans une génération du paganisme différente, la plupart des païens que j’ai rencontré ayant moins de 30 ans…

Bref, on parlait du contact avec les gens qui ne font pas partie de notre voie, et ceux qui ne sont pas ouverts à la spiritualité. Vera, une écossaise ayant le projet d’ouvrir une école spirituelle à Avallon en Bourgogne ^^, conclut la discussion avec un petit rire et un air malicieux :

“Gotta give ‘em a taste”

Il faut leur faire goûter : il faut leur montrer de quoi on parle. En fait, il n’y a pas vraiment d’autre solution. C’est vrai, on peut discuter, on peut essayer de convaincre, on peut râler contre les chrétiens ou les athées ou n’importe qui, on peut parler de liberté d’expression et de religion, c’est nécessaire, mais pas suffisant…Au final, afin de montrer qu’on est sérieux, que c’est pas que dans notre tête, que notre choix de spiritualité est valide et digne de respect – oui, dans un monde idéal, ça serait moins difficile, les gens seraient plus ouverts d’esprits, mais on y est pas encore – il faut leur montrer de quoi on parle. On aime bien dire que notre spiritualité fait de nous des gens plus équilibrés, respectueux de la nature, créatifs, chaleureux… mais est ce que c’est vrai, ou est ce que c’est juste une jolie idée dans notre tête ? On exige du respect pour nos Dieux et cérémonies, mais sommes nous capables de créer la dévotion, la poésie, la beauté, qui Leur ferait réellement honneur, et de défendre Leurs valeurs au quotidien ? Nous nous disons sorcières, mais possédons-nous réellement cette intimité avec la nature qui nous permet d’enchanter le monde autour de nous ? Il y a un moment où il faut se poser l’épineuse question du bilan, du résultat concret de nos cheminements – sinon, c’est que du vent, et ne sommes nous pas des religions de la Terre ? On cherche à se justifier, mais ce qu’on fait n’est pas vraiment justifiable, c’est avant tout une voie de l’expérience et de l’émerveillement qui dépasse les mots. On ne peut pas convertir, on ne peut pas provoquer des illuminations autour de nous – tout ce qu’on peut être, c’est un bref conduit vers une autre façon de sentir le monde. Un havre de paix, de magie, de contentement au milieu d’un monde fiévreux. On peut donner l’exemple et passer des mots à l’action. Et à ceux qui se moquent, on peut rire en douce et répondre : Oh, ne t’en fais pas, viens donc prendre un thé à la maison, le chaudron bouillonne…

Gotta give’ em a taste…

Dans la tradition nordique, il est de coutume de faire un sacrifice à Frey à Yule, d’un sanglier. Je n’en avais pas vraiment un sous la main, mais j’ai fait un substitut en pâte d’amandes…

Prayer for the Light-Bringer

by Ari

Hail to the God of the Spark Inside,
Enduring warmth that ever hides
Where we forget that deep it lies
Till sorrow sees its sudden rise.
You are the light beneath the skin,
You are the dawn that rises in
The east, direction of the mind.
You are the comfort that I find
When I finally let go of care
And all the daily woes that wear
My will and heart to shreds and tatters–
You tell me that these things don’t matter,
That only Love survives the pass,
That desolation never lasts.
Hail Frey, from whom I ever learn
That in my hearth, the embers burn.

( Prière au Porteur de Lumière
Salut au Dieu de l’Etincelle à l’intérieur
Chaleur persistante qui toujours se cache
Où nous oublions qu’elle est profondément nichée
Jusqu’à ce que les temps de désespoir voient sa soudaine révélation
Tu es la lumière sous la peau
Tu es l’aurore qui se lève
A l’est, direction de l’esprit. 
Tu es le confort que je trouve
Lorsque je laisse aller l’inquiétude
Et tous les soucis journaliers qui usent
Ma volonté et mon coeur jusqu’à en faire des lambeaux
Tu me dis que ces choses importent peu
Que seulement l’Amour survit au passage
Que la désolation ne dure jamais
Gloire à Frey, de qui j’apprends à chaque fois
Qu’en mon foyer, les braises rougeoient. )
 

J’aime beaucoup travailler avec Freyr, son énergie est bienfaisante, reposante pour moi après avoir travaillé avec des énergies brutales et sombres pendant longtemps. Je bute toujours sur un os en ce qui concerne sa relation avec Gerda, cependant. Je lui ai posé la question et le lendemain ça m’a rendu malade, je crois qu’il y a vraiment quelque chose à explorer là. ( Selon la théorie de ma mère, on tombe souvent malade après avoir été confronté à des questions que l’on ne veut pas se poser, qui sont donc importantes ^^ ) Ou peut être que ça n’a rien à voir ou que ce n’est pas mes oignons. Mais je ressens beaucoup de liens entre l’histoire de Gerda et celle de Skadi ( elles sont inversées en quelque sorte ) je suis donc curieuse…

De retour en France – le pays de cocagne, et je me suis direct attaquée aux festivités. Un programme chargé cette année, de nombreuses innovations à affiner au fil des années mais je dirais que ça a bien pris. J’espère que de votre côté vos célébrations auront été riches, chaleureuses et fructueuses.

la Nuit des Mères

La nuit avant celle du solstice, nous avons fêté la Nuit des Mères. (http://en.wikipedia.org/wiki/M%C5%8Ddraniht)C’est une fête anglo-saxonne assez douteuse et obscure, citée par une seule source, et même à Noël et pas au solstice. C’est Diana Paxson, dans Essential Asatru, qui la place la nuit avant le solstice, et selon moi cela fait tout à fait sens. Kodratoff émet également quelques suppositions très intéressantes sur cette fête dans ses discussions de la rune Perthro (http://www.paganisme.fr/paganisme/langages-magiques/magie-runique/pertho)

Son symbolisme est très fortement lié au solstice – il s’agit ici de célébrer les pouvoirs féminins, les Dises. Avant le solstice, symbole d’accouchement – cela me paraît approprié. Kodratoff nous dit :

“Elles ( les Mères ) arrivent chez nous la veille de Yule et se réunissent en une joyeuse fête, un sumbel, Pertho ou Peorth, avec les femmes sages du lieu qu’elles visitent. Le lendemain, elles sont rejointes par leurs conjoints et commencent les douze jours de Yule, les douze jours d’ivresse mystique et de tempête physique pendant lesquels vie et mort se confondent.”

Pour la première fois que j’honorais cette date, quelque chose de très simple – une petite cérémonie en l’honneur de nos ancêtres féminins, avec ma mère, devant la cheminée. Ma mère qui s’intéresse aux spiritualités, disons, alternatives, beaucoup, c’est un plaisir de pouvoir partager certaines choses avec elles et en même temps pas facile car j’ai beaucoup considéré ma spiritualité comme mon terrain gardé, comme quelque chose m’appartenant totalement, jusqu’à me voir en gardienne générale de la paganitude. Roooh ^^ . Mais définir de saines limites, c’est un jeu constant, un défi.

Solstice d’hiver

La famille s’est réunie devant le foyer pour discuter de l’année passée, une bougie à la main, et toaster aux futurs challenges, avec des tasses de wassail ( cidre épicé au rhum, ancienne tradition anglaise ) – une version plus large du sumbel, je souris intérieurement. C’est apaisant, ce genre de choses ; depuis que tout le monde sait que je suis païenne à la maison, et on essaie d’aller dans le sens de tout le monde, de se retrouver au milieu.

J’ai fait ma propre cérémonie, invitant Odin, Skadi et Holda ; puis la Déesse Sombre et le Toujours Vert. Pas parfait – de faire une cérémonie pour l’obscurité à l’aube, pas terrible, j’étais fatiguée, agitée et l’aube finalement est venue plus tôt que prévue, et si facilement…Sacré symbole, on en rigole encore…Trop puissant pour ma fragile carcasse, et puis tant pis. Parfois le feeling n’est pas au rendez vous mais je me dis que ce que je fais, je ne le fais pas seulement pour moi, et pour un ‘bon feeling’ mais aussi simplement pour rendre honneur avec régularité. Parce qu’il y a un moment où il faut choisir, hein – continuer sur cette voie tout en prétendant croire que les dieux sont simplement des idées dans notre esprit, des projections, c’est du foutage de gueule. Moi je suis faite pour la dévotion, donc j’y vais. Tant pis si cela me vaudra d’être traitée de folle, j’ai plus besoin de ces béquilles rationnelles.

Les Douze Jours

Je trouve tout à fait que l’idée de Yule comme période plus large, incluant le Solstice d’Hiver et autres festivités, fait tout à fait sens. Je m’inspire de mes fouilles dans le folklore de la période ( il me faudra faire un post plus complet…) et pour moi, cela commence avec la Nuit des Mères et finit aux alentours du 31 avec la nuit de Berchta. Je fais des petits rituels et méditations tous les jours. Le lendemain du solstice, je me suis levée à l’aube pour voir le soleil se lever. J’ai fait un rituel à Freyr, avec ‘sacrifice’ d’un sanglier en pâte d’amandes…

Pour Noël, j’aime beaucoup l’idée de redistribuer l’abondance, avec des petits cadeaux dénichés avec soin. On est allées à la messe aussi. Pour moi c’était une ouverture, un signe de paix. D’autant plus que l’autre jour je suis allée dans une église et il s’est passé quelque chose avec Ste Thérèse. Moui, j’en reviens pas encore. L’avantage d’être païenne c’est que des entités sortie d’absolument n’importe où peuvent vous parler, on n’a pas besoin de se fermer. Mais après tout, j’étais là et je pensais, est ce qu’on peut réellement rendre les Dieux responsables des agissements de leurs fidèles ? La messe, dans son ensemble assez répétitive et peu inspirée, parlait beaucoup de paix. C’était beau pour un bref moment, et je me demandais, encore ruisselante de l’énergie de Freyr, aussi dieu de paix, après mon rituel du matin – si ces gens savaient, pourrais je être ici aussi tranquillement ? Leur paix ne passe-t-elle pas par l’annihilation des vues différentes ? Où est ce que cela n’est que la patte de membres du clergé ivres de pouvoir ? Les dieux, ici, ils savent, et pourtant je ne les sens pas hostiles, l’église toujours une oasis de paix dans la ville bruyante. Je me dis que c’est bien pour quelque chose.  J’ai allumé une bougie à Marie, Déesse Mère, et j’ai promis, oui, la paix, mais par débat passionné, compromis, et démocratie. Je prie pour la République des Cieux…


Joyeux Yule !! Tout le monde le dit c’est une énooorrrme période de bouleversements, apparemment, pour moi aussi – la fin d’une période le début d’une autre, certains dieux qui se posent plus en retrait et d’autres qui s’avancent…Et une profonde envie de concrétiser tous ces changements. Première promesse : je considère enfin être écrivaine comme une possibilité sérieuse ( et ouh il va falloir que je surveille mon langage -_- ) Ensuite : je m’organise. Suite : j’arrête de me tourner tellement autour du nombril, parce que si un peu de narcissisme est salutaire, trop, bonjour les dégâts !! J’aime mon petit blog mais j’ai tendance à trop partir dans des discussions interminables, je vais travailler à augmenter la force de frappe de mes mots pour être plus concise !

Coup de gueule du jour : c’est quoi leur problème au gens qui utilisent la spiritualité pour faire passer des messages idéologiques/avoir raison, hmm ??? Je me demande si je le fais pas aussi, parfois, du coup. Du genre, c’est un outil pour convaincre, rudement efficace…

Et aussi je me suis rendue compte qu’un parasite internet copie plus ou moins notre forum des Tisseuses / et aussi ma présentation sur ce blog…ah j’en avais entendu parler mais ça m’était encore jamais arrivé, faut une première fois à tout. J’ai envie de les insulter copieusement ce matin, mais allez…

( et surtout : vous êtes cons ou quoi ? vous croyez vraiment que personne ne s’en rendra compte ? lol )

Edit : il se trouve que c’est la même personne en fait, une fille totalement instable qui s’est fait rejeter du forum du cercle après m’avoir quasiment traitée de gourou parce que j’avais eu le culot de lui expliquer les règles du cercle, revient ensuite toute gentille pour me faire ce coup après…et pareil, à chaque fois qu’elle se pointe sur un forum elle est tooouute gentille et puis pfiout, elle se casse de manière hyper impolie. Non désolée pour les âmes pacifistes mais ça pour moi c’est une licence ouverte à se foutre de sa gueule.

En Hiver, je râle beaucoup, mais j’aime le froid, qui saisit, qui vivifie – l’air porte quelque chose de magique, de pur. J’en suis venue à voir la glace comme un élément à part entière qui échappe au symbolisme traditionnel de l’eau ( fluidité, émotions ). La Glace, sous le patronage de ma Dame Skadi, c’est la clarté, la dureté, la pureté, l’exigence, la beauté, le pouvoir du sauvage brut, un pouvoir qui emporte tout sur son passage. C’est une lumière obscure, une vérité tranchante et douloureuse, tour à tour protectrice ou traîtresse. C’est tout comme l’hiver un passage nécessaire qui permet de retourner à soi, de retrouver son intégrité, son indépendance de coeur et d’esprit. Elle réveille Celle-qui-court-avec-les-loups ( et qu’est ce qu’on l’aime, celle là ) Mais être touchée par la Glace peut être une malédiction aussi – un honneur tellement rigide qu’il en devient monstrueux ; une insensibilité progressive où on se détache de son propre corps, et on reste de marbre devant les coups portés.

Fille-de-Glace est mal acceptée dans notre société, elle est vorace, ambitieuse, parfois violente. Dans les histoires c’est la méchaante, la Reine des Neiges froide et stérile. Un de ses autres noms serait la Dame de Fer…En général totalement folle, perverse, vaniteuse, cruelle, sans coeur, et sexuellement dominante. Elle se distingue par une grandeur psychotique et beaucoup de style. Elle est assez géniale en fait, mais elle se fait toujours dézinguer à la fin alors que le héros finit avec la gentille blonde toute douce. C’est en général une parabole illustrant que les femmes de tête finiront mal, seules et tristes…ou de mort violente. ( dans ce genre d’histoire je prie secrètement que pour une fois c’est la méchante qui gagne lol )

Dans sa version positive, la Demoiselle au Bouclier, Fille-de-Glace est très courageuse, protectrice et a tendance à dépasser ce qui est attendu d’elle, à transcender ses propres limites… Elle ferait n’importe quoi pour protéger son clan, est trop/très responsable, réfléchie et fière. Elle n’a peur de rien, mais sa vie personnelle n’est pas toujours des plus heureuses.

Enfin, Fille-de-Glace est une sorcière, une déesse aux deux visages. Elle est la Vieille Femme de l’Hiver, la puissante Cailleach qui sculpte les montagnes, l’initiatrice aux dents crochus. Elle est également la jeune héroïne courageuse qui n’a pas peur de dialoguer avec les forces vives de la nature, de l’obscurité, et qui sait survivre dans des conditions difficiles. Elle est une figure très ambiguë aussi, complexe, avec ses côtés de meurtrière, d’adepte du contrôle absolu, de manipulatrice. C’est un diamant aux multiples facettes – dont certaines sont absolument horribles et d’autres splendides…Elle n’est jamais une victime, sauf quand elle se laisse domestiquer.

On en vient à Skadi, bien sûr, et la raison pour laquelle je suis tombée amoureuse de son histoire. Parce qu’elle combine des aspects des deux figures – la Demoiselle au Bouclier et la Reine des Neiges, et on peut dire qu’elle en tire le meilleur. Elle est courageuse, mais genre p%%”"3§ de courageuse ( pour s’armer et aller comme ça réclamer seule justice chez les meurtriers de son père, les dieux qui règnent sur l’univers, il en faut des tripes ) mais aussi diplomate ( elle accepte de marier l’un d’entre eux et est adoptée dans leur clan, sans renier le sien ) – elle est à l’intersection de trois mondes ( Ases, Vanes et Jotuns ) et reste fidèle à elle-même – elle met fin à son mariage parce que sa terre lui manque. Elle est solitaire sans être frigide ( elle aura de ‘nombreux enfants’ avec Odin- et peut être quelque chose avec Ullr ? Sans parler de sa possible aventure avec Loki ). Elle est une chasseresse, sportive, et guerrière hors pair. Elle règne sur ses terres depuis son retour, mais reste en contact avec les Ases. Elle honore la mémoire de son père ( en faisant de ses yeux des étoiles ) – un dangereux géant-sorcier des glaces. Elle peut être extrêmement cruelle ( plaçant le serpent venimeux au dessus de Loki ) se faisant ici la vengeresse sanguinaire qui est un autre visage de Fille-de-Glace, et après tout elle est peut être une Sacrificatrice. Mais aussi pleine d’attention ( la première à se préoccuper de son beau-fils Freyr lorsqu’il est malade d’amour.) Elle est une figure extrêmement moderne à mon sens- et je connais peu de divinités pour ainsi dire ‘divorcées’… Elle est en un mot, la patronne des bad-ass ladies… ( C’est aussi pourquoi je suis tellement honorée et hum surprise qu’elle ait accepté d’être ma patronne…)

De manière générale le panthéon nordique présente des figures de femmes très riches et inspirantes. Un autre exemple de Fille-de-Glace est Gerda, épouse de Freyr après une romance assez étrange faite de menaces et de négociations – Freyr accepte de renoncer à son épée. Pourtant, leur mariage sera heureux. Elle est une sorte de Perséphone inversée, une fille sombre mariée à un dieu de la végétation. La glace qui est une partie tellement importante du monde nordique, est représentée d’une multitude de façons – de Ymir dont le corps forma le monde, à Hagalaz, le tourbillon de grêle de la création du monde, en passant par les géants de glace brutaux et agressifs ; Gerda la promise resplendissante qui rend malade d’amour le dieu de la fertilité ; et Skadi, qui en un sens est un principe d’ordre et de juste rétribution, et d’équilibre. Et une cohorte de démons et de morts vivants qui reviennent sur terre autour de Yule. On a dans le panthéon proche germanique, Holda, déesse du foyer qui crée la neige en secouant son édredon.

La dualité feu/glace est un autre principe fondateur que ombre/lumière et est également fascinant. Pour longtemps on a associé la glace simplement à la haine, à l’insensibilité, figée dans le temps, l’absence d’évolution. C’est une symbolique trop pauvre, je trouve, c’est dommage, il y a une grande richesse ici. Pareil en magie. Je me suis rendue compte que oui, j’ai un éclat de glace figé dans le coeur, cette partie de moi sans pitié. Et j’en viens à l’accepter, parce qu’il me donne de la force. Et s’il ne règne pas toute l’année, il peut être très positif – Fille de Glace m’apprend le courage et l’intégrité. Le truc, le seul problème de Skadi peut être, c’est qu’elle a du mal à rire. J’imagine qu’elle y vient avec le temps, c’est juste un puzzle que je n’ai pas encore résolu. La glace est le principe de concentration, de contraction de l’univers – la mère qui accouche ( si opportun pour Yule ce symbole…) et la flèche prête à être lâchée. Skadi m’a appris que ce moment de pause, de latence, est une opportunité sans égale pour se recentrer, faire le point sur ses rêves, se préparer à ce qui vient. L’idée, c’est les quelques secondes avant de sauter dans le vide, qui durent une éternité. Ou le moment où on retire un masque. L’idée c’est d’être fidèle à soi-même aussi,  de faire le bon choix dans la mesure du possible, d’apprendre de ses erreurs.

L’hiver est le moment pour honorer Fille de Glace, en faisant le point sur ses projets, rêves, en prévoyant des challenges à venir et des manières concrètes de s’y préparer. En prenant soin de son corps également, et de son esprit pour pouvoir faire face à ce qui va arriver, et en cultivant concrètement vos talents. Des méditations avec la glace, la neige ( recueillez l’eau fondue pour vos rituels ) ou la rune Isa. Apprendre à apprécier la solitude, et faire des balades sous la neige et se souvenir de son émerveillement d’enfant. Ou s’il n’y a pas de neige, sortez faire une balade dans le froid et sentez comme le sang bat à vos tempes, c’est bon d’être en vie. Et sentez aussi vos limites, alors que vos doigts gèlent et deviennent insensibles, et remerciez pour la chaleur de votre foyer…

Les temps de froid ne sont jamais éternels, ils sont une épreuve, mais les Filles-de-Glace qui en sortent plus fortes ont de quoi être rudement fières…le clan des cicatrices, guéries et portées comme une médaille. Et vous, avez vous jamais repéré Fille-de-Glace dans votre vie ? Sous quelle forme ? Que vous a-t-elle appris sur vous même ?

PS / un dernier visage de Fille-de-Glace http://vimeo.com/10743926 ( ben oui c’est comme ça que je travaille sur mon dernier essai de gender studies…)

 Autel à Holda : une bougie blanche et une bougie noire pour représenter son côté double ; une offrande de hareng, de céréales et de baies de sureau, des symboles ( une étoile (la Voie Lactée est son chemin de passage), une clé (pour son aspect de Déesse de Passage) et des sabots ( associée à la Hollande, pour certains l’étymologie est liée…)) et des cartes de plantes associées : le lin, le genévrier, le sureau. 

Je me suis mis à travailler récemment avec Holda, et je voulais partager mes recherches. Holda est une déesse germanique très complexe, une divinité du foyer et du travail domestique, du temps, du monde sauvage et de la forêt, de l’hiver, de l’eau, (puits, lacs, rivières et sources) de la fertilité et de l’Autre Monde. Elle est parfois associée à Frigg, reine du panthéon nordique, mais je la ressens comme beaucoup plus sauvage, primale. Elle est aussi comparée à Hel, ( leurs noms se ressemblent et elles partagent des symboles, comme le sureau) mais elle n’est pas purement une déesse des morts, plutôt une protectrice des esprits errants et vulnérables.Elle a des traits en commun avec Nerthus, mystérieuse déesse de la Terre nordique, comme le voile, ou le chariot. Elle a une dualité très forte, et a donc un côté sombre affirmé, voleuse d’enfants et figure utilisée pour faire peur aux enfants pas sages, côté sans doute renforcé au Moyen-Age où elle est faite Reine des Sorcières. En ce sens, elle ressemble à Baba Yaga, et partage le côté initiatrice/enseignante qui punit le travail négligé et récompense les travailleurs acharnés, sorcière effrayante, et par exemple le nez de fer. Elle a également des liens avec la Befana Italienne, Ste Lucie, et la völva/seidhkona Huld. Mais Holda est une figure résolument distincte, je pense, des déesses citées précédemment.

Une figure très similaire à Holda, et que je ressens en revanche comme étant le même esprit, est Perchta/Berchta, dont le nom signifie ‘la Brillante’. D’après Grimm, Perchta apparaît exactement là où Holda n’est pas connue, en Allemagne du Sud et dans la région des Alpes. Elles partagent la plupart de leurs attributs : le filage, la quenouille, le travail domestique ; elles sont des meneuses de la Chasse Sauvage, ont un visage double, sont des maîtresses des animaux sauvages, sont associées à l’abondance et à la fertilité, ainsi qu’à l’Autre Monde, sont des protectrices d’enfants, punissent et récompensent, n’ont en général pas de consort, et surtout sont célébrés à l’occasion du solstice d’hiver et des Douze Nuits de Noël. J’assume donc qu’il s’agit de la même déesse.

D’après Encyclopedia of Spirits, the ultimate guide to the magic of fairies, genies, demons, ghosts, gods and goddesses, de Judika Illes :

Hulda

“Hulda, une grande et ancienne déesse des naissances et des morts, préside sur un état de transition pour les humains, un carrefour entre la vie et la mort. Hulda reçoit les âmes des récemment décédés dans son royaume et relâche les nouveaux nés afin qu’ils vivent une nouvelle vie sur Terre. A midi, Hulda se baigne dans une fontaine, de laquelle les bébés émergent, une source de vie. “”Hulda vit dans les grottes des montagnes et parmi les arbres de sureau, qui sont des portails vers son royaume. Son royaume peut être également atteint par des puits. Elle est parfois attestée se baladant à côté des rivières et des chemins de montagne, seule ou accompagnée par des lapins et des fées. Il se peut qu’elle soit la Reine des Elfes. Hulda est un esprit du temps (climat). Lorsqu’elle secoue son duve, il neige sur terre. La pluie tombe de l’eau du rinçage de son linge. Le brouillard flottant au sommet des montagnes est peut être la fumée du feu de Holda. Elle garde et nourrit tout ce qui pousse dans la forêt. Elle était une déesse de la culture, également, à qui ont attribue l’introduction du lin en Europe et l’art d’en faire du tissu.”‘”Apparence : une radieuse jeune femme blonde ou une vieille femme féroce. En tant que Reine des Sorcières, elle a les cheveux en bataille et un air sauvage. Elle peut aussi se manifester en tant que femme vue de devant, arbre vue de derrière.”

Berchta :

“Berchta garde une sorte de zone de transit pour les âmes, prenant soin de et gardant ceux qui sont nés en bas âge. Selon les versions, ils vivent pour toujours dans son jardin, ou elle les garde jusqu’à ce qu’ils se réincarnent et reçoivent une nouvelle vie. Elle protège également les enfants vivants : les contes folkloriques allemands décrivent une belle dame en blanc qui apparaît mystérieusement au milieu de la nuit pour prendre soin des bébés.” ”Elle protège les bébés non baptisés, les morts-nés, les fausses couches, les avortements, ceux que le désespoir ou un coeur brisé ont poussé au sucide, les morts dont personne ne se souvient, ou qui n’ont pas reçu un enterrement convenable.” ” Elle se présente sous la forme d’une belle femme avec des perles tressées dans ses cheveux dorés. Elle porte un voile blanc qui cache son visage, et une longue robe de soie blanche. Elle a également un autre visage : une vieille femme décrépie avec des longs cheveux gris en bataille et des habits chiffonnés. Lorsqu’elle est jeune et belle, elle porte des clés du bonheur dans une main et un bouquet de fleurs du printemps dans l’autre. Sous son aspect de vieille femme elle porte une quenouille.” ”Berchta est peut être la Mère l’Oie originelle ; elle se manifeste parfois avec un pied palmé d’oie.”

D’après Shannon Graves de Holda’s Shrine, elle présente les aspects suivants :

- Déesse du foyer et des arts domestiques : filage, cuisine, ménage, prendre soin des enfants. Elle est la patronne des femmes au foyer et elle apprécie avant tout l’ardeur au travail ; elle récompense les bonnes travailleuses et punit les feignantes et les ingrates. (Comme il est relaté dans son apparition sans doute la plus célèbre, sous la forme de Dame Holle dans le conte de Grimm.) Elle berce les bébés lorsque la mère dort.

- Déesse de l’Hiver qui contrôle la neige, la pluie, les tempêtes et le brouillard, et célébrée à Yule où elle donne des cadeaux aux enfants méritants. La chaleur du foyer et les travaux tels que le filage la lient  aussi aux longs mois d’hiver.

- Déesse des Sorcières – des sorcières ayant affirmé qu’elles quittaient leurs corps pour aller à la montagne de Holda, et l’appelaient leur Reine – on peut penser qu’elle est un guide lors de transes ou de ‘vols de sorcière’.

- Déesse de l’Autre Monde – sous la Terre comme le montre l’association aux puits et grottes, mais elle est également associée aux cieux, et à la forêt et ce sont des portes vers d’autres réalités, comme le monde sauvage en général est symbole de l’autre monde ( voir définition de la hedgewitchery). Une espèce particulière d’êtres surnaturels, les Huldres, est nommée d’après elle. Ce sont des elfes/fées vivant dans la forêt, dépeints comme ayant une apparence humaine souvent très séduisante, mais avec des queues de vache (ou parfois de renard)  ; qui aiment particulièrement la musique et sont capables de changer d’apparence. Holda mène une procession de Huldres, habillée de gris et portant un seau de lait. Perchta possède un jardin merveilleux et vit également dans des montagnes creuses.

Plantes associées : houx, sureau, genièvre, lin, Violette des Sorciers (vinca major)

Animaux : oies, loups, lapins, chiens, chèvres, chevaux.

Offrandes : des beignets, du hareng, des oeufs, des baies de sureau, du lait, de la bouillie au miel, de l’alcool fort…Mais aussi de la musique et de la danse traditionnelle et surtout du ménage bien fait ou des travaux soignés.

Je pense qu’elle est une déesse de la Nature, en général, et une puissance élémentale redoutable, qui peut être dure mais se  révéler bonne et pleine de cadeaux pour ceux qui travaillent et sont respectueux de ses pouvoirs. C’est une figure très riche et les informations dans le folklore sont abondantes à son sujet, et je n’en suis qu’au début de mon travail avec elle, j’écrirai sans doute dans le futur quelque chose de plus personnel sur mes expériences.

Ressources :

Holda’s Shrine, Lady of Hearth and Home http://www.northernpaganism.org/shrines/holda/about.html

The Winter Goddesses : Percht, Holda, and Related Figures, by Lotte Moltz http://winterscapes.com/forestdoor/WinterGoddess.pdf

The Goose-footed Goddess http://afwcraft.blogspot.com/2011/06/lame-step.html

Holda by Sarah Lawless http://www.imagekind.com/Holda–Hela_art?IMID=f7a34da8-7947-4683-9283-2e4130a2176e

Holda by Diane Paxson http://www.hrafnar.org/goddesses/holda.html

Holda by Thorskegga Thorn http://www.thorshof.org/holda.htm

http://en.wikipedia.org/wiki/Holda et http://en.wikipedia.org/wiki/Perchta et http://en.wikipedia.org/wiki/Mother_Hulda

Holda and the Cult of Witches, Swain Wodening http://witchcraft.englatheod.org/witchholda.html

En français :

Dame Holda et le filage du lin http://lune.le-sidh.org/2010/09/04/dame-holda-et-le-filage-du-lin

Frau Holda, la Montagne de Vénus et les voyageurs nocturnes http://www.le-sidh.org/site/article_449.html

Je suis vraiment amoureuse de toute cette période, Halloween et Samhain, j’avais envie de faire un pavé, mais. On m’a dit que mes posts étaient trop longs, des tas de fois lol. Donc je vais faire court !
J’espère que vos célébrations ont été prospères, joyeuses, efficaces ! J’ai célébré à Amsterdam avec de nouvelles connaissances et c’était tout juste parfait, merci à eux de m’avoir accueilli. Comme m’a dit le proverbe bouddhiste que j’ai chopé en arrivant ici :’frappe à la bonne porte, on t’ouvrira, n’importe où !’ Le rituel comportait une descente dans le Monde Souterrain, et c’était tout à fait synchrone avec mes travaux du moment. Juste parfait.

Seule, je me suis aventurée de nouveau aux Carrefours, en essayant pour la première fois le rituel de ‘Laying the Hedge’ ( trouvé ici et ce site est vraiment une mine d’info, merci encore Valiel ) et c’est une riche expérience pour moi qui avait de plus en plus de mal avec la traditionnelle forme du cercle – ce rituel implique de créer une haie énergétique à la place du cercle – un écosystème plutôt qu’une simple ligne, avec l’aide des plantes et animaux alliés. Parler aux ancêtres, aussi, m’a fait du bien.

Et aux Carrefours j’ai trouvé des réponses, peut être plus que je n’en voulais. Il y a quelqu’un qui se fiche de ma tête là bas, et en tant que nordisante j’ai peur de bien savoir ce que ça veut dire, et je suis pas sure d’aimer la réponse. Mpf.

Sinon, Skadi se fait de plus en plus présente, avec l’hiver qui approche, ce qui veut dire des tas de nouvelles perspectives sur le mythe. Par exemple, lors de ma dernière méditation sur la montagne, j’avais vu un renard et l’Aurore Boréale, et je n’avais pas du tout compris le rapport. Maintenant je suis tombée sur cette légende finlandaise qui appelle l’Aurore ‘feux du renard’ – ces lumières comme des étincelles dans la fourrure de renards géants. Hmm…Des pistes, des pistes…Et je rêve du Nord.

Je travaille avec Holda, et elle est vraiment exigeante ! Quel caractère, ça rigole pas. Je compte axer mes célébrations de Yule autour d’elle cette année, donc attendez vous à un post sur les traditions autour du solstice et compagnie, il y a des tas de choses à dire. A peine sortie d’un sabbat que je prépare le prochain.

Vin chaud pour le sabbat, à la pomme, cannelle, et baies de sureau…

Un cadre spécial pour les ancêtres…

L’aconit sur l’autel…

 Citrouille dévotionnelle…

 Amsterdam se pare d’or… 

Offrandes…

L’autel

Début d’année exaltant !  Maintenant que la partie sombre de l’année a commencé, j’ai comme jamais envie de me mettre à mes travaux de sorcière…

La période d’Halloween est une de mes préférées. Toute cette anticipation et excitation dans l’air ! Et les voiles sont fins, très fins… en permanence la sensation que quelque chose se trame.

Au programme, avant Lundi :

- peinture et consécration de mes runes
- rituel en l’honneur de Holda, essai de contact avec les jumelles (  mes soeurs mortes nées juste avant moi ) ( Il est dit que Holda est gardienne des morts en bas âge. ) 
- ce soir soirée films qui font peur avec mes amis internationaux
- peinture du cadre pour les ancêtres
- rangement de mes herbes et épices et étiquetage dans des pots.
- peinture de mon vélo avec des symboles par ci par là : grenade, lapin méchant, balai de sorcière…
- décoration d’autel avec citrouilles, feuilles mortes, fleurs de saison…
- ‘citrouille dévotionnelle’ à creuser : j’en ai fait des rigolotes et sur celle ci je voudrais graver des symboles pour en faire une offrande aux ancêtres.
- préparation du cidre aux épices à emmener samedi
- bain de purification
- soirée de Samhain samedi avec un coven basé à Amsterdam : activités ludiques, festin, rituel
- dimanche Skype avec les Tisseuses avant leur rituel
- Lundi célébration en solitaire dans les dunes : rituel de ‘Laying the hedge’, honneur aux ancêtres et divinités personnelles
- Lundi soir : divination en silence, prière aux carrefours à minuit.
 
Woohoo ! 
Pour se mettre dans l’ambiance ( cliquer sur l’image pour la source ) 
 
 
 
 
  
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 

Hier, repas thème Halloween avec mes amis internationaux ! C’était super chouette, sans qu’il sachent que je les embarque dans mon trip d’avant Samhain…au menu creusage de citrouille, tressage de pain des morts et films qui font peur ! Super ambiance, tout de suite. Ça fait ça, Halloween.

Gratin au potiron

Quantité : pour 4 personnes

Ingrédients :
500 g de potiron – 500 g de pomme de terre
2 oeufs 
fromage rapé ou fromage en lamelles
4 cuillères à soupe de fromage blanc
un peu de cannelle, poivre et cumin 
1 noix de beurre ou 1 cuillère à soupe d’huile d’olive
sel, sucre brun
Préparation :

Préchauffez votre four à 210°C (thermostat 7)

Epluchez le potiron et coupez-le en cubes ainsi que la pomme de terre. Faire cuire dans une casserole avec un peu d’eau. Une fois que c’est cuit, enlevez le gros de l’eau et écrasez avec une fourchette.

Dans un plat à part, battez les oeufs en omelette.
Mélangez les légumes et les oeufs, ajoutez le fromage blanc, salez et ajoutez les épices à votre goût.
Rajoutez un peu de sucre brun qui fera ressortir le goût du potiron.
Disposez le tout dans un plat à gratin préalablement beurré ou huilé, et saupoudrez du fromage de votre choix.
Enfournez pendant 15 min environ, jusqu’à ce que le dessus soit bien gratiné.
Pan de Muertos

Ingrédients
1/4 tasse de lait
1/4 tasse de beurre ou margarine
 1/4 tasse de sucre
1/2 cuillère à café de sel
1 paquet de levure sèche active
1/4 tasse d’eau très chaude
2 oeufs
3 tasses de farine
1/2 cuillère à café de graine d’anis
cannelle et gingembre moulus
sucre brun

Instructions: 

Faites bouillir le lait, faire fondre le beurre dedans, retirer du feu. Ajouter 1/4 tasse sucre et le sel. Ajouter la levure.

Séparer le blanc du jaune des oeufs. Ajouter les jaunes au mélange précédent et réserver le blanc. Ajouter la farine. Mélangez bien jusqu’à ce qu’une boule de pâte soit formée. Enfarinez une surface plane et pétrissez la pâte jusqu’à ce qu’elle soit lisse. Laisser reposer pour 90 minutes.  Puis pétrir à nouveau et diviser en trois ( ou plus ). Faites des tresses avec la pâte étirée préalablement en boudins. Couvrir avec une serviette et laisser à nouveau reposer pour 30 minutes.

Dans un bol mélangez le sucre brun, l’anis, la cannelle et le gingembre. Lorsque les tresses sont prêtes, badigeonnez les avec du blanc d’oeuf, puis roulez les dans le mélange au sucre brun.

Cuire à 300 degrés pendant 30 minutes ( ou moins, selon la taille des tresses )

Adapté de : http://www.azcentral.com/ent/dead/articles/dead-food_bread.html

 

 

 

J’ai enfin trouvé la possibilité de me retrouver dans la forêt, pour ritualiser. Dans mon appartement c’est difficile puisque je partage une chambre et que ça réduit beaucoup les possibilités d’intimité – et vu que ma coloc peut rentrer à tout moment, difficile de bien se relaxer pour ritualiser. C’était la Pleine Lune de Sang récemment et je voulais faire quelque chose. Pas la nuit, évidemment, mais le matin, c’est pas si mal. Bon déja, il pleut. Bien sûr. C’est l’automne, hein, et Amsterdam, je me suis faite à l’idée d’avoir un jour de soleil sur vingt ici. Je prends le tram pour aller dans la banlieue d’Amsterdam, vers le Amsterdamse Bos – pas un parc mais un bois, un vrai, youpee ! Ils sont géniaux pour ça au fait, préserver des beaux endroits de nature en dépit d’une densité humaine très élevée. C’est pas le coin le plus reluisant, mais bon, ça va. L’avantage de la pluie c’est qu’il n’y a presque personne à part des promeneurs de chiens.

Je marche un sacré de bout de temps avant de trouver un endroit qui me convienne. En fait, c’est un héron qui m’a montré le chemin, j’ai juste marché en sa direction et me voilà à l’orée d’une forêt de pins, parfait pour mon rituel. C’est la deuxième fois que c’est un animal qui me montre un endroit de rituel, la dernière fois c’était dans un parc et un petit lapin disparaissant dans un buisson derrière lequel nous avons fait un rituel de passage. C’est inspirant.

Je me suis calée finalement, à la lisière dans un fourré de petits sureaux, adossée à un pin, cachée par les orties et les broussailles. J’ai demandé une bénédiction pour mes runes. J’ai fait des offrandes aux esprits de la forêt, à Skadi et à la Reine des Morts qui prend son essor en cette saison. Enfin, à l’esprit du Loup qui me parle énormément en ce moment. La loyauté envers le clan et en même temps la solitude, la sensibilité et la férocité, sauvage et sociable, joueur et fidèle et terrible, l’instinct de survie, le territoire, la faim de vie et apprendre à faire son terrier, et la chasse et la lutte.

C’était très beau et douloureux en même temps. En ce moment je me trouve réellement à la croisée des chemins, des choix cruciaux à faire très bientôt. Ici c’est l’endroit idéal – les Pays Bas ont toujours été une zone liminale – tout d’abord parce que beaucoup du terrain a été pris à la mer, on la sent énormément cette énergie marine. Sépare le nord du sud, et c’est un pays de brumes et de marais et de canaux. Le nom Hollande lui même est lié à Holle/Hella/Holda…

Et Octobre est le mois des sorcières par excellence !

 

Photos de portable pourries parce que mon appareil photo fait des misères, oh joie… offrandes d’encens de sauge, viande crue, grenade, champigons et houx pour décorer, et du vin aux épices. Le petit bras de squelette je l’ai trouvé sur le chemin…

J’ai trouvé le vin au supermarché et il convenait assez bien à ce que je voulais faire ^^

 

 

 

 

 

 

Un peu ( beaucoup ) en retard, un petit compte rendu. Week end génial. Merci aux filles de la Spirale Mystique pour cet accueil ! Quand j’ai dit à mon père que je débarquais chez des gens dont je ne connaissais même pas la tête, et que j’étais d’office logée et nourrie, et tout cela en parfaite confiance, il en revenait pas. C’est assez extraordinaire quand on y pense. Donc merci encore !

Que de sujets passionnants et à peine effleurés…c’est une semaine qu’il nous faudrait, en fait, et même plus…Après un trajet en bus de nuit épique, j’étais dans un état second pour la majorité du weekend. Ça aide au délire. Arrivée chez Lucy Dreams vers 6h du mat’, qui vient m’ouvrir, je m’écroule sur un matelas gonflable et le réveil sonne on dirait dix minutes après…

Entre discussions ( au programme : inconscient, problèmes mentaux et familiaux, ancêtres, esprits du lieu et énergies résiduelles, rêves, guérison de soi et des autres, pourquoi on fait ce qu’on fait, signification de la partie sombre, pratiques subversives, faire face à ses démons, magie sexuelle et usage de substances, travail avec les morts, nos chères divinités sombres…), méditations, tirages, balades et remplissages de panse, pas le temps pour se reposer même si à la fin je m’écroule…

Me réveille à temps pour la conférence de Hédéra sur l’utilisation du fouet dans la magie. J’avoue que j’avais des tas de préjugés ( Tonton Gérald le vieux cochon, etc ) mais c’était assez intéressant et en fait ce qui m’a convaincue c’est la mise en pratique qu’on a fait après, dans un rituel de ‘danse ménadique’… j’ai l’impression que le fouet a en fait un peu le même effet que quand on pratique la nuit à l’extérieur : fait remonter des instincts primitifs, un peu de peur qui ne fait pas de mal et rend alerte, et un coup de sang plus qu’autre chose, avec une cadence rythmée, est un bon outil de transe. Et franchement, la danse rituelle déchaînée avec des cris, c’est une des meilleures choses qui soient au monde. N’est ce pas les Tisseuses !

Lendemain, un brunch pancakes dantesque, une longue discussion sur la hedgewitchery, et une méditation sur le corbeau qui m’a assez sonné – j’avais plus d’énergie pour la méditation d’après et je crois que dans ce cas là c’est intéressant d’alterner avec des trucs plus pratiques/moins statiques. Le temps passe tellement vite ! J’ai déjà l’impression de les connaître depuis toujours. Les filles ont une sacré cohésion, qui me fait penser à la notre en différent bien sûr. Là où je suis jalouse, c’est qu’elles peuvent se réunir toutes les semaines alors qu’avec les Tisseuses, étant éloignées, une fois par mois c’est déjà beaucoup et tellement peu. Mon cercle me manque !

Le Corbeau par Sylvania. Respect !

J’ai vraiment regretté ne pas pouvoir faire la partie sur les rites d’Eleusis autour du rire et l’élection du meilleur bon gâteau ( y’avait du beauu monde ^^ ) une autre fois peut être, j’espère !! La fin venue trop vite…

On a fait la troisième mi-temps chez Sylvania. Le soir, confection d’encens en boulettes, avec figue et raisins secs, copal, cointreau, vanille et cannelle et un tas d’autres trucs. Ça sent bon, un truc de fou, on en mangerait. Le problème c’est qu’on sait pas trop comment l’utiliser, vu qu’avec un charbon ça crame. A essayer avec un brûle parfums, pour que ça chauffe lentement. Mais la réalisation, c’est génial. So witchy !

Ensuite, le lendemain, blot à Freyja. Quelle énergie, cette Dame ! Resplendissante et fière et sensuelle, et très déterminée, un sacré caractère, peur de rien. On sent sa présence, c’est le cas de le dire.

Nous avons écrit une invocation, fait des offrandes de lait, de miel, pomme et grenade et encens, un charme runique à l’encre de chine sur de l’écorce de bouleau, et tiré les runes. Ça fait vraiment plaisir de partager ça avec quelqu’un que le monde nordique fascine également ! ( Et merci pour m’avoir fait découvrir toute cette super musique !) Et on a visité Strasbourg, c’est mignon. Un dernier café avec Hédéra qui décidément, me donne presque envie d’être prof. ( et de bosser mon paganisme, houlàlà ! ^^ )

Encore une fois, merci Sylvania pour cet accueil, tous ces super projets et confidences. J’ai vraiment l’impression d’avoir trouvé des soeurcières-du-nord ; même si le temps est toujours frustrant et j’ai peut être pas pu parler avec tout le monde autant que je le voulais. En ce qui concerne le thème, j’en ressors encore plus convaincue de son importance vitale pour le monde païen. C’est un sujet qui fait que les gens mettent leur tripes sur la table, qui nous fait aller dans le vif de ce que veut dire être sorcière/païen, c’est un sujet à débat où tout le monde est loin d’être d’accord, c’est pas bien présentable et c’est absolument passionnant.

Ma talentueuse soeurcière Violette , qui a réalisé le grimoire et le pentacle de notre cercle, ouvre son atelier de calligraphie et je pensais lui faire un peu de publicité.

Quelques de ses créations que je préfère :

Et la prière sur cuir que j’ai eu pour mon anniversaire !

Et le pentacle de notre cercle, qui nous a valu beaucoup de compliments :

http://www.lourseetlaplume.com/topic/index.html

L’églantier, au sens strict, désigne Rosa Canina, la rose des chiens ; le terme est habituellement utilisé pour toutes les roses sauvages à 5 pétales. C’est un arbrisseau épineux qui vit dans les haies, les talus et les broussailles des zones tempérées. Cette plante est originaire d’Europe, d’Afrique du Nord et d’Asie occidentale ; elle est très répandue, résistante, et fleurit d’avril à juillet.

Noms communs : en français Églantier, églantier des chiens, rosier des chiens, rosier sauvage, rosier des haies, gratte-cul, herbe à la vierge, rosier du diable.
Ses noms communs en anglais sont selon moi intéressants également : rose briar ( rose ronce ), dogberry (baies de chiens), sweet briar ( douce ronce), wild briar ( ronce sauvage ), et surtout witches’ briar (ronce des sorcières). Son association avec le chien est tenace. ( Au Danemark, rose des chiens, en Mongolie Nez de Chien ) Rose de pierres en Suède, et Nez d’oiseau en Turquie.

Propriétés médicinales et autres utilisations.

Dans l’antiquité sa racine était réputée combattre la rage, mais cette propriété n’a pas été prouvée scientifiquement. La plante est également utilisée en remède contre la diarrhée.

La partie la plus utilisée est le fruit, ou cynorrhodon, plus familièrement ‘gratte-cul’, qui arrive à maturité en octobre. Il est préférable pour certains usages de le récolter après les premières gelées qui le ramollissent. Il est très riche en antioxydants, en vitamine C, et se consomme principalement en sirop et confiture, ou séché en tisane. Ses propriétés sont efficaces contre la grippe et les rhumes et en font un excellent complément alimentaire pour les longs mois d’hiver. Les pétales peuvent également être utilisées en gelées ou confiseries, en décoration culinaire, en vinaigres et liqueurs…

Pour la peau, le fruit a des propriétés toniques et astringentes, et les pétales en lotion pour le visage resserrent les pores et raffermissent.
La plante a été utilisée en parfumerie mais n’est pas une espèce des plus productives et est donc souvent délaissée au profit d’autres roses. Une espèce proche d’ “églantine”,Rosa Rubiginosa, aux propriétés quasi-similaires,
produit l’huile de rose musquée du Chili, qui est extraite de ses fruits.

L’églantier est souvent utilisé en botanique comme porte-greffe puisque c’est une espèce de rose des moins ‘trafiquées’.

Propriétés magiques, symboles et folklore.

L’églantine se rattache au symbolisme de la rose, fleur de beauté et d’amour, avec des nuances cependant.

La rose sauvage est associée au silence depuis la Rome antique, d’où l’expression latinesub rosa, utilisée en anglais pour dénoter la confidentialité. En tant que rose des haies, elle est associée à Frigga dans le monde germanique, ‘gardienne des lois morales’.
Les fruits étaient une protection contre la magie et les tempêtes. De manière générale elle est associée à la protection, au sommeil protégé des contes de fée – le château entouré par les haies de roses épineuses et plongé dans un sommeil magique ; les fermiers plaçaient souvent une galle de rose ( sorte de protubérance ‘chevelue’ poussant sur certaines roses sauvages, dues à un insecte, aussi appelée ‘pomme de rose’ ou ‘rose du sommeil’ ) sous les berceaux des nouveaux-nés pour les aider à trouver un sommeil rapide et profond. Il est aussi dit que les revenants ne peuvent franchir les haies d’églantines et que poser une branche de rosier sauvage sur un cercueil évite que le mort se réveille.

C’est une des plantes de la haie, symbole de la frontière entre les mondes, plante liminale, de frontières, associée fortement aux fées. Elle est généralement vue comme bénéfique mais il a été dit que le nom ‘rose des chiens’ dénotait son peu de valeur ( il est plus probable que cela vienne de l’association avec la rage ; qui renvoie au sens général de protection. Peut être que soulever ici le lien du chien avec l’autre monde est un peu exagéré, mais c’est quand même un lien que je fais ^^ ) Selon le folklore breton, c’est une invention du diable qui essayait d’imiter la rose. Une jeune fille qui en touche une branche risque elle de contracter une maladie mortelle (Drome) tandis que si elle cueille une églantine son mariage sera retardé d’un an (Vienne). Dans cette même région, placer la fleur de rosier sauvage sur la tombe porte malheur à la famille du défunt ( une sorte d’inversion des associations d’origine, amour et protection…)

Les premiers Chrétiens la rejettent en raison de leur antipathie envers le ‘culte romain de la rose’ mais font ensuite un lien avec la couronne d’épines du Christ, les cinq pétales comme symbole des cinq souffrances, et généralement la fleur devient un symbole de la chasteté de Marie et de l’Immaculée Conception, ce qui est loin de ses premières associations avec Aphrodite.

Au Moyen-Äge et plus longtemps dans les campagnes, les fleurs étaient utilisées pour la magie ( philtres d’amour, pétales lancées dans une flamme pour la chance) et la divination amoureuse ( pétales lancées dans le vent, notemment).

Notes personnelles :

L’églantine est une de mes plantes alliées. Pour moi c’est clairement une plante gardienne ( encore un parallèle avec le chien…), qui protège des dangers de l’Autre Monde, mais protège également l’Autre Monde des humains et est parfois un obstacle redoutable qui doit être franchi avec prudence et respect. C’est une plante que je ressens comme ayant deux aspects : la ronce piquante, tenace, qui pousse n’importe où, et n’importe comment, contrastent avec ses fleurs très délicates, parfumées et poétiques qui dont les pétales ressemblent à des petits coeurs, et qui ne supportent pas d’être coupées ou mises en vase. Le fait que ses fruits mûrissent en hiver est également un lien avec l’autre monde, la période ‘sombre’ de l’année.

La méfiance à son égard semble être une méfiance face à tout ce qui est sauvage, et donc dangereux, en comparaison avec la rose cultivée, rose des jardins, rose domestiquée.

C’est pour moi un symbole de ‘beauté/amour sauvage’, simple, pas sophistiquée comme d’autres roses. Je l’associe également aux fées, et à la poésie, et aux rêves.
Pour moi, elle représente bien l’aspect Jeune Fille de la Déesse, dans son côté pur et tendre, mais aussi protectrice et sauvage, à la fois forte et fragile. L’association avec le silence, le sommeil, l’Autre Monde… tout cela me fait dire que cette plante incarne une sorte de mystère sans mots, une vérité qui est cachée, insaisissable, élusive ; un trésor caché, car après tout d’autres roses sont bien plus belles, on ne s’arrêterait pas à celle là et pourtant…l’idée que l’Autre Monde se perçoit toujours au coin de l’oeil, un indice, quelque chose qui remue mais disparaît dès qu’on tourne la tête, une piste troublante, une pétale qui vole… Et aussi quelque chose de persistant qui resurgit là où on ne l’attend pas.
Elle représente, enfin, pour moi, les brumes de l’enfance et l’oubli, et le processus qui en fait sortir, l’amour naissant, l’enchantement, l’innocence et en même temps, l’apprentissage au monde, l’initiation, l’intuition, l’instinct ; et la défense des idéaux et des ‘plus faibles’, un idéal chevaleresque en quelque sorte.
L’esprit de la plante est assez…caractériel et élusif. Et espiègle, rebelle. 

(Cicely Mary Barker, the Wild Rose Fairy)

Sources :
Witchcraft Medicine, Müller-Ebeling, Rätch, Storl.
Kruidenencyclopedie, Nico Vermeulen
http://www.inra.fr/dpenv/pdf/tarbod21.pdf
http://www.gaspesielesiles.upa.qc.ca/fhtm/pfnl/Rosier.pdf
http://en.wikipedia.org/wiki/Rosa_canina
http://en.wikipedia.org/wiki/Rose_(symbolism)
http://yourehistory.wordpress.com/2008/06/28/folklore-in-my-garden-roses/
http://www.fredobio-asso.org/article/140/glantier-et-cynorrhodon
http://www.suite101.com/article.cfm/rose_gardening/3368/1

(Post original sur Plumes et Crocs)

Cette année, j’ai pris un cours de ‘Gender and Sexuality Studies”… et c’est en train de révéler ce dont je me doutais déjà…je suis une féministe en fait…

J’ai été wiccane pendant longtemps, et ce que j’en ai retenu, c’est la beauté de l’idée de couple divin.  Dans les monothéismes, cela m’a toujours paru totalement absurde de parler de ‘père’ sans qu’il y ait de mère ( et vice versa…). Finalement, si on veut appliquer des métaphores humaines, des personnifications au concept du divin, pour que l’équilibre soit respecté il faut forcément qu’il y ait un couple divin. Et je veux de l’équilibre, ah ça oui.

Alors comment caractériser ces deux polarités sans tomber dans les clichés ? Dans la Wicca, le couple divin est souvent comparé au yin/yang. C’est intéressant pour l’idée d’opposés complémentaires, interdépendants, qui chacun contient l’autre en petite quantité, et tout à fait pertinent. Cependant, l’idée de yin/yang me semble aussi sexiste. Elle associe clairement le féminin au noir, à la lune, au sombre, au froid, au négatif , et le masculin au blanc, au soleil, au chaud et au positif. La société dans laquelle cette idée est née, était extrêmement sexiste – une société qui considérait les hommes comme les poutres qui soutiennent la maison, et les femmes comme les baguettes, jetables. C’est une société passionnante, la Chine ancienne. Mais ce n’est pas là que je voudrais trouver mon modèle pour une polarité divine.

Je pense que la société d’aujourd’hui est encore remplie de clichés et de préjugés inconscients en ce qui concerne les genres. La génération de mes parents, en tout cas c’est sûr. Ce n’est pas volontaire en général. Mon père me disant qu’il avait vendu l’entreprise familiale car il n’avait pas de fils. Ou encore, que je devrais aller chez ma grand-mère pour apprendre de son grand talent pour les tâches ménagères – ta mère n’a jamais été très intéressée par cela et c’est dommage, c’est un atout, me disait il. Je lui ai répondu : et toi, est ce qu’elle te l’a appris ? Non, c’est pas pareil, je suis un garçon, m’a-t-il dit. Et pourtant, nous étions tous les deux en train de faire le ménage dans une de ses chambres d’hôtes. Je ne savais pas comment lui dire que sa mère ne s’était précipité sur les tâches ménagères que parce que c’était une perfectionniste frustrée de ne pas avoir pu étudier. Elle me l’a dit, et lui il semble toujours penser que sa mère est un modèle de la ménagère épanouie. Ma mère, aussi, si brillante, qui n’a pas pu étudier non plus, et qui se mettait à jouer les idiotes en présence d’hommes… j’imagine que vous en avez aussi, des histoires dans le genre…

Je n’ai pas aimé la puberté. Je voulais être une héroïne, et cela me semblait incompatible avec le fait d’être une femme. Je me suis débattue pendant longtemps avec des idées de déterminisme, de nature féminine et humaine. Le message que je retirais de ce que je voyais autour de moi, c’est que les femmes fortes finissent seules. Et parfois, je me suis sentie faible, et j’avais juste envie de plaire. Mais jamais pour très longtemps : j’ai pris le chemin des ombres, de l’entre-deux, où la question ne se posait pas vraiment. Observant les jeux de pouvoir à distance. M’interrogeant moi même sur le genre de femme que je voulais être. Le fait de découvrir la Wicca m’a beaucoup apaisé, car c’était une belle revalorisation du féminin. Mais les vieilles épines, toujours là même si en sourdine. Je me suis sentie devenir divisée dans ma féminité : une part avait des envies de foyer, de tambouilles et de plantes, de prendre soin de mes proches, et de voir la Roue tourner tranquillement depuis son jardin ; mais l’autre avait envie de luttes et de conquérir des sommets, de se dépasser, de devenir flamboyante et dangereuse. La première voie est plus facile. Elle m’est nécessaire, me guérit. Mais je suis une fille de Skadi, la chasseresse, la terrible. Pas de douce dissolution végétative pour moi. Pas moyen. Où aller alors ?

Et peu à peu, la figure de la Grande Déesse nichée au coeur de ma vie n’était plus qu’un noeud d’inquiétudes troubles. Et moi, j’étais coincée entre hiver – ivresse, passion, survie, haine ; et printemps – douceur, souplesse, contamination, végétation. Il fallait que je reconsidère toute ma classification du féminin et du masculin, les images wiccanes ne m’allaient plus. Je n’ai jamais beaucoup accroché avec les principales représentations du Dieu dans la Wicca. L’expression ‘Grande Déesse et Dieu Cornu’ me hérisse les poils et franchement, je trouve qu’elle confine au ridicule pour une religion qui dit équilibrer le masculin et le féminin.  Et puis il y a une sorte de moule maintenant, j’ai l’impression, la lune, la terre, l’eau sont féminines et puis c’est comme ça et pas autrement. La lune c’est forcément féminin, n’est ce pas, comme le sont la douceur et l’intuition, etc. Non mais ! Dire qu’une femme est programmée pour être douce ou intuitive, c’est comme dire qu’elle est faite pour avoir des enfants et rester à la maison. La Wicca, avec ces images toutes faites, ne serait elle pas en train de perpétuer les vieux clichés ? Et murmure aux femmes sous un vernis de vénération les idées que la maternité est sainte ; être trop aiguisée ou vorace ou ambitieuse,  est dangereux, elle doit retenir sa violence et sa force. Oui, j’ai lu sur des forums que la violence était un attribut strictement masculin et que les femmes ne pouvaient pas réellement comprendre. Ahah. La femme – la Déesse – est sensée représenter la vie, la création, le bonheur tout beau tout rose tout doux, incapable de prendre des risques, d’être dangereuse, folle, exubérante, méchante, complexe. Placée sur un piédestal – un objet de vénération. Un objet.

La question est extrêmement personnelle pour moi car l’enjeu de la caractérisation de la Déesse ( et du Dieu aussi ) est en fait, comment on voit sa propre féminité, qu’est ce que c’est pour nous, comment on veut vivre le fait d’être femme. ( et ce qu’on recherche chez un partenaire. )
Pour moi la barrière entre les genres est assez artificielle. On est nés avec un certain sexe et cette expérience physique nous marque, mais elle ne nous détermine pas. C’est la société souvent qui conditionne. Il faut aller voir au delà : qu’est ce qui nous plaît/nous plaît pas dans ces codes de la société ? Que veut on retenir de sa propre expérience physique ? Je pense que ce qui nous rend humain et des personnes complètes, c’est cette capacité à avoir les deux genres en nous et démontrer des caractéristiques qui ‘mécaniquement’ sont plutôt attribuées à l’autre sexe et même, à nous approprier des qualités que nous conférons généralement à l’autre genre. A quel point nous voulons franchir les frontières est le choix de chacun. Mais c’est toujours enrichissant de voir de l’autre en nous mêmes ( et aussi que nous sommes étrangers à nous mêmes, dans une certaine mesure car il y a toujours une incertitude ici, ce qui est très positif. ) On est aussi confronté à certaines limites physiques, ce qui est un apprentissage intéressant. Et s’ancrer dans son corps, est très important, puisque notre corps est notre premier temple. J’ai été faite femme mais je peux comprendre et même me laisser traverser, posséder par ce qui est autre, et faire symbiose. Mon esprit m’apprend également comment être masculine, en quelque sorte. Mais qu’est ce être masculine/féminine ? c’est propre à chaque individu en fait.

Alors, la Déesse, est elle la divinité femelle, ou femme ? (  Ce n’est pas la même chose. )

Je dirais les deux. Elle est un symbole de ce que nous voulons faire avec nos cartes de départ – quelques organes et hormones différents, et un monde de symboles et d’héritages inconscients pesant sur nos épaules. La douceur, le compromis, l’attention, la diplomatie – héritages… mais ne pourraient ils pas être un don aussi ? Qualificatifs des faibles pendant si longtemps, mais quand on connaît leurs voies, comment se résoudre à en venir à l’acier et à la rouille des anciens dominants ? Pourquoi ne pas plutôt, retourner les vieux clichés sur leur tête, et les inviter à danser ?

On ne naît pas femme, n’est ce pas. A nous de décider comment le devenir.

Le problème c’est toujours le même : passivité. Je vois mon couple divin comme avant tout complémentaire. Un partenariat, une danse, une équipe d’enfer, des égaux. Or, depuis quand, la force est elle complémentaire à la faiblesse ? Ce n’est que dans les couples abusifs que l’un est content lorsque l’autre est passif. Réceptivité ne veut pas dire passivité ! Or c’est une étiquette qu’on a longtemps collé de force sur les femmes, un amalgame dangereux. Car peut être que les femmes ont une propension tirée du physique à être réceptives – mais ce que ça veut dire pour moi : préparation, concentration, sensibilité, perception, ouverture – c’est un acte délibéré de volonté. Ouverture à l’inconscient ne veut pas dire abandon de son libre-arbitre. Sinon, on fait de la figure féminine, soit une mineure qu’on peut s’approprier sans son consentement, soit un puits de sagesse sans fond. Dans les deux cas, c’est limite.

Alors, je creuse, je saute par-dessus la barrière.

Ma part féminine est sensible, cruelle, empathe, créative, artiste, pleine d’attention et de négligence, brusque, lunatique, sage et folle, délurée, calculatrice, légèrement bipolaire, tendre et raffinée parfois, bordélique, et parfois sauvage, dramatique et froide, elle a un sang froid considérable et une intuition sans faille, les pieds sur terre et irrationnelle, est résistante, légèrement tordue et masochiste, ambitieuse, violente, colérique, mythomane, honnête, et a un coeur énorme ; passionnée de la vie. Elle est active sous une apparence passive.

Ma part masculine est douce et attentionnée ( hmm hmm ) et arrogante et menteuse et rationnelle, brillante, humaniste, avide de savoir et de réflexion, diplomate, compréhensive, protectrice, constructrice, pacifique, posée, un peu farfelue, s’enflamme pour des idées, idéaliste et passionnée d’humanité, innove, invente, sauve. Elle est passive sous une apparence active.

( On place souvent, je pense la partie  ’instinctive’ dans la partie correspondant à son propre sexe, parce qu’on en a l’expérience corporelle… l’autre vient ‘tempérer’  )

Je pense que pour moi, la Déesse prendra le manteau de la Dame du Temps, la fileuse et Celle-qui-jette-les-dés ; et le Dieu, celui de l’Arbre-Monde, l’Axe primordial.

Déesse du temps, de l’incertitude et de l’entropie, du hasard et également du destin, du chaos, des carrefours et des possibilités qui se réalisent, de la conscience de la matière, de l’intuition, de la magie, des zones liminaires ; et maîtresse du sanctuaire, du centre sacré. Les paradoxes, le vertige, le destin ; la maîtresse des nornes, la furie guerrière des valkyries. Nourrice de l’histoire en gestation, Ombre éternelle. Dame des ombres, de la lumière sombre. L’alchimie lente de la nature, les plantes, les cellules, tendresse, attention, consommation. Végétation, stase, déchirement. Déesse chasseresse, qui atteint son but, inflexible, et maintient l’équilibre naturel, et le plaisir du sauvage, l’instinct de la traque, répondre à une faim. Terre tombe et nourricière, pourriture, justice et vengeance, fertilité, mort. Oubli. Abysse. Préparation, goût de l’ailleurs, de l’autre, faim de toujours plus, voracité, aller dehors même quand c’est dangereux. Préparation intellectuelle, se tester, débattre, aller plus loin ( paradoxe et synthèse ) Manifestation du destin, potentialité transformée en pouvoir de création, joie amoureuse et physique. Sang froid, faire ce qui est nécessaire, sacrifice. Abondance. Changement et transformation. Miracles, et le sacré prenant chair. Dame des poisons et des remèdes. Vent d’ailleurs, vents d’orage, tourbillon. Roseau, feuille minuscule dans le ciel. Fée, étreinte langoureuse. Pourrissement, déclin. Connaissance. Questions, se perdre, doute. Histoires. Justice divine. Balance, jugement. Larmes, amertume et frissons. Merveilles. Possession, dépossession. Gloire et furie. Dure loi de la nature, et possibilités infinies. La Gardienne des clés. Dame aux millions d’atomes. Voie lactée. Rouet qui tourne. Mathématicienne, philosophe, guerrière, gardienne des âmes, Âme du Monde. Dévoreuse. Terreur. Toile, et l’araignée au centre. Cendres. Etoiles. Spirales. Ivresse. Poussière. Comploteuse. Héroïne. Sorcière.

Dieu du verbe créateur, de la poésie, de l’inspiration du moment. Dieu de la tribu, dieu constructeur et protecteur, dieu de la volonté, de l’apprentissage ; de la méditation et de la réflexion, de l’écriture, de la lumière, de l’obscurité lumineuse. L’extase et la fureur révélatrice, et l’orage qui féconde la terre. Dieu de l’ordre, verticalité, arbre soutien. Trickster, voyageur, explorateur, artisan. Echelle, Dieu totem, héros. Arbre-Monde, et tonnerre rugissant ; l’orage qui vient. Forgeron. Transcendance, élévation, et chute. Rédemption. Catalyseur. Pari, espoir. Seigneur des rêves, des peurs, de l’aube. Guérisseur.  Projets, ascension, déchaînement. Libération. Grand architecte et horloger. Seigneur des bois, des animaux, roi des forêts. Cerf, chêne. Comète. Maître de la transe, de la danse. Lois des hommes. Illusions, imagination. Innovation, idées brillantes. Verticalité, colonne vertébrale. Courage. Passion. Fierté. Gardien des ponts. Passeur. Virtuose. Politicien, inventeur. Compassion, humanité. Voyage. Evolution. Feux de printemps et de fête. Combustion. Etincelle. Embrasement. Humour, mysticisme. Symbole. Etude, exploration, technique, savoir-faire. Cieux immenses, pluie fécondante et purificatrice. Guerre et paix. Négociations, transactions, défis, communications. Poussée en avant, vers l’inconnu. Peur et tremblements, peur panique, et on fait face. Folie, analyse, et conquête. Murs et ponts. Drapeaux flottant au vent. Se jeter dans la bataille, bouclier et épée. Elégance. Attention au décollage…vers l’infini et au delà…Sage, fou. Aigle planant haut, vipère au creux des fourrés. Chasseur attentif aux moindres traces, se souvenant de ses propres pas lorsqu’il était la proie. Seigneur du monde d’en dessous, des fantômes et des souvenirs. Empreinte sur la peau du monde, promesse, hérault, lettres de sang et d’encre. Ancre au milieu de la tempête.  Tours d’ivoire, de bois, de lumière. Épopées. Énigmes. Prières. Poing levé. Point final.

Evidemment, tout ça se recoupe parfois un peu – je ne crois pas en des oppositions parfaites et tranchées. La vie, la mort, la beauté, la renaissance, le progrès, les limites repoussées et les victoires, la vérité et l’extase  - tout cela arrive lorsqu’Ils se rejoignent. La création est leur territoire commun, il n’y en avait pas l’un avant l’autre, l’un sans l’autre. La Roue qui tourne est leur danse. Je crois qu’ils conduisent la Chasse sauvage ensemble, une course folle et endiablée…

Voilà comment je construis mes polarités. Et vous ? Cette question est trop importante pour que vous laissiez quelqu’un d’autre penser à votre place…

Le Yi King, ou I Ching, est un système de divination chinois, le nom signifiant ‘Classique des mutations/ des changements’, qui date du premier millénaire avant l’ère chrétienne. Pour plus d’informations, je vous laisse regarder ici : http://fr.wikipedia.org/wiki/Yi_Jing . Etant fascinée depuis longtemps par la culture chinoise, j’ai toujours envisagé de m’y mettre un jour ou l’autre, d’autant plus que ma mère, depuis mon enfance, tire des cartes avec un jeu inspiré du Yi King, cela a pour ainsi dire toujours fait partie de mon univers. Je n’arrête pas d’avoir des signes me disant de m’y mettre, le dernier en date étant mon professeur de danse contemporaine s’en servant au début des cours pour déterminer des thèmes de chorégraphie ( j’adore ce prof…). Et là, en recherchant le Tarot de Luis Royo qu’une amie m’avait montré et qui m’avait beaucoup plu, j’ai vu que l’illustrateur a également fait un autre jeu de cartes, basé lui, donc, sur le Yi King, le I-Ching Dead Moon. Et que je trouve comme par hasard, dans une boutique de fantasy dans une des rues les plus touristiques d’Amsterdam. J’ai donc cédé à ses sirènes.

Les cartes en elle même sont très belles. L’univers visuel évoque une sorte de Chine médiévale fantasmée, sombre et romantique, dans des tons de rouge, de beiges, de gris et de bleu. Cela s’accorde bien, pour moi avec le côté divination archaïque du Yi King, souvent présenté selon moi sous un aspect trop new-âge/gentilles fleurs, là c’est beaucoup plus ‘grandeur et décadence’.  Cela m’évoque tout de suite des histoires, des tensions, des difficultés et des espoirs liés aux évolutions naturelles de la vie et de l’histoire. Le jeu entre ying et yang est bien rendu, le mouvement également, et tout cela donne envie de s’y immerger tout de suite et fait voyager vers un passé romancé et plein de mystères. J’ai toujours accordé beaucoup d’importance à la beauté visuelle de mes jeux, ils doivent m’inspirer et m’emporter, cela aide à entrer dans un état de quasi-transe. Le pouvoir d’évocation d’une carte est un important atout dans l’explication des symboles.

Donc, en bref, je l’adore. Un petit moins, cependant, est que certaines images ne correspondent pas tout à fait, selon moi, à l’explication qui en est faite, le lien est un peu mince parfois, mais c’est sur cinq ou six cartes maximum, sur 64. Les explications sont une traduction du texte du Yi-Ching, sans explications, et donc assez sibyllines. Ce sont des cartes difficiles à lire.

Je me suis donc acheté un bouquin d’occasion, qui m’aidera à mieux me servir de mon jeu, tout d’abord, et à aller plus en profondeur dans le sujet.

Dans le temps, j’aimerais utiliser les méthodes traditionnelles de tirage du Yi King, avec des pièces de monnaie, ou mieux, avec des bâtons d’achillée.

Vent d’Asie en ce moment dans ma vie ! A cinq pas de chez moi, le temple bouddhiste de la Fleur de Lotus et le quartier asiatique, et les mots suivants piochés dans la jarre de fortunes à l’entrée du temple :

‘ Most wonderful is the eye that can see boundless scenery. And so is the lamp that can light up. Heaven and earth, ten thousand families live beyond dense willow trees and the bright flowers, you knock a door any place, someone will open it for you.’

(Très merveilleux est l’oeil qui peut voir un paysage illimité. Et telle est aussi la lampe qui peut s’allumer. Les cieux et la terre, dix mille familles vivent sous des saules denses et des fleurs éclatantes, frappez à une porte dans n’importe quel endroit, quelqu’un vous ouvrira. )

Je crois que ça parle plus ou moins des possibilités et de savoir les voir autour de soi, et de trouver les merveilles là où on se trouve. Je crois, ils sont trop forts ces chinois pour sortir des phrases assez incompréhensibles ^^  Bon présage pour un nouveau départ !

Me voilà atterrie, donc. Dans ma nouvelle ville, qui est une ville étonnante. Très connue pour son coté tolérant, voire paillard, voire vulgaire, mais aussi très cultivée. C’est un mélange très spécial, où les filles en vitrine côtoient les églises et les boutiques d’art, les coffeeshops et les hideuses boutiques pour touristes, les adorables maisons en brique rouge, les fleurs, les vélos en pagaille, les musées…en tout cas il y en a pour tous les goûts. Les enseignes religieuses ont pignon sur rue, on est passées devant une antenne de la Scientologie, mais aussi des tas de librairies chrétiennes, un temple bouddhiste, une boutique de Santeria, de nombreuses new-age voire carrément païennes, des trucs délirants à des trucs plus sérieux, c’est un sacré vivier. Je sens que je vais me plaire ici… Je vais sans doute faire un petit guide de la ville version éso pour les touristes…

Sinon, mon installation s’est très bien passée, j’ai une colocataire adorable, Lune m’a aidée à découvrir la ville, mon studio est génial, très grand, et en plein centre – bref, tout va bien à part les choses administratives, ça c’est la galère comme toujours. Et là, je vais aller m’acheter un vélo…

Nouvelle critique de livre sur Magic Books :

Ce livre est un exposé passionnant qui essaie de réconcilier quelque peu les visions scientifiques et magiques de l’énergie. Il est assez sec par endroits, surtout dans le premier chapitre, qui essaie d’expliquer de manière simple les principales théories de l’énergie en physique moderne. Pas forcément la tasse de thé de tout le monde – moi j’ai beaucoup aimé.
Ensuite, il y a aussi une histoire fascinante de l’énergie en occultisme (…)

La suite ici : http://morrimagicbooks.blogspot.com/2011/08/real-energy-de-isaac-et-phaedra.html

Elle est une offrande
Elle est un jeu qui se joue
Jusqu’à la toute fin
Maintenant est le moment de l’infinité
Amertume et passion
Un pas après l’autre
Nous élevons les enjeux 
Nous tissons ensemble
Avec soin, et précision, et force
Droit au coeur
Nous chantons ses louanges
Elle est l’âme de la symphonie
Nous connaissons son vrai visage
Une seconde avant le saut - 
 
Celle-qui-lance-les-dés
Flèche droite
Chemins sans fin
Elle est le feu dans nos coeurs lorsque nos yeux se rencontrent
L’ivresse de la course
Le calme au coeur de la tempête
 
Nous sommes ses gens -
Au sang fier, au pas confiant
Nous la sentons lorsque le printemps devient humide et luxuriant
Dans la noirceur du soleil d’été écrasant
Dans la beauté cruelle du déclin
Dans le triomphe pur du froid brillant
 
Toujours nous répondons à son appel 
Chair, os et moelle,
Nous entendons ses cris silencieux
Nous nous levons et nous empruntons la route
Nous marchons toujours.
 
Elle nous habite
Horreur et courage et grâce
Oh mère du temps
Dame de l’heure la plus noire
Nous plongeons dans les profondeurs
Et sommes changés pour toujours
 
La richesse du sol fertile
La compassion de la nuit
Les chemins vers les rêves
Les vents du changement et du chaos
Les chants de la bataille
Le réveil de l’orage
La poésie des carrefours
Le courage de la lionne
La danse de l’oiseau téméraire
Le secret des voies anciennes
L’audace de réinventer le monde
Les spirales de la vie et du temps
A travers naissances et unions, morts et funérailles, 
La simple joie de grandir et vieillir en ce monde, 
Toujours toi, notre Reine !

Il y a quelques temps, à la lune noire, j’ai clos la dernière phase de mon travail avec ma partie sombre…
Je suis partie, à la nuit tombée, me mettre sous un sapin immense près de chez moi. Endroit parfait, tout entouré de broussailles pour la discrétion, dégagé sous les branches, un cocon de verdure, un petit chemin dans le lierre menant au tronc immense. J’ai toujours eu un lien avec ce sapin, petite je me réfugiais haut dans ses branches pour écrire et rêver. Le sapin me parait un bon arbre pour le travail en rapport avec la partie sombre, de plus. Le rituel consistait en plusieurs étapes, et à chaque étape j’allumais une bougie, créant ainsi un sillage dans l’obscurité. L’autel était au niveau du tronc, entouré lui aussi de bougies. La dernière partie était un sacrifice et une offrande, utilisant un peu de mon propre sang et du vin de laurier mêlé à du coulis de mûre, qui avait pris une teinte rouge épaisse impressionnante.

Il m’a fallu du temps pour surmonter une certaine tension vis à vis de l’obscurité…près de chez nous, c’est un quartier très tranquille, le bois est totalement sûr, mais même…je n’étais pas tout à fait à l’aise avec le fait de partir comme ça toute seule…En fait, je n’ai pas pu accomplir le rituel le soir même – je n’étais pas satisfaite de mon script et il me manquait la moitié des ingrédients. Le soir d’après, j’ai pris un bain pour me préparer qui m’a totalement endormie. Le soir encore d’après, problèmes d’organisation et je me suis retrouvée à faire le ménage à minuit…

Le 2 août, était ma dernière chance puisque ensuite je partais. Un peu avant, l’orage et la pluie se déchaînent et nous revenons à la maison avec 50 kg de cèpes à préparer – je désespère. Mais finalement, dès que la maisonnée est endormie, me voilà partie à travers champs avec mon gros sac à dos rempli de bougies et pots en tous genre ( pour cette occasion, je n’ai pas lésiné…) en priant pour ne pas rencontrer de harde de sangliers…

Une fois lancée je me sens si  bien, dans la nuit humide, accueillante, la nature sent bon, je me demande pourquoi j’étais effrayée. Je suis certes, alerte et sur mes gardes, mais je n’ai plus peur. Ritualiser la nuit dans la forêt, c’est très particulier, et bénéfique – cela induit une sorte de retour aux instincts. Je suis ici dans  mon élément naturel, pourquoi à chaque fois je me convaincs du contraire ? Bref, ça se passe très bien – à un moment clé une bête sort des broussailles, petite, comme un furet par exemple ( ou était ce mon chat ? lol ) mais reste dans l’ombre, je ne peux pas le voir…Et la Déesse Sombre m’honore de sa présence, tout autour, je suis plongée dedans. J’ai ré-intégré ma partie sombre à moi-même, certes, mais mon travail avec Elle ne fait que commencer.

Offrandes…

En bonus, j’ai trouvé des articles très intéressants sur la partie sombre ici :

http://morriganscave.wordpress.com/2011/08/11/la-part-dombre/

http://morriganscave.wordpress.com/2011/08/11/comprendre-la-deesse-sombre-traduction/

http://morriganscave.wordpress.com/2011/08/11/la-peur-du-sombre/

http://morriganscave.wordpress.com/2011/08/11/rehabiliter-les-tenebres-dans-le-paganisme/

( Evidemment, je me rends compte maintenant que je sors de mon cocon d’incubation que je ne suis pas la seule à m’intéresser au sujet ^^ ça va faire des recherches prometteuses tout ça !)

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